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lunes, 20 de noviembre de 2023

Résumé de la grammaire romane. Chapitre IV. Pronoms.

Chapitre IV.

Pronoms.


§ Ier. Pronoms personnels. (1)

1re Pers. Singulier. Pluriel.

Sujet. Ieu, eu, ie, me, mi, m', je, moi; nos, nous. 

Rég. Dir. Me, mi, m', moi; nos, nous. 

Rég. Ind. De me, de mi, de m', de moi; de nos, de nous. 

A me, a mi, me, mi, m', à moi; a nos, à nous.

2 Pers. 

Sujet. Tu, tu, toi; vos (2), vous.

Rég. Dir. Tu, te, ti, t', toi, te; vos, vous. 

Rég. Ind. De tu, de te, de ti, de t'; de toi, de vos, de vous.

A tu, a te, a ti, te, ti, t' à toi; a vos, à vous.


(1) Les pronoms personnels qui indiquent la première et la seconde personne, sont de véritables substantifs qu'on pourrait désigner par le nom de substantifs personnels ou de substantifs pronominaux.

Ceux qui indiquent la troisième personne sont des substantifs relatifs qui se rapportent toujours à un nom précédent, et qu'on pourrait appeler substantifs pronominaux relatifs.

Toutefois, je me conforme à l' usage en me servant du mot pronom.

(2) Généralement, on se servait de vos en parlant à une seule personne. 

(N. E. vos, vosté; usted; en Sudamérica se sigue usando mucho, y en portugués.)

Résumé de la grammaire romane. Chapitre IV. Pronoms.


Masculin.

3e Pers. Singulier. 

Sujet. El, elh, il, 'l, il.

Rég. Dir. El, elh, 'l, 'lh, lo, lui, l', le, lui.

Rég. Ind. D' el, d' elh, de lo, de li, de l', de lui, de lui.

A el (1), a elh, li, l', lui, a li, a lui, a l', à lui.

Pluriel. 

Sujet. Els, elhs, 'ls, il, ill, ilh, 'l, 'lh, 

Rég. Dir. Els, elhs, 'ls, los, li, l', eux, ils.

Rég. Ind. D' els, d' elhs, de lor, d' eux.

Els, a els, a elhs, a li, a lor, lor, à eux, leur.

Féminin. 

Singulier. 

Sujet. Ela, elha, ella, 'lha, el', il, 'l, lei, leys, lieys, elle.

Rég. Dir. La, lei, leis, lieys, la, elle.

Rég. Ind. D' ela, d' elha, d' ella,

De li, de lei, d' ellei,

De leys, de lieys, d' elleis, d' elle.

A ella, a li, a lei, a leys, a lieys, à elle.

Pluriel.

Sujet. Elas, elhas, ellas, elles.

Rég. Dir. Las, les.

Rég. Ind. D' ellas, de lor, d' elles.

A ellas, a lor, lor. à elles, leur.


(1) A, devant une voyelle reprend souvent le D originaire; on disait AD EL, AD ELLA, et quelquefois, par euphonie, AZ EL, AZ ELLA.

Se, si, s', se, soi, étaient employés au singulier et au pluriel comme sujets, ou comme régimes directs et indirects, mais, dans ce dernier cas, avec les prépositions DE ou A.

SE était quelquefois employé pour A SE, régime indirect.

Souvent avec les verbes il était pris, de même que SI, dans un sens neutre et impersonnel: Esdevenc SE que, IL advint que; SI anet, IL alla. (N. E. En las vidas se encuentra muchas veces SI FO : fue.)

SE quelquefois signifia ON.

En, ne, 'n, n', de lui, d' eux, d' elle, d' elles, en. La langue romane en fit usage au singulier et au pluriel, au masculin et au féminin, pour désigner non seulement des choses inanimées, mais même des personnes.

I, Y, HI, à lui, à elle, etc., furent aussi employés pour les personnes comme pour les choses.

Quelquefois des pronoms personnels recevaient explicitement d' autres pronoms tels que EIS, MEZEIS, même; Altres, autre, etc.: mi eis, moi-même; el eis, lui-même; els mezeis, eux-mêmes; vos altres, nos altres, vous autres, nous autres, etc.


Affixes. 

Un des caractères de la langue romane fut d' employer des affixes, c'est-à-dire:

M T S NS US

représentant me, mi, te, ti, se, si, nos, vos.

Elle dépouillait ME, MI, TE, TI, SE, SI de leur voyelle finale, et Nos et Vos de leur voyelle intérieure, pour attacher la consonne ou les consonnes qui restaient à la voyelle finale du mot précédent, et les y fixer: (1) 

No M meravill, ne m' émerveille; no T deus, ne te dois; no S pot, ne se peut; no NS cal, ne nous faut; no US vuelh, ne vous veux.

N fut quelquefois affixe pour NE, EN.

Cette forme n' était pas seulement une faculté accordée au poète pour faciliter la composition des vers; elle se trouve souvent aussi dans la prose.

(1) Quoique les manuscrits présentent toujours les affixes unis avec le mot qui précède, quoique même j' indique cette forme comme une règle invariable, j'ai cru cependant devoir les détacher dans l' impression, afin d' éviter les difficultés qu' offre le texte quand ils restent confondus.

(2) Dans mes Observations sur le Roman de Rou, je disais, en 1829:
"On a judicieusement observé que MON, TON, SON, ne sont pas des pronoms, attendu qu'on ne les emploie pas à la place de noms, mais que ce sont des adjectifs. On les appelle possessifs parce qu' ils indiquent, dit-on, la possession; mais n' indiquent-ils pas plutôt la relation à la personne ou à l' objet dont il s' agit dans la proposition, c'est-à-dire le rapport direct avec le sujet ou le régime qu' ils modifient. L' esclave qui dit mon maître, le captif qui dit ma prison, ne parlent pas de leur propriété, mais de ce qui affecte leur personne. Ce sont donc des adjectifs personnels.

J' ai cru toutefois devoir conserver la dénomination usitée.


§ II. 

Pronoms possessifs. (2)

Quand les pronoms possessifs sont placés devant le substantif auquel ils se rapportent, sans être précédés ni de l' article, ni de tout autre signe démonstratif, il faut les traduire par MON, TON, SON, MA, TA, SA, etc.

Au contraire, s' ils sont précédés de l' article ou de tout autre signe démonstratif, comme Cel, Un, etc., ils signifient le mien, ce tien, un sien, la mienne, cette tienne, une sienne, etc.

Parfois ils sont simples adjectifs et on les traduit par mien, tien, sien, mienne, tienne, sienne, etc.

La préposition DE ou A indique le régime indirect au singulier et au pluriel.

Masculin. Féminin. 

Singulier. 

1re Pers.

Sujet. Mos, mieus, meus; ma, mi, m', mieua, mia.

Nostres; nostra.

Rég. Dir. Mon, mieu, meu; ma, mi, m', mieua, mia.

Nostre (1); nostra.

Pluriel.

Sujet. Miei, mei, mieu, meu; mas, mieuas, mias.

Nostre; nostras.

Rég. Dir. Mos, mieus, meus; mas, mieuas, mias.

Nostres; nostras.

2e Pers. Singulier. 

Sujet. Tos, tieus, teus; ta, ti, t', tia, tieua, toa, tua.

Vostres; vostra.

Rég. Dir. Ton, tieu, teu; ta, ti, t', tia, tieua, toa, tua.

Vostre; vostra.

Pluriel.

Sujet. Tiei, tei, tieu, teu; tas, tieuas, toas, tuas.

Vostre; vostras.

Rég. Dir. Tos, tieus, teus; tas, tieuas, toas, tuas.

Vostres; vostras.


(1) On lit, dans le Roman de Fierabras, nos, vos, pour nostre, vostre.


Masculin. Féminin. 

Singulier. 

3e Pers.

Sujet. Sos, sieus, seus; sa, si, s', sia, sieua, soa, sua.

Lor; lor.

Rég. Dir. Son, sieu, seu; sa, si, s', sia, sieua, soa, sua. 

Lor; lor.

Pluriel. 

Sujet. Siei, sei, sieu, seu; sas, sieuas, soas, suas.

Lor; lor.

Rég. Dir. Sos, sieus, seus; sas, sieuas, soas, suas.

Lor, lors; lor, lors.


On trouve parfois MON, TON, SON, NOSTRE, VOSTRE, sujets au singulier, et NOS, TOS, SOS, sujets au pluriel, quoique la règle générale leur assignât la seule qualité de régimes. MA, TA, SA subirent souvent l' élision devant les mots qui commençaient par une voyelle ou une H muette: M' amors, T' amistatz, S' honors, Mon amour, Ton amitié, Son honneur.

§ II.

Pronoms démonstratifs.

Les pronoms démonstratifs romans furent:

Cel, est. 

Aicel, cest

Aquel, aquest.

La règle de l' S qui distinguait les sujets et les régimes fut quelquefois 

appliquée aux pronoms démonstratifs masculins.

Les pronoms féminins prirent ordinairement l' A final au singulier, et AS au pluriel.

Mais aussi d' IL, pronom personnel féminin, furent dérivés par analogie CIL, AICIL, etc., pour caractériser le pronom démonstratif féminin au singulier, quand ce pronom était sujet.

Par la même raison, LEIS, féminin du pronom personnel, fournit les pronoms démonstratifs féminins CELLEIS, SELEYS, etc.

De LUI masculin au singulier, vint CELUI, etc. 

Et d' IL masculin sujet au pluriel, furent formés CIL, AQUIL, etc.

Ces pronoms démonstratifs étaient quelquefois seuls, et alors, dans leurs fonctions de relatifs, on les employait substantivement, ainsi que les pronoms personnels.

Plus souvent ils étaient joints à un nom, et ne remplissaient que la fonction d' adjectifs.

Les pronoms démonstratifs s' appliquaient aux objets animés et inanimés. Plusieurs se modifiaient de manière à être employés neutralement.

CEL, et ses dérivés.

Masculin. Féminin.

Singulier.

(Fr. ce, cet; celui-ci, celui-là; celle, cette; celle-ci, celle-là.)

Sujet. Cel, selh, celui, cella, cilh;

Aicel, aicella, aicil,

Aquel, aquella, aquil.

Rég. Dir. Cel, celui, cella, celleis

Aicel, aicella,

Aquel, aquella, aquelleis,

Pluriel.

(Fr. ceux, ces; ceux-ci, ceux-là; celles, ces; celles-ci, celles-là.)

Sujet. Cil, cels, cellas,

Aicil, aicels, aicellas,

Aquil, aquels, aquellas, 

Rég. Dir. Els, los, las,

Cels, cellas,

Aicels, aicellas,

Aquels, aquellas,


Les différentes prépositions qui précédaient ces pronoms ou les substantifs auxquels ils se rapportaient, faisaient reconnaître les régimes indirects.

EST, et ses dérivés.

Masculin. Féminin. 

(Fr. celui, ce; celui-ci, celui-là. Celle, cette; celle-ci, celle-là.)

Singulier.

Sujet. Est, esta, ist,

Cest, cesta, cist,

Aquest, aquesta, aquist,

Rég. Dir. Est, esta, ist,

Cest, cesta,

Aquest, aquesta,

Pluriel.

(Fr. ceux, ces; ceux-ci, ceux-là. Celles, ces; celles-ci, celles-là.)

Sujet. Ist, est, estas,

Cist, cest, cestas,

Aquist, aquest aquestas,

Rég. Dir. Ests, estas,

Cests, cestas,

Aquests, aquestas,

Les pronoms démonstratifs so, aisso, aco, aquo, ce, ceci, cela, furent employés neutralement, c'est-à-dire d' une manière indéfinie.

Ces pronoms étaient invariables, et il est à remarquer qu' ils se plaçaient avec le verbe auxiliaire ESSER au singulier et au pluriel: so es, c'est; so son, ce sont.


§ IV. 

Pronoms relatifs.

Lorsque el, lo, ella, la, lor, etc., il, elle, les, eux, etc., désignaient des objets non animés ou non personnifiés, ils devenaient pronoms relatifs.

O et Lo étaient employés neutralement comme relatifs: Non o farai, ne le ferai; no lo deman, ne le demande.

EN, NE, en, de cela, et Y, I, HI, y, s' appliquaient aux personnes et aux choses, sans recevoir aucune modification de genre ni de nombre.

QUI, QUE, etc.

Sujet. Qui, qi, ki, que, che, qe, ke, qu', ch', k', q', c'; qui. 

Rég. Dir. Que, che, qe, ke, cui, qu', ch', etc.; que, quoi.

Rég. Ind. De qui, de cui, cui, de que, don; de qui, de quoi, dont.

A qui, a cui, cui, a que; à qui, à quoi, dont.

Qui masculin ou féminin faisait, au singulier et au pluriel, la fonction de sujet.

On ne le trouve pas avec les pronoms démonstratifs employés neutralement, auxquels s' adjoignait QUE.

Qui, cui, étaient quelquefois régimes directs, mais plus souvent régimes indirects, et ordinairement CUI était précédé d' une préposition.

QUE servait au singulier et au pluriel, au masculin et au féminin, et après les mots employés neutralement: il était également sujet ou régime, et régime direct ou indirect; mais, comme régime indirect, il était précédé de la préposition.

Don, dont, exprimait la relation des mots latins CUJUS, A QUO, etc., et de l' adverbe DE UNDE.

ON, où, auquel, en qui, faisait fonction de pronom relatif lorsqu'il se rapportait aux personnes ou aux objets personnifiés.

La langue romane forma un autre pronom relatif de qualis, qual; placé après l' article, il remplissait la fonction du QUI, du QUE, du CUI, et du DON.

L' article de ce relatif QUAL reçut les modifications usitées pour les genres, les temps, et les régimes; et QUAL reçut celles qui étaient établies pour les adjectifs communs: lo qual, la qual, li qual, los quals, las quals, dels quals, de las quals, etc.

QUE employé dans un sens neutre, remplissait la fonction du QUID latin: 

No sai QUE dire, ne sais que dire.

Le pronom relatif QUE, etc., comme sujet, était quelquefois sous-entendu, surtout en poésie: Anc no vi dona ... tan mi plagues, oncques ne vis dame (qui) tant me plût.

Ce même pronom était aussi employé en supprimant le sujet ou le pronom démonstratif auquel il se rapportait, soit expressément, soit tacitement: 

Qui en gaug semena, plazer cuelh, (celui) qui en joie sème, plaisir recueille.

QUI, sujet, était même placé après des verbes ou des prépositions dont il ne devenait pas le régime, parce que ce régime, c'était le pronom démonstratif sous-entendu: Ley demostra a... qui ha sen, loi démontre à (celui) qui a sens.

On trouve la préposition et le régime sous-entendus à la fois.

QUAL, CAL, quel, pronom relatif, fut appliqué aux personnes et aux choses. 

Il se rapportait toujours à un substantif.

Qui, qui, Que, que, Qual, Cal, quel, Que, quoi, soit comme sujets, soit comme régimes, dans les différents genres et dans les différents nombres, étaient placés en forme interrogative: E QUE val viure ses amor? Et que vaut vivre sans amour?


§ V. 

Pronoms indéfinis.

Les uns furent employés comme substantifs, les autres comme adjectifs; quelques uns remplirent tour à tour les deux fonctions; il y en eut même qui furent usités neutralement.

Voici les principaux:

Om, hom, se, on, l' on.

Quecx, usquecx, chaque, un chacun.

Cadun, cascun, cac, cad, chacun, chaque,

Degun, negun, nulh, lunh (nul), non-aucun, nul.

Alque, alcun, qualque, qualacum, qualaquom; aucun, quelqu'un, quelque.

Altre, al, altrui, autre, autrui.

L' un, laun (*), l' altre, l' un, l' autre.

Eis, meteis, mezeis, medes, metes, même, le même. 

Mant, molt, mout, maint, moult.

Plusor, trop, plusieurs, beaucoup.

Totz, trastotz, trestotz, tout, très-tout.

Tant, quant, tant, combien.

(* N. E. encara se fa aná al chapurriau, laun y l' atre son idiotes.) 

Les pronoms indéterminés quecx, usquecx, furent ordinairement substantifs, mais aussi quelquefois adjectifs.

Cadun, cascun, negun, degun, nulh, lunh, selon qu' ils étaient sujets ou régimes, masculins ou féminins, se modifiaient, tant au singulier qu'au pluriel, conformément aux règles établies pour les substantifs et pour les adjectifs.

Altrui fut des deux genres, au singulier et au pluriel, et s' employa adjectivement et substantivement.

Plusor, qui ne s' employa qu'au pluriel, fut également des deux genres, et figura tour à tour comme substantif et comme adjectif.

Eis, meteis, eissa, meteissa, s' appliquaient aux choses et aux personnes, et se joignaient quelquefois à un adverbe; dans ce dernier cas, ils s' employaient adverbialement.

Totz recevait au féminin l' A, et faisait au pluriel tuit, tut, tug, tuich, totas; sujet ou régime, il se modifia d' après les règles qui régissaient les adjectifs.

Il en fut de même relativement aux pronoms trastot, mant.

Tous les adjectifs de quantité indéterminés peuvent être placés parmi ces pronoms.

viernes, 20 de octubre de 2023

XXVII, No m laissarai per paor

XXVII.


No m laissarai per paor

C' un sirventes non labor

En servizi dels fals clergatz;

E quant sera laboratz,

Conoisseran li plusor

L' engan e la fellonia

Que mov de falsa clerzia;

Que lai on an mais forsa ni poder

Fan plus de mal e plus de desplazer.


Aquist fals prezicador

An mes lo segl' en error,

Qu' il fan los mortals peccatz:

Pois cill cui an prezicatz

Fan so que ven far a lor,

E tuit segon orba via;

Doncs si l' uns orbs l' autre guia,

Non van amdui en la fossa cazer?

Si fan, so dis dieus, qu' ie 'n sai ben lo ver.


Vers es que notre pastor

Son tornat lop raubador,

Qu' il rauban deves totz latz,

E mostran semblan de patz,

E confortan ab doussor

Los oveillas noit e dia,

Pois quant las an en bailia

Et ill las fan morir e dechazer

Ist fals pastor, don eu m' en desesper.


Pois fan autre desonor

Al segle, et a dieu maior;

Que s' uns d' els ab femna jatz,

Lendeman tot orrejatz

Tenra 'l cors notre seignor;

Et es mortals eretgia,

Que nuls preire no deuria

Ab sa putan orrejar aquel ser

Que lendeman deia 'l cors dieu tener.


E si vos en faitz clamor,

Seran vos encusador,

E seretz n' escumeniatz;

Ni, s' aver non lor donatz,

Ab els non auretz amor

Ni amistat ni paria.

Vergena, sancta Maria,

Domna, si us platz, laissatz me 'l jorn vezer 

Qu' els puosca pauc doptar e mens temer!


Vai sirventes, ten ta via,

E di m' a falsa clerzia

Qu' aicel es mortz qui s met en son poder; 

Qu' a Tolosa en sab hom ben lo ver.


Guillaume Figueiras.

miércoles, 18 de octubre de 2023

L, Mout fort me sui d' un chan meravillatz

L.


Mout fort me sui d' un chan meravillatz

Per lui qu' o fetz sitot es dreigz que m plaia,

Quar cel que es vailhenz ni enseingnatz

Deu ben pensar e gardar que retraia;

Quar nienz es q' om razonar pogues

Lo tort per dreig que 'ls pros no s conogues; 

E poda leu perdre mon escien

Son pretz aicel qui tort adreg defen.


Doncs, si ben fos premiers aconseilhatz,

Pueis d' escondir Genoes tant s' asaia,

Non crei qu' el chant agues mainz motz pauzatz

Qui membrar fan lor sobremortal plaia,

Que l' autreia c' abatutz e mespres

Totz lor affars pels Venecians es;

E l' uchaizos, qu' en pauz' en lur conten,

Non pot donar contra 'l mal guarimen.


Car hom non deu de ren esser blasmatz,

Si 'l fai co i s taing, n' es dreg que mal l' en chaia,

Doncs pueis tant gen gerreian ses guidatz,

No m par qu' en re lur descortz nogut n' aia;

C' anc al jostar no fo nuilh temps que res

Mas arditz cors failliment lor fezes,

Car il foron totas vez mais de gen

Gent acesmat e per un dos soven.


E l' auch retrair qu' il tengron afrenatz

Venecians, ja qu' era lor meschaia,

Mas cum ancse fon lur poders doptatz

Pelz Genoes, no s membre no il desplaia,

Qu' un de lor naus mena uns sols tres pres,

Mas escondir pogra meills per un tres,

C' anc non preiron Venecian conten

Non aguesson lauzor al fenimen.


Mas s' el volgues semblar enrazonatz,

Non degra pas dir razon tant savaia,

Ni que trei flac valgron trenta prezatz;

Pero dels tres no m par respos s' eschaia,

Don ieu m' enpas e dic so qu' es pales,

Que quant es meills als Venecians pres,

Adoncs reignon plus cortes d' avinen,

E no s' en van en re desconoissen.


Oimais mi par que ben sia quitatz

D' aisso qu' a dich, e, s' el no s' en apaia,

De Venecians, queira 'ls lor faitz honratz

E 'ls grans conquistz faitz ab valor veraia;

E cum eran vencutz los Genoes,

Et en anta l' emperador grec mes,

E jutgara pueis s' ill valon nien,

Qu' ieu non ai plus de respondre talen.


Valens domna, qu' en cel pais regnatz,

Per cui plaidei, pros e plazens e gaia,

Merce vos clam, qu' a mi valer deiatz,

Que tot quant auch ni vei lo cor m' esmaia,

E sui tant fort de vostr' amor empres

Que, si no vei vostre gai cors cortes,

Viure non puesc, so sapchatz veramen,

C' ab lo respeig que ieu n' ai muer viven.


Venecian, qui ditz que il Genoes

Vos an faitz dan ni us an en dolor mes,

Vostr' onrat prez non sap ni 'l dan coren

Que lor avez fait d' aver e de gen.


Bonifaci Calvo, mon sirventes

Vos man, e us prec qu' el dir no us enuei 'l ges, 

Quar del taisser grat cortezia m ren,

E maiormenz dels Genoes l' enten.


Barthélemi Zorgi

lunes, 11 de marzo de 2024

Fol - Enfulhir, Enfullir

Fol. s. m., foulon.

Donei li fol e molin e autra manentia. 

Un troubadour anonyme: Sordel dis mal. 

Je lui donnai foulon et moulin et autre possession.

2. Folar, Follar, v., fouler.

No la devem pas calcar ni folar sos los pes.

Cat. dels apost. de Roma, fol. 73.

Nous ne la devons pas écraser ni fouler sous les pieds.

Part. pas. Lo bon draps d'escarlata tan soven es follatz als pes dels paradors. V. et Vert., fol. 66.

Le bon drap d'écarlate si souvent est foulé aux pieds des apprêteurs.

ANC. CAT. Folar. ANC. ESP. Follar. ESP. MOD. Hollar. IT. Follare. 

(chap. patejá, palsigá, calsigá; patejo, pateges, patege, pategem o patejam, pategéu o patejáu, pategen; calsigo, calsigues, calsigue, calsiguem o calsigam, calsiguéu o calsigáu, calsiguen; palsigo, palsigues, palsigue, palsiguem o palsigam, palsiguéu o palsigáu, palsiguen. Potechá escriu Luis Arrufat.)

3. Defolar, v., fouler, accabler. 

Part. pas. Fig. Bretanha defolada per motas miserias.

Cat. dels apost. de Roma, fol. 90.

La Bretagne accablée par de nombreuses misères.

ANC. FR. Et maintes costes deffoulées.

Bataille de Crécy.

 

Folc, s. m., troupeau. (N. E. Alemán Volk, volc, folc en Althochdeutsch : pueblo, población, grupo de gente, tropa; "Gruppen von Menschen". De aquí viene folklore o folclore.)

Pais lo folc, e no manja de lag del folc.

(chap. Pasture lo ramat, y no minge lleit del ramat.)

Trad. de la Ire épître de S. Paul aux Corinthiens.

Nourrit le troupeau, et ne mange de lait du troupeau.

Fig. Qui a misericordia essenia coma pastre so folc.

Trad. de Bède, fol. 64. 

Qui enseigne à miséricorde comme pasteur son troupeau.

Lo folc de Deu. Trad. de Bède, fol. 54.

Le troupeau de Dieu.

ANC. FR. Sauriez garder un fouc de pors.

Fables et cont. anc., t. I, p. 373.

Trova un fouc d'oues paissant,

Cele part vient, le col baissant, 

Arriers le fouc en ataint une.

Fables et cont. anc., t. III, p. 53.

2. Afolcar, Afolquar, v., diriger, guider, réunir.

Lo pros coms de Fois, que Dieus salve e gar,

Et aicel de Cumenge, vos podon afolcar.

Guillaume de Tudela.

Le preux comte de Foix, que Dieu sauve et garde, et celui de Comminge, vous peuvent guider. 

Mas s'ie us podia afolquar 

Una vetz, si cum autra fi, 

Can vos comtey, sus el cami

De lay on veniam, lo prec. 

Amanieu des Escas: A vos qu' ieu am. 

Mais si je pouvais vous conduire une fois, ainsi comme je fis une autre, quand, sur le chemin de là où nous venions, je vous contai la prière.

Deu hom aver maior cura 

E d' aculhir e d' afolquar.

Brev. d'amor, fol. 68.

On doit avoir plus grand soin et d'accueillir et de réunir.

 

Folca, s. f., lat. fulica, foulque, poule d'eau.

Vendo folcas... O autres auzels marins.

(chap. Venen foches... o atres muixons marins. La focha que yo conec es la de aigua dolsa.)

Cartulaire de Montpellier, fol. 186.

Vendent foulques... ou autres oiseaux marins. 

ESP. Fúlica (focha, falaris, foja, gallareta, gallineta).

focha, foches; Fol

 

Folh, Fuoill, Fuelh, Fueilh, s. m., lat. folium, feuille, feuillage.

Pos dels verts folhs vei clarzir los guarrics.

Pierre d'Auvergne: De josta 'ls.

Puisque des vertes feuilles je vois s'éclaircir les chênes.

Aissi cum sel que laissa 'l fuoill,

E pren de las flors la gensor.

Guillaume de Cabestaing: Aissi cum sel. Var.

Ainsi comme celui qui laisse le feuillage, et prend la plus belle des fleurs.

Loc. Pren los us, e'ls autres destrenh, 

E, qui li play, met en son fuelh. 

A. Daniel: Ab plazer. 

Prend les uns, et écarte les autres, et, qui lui plaît, met sur sa feuille.

Loc. fig. Quar esper que so que quist lay

Me torn tot mon sen en vert fuelh. 

G. Riquier: Tant m' es plazens. 

Car j'espère que ce que je demandai là me tourne tout mon sens en vert feuillage.

Tot cant pes me torna d' autre fuelh. 

Deudes de Prades: Ben ay' amors. 

Tout ce que je pense me tourne d'autre côté. 

Que viresson lor guerra en autre fuoill. 

P. Vidal: Plus qu' el paubres. 

Qu'ils tournassent leur guerre en autre côté.

Prov. Mas de mal fueilh non cueilh hom leu bon frug.

(chap. Pero de mala fulla (: mal abre, arbre, albre) no se cull fássilmen bona fruita, bon fruit. A que no, Ignacio Sorolla Vidal?)

Ignacio Sorolla Vidal; Mas de mal fueilh non cueilh hom leu bon frug

P. Cardinal: Aissi com hom. Mais de mauvaise feuille on ne cueille pas facilement bon fruit.

CAT. Full. ESP. Folio. (hoja) (chap. Folio, folios; fulla, fulles.)

2. Folha, Foilla, Fuoilla, Fuelha, Fulha, s. f., feuille.

E 'l folha cai de sul verjan.

Cercamons: Quan l'aura. 

Et la feuille tombe dessus le verger.

Quan vei la flor, l' erba vert e la fuelha. 

(chap. Cuan vech la flo, la herba verda y la fulla.)

B. de Ventadour: Quan vei.

Quand je vois la fleur, l'herbe verte et la feuille.

Fig. Ben aurai d' amor

Fuoilla e fruch e flor.

P. Vidal: Mout m' es.

(chap. Be ne tindré d'amor fulla y fruita y flo.)  

J'aurai bien d'amour feuille et fruit et fleur. 

Loc. De qualque vi mais beure vuelhas, 

Beu del noel o de tres fuelhas.

Leys d'amors, fol. 36.

De quelque vin que plus tu veuilles boire, bois du nouveau ou de trois feuilles. 

CAT. Fulla. ANC. ESP. Foja. ESP. MOD. Hoja. PORT. Folha. IT. Foglia. (chap. Fulla, fulles.)

3. Foilleta, s. f., petite feuille.

Del anet penretz la foilleta, 

E far n'etz sotil polvereta.

Deudes de Prades, Auz. cass.

Vous prendrez la petite feuille de l'aneth, et vous en ferez une fine petite poussière. 

CAT. Fulleta. ESP. Hojita. IT. Foglieta. (chap. Fulleta, fulletes.)

4. Folhos, Foillos, Fuoillos, Fuelhos, Fulhos, adj., lat. foliosus, feuillu.

Van chantan sus l'albre qu'es foillos. 

P. Milon: Pois que. 

Vont chantant sur l'arbre qui est feuillu.

Lonc un bosc fulhos. 

Cadenet ou Thibaud de Blizon: L'autr'ier.

Le long d'un bois feuillu. 

Subst. Quan lo rossignols, el fuoillos, 

Dona d' amor, e 'n quer e 'n pren. 

G. Rudel: Quan lo. 

Quand le rossignol, sous la feuillée, donne de l'amour, et en requiert et en prend. 

ANC. FR. Sous les fueilleux rameaux

Et des chesnes ombreux et des ombreux ormeaux.

Du Bartas, p. 240.

ESP. Hojoso. PORT. Folhoso. IT. Foglioso. (chap. Ple de fulla.)

5. Folhar, Foillar, Fuelhar, Fulhar, v., feuiller, pousser des feuilles.

Lanquan fuelhon bosc e guarric.

B. de Ventadour: Lanquan fuelhon.

Lorsque feuillent bois et chênes.

Quan lo dous temps d' abril

Fa 'ls albres secs fulhar.

(chap. literal: Cuan lo dols tems d'abril fa 'ls abres secs fullá : traure fulla, llansá, brostá.)

Pierre de Bussignac: Quan lo.

Quand le doux temps d'avril fait feuiller les arbres secs.

Fig. Atressi m chant e m' esbaudei,

E reverdei

E fuelh segon ma natura.

B. de Ventadour: Lanquan fuelhon. 

Ainsi je chante et me réjouis, et je reverdis et feuille selon ma nature.

Part. pas. En luec de verjanz floritz

E foillatz,

Volgra, per champs e per pratz, 

Vezer lansas e penos.

Boniface Calvo: En luec de. 

Au lieu de vergers fleuris et feuillés, je voudrais, par champs et par prés, voir lances et pennons.

Estaings foillatz

Es mes soven ab bon azur,

Per que mieills teigna, e que mais dur.

Giraud de Borneil: Nuilla res.

Étain feuillé est mis souvent avec bon azur, pour qu'il teigne mieux, et qu'il dure davantage.

Subst. Els auzels qu' an estat enic,

Son gays desotz los fulhatz.

B. de Ventadour: Lanquan fuelhon.

Les oiseaux qui ont été tristes, sont gais dessous les feuillées.

IT. Fogliare. (chap. carregás, omplís de fulla; llansá; fullá.)

6. Esfolhar, Esfoillar, Esfuelhar, Esfulhar, v,, effeuiller.

Ni albre domesgier que no l' esfulh.

(chap. Ni abre doméstic que (ell) no ('l) desfullo.)

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 17.

Ni arbre domestique qu'il ne l'effeuille.

Fig. La vostra malvestat s' esfoilla.

Lantelm: Lanfran.

La votre méchanceté s'effeuille.

Part. pas. Pueis a hom malvas esfoilladas.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

Puis on a des mauves effeuillées. 

PORT. Esfolhar. IT. Sfogliare. (chap. exfoliá, desfullá: desfullo, desfulles, desfulle, desfullem o desfullam, desfulléu o desfulláu, desfullen; desfullat, desfullats, desfullada, desfullades : sense fulles : despullat de fulles, despullats, despullada, despullades)

7. Enfulhir, Enfullir, v., feuiller, se garnir de feuilles.

Pus s' enfulleyson li verjan.

Marcabrus: Pus s'enfulleyson.

Puisque se garnissent de feuilles les vergers. 

ANC. FR. Enfueillant mes crins tout autour. 

Luc de la Porte, Tr. des Odes d'Horace, liv. II. p. 47.

miércoles, 18 de octubre de 2023

XI, Gent fai nostre reis liouranda,

XI.


Gent fai nostre reis liouranda,

Per so son tuit gras

Sei Engles e nou e ras,

E chascus porta guirlanda;

E Frances son rusillos

De portar lurs garnisos,

E suefron set e fam e pluia e ven;

E 'l reis conquier l' autrui, e 'l sieu defen.


Reis que gran terra demanda

Par que fassa gas,

Quan caval non trai del pas

Ni calsas de fer non randa;

Ben fe 'l reis qu' es corajos

Quan venc sai entr' els Bretos, 

Mas la honors tornara en nien,

S' es tals la fis com fes comensamen.


Guerra vol c' om sanc espanda

E c' om fuec n' abras,

E que ja non sia las

De donar ni metr' a ganda;

Qu' ieu sai fraires aitals dos,

L' us es reis, l' autr' es coms pros:

Mas ges no ditz vertat aicel que men,

Ni tuit lauzat no son pro ni valen.


Al valen rei, qu' el gen blanda,

Sirventes, diras

Qu' enans que passes lo pas

Gard ben si l' es foudatz granda,

Si l' es sens o dans o pros;

Car per seinhor durmilhos

Non voill intrar en guerra ni en conten,

Car greu conquier hom ben terra en durmen.


Breton son fors de garanda

E son d' onor bas,

Car anc hom de San Thomas

N' intret en Breselianda;

Ben paron de bon cor blos

E tornat de sus en jos,

Car lor Artus demandon freuolmen;

Non dirai plus, car negus no m' enten.


Sirventes, vai t' en cochos

Al comte qu' a nom N Ugos,

Car el val tan e ve e sap e sen

Que ja no vol penre malvatz argen.


Bertrand de Born.

domingo, 11 de febrero de 2024

El, Elh, - Aquil, Aquilh

El, Elh, art. m. sing., lat. ellum, le. 

Voyez la Grammaire romane, p. 42 et 110.

Suj. S'el segles dura guaire.

Pons de Capdueil: So qu'hom plus. 

Si le siècle dure guère.

S'el annatz volgues rendre l'argen.

Lanfranc Cigala: Estiers mon. 

Si le vieux voulait rendre l'argent.

Dis el libre de Genezi qu'el comensamen del mon, creet Dieus lo cel e la terra. Hist. de l'ancien et du nouv. Test., fol. I.

(chap. Diu lo llibre del Génessis que al escomensamén del mon, va creá Deu lo sel y la terra.)

Biblia; Diu lo llibre del Génessis que al escomensamén del mon, va creá Deu lo sel y la terra

Le livre de la Genèse dit qu'au commencement du monde, Dieu créa le ciel et la terre.

Si no fos N Albricx, 

El marques que es tos dicx.

Hugues de S.-Cyr: Messonget. 

Si ne fut le seigneur Albric, le Marquis qui est ton rempart.

Rég. dir. Sec mon dan e fug el be.

Elias de Barjols: En atretal.

Je suis mon dommage et je fuis le bien.

Tira el cat escoyssen.

Le Comte de Poitiers: En Alvernhe. 

Tire le chat écorchant. 

Bastiscam doncx en ferma peazo

El pretz que i s ten, quan l'autre van cazen. 

Folquet de Marseille: Hueimais no. 

Bâtissons donc en ferme appui le mérite qui s'y maintient, quand les autres vont tombant. 

Ab lo libre tocha el front, 

Los uilz, lo mento e la cara.

Roman de Flamenca, fol. 55. 

Avec le livre il touche le front, les yeux, le menton et la face. 

Rég. ind. El Capitoli lendema, al dia clar.

(chap. Al Capitoli en son demá, al día cla.)

Poëme sur Boèce.

Au Capitole le lendemain, au jour clair.

Que ames may un petit auzel el punh que una grua volan el cel.

(chap. Que preferíe un muixonet al puñ que una grulla volán al sel.)

V. de G. Faidit.

Qu'il aimât mieux un petit oiseau au poing qu'une grue volant au ciel.

Ins el cor port, domna, vostra faisso.

Folquet de Marseille: En chantan. 

Dedans au coeur je porte, dame, votre façon. 

ANC. FR. Suj. Devant le duc el grant palais où el grant conseil ere et li petit.

Ville-Hardouin, p. 12. 

Rég. El traïtor unt otrié

Sa félonie è sa faintié.

Roman de Rou, v. 631.

Ferid Abner ens el costel.

Anc. trad. des Livres des Rois, fol. 44. 

Seient plaizanz les paroles de ma bouche e li purpeusement de mun cuer el tuen esguardament.

Anc. trad. du Psaut., n° I, ps. 18. 

El buisson vienent trestot droit.

Fables et cont. anc., t. 1, p. 98.

ANC. PORT. Em el rey de Cambaya... 

El rey do Malabar. 

V. de D. J. de Castro, t. 1, p. 51 et 60. 

ANC. IT. Hai creduto el mio ressurrexire.

Jacopone da Todi, od. III, 17.

ESP. El. (chap. lo; encara se fa aná este artícul a Tortosa, Lleida, Lo Pau de Pons, Balears, etc.)

Lo agüelo y lo mar, Ernest Hemingway, chapurriau

3. Els, Elhs, art. m. plur., les, aux.

Suj. Vertut an

Els angel e 'ls arcangel gran 

De complir lo comandamen 

De Dieu.

Brev. d'amor, fol. 20. 

Les anges et les archanges ont grande vertu d'accomplir le commandement de Dieu. 

Elhs Sarrasis fugiro tota la nueyt. Philomena.

(chap. Los sarracenos, moros, van fugí tota la nit.)

Les Sarrasins fuirent toute la nuit.

Rég. dir. Totz tres gaban qu'els marc e 'ls esterlis

Faran metre els enaps e 'ls bacis. 

Rambaud de Vaqueiras: Del rei. 

Tous trois clabaudent que les marcs et les sterlings feront dépenser les coupes et les bacins. 

Rég. ind. Gart me Dieus d'aital vida... 

Qu'ieu vos si' obediens

Ni m torn els vostres tormens. 

Elias de Barjols: Amors be m platz. 

Que Dieu me garde de telle vie... que je vous sois obéissant et je retourne aux vôtres tourments. 

Totz escritz trobat ho ay 

Els libris de antiquitat.

(chap. Tot escrit u hay trobat als llibres de antigüedat.)

Los XV signes de la fi del mon. 

Tout écrit j'ai trouvé cela aux livres de l'antiquité.

- Del, art. m. sing., du.

Reclama Deu del cel, lo rei, lo grant. Poëme sur Boèce.

Réclame Dieu du ciel, le roi, le grand.

Tolc las armas del cavalier Vermelh. 

Rambaud de Vaqueiras: Era m requer. 

Enleva les armes du chevalier Vermeil.

ANC. FR. Les homes del hundred... Home del plaidant.

L. de G. le Conquérant, 26 et 28. 

ANC. CAT. Lo gros del bech e les nars.

Trad. catal. (catalane) dels Auz. cass.

ANC. PORT. IT. Bel.

- Dels, art. m. plur., des.

Rég. ind. Cavalhs dels mortz e dels nafratz. 

Bertrand de Born: Be m play lo.

Chevaux des morts et des blessés.

ANC. FR. Es cambres dels reis meesmes.

Anc. trad. du Psaut. de Corbie, p. 104.

3. El, Elh, Ell, pr. pers. m. 3e pers. sing., lat. ellum, il, lui, le. 

Suj. El era 'l meler de tota la onor. Poëme sur Boèce.

(chap. Ell ere lo milló de tota la honor : siñoría.)

Il était le meilleur de toute la seigneurie.

Car ell sabra trastot l'escrig. Évangile de Nicodème.

Car il saura l'écrit tout entier.

Ja no er vencutz, ni el no vens. 

Folquet de Marseille: Tant m'abellis. 

Jamais il ne sera vaincu, ni il ne vainc. 

Mas elh era sobre totz elegit.

Giraud de Calanson: Bel senher. 

Mais il était sur tous élu. 

Rég. dir. No 'l te tolrei... ni el te vedarei. Acte de 960.

Je ne te l'ôterai... ni te le prohiberai. 

Tos temps dic qu'el plorarai.

V. de S. Alexis. 

Je dis toujours que je le pleurerai.

Anec ferir lo rei de Tudelha, aissi que elh e 'lh caval fendec per mieg.

Philomena.

Il alla frapper le roi de Tudèle, ainsi qu'il fendit lui et le cheval par le milieu. 

Rég. ind. Non ai drech el fieu qu'ieu ai.

P. Rogiers: Tant ai mon.

Je n'ai droit au fief que j'ai. 

El fons d'iffern.

P. Cardinal: Un sirventes vuelh. 

Au fond d'enfer.

Aissi cum nays aigua de fon,

Nays d'el cavalaria.

P. Cardinal: Ieu volgra. 

Ainsi comme eau naît de fontaine, naît de lui chevalerie.

Autras plassas que d'el tenian. Chronique des Albigeois, col. 31.

Autres places qu'ils tenaient de lui. 

ANC. FR. Suj. S'el comparra ainz qu'il s'en tort.

Roman du Renart, t. II, p. 147.

Rég. Cil sor le pennil sa main met, 

S'el senti créu et barbé.

Fables et cont. anc., t. IV, p. 202. 

Vint à Tybert, s'el volt ferir.

Roman du Renart, t. II, p. 156. 

ANC. PORT. Se... o senhor d'el responda por el. Foral de Thomar.

ANC. IT. Ed el mi piace.

Boccaccio, nov. 71, 1.

CAT. Ell. ESP. Él. (chap. ell, ells, ella, elles.)

4. Els, Elhs, pron. pers. m. 3e pers. plur., ils, eux, les. 

Suj. Bels vergiers on els estan.

P. Cardinal: Quan vey lo.

Beaux vergers où ils sont.

Quar ades tot lur voler non an, 

Els van dizen qu'amors torn' en biays. 

B. de Ventadour: Quan la fuelha. 

Parce qu'incessamment ils n'ont pas tout leur vouloir, ils vont disant qu'amour tourne en biais. 

Rég. dir. M'es bon e belh hueymais qu'ieu m'entremeta

D'un sirventes per elhs aconortar. 

Bertrand de Born: Pus Ventedorn. 

Il m'est bon et beau désormais que je m'entremette d'un sirvente pour les encourager.

Bel m'es qu'ieu veia en un bel camp rengatz

Els, et ill nos.

Blacasset: Gerra mi play. 

Il m'est beau que je voie en un beau champ eux rangés, et eux nous.

Rég. ind. Ma perda es razos qu'a els duelha.

Boniface Calvo: S'ieu ai perdut.

Il est raison que ma perte à eux peine.

Pero us d'els mi veira a son dan.

(chap. Pero un d'ells me vorá per al seu mal.)

Blacasset: Gerra mi play. 

Pourtant un d'eux me verra à son dommage.

Ab els societat non auran. Titre de 1025.

(chap. En ells sossiedat no tindrán.)

Avec eux ils n'auront société.

ANC. FR. Suj. Els s'en traïrent tretuit arriers.

Huon de Méri, Tourn. de l'Antechrist.

Rég. dir. Cest essample lur volt mustrer

Li seinz Deu pur els afraier.

Marie de France, t. II, p. 422.

Rég. ind. Mult fa granz descroissement à cels de l'ost qui en Venise aloient, et els en avint grant mésaventure.

Ville-Hardouin, p. 21. 

La dame de miséricorde, 

Ce dient il, à els s'acorde.

Fables et cont. anc., t. II, p. 295. 

Orent victoire saus grant domage d'els ne de leur gent.

Chron. de Fr., t. V, 242. 

CAT. Ells, ellos. ESP. Ellos. PORT. Elles. (chap. Ells, elles.)

Ce pronom, qui, comme je l'ai dit dans le Résumé de la Grammaire romane, t. I, p. XLIX, note, n'est à proprement parler qu'un substantif pronominal, employé neutralement, devient parfois un substantif indéterminé.

Seingner, dis Bertrans, el es ben vers qu'eu o dissi.

V. de Bertrand de Born. 

Seigneur, dit Bertrand, il est bien vrai que je le dis.

Tot primierament el m' es avis que hoc.

L'Arbre de Batalhas, fol. 103. 

Tout premièrement il m'est avis que oui. 

ANC. FR. Se il n'est par l'assentiment dou dit Loys. 

Arch. du roy., tr. des chart., reg. LII, pièce 6.

5. Ed, pron. pers. m. 3° pers., il, lui.

Sing. Si ed estava l'an absens fora de la Lengua d'oc. 

(chap. Si ell estebe un añ aussén fora de la llengua d'oc : Languedoc, òc, och, hoc.) 

Cout. de Condom de 1313.

S'il demeurait l'année absent hors de la Langue d'oc.

Lo deit procuraire et sindic a jurat que ed tendra et fara tenir, etc.

Tit. de 1412. Bordeaux. Bibl. Monteil.

Ledit procureur et syndic a juré qu'il tiendra et fera tenir, etc. 

Plur. Et apres eds deben jurar.

(chap. Y después ells deuen jurá; churá.)

Titre de 1080. Fors du Bearn.

Et après ils doivent jurer. 

Si edz son trobat sufficiens.

Ord. des R. de Fr., 1462, t. XV, p. 477. 

S'ils sont trouvés suffisants.

6. Ela, Elha, Ella, pron. pers. f. sing., lat. ellam, elle.

Suj. Ella m ders un pauc lo mento.

Gavaudan le Vieux: Desemparatz. 

Elle me lève un peu le menton.

Mas elha m deu mon mielhs triar. 

Le Comte de Poitiers: Mout jauzens. 

Mais elle me doit trier mon mieux. 

Rég. Que non ames autra dompna mas ella. 

V. de Guillaume de Cabestaing.

Qu'il n'aimât autre dame qu'elle. 

En Olivier de Saissac... si entendia en ela.

V. de Raimond de Miraval. 

Le seigneur Olivier de Saissac... s'affectionnait en elle.

Mas non las auzava dire a ela.

(chap. Pero no les osabe di an ella; v. osá; no se atrevíe.)

V. d'Arnaud de Marueil.

Mais il ne les osait dire à elle.

Avia voluntat d'un trobador que trobes d'ella.

V. de Richard de Barbezieux.

Elle avait volonté d'un troubadour qui trouvât d'elle.

CAT. ESP. PORT. IT. (chap.) Ella.

7. Elas, Elhas, Ellas, pron. pers. f. plur., elles.

Suj. Quant elas nos an

Mot escalfatz en lur amor.

Brev. d'amor, fol. 203. 

Quand elles nous ont moult échauffés en leur amour.

Elhas non o degron suffrir. 

Le moine de Montaudon: Autra vetz.

Elles ne le devraient souffrir. 

Rég. Mas se sap feigner enamorat ad ellas. 

V. de Hugues de S. Cyr. 

Mais il sut se feindre enamouré pour elles.

Diatz de quals d'elhas o d'els.

Giraud de Borneil: Per solatz.

Dites de quels d'elles ou d'eux. 

CAT. Elles, ellas. ESP. PORT. Ellas. (chap. elles.)

8. Il, Ill, art. m. plur. lat. illi, les.

Suj. Abans que il blanc puoi sion vert.

(chap. Abans de que los blancs puchs estiguen (siguen) verts.)

Pierre d'Auvergne: Abans que.

Avant que les blancs sommets soient verts. 

D' esterlins foro ill primier conrey. 

Bertrand de Born: Pus li baron.

Les premiers équipements furent de sterlings. 

Rég. dir. Bel m'es cant aug...

Li brut e il crit e il masan

Que il corn e las trombas fan. 

P. de Bergerac: Bel m'es. 

Il m'est beau quand j'entends... les bruits et les cris et les tapages que les cors et les trompes font. 

Ill crozat van reptan.

Bertrand de Born: Ara sai. 

Les croisés je vais accusant. 

ANC. IT. Quando la barca ferì sopra il lito.

Boccaccio, nov. 42, 6.

9. Il, ill, pron. pers. m. sing., lat. illi, il, lui, à lui.

Suj. Il li dara tal aventura

Que mout sera valen e bona.

Roman de Flamenca.

Il lui donnera telle aventure qui moult sera précieuse et bonne.

IT. Il.

Rég. ind. Ab que il jur e il man.

T. d'Aimeri de Peguilain et d'Elias d'Uisel: N Elias.

Pourvu que je lui jure et lui mande.

Vostre auzel febre destrenh...

Sa pluma li trembla e ill bat.

Deudes de Prades, Auz. cass.

La fièvre étreint votre oiseau... Sa plume lui tremble et lui bat. 

ANC. IT. E se voil il porrete ben mente nel viso,

Egli è ancora mezzo ebbro.

Boccaccio, nov. 68, 20.

10. Il, Ilh, Ill, pron. pers. m. plur., lat. illi, ils, eux.

Suj. Il fan los mortals peccatz.

Guillaume de Figueiras: No m laissarai.

Ils font les mortels péchés.

Bel m'es qu'ieu veia en un bel camp rengatz

Els, et ill nos.

Blacasset: Gerra mi play. 

Il m'est beau que je voie en un beau champ eux rangés, et eux nous.

Ben sapchan qu'els pretz aitan pauc com ilh me.

Sordel: Planher vuelh. 

Qu'ils sachent bien que je les prise autant peu comme eux moi.

ANC. FR. Quanqu'il avoient leur tollirent...

Mes il faillent apertement.

Guillaume Guiart, p. 34 et 35.

11. Il, ilh, ill, art. f. sing. lat. illa, la, lui.

Suj. S'il bella, lai on jai,

No m'acuelh pres de se.

B. de Ventadour: Pus mi preiatz. 

Si la belle ne m'accueille près de soi, là où elle git. 

Ill vostra janglosia... 

Me desplatz chascun dia.

Garin d'Apchier: Veillz Comunal.

La votre moquerie... me déplaît chaque jour. 

Rég. dir. Dieu prec...

E ilh verge Maria.

P. Cardinal: Falsedatz.

Je prie Dieu.. et la vierge Marie. 

Rég. ind. Il clamarai merce.

Folquet de Marseille: Ab pauc ieu.

Je lui crierai merci.

12. Il, ilh, ill, pron. pers. f. sing., lat. illa, elle, à elle, lui.

Suj. Il m'encolpet de tal re

Don mi degra venir graz.

Bernard de Ventadour: Conortz.

Elle m'inculpa de telle chose dont il me devrait venir gré.

Puois la regina d'amor

M'a pres per entendedor,

Ben puesc far cinc, et illa terna.

Bertrand de Born: Greu m'es.

Puisque la reine d'amour m'a accepté pour soupirant, je puis bien faire cinq, et elle terne. 

Ilh m'es mala, eu li suy bos; 

Anhels suy, ilh m'es leos.

(chap. Elle me es roína, yo li soc bo; cordé soc, ella me es león.)

Hugues de S.-Cyr: Nulha res que.

Elle m'est méchante, je lui suis bon; je suis agneau, elle m'est lion.

Rég. ind. M'iras ma dona vezer,

E ill diguas lo mieu afaire.

Pierre d'Auvergne: Rossinhol. 

Tu m'iras voir ma dame, et dis-lui la mienne affaire

S'ill plagues, ela m pogr' enriquir.

Aimeri de Belmont: Ja n'er credutz.

S'il lui plaisait, elle me pourrait enrichir.

13. Cel, Celh, Cell, Sel, Selh, Sell, pron. dém., m. sing., ce, cet, celui, celui-là. 

Nota. À proprement parler, ce n'est point un pronom, car jamais ce mot ne remplace réellement un nom; mais, au masculin comme au féminin, il est tour à tour:

1°. Substantif indéterminé, quand il ne se rapporte à aucun substantif;

2°. Substantif démonstratif, quand il se rapporte à un ou plusieurs substantifs, et qu'il est lui-même sujet ou régime;

3°. Adjectif démonstratif, quand il se rapporte par l'ordre de la phrase ou par le sens à un ou plusieurs substantifs sujets ou régimes;

Toutefois, comme je l'ai déjà dit, t. I, p. XLIX, note, je me sers du mot pronom pour me conformer à l'usage. 

Suj. Non es fis drutz cel que s camja soven,

Ni bona domna cella qui lo cossen. 

T. de Blacas et de P. Vidal: Peire. 

N'est pas loyal galant celui qui se change souvent, ni bonne dame celle qui le lui permet. 

Es tracher sel que fai trassios.

Bertrand Carbonel: Joan Fabre. 

Est traître celui qui fait trahison.

Sell nos ira trastotz salvar. Évangile de Nicodème. 

Celui-là nous ira sauver tous.

Rég. dir. Si cell m'aduzes que ieu auzi cridar. 

Évangile de Nicodème. 

Si tu m'amènes celui que j'entendis crier.

Mortz, menat n'as selh qu'en poder 

Avia pretz fi e veray.

Jean Esteve: Planhen, ploran. 

Mort, tu en as emmené celui qui avait en pouvoir mérite pur et loyal.

Cel armat destrier... 

Pretz may que lebrier.

B. Arnaud de Montcuc: Er can li. 

Ce destrier armé .. je prise plus que levrier. 

Rég. ind. A cel que pus li pot tanher.

Bertrand de Born: Mout mi plai. 

A celui qui peut plus lui convenir. 

A selh que m fetz e m formet de nien. 

P. Cardinal: Un sirventes. 

A celui qui me fit et me forma de néant. 

ANC. FR. A qui moult plesoit cel ator.

Roman du Renart, t. I, p. 17. 

ANC. CAT. Cell.

Pl. suj. Cells que o reculhon e o celon. V. et Vert., fol. 14.

Ceux qui le recueillent et le cèlent.

Selhs qu'an freytz ni calors 

Suffert per mi, ni lur sanc escampat.

Folquet de Romans: Quan lo dous. 

Ceux qui ont souffert froid et chaleur pour moi, et répandu leur sang.

Cels que no i podian anar. V. de S. Alexis. 

Ceux qui n'y pouvaient aller. 

Joaquín Monclús, Ascuma; Cels que no i podian anar.

Rég. dir. Cells que podion covertir, 

A lor crezensa far venir, 

Batejavon.

Évangile de Nicodème. 

Ils baptisaient ceux qu'ils pouvaient convertir, faire venir à leur croyance.

En la crotz salvet selhs que perdia. 

Pons de Capdueil: Er nos sia. 

En la croix il sauva ceux qu'il perdait. 

Selhs per pecx 

Tenc totz e per gent grossa. 

Germonde de Montpellier: Greu m'es. 

Je tiens tous ceux-là pour niais et pour gent grossière. 

Rég. ind. Que aprenda cascus

De cels que sabon plus.

Arnaud de Marueil: Rasos es. 

Que chacun apprenne de ceux qui savent davantage.

Veias d'ayssells c'an pozestatz

Que fan a sells que, e veritatz, 

Dizon el mon co son destrugz.

Évangile de Nicodème. 

Voyez de ceux qui ont pouvoir ce qu'ils font à ceux qui, en vérité, disent au monde comment ils sont détruits.

Deu donar son argen 

A selhs qu'iran.

Pons de Capdueil: En honor. 

Doit donner son argent à ceux qui iront.

ANC. FR. Cels qui vivent de bone vie.

Fables et cont. anc., t. IV, p. 124. 

A Arraz vint, cels assega.

Roman de Rou, v. 5838. 

Par tuz cels de la maisun.

Marie de France, t. II, p. 425. 

ANC. CAT. Cels, cells.

14. Cela, Celha, Cella, Sela, Selha, Sella, pr. dém. f. sing., celle, celle-là, cette.

Suj. En lo nominatiu singular deu hom dire... cela.

Leys d'amors, fol. 71. 

En le nominatif singulier ou doit dire... celle. 

Ditz que vos es sela res 

Cui cove mais honors e bes.

Arnaud de Marueil: Totas bonas. 

Je dis que vous êtes cette chose à qui honneur et bien conviennent davantage.

Cella dona ben aia

Que non fai languir son amic.

Roman de Flamenca, fol. 56.

Bien ait cette dame qui ne fait languir son ami.

Rég. dir. Amat aurai

En perdon lonjamen

Selha on ja merce non trobarai.

B. de Ventadour: Bels m'es.

J'aurai aimé en vain longuement celle où je ne trouverai jamais merci. En l'acuzatiu singular deu hom dire... cela.

Leys d'amors, fol. 72. 

En l'accusatif singulier on doit dire... celle. 

Anc non ac en la cort baro, 

Cavayer, donzel ni donzela, 

Sesta ni sest, ni sel ni sela 

De las novas no s'azautes.

R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.

Il n'y eut oncques en la cour baron, chevalier, damoisel ni damoiselle, celle-ci ni celui-ci, ni celui-là ni celle-là qui ne fût satisfait des nouvelles. Rég. ind. En lo datiu singular deu hom dire... a cela.

Leys d'amors, fol. 72. 

En le datif singulier on doit dire... à celle.

Vas sella de cui m'es belh.

Bertrand de Born: Greu m'es. 

Vers celle de qui il m'est beau. 

ANC. FR. Les dames spartaines le trouvèrent plus grand et plus beau que jamais, tellement qu'il n'y eut celle qui ne réputast Chélidonide bien heureuse d'avoir un tel ami.

Amyot, Trad. de Plutarque, Pyrrhus, t. IV, p. 181. 

En celle bataille ot moult de gent de grand bobant qui s'en vindrent moult heureusement fuiant. Joinville, p. 53.

ANC. CAT. Cella.

Pl. suj. En lo nominatiu plural deu hom dire... celas.

Leys d'amors, fol. 71. 

En le nominatif pluriel on doit dire... celles. 

Non devon aver mal resso

Per tal celas que bonas so.

Brev. d'amor, fol. 205.

Ne doivent pas avoir mauvaise réputation pour telle chose celles qui sont bonnes.

Rég. dir. Cant hom auria cercat

Tot est mon, e pueis mentagudas 

Totas cellas que son nascudas,

No n'auria hom una trobada 

Tan bella ni tan gen formada; 

Que sos ueils e sa bela cara

Fan oblidar, qui ben l'esgara,

Totas cellas que vistas a.

Roman de Jaufre, p. 36. 

Quand on aurait parcouru tout le monde, et puis rappelé toutes celles qui sont nées, on n'en aurait pas trouvé une si belle ni si bien formée; vu que ses yeux et sa belle mine font oublier, qui bien la regarde, toutes celles qu'on a vues.

Rég. ind. Si ab vos al de joi carestia,

Ben l'auria ab cellas que no n'an. 

R. Bistors d'Arles: Aissi col. 

Si avec vous j'ai rareté de plaisir, je l'aurais bien avec celles qui n'en ont pas.

Seran pauzat en celas penas.

Liv. de Sydrac, fol. 98. 

Seront posés en ces peines.

ANC. FR. De toutes celles vertus qui appartiennent à mensuétude de meurs.

Tr. des Offic. de Cicéron, fol. 80, v°. 

ANC. CAT. Cellas.

15. Cil, Cill, Cilh, Sil, Silh, pr. dém. f. sing. suj., celle.

Cil d'avant a nom Providenza.

Deudes de Prades, Poëme sur les Vertus. 

Celle d'avant a nom Providence.

Pois cill cui sui amaire... 

Vol mi e mas chansos.

Gaucelm Faidit: L'onrat jauzens. 

Puisque celle à qui je suis amant... veut moi et mes chansons.

Pos vas me s'orguelha

Cilh qu'ieu plus volgr' aver.

B. de Ventadour: Lanquan. 

Puisque celle que je voudrais le plus avoir, s'irrite contre moi.

Sil que plus en degra aver 

No n'a ges, doncs on la querrai?

B. de Ventadour: Quan vey la. 

Celle qui plus en devrait avoir n'en a point, donc où la chercherai-je?

Silh que no m vol esser humana.

B. de Ventadour: Ja mos chantars. 

Celle qui ne me veut être humaine.

16. Cil, Cill, Cilh, Sill, Silh, p. dém. m. pl. suj., ceux.

Us sobron cil que no valon nien.

Boniface Calvo: Ges no m'es. 

Vous dominent ceux qui ne valent rien. 

Donc sapchan ben, cill qu'ieu dic qu'aiso fan, 

Que Dieus escriu so que dig e faig an.

Bertrand de Born: Ara sai eu. 

Donc qu'ils sachent bien, ceux que je dis qu'ils font ceci, que Dieu écrit ce qu'ils ont dit et fait. 

Tug cilh que amon valor.

Gaucelm Faidit: Tug cilh.

Tous ceux qui aiment valeur.

Gaucelm, sill c' amon ab enguan

Non senton los maltraitz d'amor. 

T. d'Albert Marquis et de G. Faidit: Gaucelm. 

Gaucelm, ceux qui aiment avec tricherie ne sentent pas les tourments d'amour.

Dizon silh del Colombier, 

Qu'en prengua dreg, si m'agrada. 

Bertrand de Born: Rassa, mes. 

Disent ceux du Colombier, que j'en prenne droit, s'il me convient.

ANC. FR. Cil servent Deu à haute voiz, 

Cil sont jor et nuit en la croiz. 

Fables et cont. anc., t. II, p. 343. 

Si cum sunt ore cil blanc moine, 

Cil noir, cil réguler chanoine, 

Cil de l'Ospital, cil du Temple.

Roman de la Rose, v. 351.

17. Celui, Selui, Selhuy, pr. dém, m. sing., celui, celui-là.

Conosc ben selhuy qui m ri.

Le Comte de Poitiers: Ben vuelh que. 

Je connais bien celui qui me rit.

Voyez Lui.

18. Aicel, Aicelh, Aisel, Aiselh, Aissel, Aisselh, pr. dém. m. sing., celui, celui-là. 

Les observations faites au sujet de cel s'appliquent également à aicel et à aquel, placé immédiatement après aicel.

Suj. Aicelh sera fil de Dieu apelatz.

Bertrand d'Allamanon: D'un sirventes. 

Celui-là sera appelé fils de Dieu. 

En lo nominatiu singular deu hom dire... aycel.

Leys d'amors, fol. 71. 

En le nominatif singulier on doit dire... celui-là. 

Rég. dir. Bona domna, ja aisel no crezatz 

Qu'ab engan vai, e si es enganatz. 

Arnaud de Marueil: Aissi cum selh. 

Bonne dame, ne croyez jamais celui qui va avec tromperie, et ainsi est trompé.

En l'accusatiu singular deu hom dire... aycel.

Leys d'amors, fol. 72. 

En l'accusatif singulier on doit dire... celui-là. 

Rég. ind. En la honor d'aisselh qu'en crotz fo mes.

Le Chevalier du Temple: Ira e dolor. 

En l'honneur de celui qui fut mis en croix. 

Ab selh esguar m'entret en aissel dia Amors.

Sordel: Bel m'es ab motz. 

Avec ce regard amour m'entra en celui jour. 

ANC. FR. Icel ne blandis ni ne dout.

Bibl. Guiot, v. 1036. 

Pl. suj. Totz aisselhs que per la su' amor 

Volran morir e viure.

Guillaume Figueiras: Totz hom qui.

Tous ceux qui pour la sienne amour voudront mourir et vivre.

Rég. dir. En l'accusatiu... plural... aycels. 

Leys d'amors, fol. 72. 

En l'accusatif... pluriel... ceux-là. 

Rég. ind. A totz aisselhs qu'en joy volon estar. 

Arnaud de Marueil: En mon cor. 

A tous ceux qui en joie veulent être.

19. Aicela, Aicelha, Aisela, Aiselha, Aissela, Aisselha, pr. dém. f. sing., celle, celle-là, cette. 

Suj. Es aicella que tan gen m'a conquis. 

Giraud de Borneil: Ar ai gran. 

Elle est celle qui si gentiment m'a conquis. 

Dona, vos es aisela res.

Arnaud de Marueil: Dona, sel que. 

Dame, vous êtes cette chose. 

Rég. dir. En l'accusatiu singular deu hom dire... aycela.

Leys d'amors, fol. 72. 

En l'accusatif singulier on doit dire... celle-là.

Rég. ind. En lo genitiu singular deu hom dire... d'aycela... en lo datiu singular... ad aycela... en l'ablatiu singular... ab aycela. 

Leys d'amors, fol. 72. 

En le génitif singulier on doit dire... de celle-là... en le datif singulier... 

à celle-là... en l'ablatif singulier... avec celle-là. 

Pl. suj. Aissellas putas ardens

Qui son d'autrui maritz cossens. 

Marcabrus: Pus mos. 

Ces prostituées ardentes qui sont consentantes d'autres maris. 

Rég. dir. Esgarda aicellas causas que son escrichas en el.

Trad. de l'Apocalypse. 

Regarde ces choses qui sont écrites en lui. 

Rég. ind. En lo genitiu plural deu hom dire... d'aycelas... en lo datiu plural... ad aycelas... en l'ablatiu plural... ab aycelas. 

Leys d'amors, fol. 72. 

En le génitif pluriel on doit dire... de celles-là... en le datif pluriel... 

à celles-là... en l'ablatif pluriel... avec celles-là.

10. Aicil, Aicill, Aicilh, Aisil, Aisilh, pr. dém. m. pl. suj., ces, ceux, ceux-là. En lo nominatiu plural deu hom dire... aycil.

Leys d'amors, fol. 71. 

En le nominatif pluriel on doit dire... ceux-là.

Aicill que vergoigna non an.

Marcabrus: Emperaire. 

Ceux qui n'ont pas vergogne. 

Aisil dui traidor... 

Me fan viure ab dolor.

B. de Ventadour: Lo gens temps. 

Ces deux traîtres... me font vivre avec douleur.

21. Aquel, Aquelh, pr. dém. m. sing., ce, cet, celui, celui-là.

Suj. Aquel qui la non estai fermament... 

Tot aquel libres era de fog ardent. 

Poëme sur Boèce. 

Celui qui là ne se tient fermement... 

Tout ce livre était de feu ardent.

Aquelh lauzars es blasmamens. 

Rambaud d'Orange: Peire Rogiers. 

Ce louer est blâme. 

Rég. dir. En l'acusatiu singular deu hom dire... aquel.

Leys d'amors, fol. 72. 

En l'accusatif singulier on doit dire... celui-là. 

Pueis Dieus, per sa gran bontat,

M'a un pauc de saber donat,

Aquel meteis vuelh desplegar.

(chap. literal: Pos Deu, per sa gran bondat, me ha un poc de sabé donat, aquell mateix vull desplegá, desarrollá.)

Brev. d'amor, fol. 1.

Puisque Dieu, par sa grande bonté, m'a donné un peu de savoir, celui-là même je veux déployer. 

Rég. ind. Sia d'aquel que tenra Fox.

Actes avant 1080, p. 53. 

Soit de celui qui tiendra Foix.

CAT. (chap.) Aquell. ESP. ANC. PORT. Aquel. PORT. MOD. Aquelle. IT. Quello.

Pl. suj. Aquels auran tos temps mais alegransa. 

Raimond Gaucelm: Qui vol aver. 

Ceux-là auront toujours plus allégresse. 

Rég. dir. Dementia aquels que disian qu'el non agues bes.

(chap. Desmentíe an aquells que díen o dieben qu'ell no teníe bens.)

V. de Raimond de Miraval.

Il démentait ceux qui disaient qu'il n'avait pas biens.

Rég. ind. So que pert de sai aunidamens, 

Vol demandar ad aquels de Turquia. 

Bertrand d'Allamanon: Ja de chantar. 

Ce qu'il perd ici honteusement, il veut le demander à ceux de Turquie.

CAT. (chap.) Aquells. ESP. Aquellos. PORT. Aquelles. IT. Quelli.

22. Aquela, Aquella, Aquelha, pr. dém. f. sing., cette, celle, celle-là.

Suj. En lo nominatiu singular deu hom dire... aquela.

Leys d'amors, fol. 71. 

En le nominatif singulier on doit dire... celle-là.

Aquella gent deu sopar.

(chap. Aquella gen deu sopá.)

Roman de Jaufre, fol. 12. 

Cette gent doit souper. 

Rég. dir. En l'acusatiu singular deu hom dire... aquela.

Leys d'amors, fol. 72. 

En l'accusatif singulier on doit dire... celle-là. 

Rég. dir. D' aquella forza que es ni adenant sera.

Actes avant 1080, p. 58. 

De cette forteresse qui est et dorénavant sera.

CAT. ESP. PORT. (chap.) Aquella. IT. Quella. 

Suj. et rég. dir. En lo nominatiu plural deu hom dire... aquelas... en l'acusatiu plural... aquelas.

Leys d'amors, fol. 71 et 72. 

En le nominatif pluriel on doit dire... celles-là... en l'accusatif pluriel... celles-là.

Rég. ind. Las meillors dompnas e las plus valens d'aquelas encontradas.

V. de Raimond de Miraval. 

Les meilleures dames et les plus méritantes de ces contrées. 

CAT. ESP. PORT. Aquellas. IT. Quelle.

23. Aquil, Aquilh, pr. dém. f. sing. suj., cette, celle, celle-là.

Crezet que per Dieu voluntat

Li fos aquilh femna venguda.

V. de sainte Énimie, fol. 10. 

Elle crut que cette femme lui fût venue par la volonté de Dieu.

24. Aquil, Aquilh, pr. dém. m. pl. suj., ces, ceux, ceux-là. 

En lo nominatiu plural deu hom dire... aquil o aquilh.

Leys d'amors, fol. 71. 

En le nominatif pluriel on doit dire... ceux ou ceux-là.

Cant aquil auzon la razon, 

Son torn lo lieg vengut coren.

Roman de Jaufre, fol. 46. 

Quand ceux-là entendent la raison, ils sont venus autour du lit courant.