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lunes, 20 de noviembre de 2023

Résumé de la grammaire romane. Chapitre IV. Pronoms.

Chapitre IV.

Pronoms.


§ Ier. Pronoms personnels. (1)

1re Pers. Singulier. Pluriel.

Sujet. Ieu, eu, ie, me, mi, m', je, moi; nos, nous. 

Rég. Dir. Me, mi, m', moi; nos, nous. 

Rég. Ind. De me, de mi, de m', de moi; de nos, de nous. 

A me, a mi, me, mi, m', à moi; a nos, à nous.

2 Pers. 

Sujet. Tu, tu, toi; vos (2), vous.

Rég. Dir. Tu, te, ti, t', toi, te; vos, vous. 

Rég. Ind. De tu, de te, de ti, de t'; de toi, de vos, de vous.

A tu, a te, a ti, te, ti, t' à toi; a vos, à vous.


(1) Les pronoms personnels qui indiquent la première et la seconde personne, sont de véritables substantifs qu'on pourrait désigner par le nom de substantifs personnels ou de substantifs pronominaux.

Ceux qui indiquent la troisième personne sont des substantifs relatifs qui se rapportent toujours à un nom précédent, et qu'on pourrait appeler substantifs pronominaux relatifs.

Toutefois, je me conforme à l' usage en me servant du mot pronom.

(2) Généralement, on se servait de vos en parlant à une seule personne. 

(N. E. vos, vosté; usted; en Sudamérica se sigue usando mucho, y en portugués.)

Résumé de la grammaire romane. Chapitre IV. Pronoms.


Masculin.

3e Pers. Singulier. 

Sujet. El, elh, il, 'l, il.

Rég. Dir. El, elh, 'l, 'lh, lo, lui, l', le, lui.

Rég. Ind. D' el, d' elh, de lo, de li, de l', de lui, de lui.

A el (1), a elh, li, l', lui, a li, a lui, a l', à lui.

Pluriel. 

Sujet. Els, elhs, 'ls, il, ill, ilh, 'l, 'lh, 

Rég. Dir. Els, elhs, 'ls, los, li, l', eux, ils.

Rég. Ind. D' els, d' elhs, de lor, d' eux.

Els, a els, a elhs, a li, a lor, lor, à eux, leur.

Féminin. 

Singulier. 

Sujet. Ela, elha, ella, 'lha, el', il, 'l, lei, leys, lieys, elle.

Rég. Dir. La, lei, leis, lieys, la, elle.

Rég. Ind. D' ela, d' elha, d' ella,

De li, de lei, d' ellei,

De leys, de lieys, d' elleis, d' elle.

A ella, a li, a lei, a leys, a lieys, à elle.

Pluriel.

Sujet. Elas, elhas, ellas, elles.

Rég. Dir. Las, les.

Rég. Ind. D' ellas, de lor, d' elles.

A ellas, a lor, lor. à elles, leur.


(1) A, devant une voyelle reprend souvent le D originaire; on disait AD EL, AD ELLA, et quelquefois, par euphonie, AZ EL, AZ ELLA.

Se, si, s', se, soi, étaient employés au singulier et au pluriel comme sujets, ou comme régimes directs et indirects, mais, dans ce dernier cas, avec les prépositions DE ou A.

SE était quelquefois employé pour A SE, régime indirect.

Souvent avec les verbes il était pris, de même que SI, dans un sens neutre et impersonnel: Esdevenc SE que, IL advint que; SI anet, IL alla. (N. E. En las vidas se encuentra muchas veces SI FO : fue.)

SE quelquefois signifia ON.

En, ne, 'n, n', de lui, d' eux, d' elle, d' elles, en. La langue romane en fit usage au singulier et au pluriel, au masculin et au féminin, pour désigner non seulement des choses inanimées, mais même des personnes.

I, Y, HI, à lui, à elle, etc., furent aussi employés pour les personnes comme pour les choses.

Quelquefois des pronoms personnels recevaient explicitement d' autres pronoms tels que EIS, MEZEIS, même; Altres, autre, etc.: mi eis, moi-même; el eis, lui-même; els mezeis, eux-mêmes; vos altres, nos altres, vous autres, nous autres, etc.


Affixes. 

Un des caractères de la langue romane fut d' employer des affixes, c'est-à-dire:

M T S NS US

représentant me, mi, te, ti, se, si, nos, vos.

Elle dépouillait ME, MI, TE, TI, SE, SI de leur voyelle finale, et Nos et Vos de leur voyelle intérieure, pour attacher la consonne ou les consonnes qui restaient à la voyelle finale du mot précédent, et les y fixer: (1) 

No M meravill, ne m' émerveille; no T deus, ne te dois; no S pot, ne se peut; no NS cal, ne nous faut; no US vuelh, ne vous veux.

N fut quelquefois affixe pour NE, EN.

Cette forme n' était pas seulement une faculté accordée au poète pour faciliter la composition des vers; elle se trouve souvent aussi dans la prose.

(1) Quoique les manuscrits présentent toujours les affixes unis avec le mot qui précède, quoique même j' indique cette forme comme une règle invariable, j'ai cru cependant devoir les détacher dans l' impression, afin d' éviter les difficultés qu' offre le texte quand ils restent confondus.

(2) Dans mes Observations sur le Roman de Rou, je disais, en 1829:
"On a judicieusement observé que MON, TON, SON, ne sont pas des pronoms, attendu qu'on ne les emploie pas à la place de noms, mais que ce sont des adjectifs. On les appelle possessifs parce qu' ils indiquent, dit-on, la possession; mais n' indiquent-ils pas plutôt la relation à la personne ou à l' objet dont il s' agit dans la proposition, c'est-à-dire le rapport direct avec le sujet ou le régime qu' ils modifient. L' esclave qui dit mon maître, le captif qui dit ma prison, ne parlent pas de leur propriété, mais de ce qui affecte leur personne. Ce sont donc des adjectifs personnels.

J' ai cru toutefois devoir conserver la dénomination usitée.


§ II. 

Pronoms possessifs. (2)

Quand les pronoms possessifs sont placés devant le substantif auquel ils se rapportent, sans être précédés ni de l' article, ni de tout autre signe démonstratif, il faut les traduire par MON, TON, SON, MA, TA, SA, etc.

Au contraire, s' ils sont précédés de l' article ou de tout autre signe démonstratif, comme Cel, Un, etc., ils signifient le mien, ce tien, un sien, la mienne, cette tienne, une sienne, etc.

Parfois ils sont simples adjectifs et on les traduit par mien, tien, sien, mienne, tienne, sienne, etc.

La préposition DE ou A indique le régime indirect au singulier et au pluriel.

Masculin. Féminin. 

Singulier. 

1re Pers.

Sujet. Mos, mieus, meus; ma, mi, m', mieua, mia.

Nostres; nostra.

Rég. Dir. Mon, mieu, meu; ma, mi, m', mieua, mia.

Nostre (1); nostra.

Pluriel.

Sujet. Miei, mei, mieu, meu; mas, mieuas, mias.

Nostre; nostras.

Rég. Dir. Mos, mieus, meus; mas, mieuas, mias.

Nostres; nostras.

2e Pers. Singulier. 

Sujet. Tos, tieus, teus; ta, ti, t', tia, tieua, toa, tua.

Vostres; vostra.

Rég. Dir. Ton, tieu, teu; ta, ti, t', tia, tieua, toa, tua.

Vostre; vostra.

Pluriel.

Sujet. Tiei, tei, tieu, teu; tas, tieuas, toas, tuas.

Vostre; vostras.

Rég. Dir. Tos, tieus, teus; tas, tieuas, toas, tuas.

Vostres; vostras.


(1) On lit, dans le Roman de Fierabras, nos, vos, pour nostre, vostre.


Masculin. Féminin. 

Singulier. 

3e Pers.

Sujet. Sos, sieus, seus; sa, si, s', sia, sieua, soa, sua.

Lor; lor.

Rég. Dir. Son, sieu, seu; sa, si, s', sia, sieua, soa, sua. 

Lor; lor.

Pluriel. 

Sujet. Siei, sei, sieu, seu; sas, sieuas, soas, suas.

Lor; lor.

Rég. Dir. Sos, sieus, seus; sas, sieuas, soas, suas.

Lor, lors; lor, lors.


On trouve parfois MON, TON, SON, NOSTRE, VOSTRE, sujets au singulier, et NOS, TOS, SOS, sujets au pluriel, quoique la règle générale leur assignât la seule qualité de régimes. MA, TA, SA subirent souvent l' élision devant les mots qui commençaient par une voyelle ou une H muette: M' amors, T' amistatz, S' honors, Mon amour, Ton amitié, Son honneur.

§ II.

Pronoms démonstratifs.

Les pronoms démonstratifs romans furent:

Cel, est. 

Aicel, cest

Aquel, aquest.

La règle de l' S qui distinguait les sujets et les régimes fut quelquefois 

appliquée aux pronoms démonstratifs masculins.

Les pronoms féminins prirent ordinairement l' A final au singulier, et AS au pluriel.

Mais aussi d' IL, pronom personnel féminin, furent dérivés par analogie CIL, AICIL, etc., pour caractériser le pronom démonstratif féminin au singulier, quand ce pronom était sujet.

Par la même raison, LEIS, féminin du pronom personnel, fournit les pronoms démonstratifs féminins CELLEIS, SELEYS, etc.

De LUI masculin au singulier, vint CELUI, etc. 

Et d' IL masculin sujet au pluriel, furent formés CIL, AQUIL, etc.

Ces pronoms démonstratifs étaient quelquefois seuls, et alors, dans leurs fonctions de relatifs, on les employait substantivement, ainsi que les pronoms personnels.

Plus souvent ils étaient joints à un nom, et ne remplissaient que la fonction d' adjectifs.

Les pronoms démonstratifs s' appliquaient aux objets animés et inanimés. Plusieurs se modifiaient de manière à être employés neutralement.

CEL, et ses dérivés.

Masculin. Féminin.

Singulier.

(Fr. ce, cet; celui-ci, celui-là; celle, cette; celle-ci, celle-là.)

Sujet. Cel, selh, celui, cella, cilh;

Aicel, aicella, aicil,

Aquel, aquella, aquil.

Rég. Dir. Cel, celui, cella, celleis

Aicel, aicella,

Aquel, aquella, aquelleis,

Pluriel.

(Fr. ceux, ces; ceux-ci, ceux-là; celles, ces; celles-ci, celles-là.)

Sujet. Cil, cels, cellas,

Aicil, aicels, aicellas,

Aquil, aquels, aquellas, 

Rég. Dir. Els, los, las,

Cels, cellas,

Aicels, aicellas,

Aquels, aquellas,


Les différentes prépositions qui précédaient ces pronoms ou les substantifs auxquels ils se rapportaient, faisaient reconnaître les régimes indirects.

EST, et ses dérivés.

Masculin. Féminin. 

(Fr. celui, ce; celui-ci, celui-là. Celle, cette; celle-ci, celle-là.)

Singulier.

Sujet. Est, esta, ist,

Cest, cesta, cist,

Aquest, aquesta, aquist,

Rég. Dir. Est, esta, ist,

Cest, cesta,

Aquest, aquesta,

Pluriel.

(Fr. ceux, ces; ceux-ci, ceux-là. Celles, ces; celles-ci, celles-là.)

Sujet. Ist, est, estas,

Cist, cest, cestas,

Aquist, aquest aquestas,

Rég. Dir. Ests, estas,

Cests, cestas,

Aquests, aquestas,

Les pronoms démonstratifs so, aisso, aco, aquo, ce, ceci, cela, furent employés neutralement, c'est-à-dire d' une manière indéfinie.

Ces pronoms étaient invariables, et il est à remarquer qu' ils se plaçaient avec le verbe auxiliaire ESSER au singulier et au pluriel: so es, c'est; so son, ce sont.


§ IV. 

Pronoms relatifs.

Lorsque el, lo, ella, la, lor, etc., il, elle, les, eux, etc., désignaient des objets non animés ou non personnifiés, ils devenaient pronoms relatifs.

O et Lo étaient employés neutralement comme relatifs: Non o farai, ne le ferai; no lo deman, ne le demande.

EN, NE, en, de cela, et Y, I, HI, y, s' appliquaient aux personnes et aux choses, sans recevoir aucune modification de genre ni de nombre.

QUI, QUE, etc.

Sujet. Qui, qi, ki, que, che, qe, ke, qu', ch', k', q', c'; qui. 

Rég. Dir. Que, che, qe, ke, cui, qu', ch', etc.; que, quoi.

Rég. Ind. De qui, de cui, cui, de que, don; de qui, de quoi, dont.

A qui, a cui, cui, a que; à qui, à quoi, dont.

Qui masculin ou féminin faisait, au singulier et au pluriel, la fonction de sujet.

On ne le trouve pas avec les pronoms démonstratifs employés neutralement, auxquels s' adjoignait QUE.

Qui, cui, étaient quelquefois régimes directs, mais plus souvent régimes indirects, et ordinairement CUI était précédé d' une préposition.

QUE servait au singulier et au pluriel, au masculin et au féminin, et après les mots employés neutralement: il était également sujet ou régime, et régime direct ou indirect; mais, comme régime indirect, il était précédé de la préposition.

Don, dont, exprimait la relation des mots latins CUJUS, A QUO, etc., et de l' adverbe DE UNDE.

ON, où, auquel, en qui, faisait fonction de pronom relatif lorsqu'il se rapportait aux personnes ou aux objets personnifiés.

La langue romane forma un autre pronom relatif de qualis, qual; placé après l' article, il remplissait la fonction du QUI, du QUE, du CUI, et du DON.

L' article de ce relatif QUAL reçut les modifications usitées pour les genres, les temps, et les régimes; et QUAL reçut celles qui étaient établies pour les adjectifs communs: lo qual, la qual, li qual, los quals, las quals, dels quals, de las quals, etc.

QUE employé dans un sens neutre, remplissait la fonction du QUID latin: 

No sai QUE dire, ne sais que dire.

Le pronom relatif QUE, etc., comme sujet, était quelquefois sous-entendu, surtout en poésie: Anc no vi dona ... tan mi plagues, oncques ne vis dame (qui) tant me plût.

Ce même pronom était aussi employé en supprimant le sujet ou le pronom démonstratif auquel il se rapportait, soit expressément, soit tacitement: 

Qui en gaug semena, plazer cuelh, (celui) qui en joie sème, plaisir recueille.

QUI, sujet, était même placé après des verbes ou des prépositions dont il ne devenait pas le régime, parce que ce régime, c'était le pronom démonstratif sous-entendu: Ley demostra a... qui ha sen, loi démontre à (celui) qui a sens.

On trouve la préposition et le régime sous-entendus à la fois.

QUAL, CAL, quel, pronom relatif, fut appliqué aux personnes et aux choses. 

Il se rapportait toujours à un substantif.

Qui, qui, Que, que, Qual, Cal, quel, Que, quoi, soit comme sujets, soit comme régimes, dans les différents genres et dans les différents nombres, étaient placés en forme interrogative: E QUE val viure ses amor? Et que vaut vivre sans amour?


§ V. 

Pronoms indéfinis.

Les uns furent employés comme substantifs, les autres comme adjectifs; quelques uns remplirent tour à tour les deux fonctions; il y en eut même qui furent usités neutralement.

Voici les principaux:

Om, hom, se, on, l' on.

Quecx, usquecx, chaque, un chacun.

Cadun, cascun, cac, cad, chacun, chaque,

Degun, negun, nulh, lunh (nul), non-aucun, nul.

Alque, alcun, qualque, qualacum, qualaquom; aucun, quelqu'un, quelque.

Altre, al, altrui, autre, autrui.

L' un, laun (*), l' altre, l' un, l' autre.

Eis, meteis, mezeis, medes, metes, même, le même. 

Mant, molt, mout, maint, moult.

Plusor, trop, plusieurs, beaucoup.

Totz, trastotz, trestotz, tout, très-tout.

Tant, quant, tant, combien.

(* N. E. encara se fa aná al chapurriau, laun y l' atre son idiotes.) 

Les pronoms indéterminés quecx, usquecx, furent ordinairement substantifs, mais aussi quelquefois adjectifs.

Cadun, cascun, negun, degun, nulh, lunh, selon qu' ils étaient sujets ou régimes, masculins ou féminins, se modifiaient, tant au singulier qu'au pluriel, conformément aux règles établies pour les substantifs et pour les adjectifs.

Altrui fut des deux genres, au singulier et au pluriel, et s' employa adjectivement et substantivement.

Plusor, qui ne s' employa qu'au pluriel, fut également des deux genres, et figura tour à tour comme substantif et comme adjectif.

Eis, meteis, eissa, meteissa, s' appliquaient aux choses et aux personnes, et se joignaient quelquefois à un adverbe; dans ce dernier cas, ils s' employaient adverbialement.

Totz recevait au féminin l' A, et faisait au pluriel tuit, tut, tug, tuich, totas; sujet ou régime, il se modifia d' après les règles qui régissaient les adjectifs.

Il en fut de même relativement aux pronoms trastot, mant.

Tous les adjectifs de quantité indéterminés peuvent être placés parmi ces pronoms.

domingo, 3 de mayo de 2026

Sai, sa - Sais

Sai, sa, adv., ça, ici.
Amors es desconoguda
Sai, et d' aut bas cazeguda.
Bertrand de Born: Domna puois.
Amour est méconnu ici, et de haut (en) bas tombé.
Aicel que sai nos a amenatz. Liv. de Sydrac, fol. 5.
Celui qui ici nous a amenés.

Tomás Bosque Peñarroya; No m tengatz en soan, Sitot m' ai lo pel sais.

- Il était corrélatif de Lai.
Aissi cum sai perdonaran,
Sapchatz qu' aital perdon auran
Lai on er faigz lo jutjamens.
Pons de Capdueil: En honor del.
Ainsi comme ici ils pardonneront, sachez que pareil pardon ils auront là où sera fait le jugement.
Ieu am mais, s' a Dieu ven per plazer,
Morir de lai que sai vius remaner.
Rambaud de Vaqueiras: Aras pot hom.
J'aime davantage, si à Dieu il vient en plaisir, mourir de là qu'ici vivant rester.
Adv. comp. En Gascuenh' an say e say.
Bernard de tot lo mon: Los plazers.
En Gascogne que j'aille çà et çà (d'un côté et d'autre).
Obri mos huelhs isnelamen;
Gart sai e lai. 
Arnaud de Marueil: Dona genser.
J'ouvre mes yeux vivement, je regarde çà et là.
Tan l' a e sai e lai cercat. Roman de Jaufre, fol. 91.
Tant il l'a et çà et là cherché.
Er coronatz sa jos.
Folquet de Marseille: Hueimais.
Il sera couronné ici-bas.
El cel e sa jos.
G. Faidit: L' onratz jauzens.
Au ciel et ici-bas.
Non estarai qu' un ver non lays
Say sus enans que plus m' irays.
Jordan de Cofolen: Non estarai.
Je ne demeurerai pas qu'un vers je ne transmette çà sus en avant (auparavant) que je m'afflige davantage.
Entro que torn de sai.
B. de Ventadour: Lanquan vei.
Jusqu'à ce qu'elle retourne de çà.
De sai guarda, de lai guinha.
Marcabrus: Dirai vos.
De çà il regarde, de là il guigne.
Ni de sai ni de lai. Liv. de Sydrac, fol. 44.
Ni de çà ni de là.
Venha s' en sai et ajoste s' ab nos.
Bertrand de Born: Pus Ventedorn.
Qu'il vienne en çà et se réunisse à nous.
De mar en sai.
Rambaud d'Orange: Amors com er.
De la mer en çà.
Lo regne e la senhoria de la mort es per de say, e lo regne de vida es per de lay. V. et Vert., fol. 28.
Le règne et la seigneurie de la mort est par de çà, et le règne de la vie est par de là.
Prép. comp. De say lo Nil.
A. Daniel: Lanquan son.
De çà le Nil.
De sai mar ni de lai.
Aimeri de Peguilain: Era par ben.
De çà la mer ni de là.
Anc princeps negus melhor no fo,
El nostre temps, e sa ni de la mar.
Mathieu de Querci: Tant suy marrit.
Oncques nul prince ne fut meilleur, de notre temps, en çà ni de là la mer.
ANC. CAT. Sai.
Voyez Des.

2. Aissai, adv., en çà, par ici.
Quan l' uns trahis aissai 
E l' autre trahis ailai.
P. Cardinal: Atressi cum per.
Quand l'un trahit par ici et l'autre trahit par là.


Sainha, Sayna, Sana, s. f., lat. sagena, marais, marécage, étang.
Esquius plus qu' auzels de saynha.
Giraud de Borneil: Al plus leu.
Farouche plus qu'oiseau de marais.
E 'l ric menuzier
An cassa per sana.
B. Arnaud de Montcuc: Er can.
Et les puissants inférieurs ont chasse par marais.
ANC. FR. L'ancien français a employé ce mot dans l'acception primitive qu'il avait eue en grec et en latin, c'est-à-dire avec la signification de filet à prendre le poisson.
Comme les supplians feussent alez peschier en un marchaiz commun.. à un instrument appellé seigne.
Lett. de rém. de 1410. Carpentier, t. III, col. 787.
Il a été aussi employé dans le sens de marais, de lieu où l'on pêche le poisson:
De la petite saine du Crotoy... De la seynne de Cucq que l'en a accoustumé à bailler à ferme.
Comptes de 1369 et de 1465. Carpentier, t. III, col. 787.

Sais, adj., gris.
No m tengatz en soan,
Sitot m' ai lo pel sais.
Aimeri de Peguilain: Qui sofris.
Ne me teniez pas en mépris, parce que j'ai le poil gris.

Quom s' avia d' ans quaranta.
G. Adhemar: Lanquan.
J'ai ma chevelure grise, comme si j'avais d'ans quarante.
Loc. Anc fals lauzengiers, brus ni sais,
Non poc un sol de vos maldir.
Gavaudan le Vieux: Crezens fis.
Oncques faux médisants, bruns ni gris, (quels qu'ils soient) ne put un seul médire de vous.

viernes, 20 de octubre de 2023

XXVII, No m laissarai per paor

XXVII.


No m laissarai per paor

C' un sirventes non labor

En servizi dels fals clergatz;

E quant sera laboratz,

Conoisseran li plusor

L' engan e la fellonia

Que mov de falsa clerzia;

Que lai on an mais forsa ni poder

Fan plus de mal e plus de desplazer.


Aquist fals prezicador

An mes lo segl' en error,

Qu' il fan los mortals peccatz:

Pois cill cui an prezicatz

Fan so que ven far a lor,

E tuit segon orba via;

Doncs si l' uns orbs l' autre guia,

Non van amdui en la fossa cazer?

Si fan, so dis dieus, qu' ie 'n sai ben lo ver.


Vers es que notre pastor

Son tornat lop raubador,

Qu' il rauban deves totz latz,

E mostran semblan de patz,

E confortan ab doussor

Los oveillas noit e dia,

Pois quant las an en bailia

Et ill las fan morir e dechazer

Ist fals pastor, don eu m' en desesper.


Pois fan autre desonor

Al segle, et a dieu maior;

Que s' uns d' els ab femna jatz,

Lendeman tot orrejatz

Tenra 'l cors notre seignor;

Et es mortals eretgia,

Que nuls preire no deuria

Ab sa putan orrejar aquel ser

Que lendeman deia 'l cors dieu tener.


E si vos en faitz clamor,

Seran vos encusador,

E seretz n' escumeniatz;

Ni, s' aver non lor donatz,

Ab els non auretz amor

Ni amistat ni paria.

Vergena, sancta Maria,

Domna, si us platz, laissatz me 'l jorn vezer 

Qu' els puosca pauc doptar e mens temer!


Vai sirventes, ten ta via,

E di m' a falsa clerzia

Qu' aicel es mortz qui s met en son poder; 

Qu' a Tolosa en sab hom ben lo ver.


Guillaume Figueiras.

miércoles, 18 de octubre de 2023

L, Mout fort me sui d' un chan meravillatz

L.


Mout fort me sui d' un chan meravillatz

Per lui qu' o fetz sitot es dreigz que m plaia,

Quar cel que es vailhenz ni enseingnatz

Deu ben pensar e gardar que retraia;

Quar nienz es q' om razonar pogues

Lo tort per dreig que 'ls pros no s conogues; 

E poda leu perdre mon escien

Son pretz aicel qui tort adreg defen.


Doncs, si ben fos premiers aconseilhatz,

Pueis d' escondir Genoes tant s' asaia,

Non crei qu' el chant agues mainz motz pauzatz

Qui membrar fan lor sobremortal plaia,

Que l' autreia c' abatutz e mespres

Totz lor affars pels Venecians es;

E l' uchaizos, qu' en pauz' en lur conten,

Non pot donar contra 'l mal guarimen.


Car hom non deu de ren esser blasmatz,

Si 'l fai co i s taing, n' es dreg que mal l' en chaia,

Doncs pueis tant gen gerreian ses guidatz,

No m par qu' en re lur descortz nogut n' aia;

C' anc al jostar no fo nuilh temps que res

Mas arditz cors failliment lor fezes,

Car il foron totas vez mais de gen

Gent acesmat e per un dos soven.


E l' auch retrair qu' il tengron afrenatz

Venecians, ja qu' era lor meschaia,

Mas cum ancse fon lur poders doptatz

Pelz Genoes, no s membre no il desplaia,

Qu' un de lor naus mena uns sols tres pres,

Mas escondir pogra meills per un tres,

C' anc non preiron Venecian conten

Non aguesson lauzor al fenimen.


Mas s' el volgues semblar enrazonatz,

Non degra pas dir razon tant savaia,

Ni que trei flac valgron trenta prezatz;

Pero dels tres no m par respos s' eschaia,

Don ieu m' enpas e dic so qu' es pales,

Que quant es meills als Venecians pres,

Adoncs reignon plus cortes d' avinen,

E no s' en van en re desconoissen.


Oimais mi par que ben sia quitatz

D' aisso qu' a dich, e, s' el no s' en apaia,

De Venecians, queira 'ls lor faitz honratz

E 'ls grans conquistz faitz ab valor veraia;

E cum eran vencutz los Genoes,

Et en anta l' emperador grec mes,

E jutgara pueis s' ill valon nien,

Qu' ieu non ai plus de respondre talen.


Valens domna, qu' en cel pais regnatz,

Per cui plaidei, pros e plazens e gaia,

Merce vos clam, qu' a mi valer deiatz,

Que tot quant auch ni vei lo cor m' esmaia,

E sui tant fort de vostr' amor empres

Que, si no vei vostre gai cors cortes,

Viure non puesc, so sapchatz veramen,

C' ab lo respeig que ieu n' ai muer viven.


Venecian, qui ditz que il Genoes

Vos an faitz dan ni us an en dolor mes,

Vostr' onrat prez non sap ni 'l dan coren

Que lor avez fait d' aver e de gen.


Bonifaci Calvo, mon sirventes

Vos man, e us prec qu' el dir no us enuei 'l ges, 

Quar del taisser grat cortezia m ren,

E maiormenz dels Genoes l' enten.


Barthélemi Zorgi

lunes, 11 de marzo de 2024

Fol - Enfulhir, Enfullir

Fol. s. m., foulon.

Donei li fol e molin e autra manentia. 

Un troubadour anonyme: Sordel dis mal. 

Je lui donnai foulon et moulin et autre possession.

2. Folar, Follar, v., fouler.

No la devem pas calcar ni folar sos los pes.

Cat. dels apost. de Roma, fol. 73.

Nous ne la devons pas écraser ni fouler sous les pieds.

Part. pas. Lo bon draps d'escarlata tan soven es follatz als pes dels paradors. V. et Vert., fol. 66.

Le bon drap d'écarlate si souvent est foulé aux pieds des apprêteurs.

ANC. CAT. Folar. ANC. ESP. Follar. ESP. MOD. Hollar. IT. Follare. 

(chap. patejá, palsigá, calsigá; patejo, pateges, patege, pategem o patejam, pategéu o patejáu, pategen; calsigo, calsigues, calsigue, calsiguem o calsigam, calsiguéu o calsigáu, calsiguen; palsigo, palsigues, palsigue, palsiguem o palsigam, palsiguéu o palsigáu, palsiguen. Potechá escriu Luis Arrufat.)

3. Defolar, v., fouler, accabler. 

Part. pas. Fig. Bretanha defolada per motas miserias.

Cat. dels apost. de Roma, fol. 90.

La Bretagne accablée par de nombreuses misères.

ANC. FR. Et maintes costes deffoulées.

Bataille de Crécy.

 

Folc, s. m., troupeau. (N. E. Alemán Volk, volc, folc en Althochdeutsch : pueblo, población, grupo de gente, tropa; "Gruppen von Menschen". De aquí viene folklore o folclore.)

Pais lo folc, e no manja de lag del folc.

(chap. Pasture lo ramat, y no minge lleit del ramat.)

Trad. de la Ire épître de S. Paul aux Corinthiens.

Nourrit le troupeau, et ne mange de lait du troupeau.

Fig. Qui a misericordia essenia coma pastre so folc.

Trad. de Bède, fol. 64. 

Qui enseigne à miséricorde comme pasteur son troupeau.

Lo folc de Deu. Trad. de Bède, fol. 54.

Le troupeau de Dieu.

ANC. FR. Sauriez garder un fouc de pors.

Fables et cont. anc., t. I, p. 373.

Trova un fouc d'oues paissant,

Cele part vient, le col baissant, 

Arriers le fouc en ataint une.

Fables et cont. anc., t. III, p. 53.

2. Afolcar, Afolquar, v., diriger, guider, réunir.

Lo pros coms de Fois, que Dieus salve e gar,

Et aicel de Cumenge, vos podon afolcar.

Guillaume de Tudela.

Le preux comte de Foix, que Dieu sauve et garde, et celui de Comminge, vous peuvent guider. 

Mas s'ie us podia afolquar 

Una vetz, si cum autra fi, 

Can vos comtey, sus el cami

De lay on veniam, lo prec. 

Amanieu des Escas: A vos qu' ieu am. 

Mais si je pouvais vous conduire une fois, ainsi comme je fis une autre, quand, sur le chemin de là où nous venions, je vous contai la prière.

Deu hom aver maior cura 

E d' aculhir e d' afolquar.

Brev. d'amor, fol. 68.

On doit avoir plus grand soin et d'accueillir et de réunir.

 

Folca, s. f., lat. fulica, foulque, poule d'eau.

Vendo folcas... O autres auzels marins.

(chap. Venen foches... o atres muixons marins. La focha que yo conec es la de aigua dolsa.)

Cartulaire de Montpellier, fol. 186.

Vendent foulques... ou autres oiseaux marins. 

ESP. Fúlica (focha, falaris, foja, gallareta, gallineta).

focha, foches; Fol

 

Folh, Fuoill, Fuelh, Fueilh, s. m., lat. folium, feuille, feuillage.

Pos dels verts folhs vei clarzir los guarrics.

Pierre d'Auvergne: De josta 'ls.

Puisque des vertes feuilles je vois s'éclaircir les chênes.

Aissi cum sel que laissa 'l fuoill,

E pren de las flors la gensor.

Guillaume de Cabestaing: Aissi cum sel. Var.

Ainsi comme celui qui laisse le feuillage, et prend la plus belle des fleurs.

Loc. Pren los us, e'ls autres destrenh, 

E, qui li play, met en son fuelh. 

A. Daniel: Ab plazer. 

Prend les uns, et écarte les autres, et, qui lui plaît, met sur sa feuille.

Loc. fig. Quar esper que so que quist lay

Me torn tot mon sen en vert fuelh. 

G. Riquier: Tant m' es plazens. 

Car j'espère que ce que je demandai là me tourne tout mon sens en vert feuillage.

Tot cant pes me torna d' autre fuelh. 

Deudes de Prades: Ben ay' amors. 

Tout ce que je pense me tourne d'autre côté. 

Que viresson lor guerra en autre fuoill. 

P. Vidal: Plus qu' el paubres. 

Qu'ils tournassent leur guerre en autre côté.

Prov. Mas de mal fueilh non cueilh hom leu bon frug.

(chap. Pero de mala fulla (: mal abre, arbre, albre) no se cull fássilmen bona fruita, bon fruit. A que no, Ignacio Sorolla Vidal?)

Ignacio Sorolla Vidal; Mas de mal fueilh non cueilh hom leu bon frug

P. Cardinal: Aissi com hom. Mais de mauvaise feuille on ne cueille pas facilement bon fruit.

CAT. Full. ESP. Folio. (hoja) (chap. Folio, folios; fulla, fulles.)

2. Folha, Foilla, Fuoilla, Fuelha, Fulha, s. f., feuille.

E 'l folha cai de sul verjan.

Cercamons: Quan l'aura. 

Et la feuille tombe dessus le verger.

Quan vei la flor, l' erba vert e la fuelha. 

(chap. Cuan vech la flo, la herba verda y la fulla.)

B. de Ventadour: Quan vei.

Quand je vois la fleur, l'herbe verte et la feuille.

Fig. Ben aurai d' amor

Fuoilla e fruch e flor.

P. Vidal: Mout m' es.

(chap. Be ne tindré d'amor fulla y fruita y flo.)  

J'aurai bien d'amour feuille et fruit et fleur. 

Loc. De qualque vi mais beure vuelhas, 

Beu del noel o de tres fuelhas.

Leys d'amors, fol. 36.

De quelque vin que plus tu veuilles boire, bois du nouveau ou de trois feuilles. 

CAT. Fulla. ANC. ESP. Foja. ESP. MOD. Hoja. PORT. Folha. IT. Foglia. (chap. Fulla, fulles.)

3. Foilleta, s. f., petite feuille.

Del anet penretz la foilleta, 

E far n'etz sotil polvereta.

Deudes de Prades, Auz. cass.

Vous prendrez la petite feuille de l'aneth, et vous en ferez une fine petite poussière. 

CAT. Fulleta. ESP. Hojita. IT. Foglieta. (chap. Fulleta, fulletes.)

4. Folhos, Foillos, Fuoillos, Fuelhos, Fulhos, adj., lat. foliosus, feuillu.

Van chantan sus l'albre qu'es foillos. 

P. Milon: Pois que. 

Vont chantant sur l'arbre qui est feuillu.

Lonc un bosc fulhos. 

Cadenet ou Thibaud de Blizon: L'autr'ier.

Le long d'un bois feuillu. 

Subst. Quan lo rossignols, el fuoillos, 

Dona d' amor, e 'n quer e 'n pren. 

G. Rudel: Quan lo. 

Quand le rossignol, sous la feuillée, donne de l'amour, et en requiert et en prend. 

ANC. FR. Sous les fueilleux rameaux

Et des chesnes ombreux et des ombreux ormeaux.

Du Bartas, p. 240.

ESP. Hojoso. PORT. Folhoso. IT. Foglioso. (chap. Ple de fulla.)

5. Folhar, Foillar, Fuelhar, Fulhar, v., feuiller, pousser des feuilles.

Lanquan fuelhon bosc e guarric.

B. de Ventadour: Lanquan fuelhon.

Lorsque feuillent bois et chênes.

Quan lo dous temps d' abril

Fa 'ls albres secs fulhar.

(chap. literal: Cuan lo dols tems d'abril fa 'ls abres secs fullá : traure fulla, llansá, brostá.)

Pierre de Bussignac: Quan lo.

Quand le doux temps d'avril fait feuiller les arbres secs.

Fig. Atressi m chant e m' esbaudei,

E reverdei

E fuelh segon ma natura.

B. de Ventadour: Lanquan fuelhon. 

Ainsi je chante et me réjouis, et je reverdis et feuille selon ma nature.

Part. pas. En luec de verjanz floritz

E foillatz,

Volgra, per champs e per pratz, 

Vezer lansas e penos.

Boniface Calvo: En luec de. 

Au lieu de vergers fleuris et feuillés, je voudrais, par champs et par prés, voir lances et pennons.

Estaings foillatz

Es mes soven ab bon azur,

Per que mieills teigna, e que mais dur.

Giraud de Borneil: Nuilla res.

Étain feuillé est mis souvent avec bon azur, pour qu'il teigne mieux, et qu'il dure davantage.

Subst. Els auzels qu' an estat enic,

Son gays desotz los fulhatz.

B. de Ventadour: Lanquan fuelhon.

Les oiseaux qui ont été tristes, sont gais dessous les feuillées.

IT. Fogliare. (chap. carregás, omplís de fulla; llansá; fullá.)

6. Esfolhar, Esfoillar, Esfuelhar, Esfulhar, v,, effeuiller.

Ni albre domesgier que no l' esfulh.

(chap. Ni abre doméstic que (ell) no ('l) desfullo.)

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 17.

Ni arbre domestique qu'il ne l'effeuille.

Fig. La vostra malvestat s' esfoilla.

Lantelm: Lanfran.

La votre méchanceté s'effeuille.

Part. pas. Pueis a hom malvas esfoilladas.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

Puis on a des mauves effeuillées. 

PORT. Esfolhar. IT. Sfogliare. (chap. exfoliá, desfullá: desfullo, desfulles, desfulle, desfullem o desfullam, desfulléu o desfulláu, desfullen; desfullat, desfullats, desfullada, desfullades : sense fulles : despullat de fulles, despullats, despullada, despullades)

7. Enfulhir, Enfullir, v., feuiller, se garnir de feuilles.

Pus s' enfulleyson li verjan.

Marcabrus: Pus s'enfulleyson.

Puisque se garnissent de feuilles les vergers. 

ANC. FR. Enfueillant mes crins tout autour. 

Luc de la Porte, Tr. des Odes d'Horace, liv. II. p. 47.

miércoles, 18 de octubre de 2023

XI, Gent fai nostre reis liouranda,

XI.


Gent fai nostre reis liouranda,

Per so son tuit gras

Sei Engles e nou e ras,

E chascus porta guirlanda;

E Frances son rusillos

De portar lurs garnisos,

E suefron set e fam e pluia e ven;

E 'l reis conquier l' autrui, e 'l sieu defen.


Reis que gran terra demanda

Par que fassa gas,

Quan caval non trai del pas

Ni calsas de fer non randa;

Ben fe 'l reis qu' es corajos

Quan venc sai entr' els Bretos, 

Mas la honors tornara en nien,

S' es tals la fis com fes comensamen.


Guerra vol c' om sanc espanda

E c' om fuec n' abras,

E que ja non sia las

De donar ni metr' a ganda;

Qu' ieu sai fraires aitals dos,

L' us es reis, l' autr' es coms pros:

Mas ges no ditz vertat aicel que men,

Ni tuit lauzat no son pro ni valen.


Al valen rei, qu' el gen blanda,

Sirventes, diras

Qu' enans que passes lo pas

Gard ben si l' es foudatz granda,

Si l' es sens o dans o pros;

Car per seinhor durmilhos

Non voill intrar en guerra ni en conten,

Car greu conquier hom ben terra en durmen.


Breton son fors de garanda

E son d' onor bas,

Car anc hom de San Thomas

N' intret en Breselianda;

Ben paron de bon cor blos

E tornat de sus en jos,

Car lor Artus demandon freuolmen;

Non dirai plus, car negus no m' enten.


Sirventes, vai t' en cochos

Al comte qu' a nom N Ugos,

Car el val tan e ve e sap e sen

Que ja no vol penre malvatz argen.


Bertrand de Born.