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domingo, 31 de diciembre de 2023

As - Astucia

As, s. m., as, un.

On a dit que ce mot, qui désigne un point unique marqué sur une carte

ou sur un dé, venait du latin assus, seul, unique. Voyez Du Cange, t. I,

p. 97.

En VI d'un as.

B. de Venzenac: Iverns.

En six d'un as.

CAT. ESP. As. PORT. Az. IT. Asso. (chap. As, asos; lo as de copes, 1, es la copeta, lo de espases la espadilla, lo de oros lo oret, lo de bastos, lo bastet.)

As, asos; lo as de copes, 1, es la copeta, lo de espases la espadilla, lo de oros lo oret, lo de bastos, lo bastet.


Ascendre, v., lat. ascendere, monter.

Poyrio comme foc ascendre.

Fum sobtamen ascen.

D'aquest mon Jhesu-Crist ascendet al cel.

Eluc. de las propr., fol. 107, 103 et 160.

Pourraient comme le feu monter.

La fumée monte subitement.

De ce monde Jésus-Christ monta au ciel.

ESP. Ascender. IT. Ascendere.


2. Ascendent, adj. v., lat. ascendentem, ascendant.

Als plus probdas parens que aura, assendens o descendens.

Tit. de 1294. DOAT, t. XCVII, fol. 263.

Aux plus proches parents qu'il aura, ascendants ou descendants.

Substantiv. Eretat d'aquelz que moran ses gazi, ascendent e li descendent, etc.

Cout. d'Alais, Arch. du Roy., K, 704.

Hérédité de ceux qui mourront sans testament, les ascendants et les descendants, etc.

CAT. Ascendent. ESP. Ascendiente. PORT. IT. Ascendente.


3. Ascensio, s. f., lat. ascensio, ascension.

Al bon jous de may la Ascentio.

V. et Vert., fol. 89.

L' Ascension au bon jeudi de mai.

E fetz ascension sus el sobeyran tron.

V. de S. Honorat.

Et fit ascension sur le trône suprême.

Solelh, en sa maior ascensio.

Eluc. de las propr., fol. 126.

Le soleil, en sa plus grande ascension.

CAT. Ascensió. ESP. Ascensión. PORT. Ascensão. IT. Ascensione.


4. Deissendre, Dissendre, v., lat. descendere, descendre, abaisser.

Et un mon cozi german, Josep, lo mes el sieu sepulcre e 'l dissendet de la cros. Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 8.

Et un mien cousin germain, Joseph, le mit au sien sépulcre, et le descendit de la croix.

Tot jauzions, de mon rossi

Dessendey jos sobr' el gravel.

Gavaudan le Vieux: L'autre dia.

Tout joyeux, je descendis de mon roussin en bas sur le gravier.

Fig. E te vencutz clercx qu'el volgron deissendre.

P. Vidal: Ma voluntatz.

Et tient vaincus les clercs qui le voulurent abaisser.

Malvestatz poia, pretz deiscen.

Un troubadour anonyme: Ades vei.

Méchanceté monte, mérite descend.

Substantiv. La rod', en breu virar,

Fai son poiar e descendre.

Giraud de Borneil: Honraz es.

La roue, en un rapide tourner, fait son monter et descendre.

Part. pas. E pus dompn' es dissenduda

Per blasme de fallimen.

H. de S.-Cyr: Longamen.

Et depuis qu'une dame est abaissée par blâme d'une faute.

CAT. Descendir. ESP. PORT. Descender. IT. Descendere.


5. Descendent, adj. v., descendant.

Angels ascendens et descendens.

Eluc. de las propr., fol. 160.

Anges montants et descendants. 

Substantiv. Ascendent e li descendent.

Cout. d'Alais, Arch. du Roy., K, 704.

Les ascendants et les descendants.

CAT. Descendent. ESP. PORT. IT. Descendente.


6. Dessenh, Deisses, Disses, s. m., décadence.

Que quan hom lo troba en deisses.

Rambaud de Vaqueiras: Ja hom pres.

Que quand on le trouve en décadence.

Per qu'ieu suy vengutz en dessenh.

Deudes de Prades: Sitot m'ai pres.

Parce que je suis venu en décadence.

Mas als fenhens gualiadors

Que vos meton en disses.

Elias de Barjols: Morir pogr' ieu.

Mais aux feignants trompeurs qui vous mettent en décadence.


7. Descendement, Deysendement, s. m., descente, abaissement.

Per aytal montament et descendement.

Eluc. de las propr., fol. 92.

Pour telle montée et descente.

E 'l deysendement

Que fes lo Sant-Esperit.

V. de S. Trophime.

Et la descente que fit le Saint-Esprit.

Volc mostrar lo descendement de Deu als homes.

Trad. de Bède, fol. 14.

Il voulut montrer l'abaissement de Dieu aux hommes.

ESP. Descendimiento. PORT. IT. Descendimento.


8. Descensio, s .f., lat. descensio, descente.

Als inferns descensio.

Eluc. de las propr., fol. 128.

Descente aux enfers.

CAT. Descensió. ESP. Descensión (descenso). IT. Descensione.


9. Condeyssendre, v., condescendre, consentir.

Que condeyssenda a lur volontat.

Statuts de Provence. BOMY, p. 199.

Qu'il condescende à leur volonté.

Condecen que ella puesca alienar.

Tit. de 1389. DOAT, t. XXXIX, fol. 206.

Consent qu'elle puisse aliéner.

CAT. Condescendir. ESP. PORT. Condescender. IT. Condescendere.


10. Transcendent, adj. v., lat. transcendentem, transcendant.

Per so es apelatz noms transcendens, so es motz que totz los autres mots passa et sobremonta.

Leys d'amors, fol. 44.

Pour cela il est appelé nom transcendant, c'est-à-dire mot qui passe et surmonte tous les autres.

CAT. Transcendent. ESP. (Trascendente y transcendente) 

PORT. Transcendente. IT. Trascendente.


Asclar, Ascleiar, v., fendre, mettre en éclats, fêler.

No pens mais d'asclar caps e bras.

Bertrand de Born: Be m play.

Je ne pense jamais qu'à fendre têtes et bras.

Non i a bon escut que non pecei

Asta reida de fraisser o non asclei.

Roman de Gerard de Rossillon, fol. II.

Il n'y a bon écu que dure lance de chêne ne brise ou ne fende.

CAT. Asclar. IT. Asciare. (ESP. astillar, partir, tajar) (chap. Asclá.)


2. Ascla, s. f., éclat de bois.

Saumada de lenha, I ascla.

Cartulaire de Montpellier, fol. 115.

Charge de bois, un éclat.


3. Asclen, s. m., éclat, fêlure.

Que de sa lansa volen lhi gran asclen.

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 81.

Que les grands éclats de sa lance volent.

CAT. Ascle.


4. Esclatar, v., éclater, se fendre, se briser.

E la vostra panseta

Esclatara, si avetz manjat pro.

T. de R. Gaucelm et de J. Miralhas: Joan.

Et votre petite panse éclatera, si vous avez mangé beaucoup.

Qu'a pauc lo cors no m'esclata.

Rambaud d'Orange: Ah durs crus.

Que peu s'en faut que le coeur ne me fende.

CAT. Esclatar. (ESP. Estallar, explotar)


5. Esclata, s. f., rejeton, lignée.

Roma, de mal' esclata.

G. Figueiras : Sirventes vuelh.

Rome, de mauvaise lignée.

(chap. rechito, plansó)


Ascona, s. f., pique, épieu.

E tenc una ascona el man,

E trames la 'l de tal vertut

Que tota s romp sus en l'escut.

Roman de Jaufre, fol. 49.

Et tient une pique à la main, et la lui lance de telle force qu'elle se rompt entièrement sur l'écu.

Fig. Lausengier, bec d'ascona.

P. Raimond de Toulouse: Pos lo prims.

Médisants, becs de pique.

ANC. ESP.

Dexaron se matar á golpes de azconas.

V. de Santa Oria, cop. 81.


Asma, s. f., lat. asthma, asthme.

Si vostr' auzels es trop pensius,

So fai asma, uns mals esquius,

Que ill fai batre lo cor plus fort

Que no deu.

Deudes de Prades, Auz. cass.

Si votre oiseau est trop pensif, ce qui fait cela, c'est l'asthme, un mal terrible, qui lui fait battre le coeur plus fort qu'il ne doit.

Difficultat de respiracio et de haspiracio o de quascuna apelam asma.

Eluc. de las propr., fol. 86.

Nous appelons asthme difficulté de respiration et d'aspiration, ou de chacune.

ANC. FR. Les signes que l'oiseau a l' asme, autrement pantais, sont quand il ne peut avoir l' haleine, etc.

Fouilloux, Fauconnerie, fol. 80.

CAT. ESP. PORT. IT. Asma.


2. Asmatic, adj., lat. asthmaticus, asthmatique.

Gensana... no sera asmatic qui d'ela uza...

Val ad asmatics que han alenament corrumput.

Eluc. de las propr., fol. 211 et 184.

Gentiane... ne sera asthmatique qui en use... Vaut aux asthmatiques qui ont la respiration corrompue.

CAT. Asmatic (asmàtic). ESP. Asmático. PORT. IT. Asmatico.


Asne, Aze, s. m., lat. asinus, âne.

Vianda, fais e basto coven a asne.

Trad. de Bède, fol. 74.

Nourriture, fardeau et bâton convient à âne.

E l' azes quan brama.

Pierre d'Auvergne: Belha m'es.

Et l' âne quand il brait.

Coma l'aze del moli que porta aytan volontiers lo blat del paure coma del ric. V. et Vert., fol. 54.

Comme l'âne du moulin qui porte aussi volontiers le blé du pauvre comme du riche.

CAT. Ase. ESP. PORT. Asno. IT. Asino.

Artur Quintana i Font, Arturico Quintanilla y Fuentecica


2. Asina, s. f., lat. asina, ânesse.

Una asina e so poli.

Sermons en provençal, fol. 23.

Une ânesse et son ânon.

EST. (burra también) PORT. Asna. IT. Asina. (chap. burra, somera)


3. Azenin, Azinin, adj., lat. asininus, qui est d'âne.

Fan semblan azeni.

Marcabrus: Diray vos en.

Ils font manière d'âne.

Sanc azini begut sana febres.

Suffumigacio d'unglas azininas.

Eluc. de las propr., fol. 236.

Le sang d'âne bu guérit fièvres.

Fumigation d'ongles d'âne.

ANC. FR. Iceluy avec sa bouche d'asne ne fait qu'asnoner; Balde ne peut entendre son langage asnin.

Histoire maccaronique, t. II, p. 276.

ESP. Asnino. PORT. IT. Asinino.


4. Anina, Anhina, s. f., peau d'âne préparée.

Lo C d' aninas, I denier... Un trosel d' aninas.

Cartulaire de Montpellier, fol. 113.

Le cent de peaux d'ânes, un denier... Une charge de peaux d'ânes.


Aspersio, s. f., lat. aspersio, aspersion, effusion.

Oli si tra per aspersio d'aiga bullent sobre las olivas.

No cuiavo prendre purificacio en lors temples ses aspersio.

Eluc. de las propr., fol. 216 et 211.

Huile s'extrait par effusion d'eau bouillante sur les olives.

Ne croyaient prendre purification en leurs temples sans aspersion.

Per aspersion o estendament del sanc de Jhesu Xprist.

Priv. conc. par les R. d' Anglet., p. 4.

Par l'effusion et l'expansion du sang de Jésus-Christ.

CAT. Aspersió. ESP. Aspersión. PORT. Aspersão. IT. Aspersione.


2. Aspergir, v., lat. aspergere, asperger.

Sia aspergit am aigua frega.

Trad. d'Albucasis, fol. 12.

Qu'il soit aspergé avec eau froide.

PORT. Aspergir. IT. Aspergere. (ESP. Asperger, asperjar, hisopear, rociar.)


Asphalt, s. m., lat. asphaltium, asphalt, bitume.

Es lac de asphalt o de betum apelat Mar Morta.

Eluc. de las propr., fol. 152.

Lac d'asphalt ou de bitume est appelé Mer Morte.

ESP. IT. Asfalto. (CAT. Asphalt : asfalt)


Aspis, Aspic, s. m., lat. aspis, aspic.

Una serpen es que es appellada en lati aspis.

V. et Vert., fol. 104.

Il est un serpent qui en latin est appelé aspic.

Del uou d' aspic naysh basilic.

Eluc. de las propr., fol. 277.

De l'oeuf d'aspic naît le basilic.

CAT. Aspit (àspitserp). ESP. Áspid. PORT. Aspid. IT. Aspide.


Aspre, adj., lat. asper, âpre, rude.

Lo gra d'aquesta herba es mot pauc, mas el es mot aspre e fortz.

Portava aspres vestirs e fort humils.

Aquestas aspras penedensas.

V. et Vert., fol. 55, 104 et 71.

Le grain de cette herbe est très petit, mais il est très rude et fort.

Il portait vêtements rudes et très modestes.

Ces âpres pénitences.

La via de salut que sembla un pauc aspra.

Trad. de la règle de S. Benoît, fol. 3.

La voie du salut qui semble un peu âpre.

CAT. Aspre. ESP. Áspero. PORT. Aspero. IT. Aspro. (chap. Aspre, aspres, aspra, aspres.)


2. Asprieu, adj., rude, grossier.

Substantiv. Que totz bos fagz

Demostr' al plus asprieu.

Brev. d'amor, fol. 223.

Qu'elle démontre tous bons faits au plus grossier.


3. Aspramens, adv., âprement, durement.

Que lai on no mort, ilh lecha

Plus asprament no fai chatz.

Marcabrus: Dirai vos.

Que là où elle ne mord, elle lèche plus âprement que le chat ne fait.

Reprec la trop aspramens. Philomena.

La reprit très durement.

CAT. Asprement. ESP. ásperamente. PORT. Asperamente. IT. Aspramente.


4. Aspre, s. m., lat. aspretum, lieu scabreux. 

(ESP. lugar escabroso, áspero)

A Enpus a granz aspres

E una gran clapiera.

V. de S. Honorat.

A Empus il y a de grands lieux scabreux et un grand amas de pierres.


5. Asperitat, Aspredat, Aspretat, s. f., lat. asperitatem, aspérité,

âpreté, rudesse, austérité.

Cove que razas e enguales aquel en la asperitat.

L'aspretat de aquela fractio sia ostada e engualhada.

(N. E. Igualada, ciudad de Barcelona, se encuentra en los textos antiguos con diferentes variantes.)

Trad. d'Albucasis, fol. 59 et 21.

Il convient que tu rases et égalises celui-là en son aspérité.

Que l'aspérité de cette cassure soit ôtée et égalisée.

Dejunis ni autras aspretatz.

V. et Vert., fol. 12.

Jeûnes et autres austérités.

(chap. Dijús ni datres aspredats.)

Per la aspredat dels mals. Trad. de Bède, fol. 65.

Par l' âpreté des maux.

Que no y conoysh hom aspretat de so.

Leys d'amors, fol. 111.

Que l'on n'y connaît rudesse de son.

ANC. FR. Tu redotes l' aspreteit de la medecine.

Trad. des sermons de S. Bernard. Sainte-Palaye, Gloss.

ANC. CAT. Asperitat, aspretat. ANC. ESP. Asperidad (MOD. aspereza). 

IT. Asprità.


6. Aspreza, s. f., âpreté, rudesse, austérité.

Motas gens fan sacrifici a Dieu de dejunis, e de peregrinacios, e

de cilicis, e de disciplinas, e d'autras asprezas de lur cors.

V. et Vert., fol. 74.

Beaucoup de gens font sacrifice à Dieu de jeûnes, et de pélerinages,

et de cilices, et de disciplines, et d'autres austérités de leur corps.

Mot si ferran am gran aspreza.

Los XV signes de la fi del mon.

Se frapperont avec très grande rudesse.

ANC. FR. Doubtant rigour et aspresse de justice.

Lett. de rém. 1372. Carpentier, t. 1, col. 329.

CAT. Aspresa. ESP. PORT. Aspereza. IT. Asprezza.


7. Asperatiu, adj., qui rend âpre, aspératif.

Virtut asperativa obra per caut et freg.

Eluc. de las propr., fol. 275.

Vertu aspérative opère par chaud et froid.

ANC. FR. Que toutes choses laxatives

Et qui sont asperatives.

Eustache Deschamps, p. 168.


8. Exasperatiu, adj., lat. exasperator, exaspératif, qui exaspère.

De las venas et las arterias exasperativa.

Eluc. de las propr., fol. 26.

Exaspérative des veines et des artères.


Assana, s. f., chiffon.

Tal, que no pretz un' assana.

Deudes de Prades: Belha m'es.

Tels, que je ne prise un chiffon.


Assar, v., lat. assare, rôtir. 

(N. E. francés antiguo, rostir, como en catalán)

Part. pas.

Uous... quan so assadz de jus cendres.

Carns si devo manjar assadas... Cum algunas carns sio sanas assadas e no bulhidas.

Eluc. de las propr., fol. 277 et 233.

Oeufs... quand ils sont rôtis sous cendres.

Chairs se doivent manger rôties... Comme quelques chairs soient saines rôties et non bouillies.

ESP. Asar. PORT. Assar.


2. Assament, s. m., rôtissure.

Carns humidas per assament prendo dezicatio.

Eluc. de las propr., fol. 233.

Chairs humides prennent dessiccation par rôtissure.

ESP. Asación. IT. Assazione.


3. Assatura, s. f., lat. assatura, rôtissure.

Fava pauc noyrish; per assatura et decoctio sa ventozitat amerma.

Eluc. de las propr., fol. 208.

Fève nourrit peu; par rôtissure et décoction sa ventosité diminue.

PORT. Assadura.


4. Aste, s. m., lat. astatus, broche, pièce mise à la broche. (brochette)

Et an aste o enpastat.

Brev. d'amors, fol. 130.

Et ils ont broche ou pâté.

ANC. FR. Dame, li chapon sont tout cuit

Et les deux oies en un haste.

Et quand j'avoie, o le verjus,

Mon haste en la broche torné.

Fabl. et cont. anc, t. III, p. 363; t. IV, p. 447.

Fetes li un petit de haste

De deux roingnons.

Roman du Renart, t. 1, p. 10.

CAT. Ast. (N. E. A l'ast.) 


5. Enastar, v., embrocher, mettre en broche.

Part. pas.

Pueys ab clavelhs sus la cros enastat.

Matfre Ermengaud, Épître à sa soeur.

Puis avec des clous embroché sur la croix.

ANC. CAT. Enastar.


Assassin, Ansessi, s. m., assassin.

Le mot sahs signifiait glaive chez les anciens Saxons; le poète Engelhusius a dit:

Quippe brevis gladius apud illos saxa vocatur. (saxa : saxons)

On a conjecturé avec quelque vraisemblance que ce mot avait fourni

celui d'assassin, d'autant que Matthieu Paris, dans la Vie de Henri III, roi

d'Angleterre, désigne les assassins par l'épithète de porteurs de couteaux: assassinos quos cultelliferos appellamus.

Voyez les Mém. de l' Inst., classe de lang. et litt. anc, t. IV, p. 1, etc.

(N. E. https://recherchesfrance.blogspot.com/ - E. Pasquier.)

Mas que s'amors m'auci,

Ja plus mal assassi

No sai pogra enveiar.

Giraud de Borneil: Leu chansoneta.

Pourvu que son amour me tue, jamais elle ne pourrait envoyer ici plus méchant assassin.

Quar mielhs m'avetz ses duptansa

Qu'el vielh ansessi la gen,

Que van, neys si era part Fransa,

Tan li son obedien,

Aucir sos guerriers mortals.

Aimeri de Peguilain: Pus descobrir.

Car vous me possédez sans doute mieux que le vieil assassin ne possède ses gens, qui vont, même si c'était à travers la France, tant ils lui sont obéissants, tuer ses ennemis mortels.

Mas fag m'avetz ansessi

Mon cor, que per vos m'auci.

Aimeri de Peguilain: Yssamen cum.

Mais vous m'avez rendu assassin mon coeur, qui me tue pour vous.

ANC. CAT. Assessi (assessí, com Lluïs Companys). EST. Asesino. 

PORT. IT. Assassino.


Assiduos, adj. lat. assiduus, assidu, attentif.

Aias ton cor els comandamens de Deu e sias i fort assiduos.

Assiduosa orazos del just es molt bona.

Trad. de Bède, fol. 31 et 27.

Ayes ton coeur aux commandements de Dieu et sois-y fort attentif.

L'oraison assidue du juste est très bonne.

ANC CAT. Assiduit. ANC. ESP. Asiduo. PORT. IT. Assiduo.


2. Assiduosament, Asidualmens, adv., assidûment, continuellement.

Fols pecha assiduosament.

Trad. de Bède, fol. 43.

L'insensé pèche continuellement.

Non puesca estar asidualmens en la bailia outra dos ans.

Cout. d'Alais, Arch. du Roy., K, 704.

Ne puisse être assidûment dans le bailliage au-delà de deux ans.

ANC. CAT. Assiduitament. ANC. ESP. Asiduamente. PORT. IT. Assiduamente.


3. Assiduitatz, s. f., assiduité.

Si cum assiduitatz aparelia familiaritat.

Trad. de Bède, fol. 80.

De même que l'assiduité prépare la familiarité.

ANC. ESP. Asiduidad. PORT. Assiduidade. IT. Assiduità.


Assistar, v., lat. assistere, assister.

Part. pas. Assistat de son viquari general.

Tit. de 1212. Hist. de Nîmes, t. 1, pr., p. 102.

Assisté de son vicaire général.

Quoique ce titre soit évidemment faux, il n'en constate pas moins l'usage

du mot dans la langue du pays.

CAT. EST. Asistir. PORT. Assistir. IT. Assistere.


2. Resistir, v., lat. resistere, résister.

Et ieu demourarai... per resistir a la folia de mon nebot.

Chronique des Albigeois, col. 6.

Et je demeurerai... pour résister à la folie de mon neveu.

Alcun volen a lui resistir.

Priv. conc. parles R. d' Anglet., p. 18.

Quelques uns veulent lui résister.

CAT. ESP. PORT. Resistir. IT. Resistere.


Assorizanar, v., empirer, se détériorer.

Tal, que no pretz un' assana,

Canton e cridon voluntier,

Issamen co 'l plus dreiturier,

Per que chans assorizana.

Deudes de Prades: Belha m'es.

Tels, que je ne prise pas un chiffon, chantent et crient volontiers, comme les plus habiles, c'est pourquoi le chant se détériore.


Ast, s. m., du lat. hasta, pique.

Si lay a astz, ni pals, ni picx.

P. Cardinal: D'un sirventes far.

S'il y a là lance, et pieu, et pique.


2. Asta, s. f., lat. hasta, pique, javelot, lance.

El cors li met de s'asta lo fer.

Lai, per est prat, d'astas tal bruelha.

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 81 et 17.

Il lui met le fer de sa lance dans le corps.

Là, par ce pré, une telle forêt de piques.

Una ast 'i deu esser messa.

Trad. du Code de Justinien, fol. 40.

Une pique y doit être mise.

ANC. FR. Que la haste grosse de pomier

Li fist parmi l'escu passer.

R. de la Guerre de Troye. Du CANGE, t. III, col. 1069.

CAT. ESP. Asta. PORT. Aste. IT. Asta.


3. Asteza, s. f., petite pique, tronçon.

… Ieu no sai baro,

Tan sia joves efas,

Que mezes dos' astezas

Ni us servis ses guizardo.

Elias de Barjols: Amor be m platz.

Je ne sais un baron, tant il soit jeune enfant, qui mît douze tronçons et vous servît sans récompense.


4. Asteiar, v., tendre, vibrer.

Part. pas. E pueis trag demanes

Sagetas d'aur ab son arc asteiat.

Giraud de Calanson: A lieys cui.

Et puis il tire sur-le-champ des flèches d'or avec son arc vibré.


5. Astela, s. f., lat. hastula, attelle, petite lance, tronçon.

Que la astelha, que es pausada sobre aquela fractura, sia pus grossa e pus lada un petit que las autras astelhas.

Doas canas e doas astelas subtils.

Trad. d'Albucasis, fol. 57 et 16.

Que l'attelle, qui est posée sur la fracture, soit un peu plus grosse et plus large que les autres attelles.

Deux cannes et deux attelles déliées.

L'uns trais peira, l'autre astelas.

P. Cardinal: Una cieutat.

L'un lance pierre, l'autre tronçons.

ANC. FR. Les lances volent en asteles.

Roman du Renart, t. III, p. 261.

CAT. Astella.

6. Astelier, s. m., amas de lances.

Aqui viratz far d'astas tant astelier,

Tan colp ferir de drech e traversier.

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 80.

Là, vous verriez faire si grand amas de lances, tant de coups frapper de droit et de travers.

ESP. Astillero.


7. Astellar, v., briser, casser en morceaux.

No i ac tan fort escut non escancel,

No fenda, e no pertus, e no arcel;

Asta reida de fraisser que no astel.

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 28.

Il n'y eut si fort écu qui ne se rompe, ne se fende, ou ne se perce, ou ne se courbe; lance roide de frêne qui ne se brise.

CAT. Astellar. ESP. Astillar.


8. Subastacio, s. f., lat. subhastatio, subhastation, encan, vente publique. (N. E. Encant, encan, encante, encanto, venta pública.)

Al encan o am subastacio.

Tit. du XIIIe siècle. DOAT, t. CXVIII, fol. 42.

A l'encan ou avec subhastation.

ESP. Subastación (subasta). IT. Subastazione.

9. Subastaire, Subastador, s. m., officier qui vend à l'encan.

Al encantaire e al subastaire... Eligir totz subastadors o encantadors.

Tit. du XIIIe siècle. DOAT, t. CXVIII, fol. 42 et 37.

A l'encanteur et au subhastateur... Élire tous subhastateurs ou encanteurs.

On lit dans les statuts d'Avignon, lib. I, rub. 14, art. 1:

Quod subhastatores jurent quod fideliter subhastabunt, etc.

Du Cange, t. VI, col. 803.


10. Subastar, v., lat. subhastare, subhaster, mettre à l'encan.

Per encantar e subastar las causas venals.

Tit. du XIIIe sièc. DOAT, t. CXVIII, fol. 37.

Pour vendre à l'encan et subhaster les choses vénales.

Part. pas. Ela deu esser subastada; so es una ast' i deu esser messa per senial, per aco que tuit ome sapian qu'ela vol esser venduda.

Trad. du Code de Justinien, fol. 40.

Elle doit être subhastée, c'est-à-dire une pique y doit être mise pour signe, à l'effet que tous hommes sachent qu'elle veut être vendue.

ANC. FR. Comme Servilia, mère de Marcus Brutus, eut achepté à vil prix un riche héritaige de César, qui faisoit subhaster les biens des citoyens.

Macault, trad. des Apopht., fol. 253.

CAT. ESP. Subastar. IT. Subastare.


Astiu, adj., allem. hastig, prompt, vite. (DE. eilig; Eile)

Quan la votz es grossa... delgada e astiva.

Liv. de Sydrac, fol. 127.

Quand la voix est grosse... déliée et prompte.


2. Astivamen, adv., hâtivement.

Ajudar e esqualfar per core, per anar astivamen.

Liv. de Sydrac, fol. 93.

Aider et échauffer pour courir, pour aller hâtivement.


Astre, s. m., lat. astrum, astre, destin, bonheur.

Et astre de bes o de mals

Segon la costellacio.

Brev. d'amor, fol. 34.

Et astre de bien ou de mal selon la constellation.

Doncs astres notz e val

A tot hom del mon.

Nat de Mons: Al bon rei.

Donc un astre nuit et vaut à tout homme du monde.

Fig. Tant vos det Dieus d' astre e de poder.

R. Jordan: Aissi cum.

Tant Dieu vous donna de bonheur et de pouvoir.

Cuion que lur sia donatz

Astres, que puescon ses valor

Esser valens.

Aimar de Rocafixa: No m lau de.

Ils pensent que destin leur soit donné, qu'ils puissent sans mérite être méritants.

CAT. Astre. ESP. PORT. IT. Astro.


2. Astronomia, Astrolomia, Austronomia, s. f., lat. astronomia, astronomie, astrologie.

Quar nul temps astronomia

Non auzi ni geometria.

Brev. d'amor, fol. 2.

Car jamais je n'appris astronomie ni géométrie.

Las arts de devinar e d' astronomia.

Cat. dels apost. de Roma, fol. 83.

Les arts de deviner et d'astrologie.

L'art de l' austronomia e de las planetas e dels signes, e dels ponhs e

de las oras.

Liv. de Sydrac, fol. 44.

L'art de l'astrologie et des planètes et des signes, et des points et des heures.

Tant sabia de astrolomia.

V. de S. Honorat.

Tant il savait d'astrologie.

ANC. CAT. Astrolomia. CAT. MOD. ESP. (Astronomía) PORT. IT.

Astronomia. (chap. Astronomía, astronomíes.)


3. Astrologia, s. f., lat. astrologia, astrologie, astronomie.

Que lunhs (: nulhs) homs posca saber per sciencia d' astrologia.

E so denotatz, pels maestres d'astrologia, per alcunas costellacios, etc.

Eluc. de las propr., fol. 11 et 109.

Que nul homme puisse savoir par science d'astrologie.

Et sont dénotés, pour les maîtres d'astronomie, par aucunes constellations, etc.

CAT. ESP. (Astrología) PORT. IT. Astrologia.


4. Estrolomia, Estronomia, s. f., astrologie.

Segon la razon dels agurs ni de poinz, e d'estrolomia.

V. de Bertrand de Born.

Selon la raison des augures et de points, et d'astrologie.

Et es tant sabens d'art e d'estronomia,

Qu'el ve e conois enans so que ave.

G. Figueiras: Un nou.

Et il est tellement savant d'art et d'astrologie, qu'il voit auparavant et connaît ce qui arrive.


5. Astrologian, Austronomian, Estronomian, s. m., astronome, astrologue.

Aquestz signes apelo los astrologias mayzos.

Eluc. de las propr., fol. 109.

Les astronomes appellent ces signes maisons.

E fo lo plus grans austronomias de cel temps.

Mas lo bos estronomias en pot saber una partida.

Liv. de Sydrac, fol. 43 et 15.

Et il fut le plus grand astronome de ce temps.

Mais le bon astrologue en peut savoir une partie.

ANC. FR. Sont medecins et astronomiens.

J. Bouchet, Triom. de François I, fol. 90.

CAT. (N. E. no pierde la o final) ESP. (Astrónomo) PORT. IT. Astronomo.


6. Austronomeiaire, Estronomeiaire, s. m., astronome, astrologue.

Lo lhibre e son austronomeiaire Sydrac...

Que ns evietz vostre estronomeiaire Sydrac. (evietz : envietz : envieu)

Liv. de Sydrac, fol. 3.

Le livre et son astronome Sydrac...

Que vous nous envoyiez votre astrologue Sydrac.

ANC. ESP. Astronomero. (ESP. MOD. Astrónomo, astrólogo)


7. Estrologiar, v., observer les astres.

Un pastor armini... que estrologia.

Hist. abrégée de la Bible, fol. 15.

Un pasteur arménien... qui observe les astres.


8. Astralabi, s. m., lat. astrolabium, astrolabe.

An astralabi e quadran. Brev. d'amor, fol. 28.

Ils ont astrolabe et cadran.

CAT. Astrolabi. ESP. PORT. IT. Astrolabio.


9. Astrar, v., influencer par les astres.

Part. pas. E tot quant sazos fa

En est mon es astrat.

Nat de Mons: Al bon rei.

Et tout ce que le temps fait en ce monde est influencé par les astres.

Mout es greu turmen astratz

A selh qu'ab nulh valedor

No s pot valer.

G. Riquier: Ad un fin.

C'est un pénible tourment influencé par les astres à celui qui ne se peut prévaloir avec aucun protecteur.


10. Astruc, adj., lat. astrosus, heureux, bien influencé par les astres.

Astrosus, ab astro dictus, quasi malo sidere natus.

Isidor., Orig., X.

Astrucs es selh cui amors ten joyos.

Pons de Capdueil: Astrucs es.

Heureux est celui qu'amour tient joyeux.

Substantiv. Qu' astrucs sojorn e jai,

E malastrucs s'afana.

B. de Ventadour: Quan la.

Que l'heureux repose et gît, et le malheureux se fatigue.

ANC. CAT. Astruch. ANC. ESP. ANC. PORT. Astroso.


11. Astrugueza, s. f., bonheur.

So qu'el filh qu'es en poder de son paire gazanha... o per son afan, o per astrugueza, si cum es si el o troba.

Trad. du Code de Justinien, fol. 73.

Ce que gagne le fils qui est en pouvoir de son père... ou par sa peine, ou par bonheur, ainsi comme il est s'il le trouve.


12. Benastre, s. m., bonheur.

Lauzengier, benastr' aiatz,

Quar m'etz de tan bon' ajuda,

Qu'ab vostre mentir m'onratz

E vertatz non es saubuda.

Cadenet: Amors e com.

Médisants, ayez bonheur, car vous m'êtes de si bonne aide, qu'avec votre mentir vous m'honorez, et la vérité n'est pas sue.


13. Benastruc, adj., bienheureux.

E com lo benastruc cors santz

Li fon aparegut enans.

V. de S. Honorat.

Et comme le bienheureux corps saint lui fut apparu devant.

Eras pus vei mon benastruc

Temps que quascus desira e vol.

G. Pierre de Cazals: Eras pus vey.

Maintenant puisque je vois mon bienheureux temps que chacun désire et veut.


14. Desastre, s. m., malheur, infortune, désastre.

Er auiatz, senher, cal desastre

Li avenc per sa gilozia.

R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.

Maintenant écoutez, seigneurs, quel désastre lui advint par sa jalousie.

CAT. ESP. (Desastre) PORT. Desastro. IT. Disastro.


15. Desastrat, adj., malheureux, abandonné du ciel.

Que farai, desastrat?

V. de S. Honorat.

Que ferai-je, malheureux!

Car si, per lor grand malvestat,

Aquist enemic desastrat

Tempton un home vigoros.

Brev. d'amor, fol. 25.

Car si, par leur grande méchanceté, ces ennemis abandonnés du ciel tentent un homme vigoureux.

Substantiv. Merce ti quer la desastrada.

V. de S. Honorat.

La malheureuse te requiert merci.

ANC. FR. A ce jour fatal et desastré.

Contes d'Eutrapel, fol. 171.

Voi quel malheur poursuit ces terres desastrées,

Et quel heur cependant rit dedans les contrées

Qu'une constante paix habite autour de nous.

Bertaut, p. 23.

L'année desastrée

Que Bude trespassa.

J.-A. de Baïf.

CAT. Desastrat. ESP. PORT. Desastrado. IT. Disastratto.


16. Desastruc, adj.,. infortuné, malheureux.

(N. E. El catalán usa malaurat, malaurada, que se parece un poco a malheureux, malheureuse) 

Desastrucs nasques de maire,

Pus totz mals mi apejura.

Rambaud d'Orange: Ar m'es.

Je naquisse de mère malheureux, puisque tout mal m'empire.

ANC. CAT. Desastruch. ESP. PORT. Desastroso. IT. Disastroso.


17. Malastre, s. m., infortune, malheur.

E pus malastres m'a eleg.

Rambaud d'Orange: Er no sui.

Et puisque le malheur m'a choisi.

Que bos esfortz malastre vens.

G. Adhemar: Ben fora.

Que bon effort surmonte le malheur.


18. Malastruc, adj., malheureux, malotru.

E fis be malastruc jornal,

Qu'anc nuilhs malastrucs no 'l fetz tal.

Rambaud d'Orange: Er no sui ges.

Et je fis bien malheureuse journée, tellement que jamais nul malheureux ne la fit telle.

Farai vers malastruc e freg.

Rambaud d'Orange: Er no sui ges.

Je ferai un vers malotru et froid.

Ricx malastrucx, s'ieu vos sabia

Lauzor, volontiers la us diria.

B. de Rovenac: D'un sirventes.

Riche malotru, si je vous connaissais louange, volontiers je vous la dirais.

Substantiv. Que mil malastruc serion ple

Del malastre qu'ieu ai en me.

Rambaud d'Orange: Er no sui.

Que mille malheureux seraient remplis du malheur que j'ai en moi.

ANC. FR. Dit... je suis bien malostru de tant avoir parlé à toi... escommenié que tu es.

Lett. de rém., 1407. Carpentier, t. II, col. 1130.

Ainsi les pauvres malautrus sont aulcunes fois plus de trois semaines sans manger.

Rabelais, liv. II, ch. 30.

ANC. CAT. Malastruch.

ANC. ESP. El ome malastrugo no s sabe gardar.

Poema de Alexandro, cop. 1644.

ANC. IT. Ahi malestrui, e mal nati, che dissertate vedove e pupilli, che rapite alli meu possenti. Dante, il Convito.

Un annotateur de Dante explique malestrui par mal instruit, male 'nstruiti. Mais il vient du malastruc des troubadours; le mal nati l'explique assez. D'ailleurs la lecture du passage entier de Dante ne laisse aucun doute.

19. Malastrugamen, adv., malheureusement.

Mas s'atrobes dos malastrucx

Qu'anesson malastrugamen.

Rambaud d'Orange: Er no sui.

Mais si je trouvasse deux malheureux qui allassent malheureusement.

20. Malastrugeza, s. f, malheur.

Malastrugeza abaissa, astrugeza esleva.

Trad. de Bède, fol. 2.

Malheur abat, bonheur élève.


21. Enastrar, v., douer d'une heureuse étoile.

Part. pas. Car non sui enastratz.

Giraud de Borneil: Lo doutz chantz.

Car je ne suis pas doué d'une heureuse étoile.


22. Adastrar, v., mettre sous l'heureuse influence des astres, doter, douer.

Toza, fi m ieu, gentil fada

Vos adastrec, quan fos nada,

D'una beutat esmerada.

Marcabrus: L'autr'ier.

Fillette, fis-je, une gentille fée vous doua d'une beauté épurée, quand vous fûtes née.


Astrion, s. m., lat. astrion, astrion.

Astrion es peyra... al centre de laqual lutz una steleta.

Eluc. de las propr., fol. 185.

Astrion est une pierre... au centre de laquelle luit une petite étoile.


Astucia, s. f., lat. astutia, astuce.

L'apela serpent, per razo de sa astucia e falsia venenoza... Tal es lor astucia que a pena se percep per home.

Eluc. de las propr., fol. 12 et 210.

L'appelle serpent pour raison de son astuce et fausseté, venimeuse... Telle est leur astuce qu'à peine elle s'aperçoit par l'homme.

CAT. ESP. PORT. Astucia. IT. Astuzia. (chap. Astussia, astussies.)

Natxo Sorolla Vidal, Ignacico, aragonés catalanista, doctorcico

miércoles, 19 de septiembre de 2018

PRIMERA JORNADA. NOVELA SEXTA

Confundix un bon home en una dita ingeniosa la malvada hipocressía de los religiosos.

Emilia, que estabe assentada a la vora de Fiameta, habén sigut ya alabat per totes lo valor de la marquesa respecte al rey de Fransa, com va agradá a la seua Reina, va escomensá a di en animosa franquesa:
Yo tampoc callaré una llissó (lecsió) que va doná un bon home laico a un religiós agarrat en una agudesa tan divertida com digna de loá.
Va ñabé no fa mol tems, a la nostra siudat, un flare menor, inquissidó de la depravassió herética que, per mol que se esforsare en paréixe san y creén de la fe cristiana (com tots u fan), ere bon investigadó de qui teníe la bossa plena, mes que de qui sentiguere indiferénsia de la fe cristiana. Y portat per la seua solissitut va trobá un bon home, bastán mes ric en dinés que en juissi, que potsé per lo vi o per la alegría de la abundánsia acalentát, habíe arribat a di un día a la compañía en la que estabe que teníe un vi tan bo que ne beuríe hasta Cristo. Aixó, contat per algú al inquissidó y entenén éste que los seus bens eren mols y que teníe ben abultada la bossa, cum gladiis et fustibus(enespases y fuéts)va córre a fótreli damún una gravíssima acusassió, buscánla afluénsia de floríns a la seua má, com va passá. Y, fénlo cridá, li va preguntá si ere verdat lo que s´habíe dit contra nell. Lo bon home va contestá que sí. A lo que lo inquissidó santíssim y devoto de San Juan Barba de Or va di:

- ¿De modo que has fet a Cristo bebedó y afissionat als bons vins, com si fore Cinciglione o algún atre de vatres, bebedós, borrachos, mamadós, gats, trascoladós, tabernáris, amáns de la mamera, y ara, parlán humildemente, ¿vols fé vore que es una cosa sense importánsia? No es com te pareix; has mereixcut lo foc per naixó, si es que volém comportámos en tú com debém. Y en éstes y en atres bastantes paraules, en rostro amenassadó o cara amenassadora, com si aquell haguere sigut un epicúreo(sibarita) negán la eternidat del alma, li parlabe; y, en ressumen, tan lo va acolloná, que lo bon home, per algúns intermediaris, li va fé en una bona cantidat de la grassa de San Juan Barba de Or embadurnás les máns (lo que mol millore la enfermedat de la pestilén avaríssia de los clérigos, y espessialmen de los flares menores que no se atrevíxen a tocá los dinés) per a que se portare en ell misericordiosamen. Esta unsió, encara que Galeno no parle de ella com mol eficás a cap part de los seus llibres, tan bon profit li va fé, que lo foc que lo amenassabe se va permutá en una creu: y com si haguere de aná a la expedissió de ultramar, per a fé una bella bandera, se la va ficá groga damún de lo negre. Y ademés de aixó, ressibits ya los dinés, lo va retindre en ell uns díes mes, ficánli per peniténsia que cada día escoltare una missa a la Santa Creu y que a la hora de minjá se pressentare dabán de ell, y lo que quedabe del día podíe fé lo que mes li apetiguere.
Y, fen estes coses diligenmen, va passá que un dels díes sentín a missa un evangelio al que se cantaben estes paraules:

«Ressibiréu sen per un y ressibiréu la vida eterna», que va retíndre firmemen a la memória; y segóns la obligassió imposada, anán a la hora de diná aon lo inquissidó, lo va trobá dinán. Lo inquissidó li va preguntá si habíe sentit missa aquell matí y ell, enseguida li va contestá:
- Sí, siñó meu.

A lo que lo inquissidó va di:
- ¿Has sentit, an ella, alguna cosa de la que dudos o vullgues preguntám?

- En verdat - va contestá lo bon home - de res del que hay sentit dudo, y tot firmemen u crec verdadé; y algo hay sentit que me ha fet y me fa tindre de vos y de los atres flares grandíssima compassió, pensán en lo mal estat en que estaréu allá a l’atra vida. Va di entonses lo inquissidó:
- ¿Y qué es lo que te ha mogut a tindre esta compassió de natros? Lo bon home va contestá:

- Siñó meu, van sé aquelles paraules del Evangelio que diuen:

«Ressibiréu lo sen per un». A lo que lo inquissidó va di:

- Aixina es; pero ¿per qué te han mogut estes paraules?

- Siñó meu - va di lo bon home - , yo tos u diré. Desde que estic aquí, hay vist tots los díes doná aquí fora a mols pobres a vegades un y atres dos calderos de sopa, que to se trauen a vos y als flares del vostre convén; per lo que si per cada un de ells ton donarán sen al atre barri tanta ne tindréu que allí dins tots aufegaréu.

Y com tots los que estaben assentats a la taula del inquissidó van arrencá a riure, lo inquissidó, sentín que se transparentabe la hipocressía de los seus sopicaldos, se va enfadá mol, y si no fore perque ya se li reprochabe lo que li habíe fet, un atra acusassió li hauríe aventat a damún per lo que en aquell chiste habíe reprobat an ell y als seus dropos invitats; y, en ira, li va maná que faiguere lo que mes li agradare sense ficásseli mes a dabán.

Séptima

sábado, 27 de julio de 2024

2. 12. Camine cap al final la vida de la tuna.

Capítul XII.

Camine cap al final la vida de la tuna.

Camine cap al final la vida de la tuna.

Mol podem sentí, lectó amán, que an aquell tems no se faigueren aná los taquígrafos, eixos que escriuen tan depressa com se parle, pera que algú haguere escrit los sermons dels nostres dos predicadós, pos així hagueren arribat a natros y podríem jusgá lo gust de aquelles persones, y si teníen raó o no de riure tan; perque a uns tems tenen grassia unes coses y a datres no. Be que dites per Pedro Saputo, ¿quina no la tindríe? Yo sol per la tradissió de casa de Morfina hay pogut averiguá, que al primé sermó va tocá entre atres estos puns tan serios: si una dona coixa pot sé grassiosa, si pot pareixe be una torta; y si una cheposa o geperudeta pot tindre bon genio; y quina de les tres pot envidiá la sort a les atres.

Al segón sermó diuen que va parlá dels pensamens de la dona als estats de cuñada, de nora y de sogra; lo seu assunto me pareix que no va pugué desempeñá be per sé tan sagal, y requerí de mes edat y mes experiensia. Pero com mu han venut u veng yo; lo lectó cregue lo que vullgue; y continuem.

No habíen fet encara la mitat del plan que habíen cavilat, perque les seues habilidats eren tantes, y tan lo seu comedimén y bona criansa, que no visitaben poble que pera anassen d'allí no hagueren de reñí, o per lo menos está de mala cara en los huéspeds, y alguna vegá hasta en los parroquians. Los bufáe en aixó lo ven mol favorable y l' estat prosperabe. Y com se arrimáe lo tems dels estudis, van tratá de torná cap a la Universidat, passán si ñabíe puesto per casa de sons pares als que volíen vore abans de tornás a pedre a les escoles.

garabato, escoles, colegio, Valjunquera, a tope

Van tindre consell pera acordá lo que teníen que fé, y van deliberá no entretindres. Se va proposá la cuestió de si visitaríen lo poble de don Severo; y encara que féen volta algunes legües van acordá anáy, y van empendre lo itinerari, mol al gust de Pedro Saputo que, sin embargo, va dixá la ressolusió als compañs, no resservanse mes que lo determiná lo día y pun de la separassió. Van examiná la caixa de la plega, y estáe mes rica de lo que pensaben, com que se van repartí sen trenta y sis libres jaqueses cada un, habén trobat persones encara mes generoses que don Severo. Los va di Pedro Saputo que encara que no ere de casa rica, no nessessitáen aquella miseria, y que lo mes nessessitat la prenguere. No u entens, li va contestá un de ells; eixes perres són lo mes cariñós que tindrás a la teua vida. Empórtateles, que yo sé que ha de sé lo radé que gastos, y que es capás de fetos avaro per lo apego que tindrá a la casa y a la teua burchaca.

Aquell mateix día pel matí los va di Pedro Saputo al camí que no volíe dixáls sense probás al violín y la vihuela, dos instrumens als que portáe molta ventaja als estudians. Los habíe millorat mol la orquesta desde un prinsipi enseñán al de la pandereta a tocá los platillos, lo baix continuo, los fortes y los pianos, y atres coses que ell habíe adeprés del mestre Vivangüés. Tamé als del violín y de la viola va doná mol bones llissons ; pero no habíe vullgut tocá may perque no fée falta la seua habilidat espessial. Y agarrán lo violín, y desviánse una mica del camí per un barrang, va amostrá als seus admirats compañs un primor que may habíen vist a datre; y no va sé menos en la viola.

Al fes fosc van arribá al poble de Morfina; y al passá los primés passajes van sentí un soroll de espases.

- Venga, anem, va di Pedro Saputo. Van aná y van topetá en dos caballés soldats que reñíen en tal furia, que no reparaben en los que teníen ya al costat. Va pendre Pedro Saputo a un compañ la gayata, perque dos de ells ne portáen; y arrimanse als luchadós va di: 

- Siñós, per lo honor del hábit que porten los rogo que suspenguen la riña un momén. La van suspendre a les seues paraules, y mes al vores allí sing homens tan majetons; y va continuá: Vostres mersés riñen mol mal al orden, pos la seua valentía los ha portat a reñí com les fieres, vull di, de nit, sense testigos del seu valor, ni juches de justissia. Yo soc home de lletres, pero enteng les leys del duelo; y per les sircunstansies que hay dit declaro ilegal y nulo este campo. Creéume, siñós, lo honor de caballés tos prohibix continuá y tos mane condená lo que hau fet. Pero si no vullguereu envainá, lo que se mostro ressistén, que also un atra vegada la espasa, vingue a mí un atra y en mí se les vorá; ell luchará per ferossidat, y yo en defensa de la ley y de la justissia.

- Yo no puc sedí perque soc lo retat.

- Sedixco per ara, va di l’atre, per respecte an este siñó llissensiat, y perque les seues paraules me han convensut. Demá mos vorem. 

- Los rogo, pos, als dos, va di Pedro Saputo, que entréu en natres an este poble.

Van entrá tranquilamen en ells, y de pas los van contá aquells rivals que la riña ere per quí habíe de serví a una hermosura que a cap dels dos volíe, pos si al un li fée desaire, al atre no li donáe may la cara mostranse importunada dels seus obsequios. Sen va enriure entonses Pedro Saputo y va di: 

- Pos siñós, si tampoc lo guañadó habíe de sé admitit, ¿a qué ve esta riña?

- Ve, va di un de ells, a que cada un volem aná a casa seua y que no hi vaigue l’atre; perque es tal la bellesa de la donsella, que a cada un ofén que la miron atres ulls ni la séntiguen parlá uns atres oíts. 

- Ells es, siñó llissensiat, pera que u sapiguéu, un sol mil vegades mes hermós que lo del sel; una lluna mil vegades mes serena que eixa que se llevante; una estrella o un estrel que oscurix a totes les demés; un ángel de soberanía y de gloria, com no se va vore may a la terra, y es impossible que ne formo un atre igual la naturalesa. 

Va riure tamé Pedro Saputo de estes alabanses, y del tono y forsa en que les díe lo soldat, y no va dudá que aquell sol, aquella lluna, aquella estrella, aquell ángel ere Morfina. Pero va callá, perque entraben ya al poble, y los soldats sen van aná al seu hostal y los estudians a la fonda de la Cinta.

Ñabíe allí una bandera o compañía de soldats fée vuit díes, y ya per naixó, ya perque de totes maneres no volíen fé parada de la seua orquesta, van entrá mol silensiosos. Pero los van coneixe, y abans de sená ya teníen un motín al carré, y van ressibí un recado de don Severo, que no li tragueren la satisfacsió de portáls a casa seua. No van coneixe a Saputo hasta que va parlá, perque estáe torradet pel sol, com los de La Torre del Compte, mes prim y estirat, y mes home tamé, en bigotet y perilla, que a la moda dels estudians mes romantics com Bécquer s'habíe dixat. La roba que portáe ere un atra, per la caló se va fé una roba mes ligereta y tamé mol mes airosa. Va dudá la mateixa Morfina que tan ben retratat lo teníe al cor y tan presén a la memoria. Don Severo y lo huésped van convindre que los dos que habíen vingut allí soparíen a casa del primé, y los atres a la del segón, y dormiríen tots aon van dormí  l'atra vegada.

¡Quina satisfacsió pera Morfina! ¡Quina gloria pera Pedro Saputo! Se trobáe entonses a casa un germá de ella mes gran de edat, y se va alegrá mol de vore als estudians de qui tan habíe sentit y estáe aussén cuan van está a escomensamens de l'estiu. Inmediatamen se va parlá de ball; pero Pedro Saputo enrecordanse dels soldats li va di que per serta causa que per entonses ere secreta, encara que fora de casa, no podríe ñabé ball sino sol velada de música. Y al poble se li va fé entendre que no se obriríe la porta, que se dixaríe entrá només a les persones convidades. Se van presentá entre elles, un detrás de l'atre, los dos caballés soldats de la riña. Y ¡quina va sé la seua sorpresa cuan van vore a Morfina mol amable y arrimadeta al llissensiat del seu duelo! ¡Y vore a don Severo tratál en familiaridat y confiansa! Se van avergoñí, van callá, van respetá lo que veíen y no enteníen, y se van fé amics declarán a Pedro Saputo que estáe determinada la competensia en retirás los dos de aon tan bon puesto ocupaben atres seguramén mes dignes: sen aniríen al cap de tres díes.

Al passá del minjadó al estrado, y arribán a la porta, va fé Pedro Saputo a don Severo una seña; y quedanse allí en los seus compañs que ya habíen arribat, los va aná avián un per un com a barrons o ninots hasta mes allá de la mitat de la sala. Acsió que van vore los ofissials y la mayoría dels convidats, y tots se van quedá muts de assombro. Lo germá de Morfina va fé extrems de admirassió, y va di acalorat:

- Pos siñó, si no u haguera vist no mu creuría, y al que u osare afirmá, li haguera dit que mentíe. Sen van enriure tots mol; y la mare exclamabe:

- Jesús, eixe mosso sirá de asser templat.

Entonses Pedro Saputo va torná a la porta en los seus compañs, y están prop de les cadires caballés y siñores, va torná a aviáls del mateix modo, pero mol mes tros; y com lo tuno que anáe lo radé se movíe en molta grassia y extravagansia, va ñabé un gran palmoteo. 

- Ara ya mu crec, va di don Vicente; sense duda estos siñós llissensiats tenen ales secretes; a vore, agarreume a mí, don Paquito, que no sé volá. Lo va agarrá, y al eixecál pera aventál, veénse portá com una ploma, va di: ¡prou, prou!, me dono per satisfet. Y giranse a mirál, li va tocá y paupá los brassos per si eren de la materia que habíe dit sa mare.

Passat este bon rato se va fé silensio, va agarrá Pedro Saputo lo violín descansán abans una mica pera calmá la agitassió del esfors que habíe fet, y previnguda Morfina desde abans de sená, que al seu obsequio y per an ella tocaríen aquell día lo violín per primera vegada en tota la expedissió, y que tot lo que tocare se dirigíe al seu amor, o mes be, que siríe la historia dels seus amors, distinguín les parts prinsipals, com la primera vegada que se van vore, la seua charrada la nit que se van entendre, la despedida, la pena en que ella va quedá cuan ell sen va aná, y la alegría de la nova visita. 

¡Oh, cóm va entendre ella lo llenguache de aquella música tan expresiva! Sense pensá y transportada va plorá de pena al sentí la despedida, y va torná al mateix sentimén cuan va expresá lo doló de cuan lo va vore anassen y ella se va retirá al seu cuarto. Los demés de la sala sentíen tamé, y algún rato pareixíe un velatori del silensio que ñabíe mentres escoltaben. Va pendre después la vihuela, y va tocá algunes sonates que ell se habíe inventat. Pero después, y donán tems a que se desahogaren los aplaussos y admirassió que va exitá la seua may vista habilidat, van agarrá los instrumens los seus compañs, ell va abandoná la orquesta, se va ficá a roda y se va passá la velada.

Volíen los estudians despedís aquella nit, pero no va admetre don Severo la despedida, y mol menos don Vicente, y se van doná les bones nits hasta demá.

Encara no pensaben ells en eixí de casa, encara casi en eixecás pel matinet, que ya estáe allí don Vicente, y los va rogá y suplicá tan insistenmen que no sen anigueren aquell día, y van tindre que claudicá. No los va pená a cap de ells, y menos a Pedro Saputo, com se supose. En este motiu van fé un mosset pera amorsá, perque lo huésped no va volé sedí lo obsequi de la fartanera a michdía. Y per la nit van prepará lo ball a casa de don Severo per doná gust a don Vicente, que lo volíe pera obsequiá a una jove a qui servíe.

Qui va guañá en tot aixó va sé Pedro Saputo, pos va tindre ocasió de parlá en Morfina y acabá de guañássela si algo faltabe, va sopá al seu costat, va ballá en ella y res li va quedá per dessichá pera la seua satisfacsió. Una criada li va contá lo que habíe sentit di al seu siñó parlán en la siñora: 

- Si este mosso fore ben naixcut com pareix, encara que tingue poc, li haurem de doná la filla; perque, ¿has reparat que ella lo mire en bons ulls? Baixet y en discressió va di aixó don Severo, no creíe que ningú lo estáe sentín; pero lo va sentí la dimonieta de la criada, a qui les albrissies li van valé dos escuts de plata. ¡En bons ulls, díe! Algo mes ere; sí, algo mes, patriota don Severo.

Per fin se van despedí ya al mateix ball, y matinán en son demá sen van aná de aquell poble aon a tots los pareixíe que estáen entre los seus o a una isla encantada.


Original en castellá:

Capítulo XII.

Camina a su fin la vida de la tuna.

Mucho podemos sentir, lector amante, que en aquel tiempo no se usasen los taquígrafos, ésos que escriben tan aprisa como se habla, para que alguno hubiese escrito los sermones de nuestros dos predicadores, pues así llegaran a nosotros y podríamos juzgar del gusto de aquellas gentes, y si tenían razón o no de reír tanto; porque en unos tiempos tienen gracia unas cosas y en otros otras. Bien que dichas por Pedro Saputo, ¿cuál no la tendría? Yo sólo por la tradición de casa de Morfina he podido averiguar, que en el primer sermón tocó entre otros estos gravísimos puntos: si una mujer coja puede ser graciosa, si puede parecer bien una tuerta; y si una jibosa puede tener buen genio; y cuál de las tres, siendo iguales en lo demás, puede envidiar su suerte a las otras. En el segundo sermón dicen que habló de los pensamientos de la mujer en los estados de cuñada, de nuera y de suegra; cuyo asunto me parece que no pudo desempeñar bien por ser tan muchacho, y requerir más edad y más experiencia. Pero como me lo han vendido lo vendo; el lector crea lo que quiera; y sigamos.

No llenaron aún la mitad del plan que habían formado, porque sus habilidades eran tantas, y tanto su comedimiento y buena crianza, que no visitaban lugar que para irse no hubiesen de reñir, o por lo menos andar de mala cara con los huéspedes, y tal vez con el vulgo. Soplábales con esto el viento muy favorable y el estado prosperaba. Y como se acercase el tiempo de los estudios, trataron de tomar la vuelta de su universidad, pasando si había lugar por casa de sus padres a quienes deseaban y querían ver antes de perderse de nuevo en la confusión de las escuelas.

Tuvieron consejo para acordar lo que debían hacer, y deliberaron volver caras al mediodía y no entretenerse. Propúsose la cuestión si visitarían el pueblo de don Severo; y aunque rodeaban algunas leguas acordaron ir, y formaron incontinente el itinerario, muy al gusto de Pedro Saputo que, sin embargo, dejó la resolución a los compañeros, no reservándose más que el determinar el día y punto de la separación. Examinaron el tesoro, y estaba más rico de lo que pensaban, como que se repartieron a ciento treinta y seis libras jaquesas cada uno, habiendo encontrado personas aún más liberales que don Severo. Díjoles Pedro Saputo que aunque no era de casa rica, no necesitaba aquella miseria, y que así el más necesitado la tomase. No lo entendéis, le contestó uno de ellos; ese dinero es el más cariñoso que tendréis en vuestra vida. Llevadle, que yo sé ha de ser el último que gastéis, y que es capaz de mudaros en avaro por el apego que tendrá a la casa y a vuestro bolsillo. Rióse Pedro Saputo; y concluyendo que no deberían procurar, hasta llegar a su tierra, sino sacar muy de paso el gasto diario, picaron larga la vuelta de mediodía.

Aquel mismo día por la mañana les dijo Pedro Saputo en el camino que no quería dejarlos sin probarse en el violín y la vihuela; en cuyos instrumentos veía que llevaba mucha ventaja a los estudiantes. Habíales mejorado grandemente la orquesta desde un principio enseñando al de la pandera a hacer los platillos, el bajo continuo, los fuertes y los pianos, y otras cosas más a tiempo y con más propiedad que él las hacía. También a los del violín y de la vihuela dio muy buenas lecciones; pero no había querido tocar nunca porque no hacía falta su habilidad especial, ni les diera más utilidad que era a lo que se iba. Y tomando el violín, y desviándose un poco del camino a un barranco, mostró a sus admirados compañeros un primor que jamás vieron en otro; y no se los mostró menor en la vihuela.

Al oscurecer llegaron al lugar de Morfina; y al pasar los primeros pasajes oyeron ruido de espadas. - Vamos allá, dijo Pedro Saputo. Fueron y toparon con dos caballeros soldados que reñían y con tal furor, que no reparaban en los que tenían ya al lado. Tomó Pedro Saputo a un compañero el bastón, porque dos de ellos gustaban de esta compañía; y acercándose a los combatientes dijo: - Señores, por el honor del hábito que traen les ruego que suspendan la pelea un momento. Suspendiéronla a sus palabras, y más al verse allí cinco hombres tan aparecidos; y continuó: Vuesas mercedes riñen muy mal en el orden, pues su valentía los ha llevado a pelear como las fieras, quiero decir, de noche, sin testigos de su valor, ni jueces de justicia. Yo soy hombre de letras, pero entiendo las leyes del duelo; y por las circunstancias que he dicho declaro ilegal y nulo este campo. Creedme, señores, el honor de caballeros os prohíbe continuar y os manda condenar lo hecho. Mas si no quisiéredes envainar, el que se muestre resistente, alce otra vez la espalda, venga la otra y conmigo tiene la riña; él peleará por su ferocidad, y yo en defensa de la ley y de la justicia. - Yo no puedo ceder porque soy el retado. - Cedo por ahora, dijo el otro, por respeto a este señor licenciado, y porque sus palabras me han convencido. Mañana nos veremos. - Ruégoos, pues, a los dos, dijo Pedro Saputo, seáis servidos de entrar con nosotros en este pueblo.

Entráronse dócilmente con ellos, y de paso contaron aquellos rivales que la riña era por quién había de servir a una hermosura que a ninguno de los dos quería, pues si al uno le hacía desaire, al otro no le daba nunca la cara mostrándose importunada de sus obsequios. Rióse entonces Pedro Saputo y dijo: - Pues señores, si tampoco el vencedor había de ser admitido, ¿a qué es la riña? - Es, dijo uno de ellos, a que cada uno queremos ir a su casa y que no vaya el otro; porque es tal la belleza de la doncella, que a cada uno ofende que la miren otros ojos ni la oigan hablar otros oídos. Es, señor licenciado, para que lo sepáis, un sol mil veces más hermoso que el del cielo; una luna mil veces más serena que ésa que se levanta; una estrella que oscurece a todas las demás; un ángel de soberanía y de gloria, cual no se vio jamás en la tierra, cual es imposible forme otro la naturaleza. Rióse también Pedro Saputo de estas alabanzas, y del tono y fuerza con que las decía el soldado, y no dudó que aquel sol, aquella luna, aquella estrella, aquel ángel era Morfina. Pero calló, porque entraban ya en el pueblo, y los soldados se fueron a su alojamiento y los estudiantes a la posada pública.

Había allí una bandera o compañía de soldados hacía ocho días, y ya por esto, ya porque de todos modos no querían hacer parada de su orquesta, entraron muy silenciosos. Pero los conocieron, y antes de cenar tenían un motín en la calle, y recibieron un recado de don Severo, que no le quitasen la satisfacción de llevárselos a su casa. No conocieron a Saputo hasta que habló, porque estaba tostado por el sol, más delgado y alto, y más hombre también, con bigotes y perilla, que al uso de los estudiantes más extremados se había puesto, en el soliticio de la expedición, de la cola de un gatazo negro. Aun la ropa era otra, que por causa del calor se hizo un vestido más ligero y también mucho más airoso. Dudó la misma Morfina que tan bien retratado le tenía en el corazón y tan presente en su memoria. Por contemplación, en fin uno de otro, don Severo y el huésped, se convino que los dos que habían venido allí cenarían en casa del primero, y los otros en la del segundo, y dormirían todos en donde durmieron la vez pasada.

¡Qué satisfacción para Morfina! ¡Qué gloria para Pedro Saputo! Hallábase entonces en casa un hermano de ella mayor de edad, y se alegró mucho de ver a los estudiantes de quien tanto había oído y estaba ausente cuando pasaron a principio del estío. Inmediatamente habló de baile; mas Pedro Saputo acordándose de los soldados le dijo que por cierta causa que por entonces era secreta, aunque de fuera de casa, no podría haber baile sino tan solamente velada de música. Y al pueblo se le hizo entender que no se abriría la puerta, admitiéndose únicamente las personas convidadas o que pareciese. Presentáronse entre ellas, uno detrás de otro, los dos caballeros soldados de la riña. Y ¡cuál fue su sorpresa cuando vieron a Morfina muy amable y particular con el licenciado de su duelo! ¡Y al ver a don Severo tratarle con familiaridad y confianza! Avergonzáronse, callaron, respetaron lo que veían y no entendían, y se hicieron entre sí amigos declarando a Pedro Saputo que estaba determinada la competencia con retirarse los dos de donde tan buen lugar ocupaban otros seguramente más dignos: sobre que debían irse dentro de tres días.

Al pasar del cenador al estrado, y llegados a la puerta, hizo Pedro Saputo a don Severo una seña; y quedándose allí con sus compañeros que ya habían venido, los fue arrojando uno por uno como barrones o muñecos más de la mitad de la sala. Acción que vieron ya los oficiales y los más de los convidados, y todos quedaron mudos de asombro. El hermano de Morfina hizo extremos de admiración, y dijo con calor: - Pues señor, lo he visto y no lo creo, y al que por sólo esta vez lo osare afirmar, le diré que miente. Riéronse todos mucho; don Severo se complacía, Morfina se regalaba, y su madre exclamaba: - Jesús, ese mozo será de acero templado. Entonces Pedro Saputo volvió a la puerta con sus compañeros, y arrimados en pie a las sillas caballeros y señoras alrededor de la sala, volvió a arrojarles del mismo modo, pero mucho más trecho; y como el tuno que fue el último se bornase con mucha gracia y extravagancia, hubo un muy alto palmoteo. - Ahora ya lo creo, dijo don Vicente; pero sin duda estos señores licenciados tienen alas secretas; cogedme a ver a mí, don Paquito, que no sé volar sino tendido en el suelo. Cogióle, y al librarle para el empuje, viéndose llevar como un copo, dijo: ¡basta, basta!, me doy por satisfecho. Y volviéndose a mirar, le tocó y palpó los brazos por si eran de la materia que dijo su madre.

Pasado este sabrosísimo rato se ordenó la reunión convenientemente, y hecho silencio, tomó Pedro Saputo el violín descansando antes un poco para calmar la agitación del esfuerzo que había hecho, y prevenida Morfina desde antes de cenar, que en su obsequio y por ella tocaría aquel día el violín por primera vez en toda la expedición, y que todo lo que tocara se dirigía a su amor, o más bien, que sería la historia de sus amores, distinguiendo las partes principales, como la vista la primera vez, su plática la noche que se entendieron, la despedida, el sentimiento en que ella quedó y él se fue, y la alegría de la nueva visita. ¡Oh, cómo entendió ella el lenguaje de aquella música tan expresiva! Sin pensar y transportada lloró de pena al oír la despedida, y volvió al mismo sentimiento cuando expresó el dolor con que le vio trasponer y se retiró ella a su cuarto. Los demás de la sala sentían también, y algún rato parecía reunión de muertos del silencio y arrobamiento con que escuchaban. Tomó después la vihuela, y tocó asimismo algunas sonatas que él se había inventado. Mas luego, y dando lugar a que se desahogase el aplauso y admiración que excitó su no vista habilidad, tomaron los instrumentos sus compañeros, él les abandonó la orquesta, se puso en rueda y se pasó la velada.

Querían los estudiantes despedirse aquella noche, mas no admitió don Severo la despedida, y mucho menos don Vicente, y se dieron las buenas noches hasta mañana.

Aún no pensaban ellos en salir de casa, aún casi en levantarse por la mañanita, ya estaba allí don Vicente, y les rogó y suplicó tan ahincadamente que no se fuesen aquel día, que hubieron de condescender. Ni les pesó a ninguno de ellos, y menos a Pedro Saputo, como se supone. Con este motivo se desayunaron ligeramente, porque el huésped no quiso ceder el obsequio de la comida. Y para la noche dispusieron un baile en casa de don Severo por dar gusto a don Vicente, que lo quiso para obsequiar a una joven a quien servía.

Quien ganó en todo esto fue Pedro Saputo, pues tuvo ocasión de hablar a Morfina y acabar de ganársela si algo faltaba, cenó a su lado, bailó con ella y nada le quedó que desear para su satisfacción. Y más que le dijo una criada que había oído decir a su señor hablando con su señora: - Si este mozo fuese bien nacido como parece, aunque tenga poco, le habíamos de dar la hija; porque, ¿has reparado que ella le mira con buenos ojos? Bajo y recatado habló esto don Severo, no creyó que nadie le pudiese oír; pero le oyó el demonio de la criada, a quien las albricias valieron dos escudos de plata. ¡Con buenos ojos, decía! Algo más era; sí, algo más, patriota don Severo.

Por fin se despidieron ya en el mismo baile, y madrugando la mañana siguiente se fueron de aquel pueblo en donde a cada uno les parecía que estaba entre los suyos o en una isla encantada.