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miércoles, 26 de agosto de 2026

Vaudes, Baudes (Vaud, Suiza)

Vaudes, Baudes, s. m., vaudois, sorte d'hérétique.
An de plaitz cort establida,
Et es Vaudes qui 'ls ne desvia.
P. Cardinal: Ab votz d' angel.
Ont de plaids cour établie, et est vaudois qui les en détourne.
Ja no fora crezens heretje ni baudes,
Si agues bon pastor que lur contradisses.
Izarn: Diguas me tu.
Jamais croyant ne serait hérétique ni vaudois, s'il avait bon pasteur qui leur contredit.
(ESP. Chap. Valdense, valdenses, del Vaud, Suiza.)

Valdense, valdenses, Pedro Valdo


Poésies des Vaudois.

Si l' on rejetait l' opinion de l' existence d' une langue romane primitive, c' est-à-dire d' un idiôme intermédiaire qui, par la décomposition de la langue des Romains, et l' établissement d' un nouveau système grammatical, a fourni le type commun d' après lequel se sont successivement modifiés les divers idiômes de l' Europe latine, il serait difficile d' expliquer comment, dans les vallées du Piémont, un peuple séparé des autres par ses opinions religieuses, par ses mœurs, et sur-tout par sa pauvreté, a parlé la langue romane à une époque très ancienne et s' en est servi pour conserver et transmettre la tradition de ses dogmes religieux; circonstance qui atteste la haute antiquité de cet idiôme dans le pays que ce peuple habitait.
Le poëme de La nobla leyczon (: Leyçon) porte la date de l' an 1100. (1)
La secte religieuse des Vaudois est donc beaucoup plus ancienne qu' on ne l' a cru généralement.
Bossuet a dit de leur doctrine: “Lorsqu' ils se sont séparés, ils n' avaient que très peu de dogmes contraires aux nôtres, ou peut-être point du tout.”
(1) Ben ha MIL E CENT ancz compli entierament
Que fo scripta l' ora car sen al derier temps. (a:
Bien a mille et cent ans accomplis entièrement
Que fut écrite l' heure que nous sommes au dernier temps.)

Lux lucet in tenebris; Vaud, Vaudois, Vaudes, Baudes



“Conrad, abbé d' Usperg, qui a vu de près les Vaudois, a écrit que le pape Lucius (1: Lucius fut pape de 1181 à 1185.) les mit au nombre des hérétiques, à cause de quelques dogmes ou observances superstitieuses.” (2: Bossuet, Histoire des variations, liv. XI.)
Claude de Seyssel, archevêque de Turin, a déclaré que leur vie et leurs moeurs ont toujours été irréprochables parmi les hommes, et qu' ils observaient de tout leur pouvoir les commandements de Dieu.
Et Bossuet, en condamnant la Doctrine des Vaudois, a parlé de leurs mœurs en ces termes: “On me demandera peut-être ce que je crois de la vie des Vaudois, que Renier a tant vantée; j' en croirai tout ce qu' on voudra, et plus, si l' on veut; car le démon ne se soucie pas par où il tienne les hommes... Il ne faut donc pas s' étonner de la régularité apparente de leurs mœurs, puisque c' était une partie de la séduction contre laquelle nous avons été prémunis par tant d' avertissements de l' évangile.”
Quant aux livres des Vaudois, voici ce qu' en dit Bossuet:
“Au surplus, nous pourrions parler de l' âge de ces livres vaudois et des altérations qu' on y pourrait avoir faites, si on nous avait indiqué quelque bibliothèque connue où on les pût voir. Jusqu' à ce qu' on ait donné au public cette instruction nécessaire, nous ne pouvons que nous étonner de ce qu' on nous produit comme authentiques des livres qui n' ont été vus que de Perrin seul, puisque ni Aubertin, ni La Roque ne les citent que sur sa foi, sans nous dire seulement qu' il les aient jamais maniés.”
Bossuet s' exprimait ainsi en 1688, année où il publia son Histoire des variations: cependant deux ouvrages imprimés avaient indiqué les bibliothèques où se trouvaient les livres des Vaudois (1) en original.
(1) Dès 1658, Samuel Morland, dans son History of the evangelical churches of the valleys of Piemont, London, fol., avait fait imprimer le catalogue des manuscrits dont il s' était servi pour cet ouvrage, manuscrits qu' il avait déposés à la bibliothèque de l' université de Cambridge en août 1658. (a: Morland, introd.)
En 1669, Jean Léger, transcrivant, dans son Histoire générale des églises évangéliques des vallées du Piémont, Leyde, 1669 in-fol., des vers du poëme de La nobla leyczon, dit:
“Extrait d' un traité intitulé La nobla leyczon, daté de l' an 1100, qui se trouve tout entier dans un livre de parchemin, écrit à la main, en vieille lettre gothique, dont se sont trouvés deux exemplaires, l' un desquels se conserve à Cambridge, et l' autre en la bibliothèque de Genève.” (b: Léger, Hist. génér., p. 26.)
Outre ce poëme et autres qui y sont joints, la bibliothèque de Genève avait alors en dépôt divers manuscrits vaudois, ainsi que le prouve l' attestation suivante de M. Gérard, alors bibliothécaire de Genève, insérée dans l' histoire de Léger. (c: Léger, Hist. génér., p. 23.)
“Je soussigné déclare avoir reçu des mains de M. Léger, ci-devant pasteur ès vallées, i° un livre de parchemin manuscrit in-8°, contenant plusieurs traités de la doctrine des anciens Vaudois, en leur propre langue; 2° une liasse de plusieurs autres manuscrits, etc. que je conserve en la bibliothèque de cette cité, pour y avoir recours au besoin; en foi de quoi, etc., à Genève, le 10 novembre 1662, signé Gérard, pasteur du collége et bibliothécaire.”

La lecture des poésies religieuses que je publie, donnera une idée suffisante de leurs dogmes.
Quant à l' idiôme dans lequel elles sont écrites, on se convaincra que le dialecte vaudois est identiquement la langue romane; les légères modifications (1) qu' on y remarque, quand on le compare à la langue des troubadours, reçoivent des explications qui deviennent de nouvelles preuves de l' identité.

(1) Je crois convenable d' offrir le tableau des principales modifications.
Changements de voyelles.
O pour U.
Vaudois. Roman. Vaudois. Roman.
seo seu greos greus
vio viu breo breu
caitio caitiu deorian deurian
O pour A.
volrio volria
Voyelles ajoutées a la fin du mot, A, I et O.
sencza senz illi ill
aquisti aquist aiuto aiut, etc.
Suppresion de consonnes finales.
bonta bontat ma mas
verita veritat ca car, etc.
(N. E. Como ocurre en la lengua italiana, toscana, etc.)

Changement ou suppression de consonnes finales,
changement de voyelles finales dans les verbes.
Je place dans un seul tableau les modifications relatives aux verbes:
Infinitif. Vaudois. Roman.
Part. Passé. forma, salva format, salvat
compli complit
offendu, agu offendut, agut
Indicatif.
Présent.
3.e pers. Sing. po pot
1re pers. Plur. aman, sen, aven, deven amam, sem, avem, devem
2.e anna, vene annatz, venetz
3.e pon podon
Prétérit simple.
3.e pers. Sing. peche, manje pechet, manjet
Futur.
3.e pers. Sing. sere, penre, venre sera, penra, venra
1re pers. Plur. tenren, iren tenrem, irem
2.e sere, aure seretz, auretz
3.e seren, murren serem, murrem
Conditionnel.
1re pers. Plur. aurian, segrian auriam, segriam
Subjonctif.
Présent.
1re pers. Plur. faczan poisam, faczam, etc.

Il me reste à parler des manuscrits des ouvrages en dialecte vaudois.
Samuel Morland (1: Samuel Morland avait été l' envoyé de Cromwel (Cromwell) auprès du duc de Savoie.) avait déposé en 1658 à la bibliothèque de l' université de Cambridge plusieurs manuscrits dont le catalogue est au commencement de son histoire.
Ces manuscrits intéressants ne s' y trouvent plus depuis plusieurs années.
La bibliothèque de Genève possède trois manuscrits vaudois. Celui qui est coté n° 207 contient les poésies religieuses et morales; il m' a fourni les pièces qui sont imprimées de la page 73 à la page 133. (1: J' ai dû au zèle, à la sagacité et à la bienveillance de M. Favre- Bertrand de Genève une copie exacte des pièces que je publie, et quelques renseignements très détaillés et très utiles. Il me tardait d' offrir à ce littérateur distingué l' hommage public de ma juste reconnaissance.)

La nobla leyczon.

La nobla leyczon.

Ce poëme, qui est une histoire abrégée de l' ancien et du nouveau Testament, m' a paru assez important pour être inséré en entier. J' ai conféré le texte du manuscrit de Genève avec celui du manuscrit de Cambridge, publié par Samuel Morland. (2: Je suis porté à croire que le manuscrit de Cambridge avait été fait sur un exemplaire plus ancien que celui qui a servi pour la copie du manuscrit de Genève; dans le manuscrit de Cambridge on lit AU, avec, venant d' AB roman, et dans celui de Genève on lit CUM au lieu d' AU.)
La date de l' an 1100 qu' on lit dans ce poëme mérite toute confiance. Les personnes qui l' examineront avec attention jugeront que le manuscrit n' a pas été interpolé; les successeurs des anciens Vaudois, ni les dissidents de l' église romaine qui auraient voulu s' autoriser des opinions contenues dans ce poëme, n' auraient eu aucun intérêt à faire des changements; et s' ils avaient osé en faire, ces changements auraient bien moins porté sur la date du poëme que sur le fond des matières qu' il traite, pour les accommoder à leurs propres systèmes dogmatiques. Enfin le style même de l' ouvrage, la forme des vers, la concordance des deux manuscrits, le genre des variantes qu' ils présentent, tout se réunit en faveur de l' authenticité de ces poésies; M. Sennebier jugeait que le manuscrit de Genève est du XIIe siècle.

La barca.

C' est un poëme sur le Miserere et sur la brièveté de la vie; il contient trois cent trente-six vers; j' en rapporte quelques-uns.

Lo novel sermon.

Il contient quatre cent huit vers. Ceux que je publie donnent une idée du genre de ce poëme, qui est en grands vers. J' en cite des fragments considérables.

Lo novel confort.

Ce poëme est en stances de quatre vers qui riment toujours ensemble.

Lo payre eternal.

Il est en grands vers et divisé en stances de trois vers qui riment toujours ensemble.

Lo despreczi del mont.

Le poëme du mépris du monde ne contient que cent quinze vers.
Il ne se trouvait pas dans les manuscrits de Cambridge.


L' avangeli de li quatre semencz.

Cette pièce est de trois cents vers divisés en stances de quatre vers qui riment ensemble; elle ne se trouvait pas dans les manuscrits de Cambridge.
J. Léger aurait pu appliquer à tous ces divers poëmes ce qu' il dit spécialement de La nobla leyczon dans son Histoire des églises vaudoises, pag. 30: “Et ces sages Barbes ont voulu mettre en main de leurs peuples ce divin trésor en cette forme de rime ou de poésie en leur langue, pour en rendre la lecture plus agréable, et à ce que la jeunesse le pût plus facilement imprimer en sa mémoire.”
Je n' ai pas cru nécessaire de rapporter des fragments en prose des ouvrages dogmatiques des Vaudois (1); le traité de l'Ante-Christ porte la date de 1126. (1: Perrin, histoire des Vaudois, dans les ouvrages de Samuel Morland, de Jean Léger, etc.
La bibliothèque de Grenoble possède un manuscrit de la traduction du Nouveau-Testament en dialecte vaudois; la parabole de l' Enfant Prodigue, tirée de ce manuscrit, a été publiée par M. Champellion Figeac, dans ses Recherches sur les différents patois de la France.)

domingo, 23 de agosto de 2026

Ulular, Ullular, Udolar, Udolament, Uns, Us, Un, Unitat, Unament, Unadamen - Upel

Ulular, Ullular, v, lat. ululare, hurler.
Trop soven ulula o crida. Eluc. de las propr., fol. 143.
(chap. Mol assobín ulule o cride - quirde.)
Trop souvent hurle ou crie.
Los autres ullulavan. Libre de Tindal.
(chap. Los atres ululaben.)
Les autres hurlaient.
ANC. FR. Les chiens huller en nocturnes abbois.
Œuvres de Du Bellay, fol. 280.
ESP. PORT. Ulular. IT. Ululare, ulolare, urlar. (chap. Ululá; udolá; soroll del llop; los del gos són lladrits, clapits, lladrá, clapí. ESP. Aullar.)

Creu del llop, cruz del lobo, Peñarroya, Tastavins, Pena-Roja

2. Udolar, v., hurler.
Cridar, udolar e fremir. Contricio e Penas infernals.
Crier, hurler et frémir.
Ill udolet aixi com can. Trad. d'un Évang. apocr.
Elle hurla ainsi comme chien.
Part. prés. Vi una anima entre VII diables ploran et udolan.
Revelatio de las Penas dels yferns.
Vit une âme entre sept diables pleurant et hurlant.
CAT. Udolar. (chap. Udolá: udolo, udoles, udole, udolem o udolam, udoléu o udoláu, udolen; udolat, udolats, udolada, udolades; udolaré; udolaría; si yo udolara siría un llop, o un home llop, com lo del llibre Licantropía, de Carlitos Terés Bellés. ESP. Aullar. Chap. Aullá.)

Carles Terés Bellés, licantropia

3. Udolament, s. m., hurlement.
Udolament designa adversitat. Eluc. de las propr., fol. 149.
Hurlement désigne adversité.
ANC. CAT. Udolament. (chap. Udol, udols; aullit, aullits; udolamén, udolamens. ESP. Aullido, aullidos.)

Víctor Hugo; el hombre que ríe, doctor universitario, tonto, lobo, aullido

Uns, Us, suj. sing.; Un, U, rég. sing., adj. num., lat. unus, un, unique, seul.
Una, suj. et rég. sing., une, unique, seule.
Lo coms de Peitieus si fo uns dels maiors del mon.
V. du comte de Poitiers.
Le comte de Poitiers se fut un des plus grands du monde.
Cercamons,... uns joglars de Gascoingna,... trobet vers e pastoretas.
V. de Cercamons.
Cercamons,... un jongleur de Gascogne,... trouva vers et pastorelles.
Pair', en tres personas us.
Pierre d'Auvergne: Dieus vera.
Père, en trois personnes un.
Us cavaliers se jazia
Ab la res que plus volia.
Bertrand d'Allamanon: Us cavaliers.
Un cavalier se gisait (était couché) avec l'objet que plus il voulait.
Un sirventes fatz dels malvatz barons.
Bertrand de Born: Un sirventes.
Un sirvente je fais des mauvais barons.
Un decret fauc drechurier.
P. Cardinal: Un decret.
Un décret je fais droiturier.
Eras es una sazos
Que hom ren mal guazardos.
Hugues de Saint-Cyr: Nulha res que.
Maintenant est une saison qu'on rend mal récompense.
Una domna de gran valor...
Qu' anc non amet.
T. de H. de la Bachelerie et de B. de Saint-Félix: Diguatz.
Une dame de grand mérite... qui oncques n'aima.
Una sirventesca,
En Raynier, tota fresca
Vos metrai en cabal.
Bernard de Rovenac: Una sirventesca.
Un sirvente, seigneur Reynier, tout frais je vous mettrai à chetel. 
Pres per molher una soudadeira. V. de G. Faidit.
Il prit pour femme une soudadière.
Subst. Ses la decima, no n' es
Us tant caut que n' armes un lenh.
Pierre du Vilar: Sendatz vermelhs.
Sans la décime, il n'en est pas un si chaud qui en armât un navire.
Anc non vist u que tan en retegues. Poëme sur Boèce.
Oncques tu ne vis un qui tant en retint.
Una 'n sai qu' es de las melhors
La meiller.
B. de Ventadour: Ja mos chantars.
Une j'en sais qui est des meilleures la meilleure.
Employé corrélativement à Altre.
L' us en l' autre no s puesca fizar.
Bertrand de Born: Ieu m' escondisc.
Que l'un à l'autre ne se puisse fier.
Loc. Un a un los avia pres.
De totz aicels de Montbrun
Feratz altretal un e un.
Roman de Jaufre, fol. 23 et 83.
Un à un les avait pris.
De tous ceux de Montbrun vous feriez également un à un.
Home ric e paubre... a la mort son tot un. Liv. de Sydrac, fol. 25.
Homme riche et pauvre... à la mort sont tout un.
- Même, égal.
Son amdui d' un pretz e d' un paratge.
Rambaud de Vaqueiras: Senher Coines.
Sont tous deux de même mérite et de même parage.
E 'ls motz d' amdos d' un gran e 'l chan d' un to.
Aimeri de Peguilain: Mantas vetz.
Et les mots de tous deux de même grain et le chant de même ton.
Doas cartas d' una tenor. Tit. de 1413, de Ste. Eulalie de Bordeaux.
Deux chartes de même teneur.
Adv. comp. Us tans 
Torna en amaror
Sens de bona sabor.
Nat de Mons: Sitot non.
Une (fois) autant sens de bonne saveur tourne en amertume.
Misericordia queron trastut a una voutz. V. de S. Honorat.
Miséricorde ils requièrent tous (tout) d'une voix.
El mielhs del mon s' es perdut en un lans.
Aimeri de Peguilain: S' ieu anc *chanticz.
Le meilleur du monde s'est perdu d'un (seul) élan.
Ieu dic qu' el bes amoros
Es maier qu' els mals per un dos.
T. d'Albert (,) Marquis (,) et de G. Faidit: Gaucelm.
Je dis que le bien amoureux est plus grand que les maux deux (fois) pour une.
Fairetz,
Mais qu' ieu dir non poiria,
De mal per un detz.
G. Figueiras: Sirventes vuelh.
Vous ferez, plus que je ne pourrais dire, de mal dix (fois) pour une.
Vos am per un cen. 
Folquet de Marseille: Tan m' abellis.
Je vous aime cent (fois) pour une.
CAT. Un. ESP. Un, uno. PORT. Um, hum. IT. Uno. (chap. Un, uns; una, unes.)

2. Un, U, suj. pl.; Uns, Us, rég. pl. adj. num., uns, uniques, seuls.
Unas, suj. et rég. pl., unes, uniques, seules.
C'était par idiotisme, et d'une manière absolue, que cet adjectif numéral était employé au pluriel, encore semble-t-il qu'on ne faisait usage que du féminin, car on ne trouve que des exemples de ce genre dans lesquels le mot Unas a l'acception de la particule française Des.
Unas novas vos vuelh contar.
R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.
Unes (des) nouvelles je veux vous conter.
Manda lui unas letras de part lui. Liv. de Sydrac, fol. 2.
Lui envoie unes (des) lettres de part lui.
Ieu veg unas forcas en cel tertre fermar. Roman de Fierabras, v. 3085.
Je vois unes (des) fourches sur ce tertre fixer.
L'ancien français faisait usage de cette forme:
En unes isles de mer qui sont apelées les isles Baléaires.
Chr. de Fr. Rec. des Hist. de Fr., t. V, p. 247.
Unes joues rondes et vermeilles. Coquillart, p. 28.
Uns espourons à or li cauche. Roman de la Violette, p. 88.
Luy présenta unes lettres apostolicques.
Monstrelet, t. 1, fol. 49.
Cette forme fut aussi employée en espagnol et en portugais.
ANC. ESP.
Mandó facer unas letras que avien tal tenor. Poema de Alexandro, cop. 735.
ANC. PORT.
Tem m' amor preso en huãs redas d' ouro. 
A. Ferreira, son. XL, 63.
- Subst. Par corrélation à Altre.
Li cavalier an pretz,
Si cum auzir podetz:
Li un son bon guerrier,
L' autre bon conduchier;
L' un an pretz de servir,
L' autre de gen garnir...
Las donas eissamens
An pretz diversamens:
Las unas de belleza,
Las autras de proeza;
Las unas son plazens,
Las autras conoissens.
Arnaud de Marueil: Razos es.
Les cavaliers ont mérite, ainsi comme ouïr vous pouvez: Les uns sont bons guerriers, les autres bons hôtes; les uns ont mérite de servir, les autres de 
bien s'équiper.
Les dames également ont mérite diversement: Les unes de beauté, les autres de prouesse; les unes sont agréables, les autres connaissantes.
Los us fai raustir, e 'ls autres fai bulhir. Liv. de Sydrac, fol. 17.
(chap. Los uns fa rostí, y los atres fa bullí.)
Les uns il fait rôtir, et les autres il fait bouillir.

3. Unitat, s. f., unitatem, unité.
Lo rey de terr' e del cel
Qu' es trinus et unitatz.
Pierre d'Auvergne: Lauzatz sia.
Le roi de la terre et du ciel qui est triple et unité.
Es en substancia unitatz. Brev. d'amor, fol. 1.
Est en substance unité.
ANC. FR. E la unitet en la trinitet et la trinitet en unitet seit à onorer.
Anc. trad. du Psaut. de Corbie, Symb. de S. Athanase.
CAT. Unitat. ESP. Unidad. PORT. Unidade. IT. Unità, unitate, unitade.
(chap. Unidat, unidats.)

4. Unament, adv., uniquement, isolément.
Solelh... si mov unament et drech el cercle zodiac.
Eluc. de las propr., fol. 113.
Le soleil... se meut uniquement et droit au cercle zodiaque.
(chap. únicamen.)

5. Unadamen, adv., uniquement.
Tan ames unadamen.
Aimeri de Peguilain: Per solatz.
Qu'il aimât si uniquement.
6. Unanimitat, s. f., lat. unanimitatem, unanimité. 
Angel... ha en si tota puritat... unanimitat... et tranquillitat.
Eluc. de las propr., fol. 9.
Ange... a en soi toute pureté... unanimité... et tranquillité.
CAT. Unanimitat. ESP. Unanimidad. PORT. Unanimidade. (chap. Unanimidat, unanimidats.)

7. Universitat, Universitad, s. f., lat. universitatem, universalité, ensemble de tous les citoyens d'une commune.
Avem mandat et autreiad a la universitad d' Agen.
(chap. Habem manat y otorgat a la universidat de Agen : tot lo poble.)
Tit. de 1221. Hist. de Languedoc, t. III, col. 271.
Nous avons mandé et octroyé à l'universalité d'Agen.
La dicha universitat de la dicha vila de Grialon. Charte de Gréalou, p. 62.
Ladite universalité de ladite ville de Gréalou.
CAT. Universitat. ESP. Universidad. PORT. Universidade. IT. Università, universitate, universitade. (chap. Universidat, universidats : conjún de tot lo poble, la poblassió. Después van passá a dís aixina los estudis, com lo de Lerida, Leyda, Lleida, al 1300, Jaime II de Aragó.)

Jaime II de Aragón, el Justo, reg. 197, fol 180, 5 septiembre 1300

8. Universal, adj., lat. universalis, universel.
Del papa qu' es aissi present,
Que te lo loc universal.
V. de S. Alexis.
Du pape qui est ici présent, qui tient la place universelle.
Mon paire, del qual so heritiers universals.
(chap. Mon pare, del cual soc hereu universal.)
Tit. de 1274. Arch. du Roy., M, 876.
Mon père, duquel je suis héritier universel.
ANC. FR. Dont la renommée fut si grande et glorieuse par le monde universal.
Ord. des R. de Fr., 1417, t. X, p. 437.
CAT. ESP. PORT. Universal. IT. Universale. (chap. Universal, universals.)

9. Universalment, Universalmen, adv., universellement.
Universalmen per totz devem Dieu pregar. V. et Vert., fol. 88.
(chap. Universalmen per tots debem a Deu resá.)
Universellement pour tous nous devons Dieu prier.
Aquel hom te la heretat universalment, que te las causas de la heretat.
Trad. du Code de Justinien, fol. 17.
Cet homme tient l'héritage universellement, qui tient les choses de l'héritage.
CAT. Universalment. ESP. PORT. IT. Universalmente.
(chap. Universalmen.)

10. Unio, Union, s. f., lat. unionem, union.
Las partidas del mon han ta granda connexio, unio et conveniencia que la una 
ajuda a mantener l' autra. Eluc. de las propr., fol. 2.
Les parties du monde ont si grande connexion, union et convenance que l'une aide à maintenir l'autre.
D' aquesta vera unio. Brev. d'amor, fol. 8.
De cette vraie union.
Per la union de sancta Gleyza.
(chap. Per la unió de la santa Iglesia.)
Mandement de 1394. Hist. de Nîmes, t. III, pr., p. 126.
Par l'union de sainte Église.
Unio de diverses pobles. Eluc. de las propr., fol. 152.
Union de divers peuples.
CAT. Unió. ESP. Unión. PORT. União. IT. Unione. (chap. Unió, unions.)
- Perle en forme de poire.
Perlas mot grossas, ditas unios. Eluc. de las propr., fol. 171.
(chap. Perles mol grosses, dites unions. Com la perla del llibre de John Steinbeck que vach traduí al chapurriau.)
Perles moult grosses, dites unions.

Juan Segura, de Torrevelilla. L' ASSOSSIASSIÓ DE LA UNIÓ.

11. Unial, adj., unique, intime.
Auras unial amistat. Trad. de Bède, fol. 75.
(chap. (Haurás) tindrás única (íntima) amistat.)
Tu auras unique amitié.
Subst. En Jhesu Crist, filh del Unial nostre Senhor.
Cartulaire de Montpellier, fol. 171.
En Jésus-Christ, fils de l'Unique notre Seigneur.

12. Unitiu, adj., unitif, propre à unir, à rendre un, homogène.
Solelh... ha unitat et simplicitat, aysshi ha virtut unitiva.
Eluc. de las propr., fol. 115.
Le soleil... a unité et simplicité, ainsi il a vertu unitive.
CAT. Unitiu. ESP. PORT. IT. Unitivo. (chap. Unitiu, unitius, virtut unitiva, unitives; unidó, unidós, unidora, unidores.)

13. Unible, adj., unible, propre à être uni, joint.
Totz nombres ab autre nombre, segon natural dispozicio, ses meia, unibles. 
Eluc. de las propr., fol. 280.
Tous nombres avec autre nombre, selon naturelle disposition, sans milieu, unible.
ESP. Unible. IT. Unibile. (chap. Unible, unibles; ajuntable, ajuntables, com dos bueys o bous al jou; com Ignacio Sorolla Vidal y Manel Riu Fillat.)

14. Unir, v., lat. unire, unir, joindre.
Part. pas. XV es la meytat de XIIII et de XVI ab si unitz.
Eluc. de las propr., fol. 280.
Quinze est la moitié de quatorze et de seize avec soi joints.
CAT. ESP. PORT. Unir. IT. Unire. (chap. Uní, unís; ajuntá, ajuntás.)

15. Unenc, adj., uni, joint.
Vaca,... camel han dens egals, continuadas et quaysh unencas per mielh talhar herba pres de terra. Eluc. de las propr., fol. 230.
Vache,... chameau ont dents égales, continuées et quasi jointes pour mieux tailler herbe près de terre.

16. Aunar, v., lat. adunare, réunir, rassembler.
E 'l reis frances aunet sa gran ost. V. de Richard-Coeur-de-Lion.
Et le roi français rassembla sa grande armée.
ANC. FR. A un vilain m'ont doné mi parent
Qui ne fet fors aüner or et argent.
Richard de Semilli. Essai sur la Musique, t. II, p. 216.
Qui ot les nonnains aünées.
Nouv. rec. de fabl. et cont. anc., t. II, p. 323.
ANC. CAT. Aunar. ANC. ESP. Adunar. ESP. MOD. Aunar. IT. Adunare, aunare.
(chap. Auná, unificá, reuní, ajuntá.)

17. Auneza, s. f., réunion, assemblage.
Reumus,... si es provenient per liquiditat et l' auneza d' humors, superfluitat geyssh per la boca et pel nas. Eluc. de las propr., fol. 80. 
Rhume,... s'il est provenant par liquidité et la réunion d'humeurs, superfluité sort par la bouche et par le nez.

18. Adunatiu, adj., unitif, propre à réunir, à rassembler.
Negror,... qualitat de la vista confortativa et adunativa.
Eluc. de las propr., fol. 37.
Noirceur,... qualité confortative et unitive de la vue.

19. Adunacio, s. f., lat. adunatio, réunion, assemblage.
Dona agregacio et adunacio.
Pols fort et sopte per adunacio de natural calor.
Eluc. de las propr., fol. 32 et 22.
Donne agrégation et réunion.
Pouls fort et prompt par réunion de naturelle chaleur.
ANC. ESP. Adunación. IT. Adunazione.

20. Desuneiar, v., désunir, séparer.
Fort ven
Las nieus cargadas combaten
Que las romp e las desuneia,
E aissi fai se la plueia.
Brev. d'amor, fol. 42.
Fort vent combattant les nues chargées qui les rompt et les désunit, et ainsi se fait la pluie.

21. Negus, Nengus, Nesus, Neus, pron. indéf., lat. nec unus, non-aucun, nul.
Subst. suj. Nengus non es bons, mas sol Deus.
Trad. du N.-Test., S. Marc, c. 10.
Nul n'est bon, excepté seulement Dieu.
Car neguna a lei no s' apareilla.
P. Vidal: S' ieu fos.
Car nulle à elle ne se compare.
Rég. Non las auzava dir a ela ni a negun.
V. d'Arnaud de Marueil.
Il ne les osait dire à elle ni à nul.
Ilh val mais que neguna del mon.
Guillaume de Saint-Didier: Aissi cum es.
Elle vaut davantage que nulle du monde.
Adjectiv. suj.
Negus vezers mon bel pensar no m val.
B. de Ventadour: Quan par la.
Nul voir mon beau penser ne me vaut.
Negus om no pot desfar neienz. Poëme sur Boèce.
Nul homme ne peut rien défaire.
Neguna cauza del mon no la pot comprar. Liv. de Sydrac, fol. 86.
Nulle chose du monde ne la peut acheter.
Rég. Reprendre
Nesun om de sun trobar.
Hugues ne Saint-Cyr: Canson.
Reprendre nul homme de son trouver.
Non i trobet nenguna cauza. Trad. du N.-Test., S. Marc, c. 11.
Il n'y trouva nulle chose.
Mortz de negun peccador.
Folquet de Marseille: Si cum selh.
Mort de nul pécheur.
A nulle femme... n'y donnera ni n'y vendra.
ANC. FR. C'onques ne l sot beste nesune.
Roman du Renart, t. III, p. 374.
Oncques d'Euriaut n'ot eu
A nesun jour carnelment part.
Roman de la Violette, p. 288.
ANC. ESP. Que non dé diezmo de vino a ningunt. Fuero de Molina, adic. 4.
Ningun vicino. Fuero de Llanes.
ANC. IT. Nessun maggior dolore. Dante, Inf., c. V.
ANC. CAT. Negú. CAT. MOD. Ningú. ESP. MOD. Ninguno. PORT. Nenhum. 
IT. MOD. Nessuno. (chap. ningú; no cap = 0.)

22. Degus, Deguns, pron. indéf., nul, aucun.
Substantiv.
Deguns no s' en corrosa, tant lo fay humilmen. V. de S. Honorat.
Nul ne s'en courrouce, tant il le fait humblement.
Degunas de las armas no metatz en omblit. 
Si degus m' es laupart, ieu li serai leos. Guillaume de Tudela.
Nulles des âmes ne mettiez en oubli.
Si aucun m'est léopard, je lui serai lion.
Adj. No m membra degun mal pessamen.
T. de G. Riquier et de Raynier: Raynier.
Je ne me rappelle nul mauvais penser.
Per deguna maneira vos esmanentiretz. Guillaume de Tudela.
Par aucune manière vous (ne) vous enrichirez.
ANC. CAT. Degú. (chap. Dingú.)

Upa, Upupa, Upega, s. f., upupa, puput, huppe.
Quan la upa es mal enpenada, jamay no s mudara, co fay autr' auzel.
Naturas d' alcus auzels.
Quand la huppe est mal empennée, jamais elle ne se muera, comme fait autre oiseau.
Upupa, o upega... ha cresta;... tos temps habita en sepulcres.
Eluc. de las propr., fol. 149.
Puput, ou huppe... a crête;... (en) tous temps elle habite dans les sépulcres.
IT. Upupa. (chap. Puput, la putput fa pudó o pudina : put, poput. 
ESP. Abubilla.)

putput, put-put, pupŭt, puput, poput, porpuz, parputa, babuta, pulput, gurgŭ, borbuta-viel barbut, barbut

2. Upel, s. m. dim., huppeau, petit de la huppe.
Venon los upels, et arabon li las vielhas plumas. Naturas d' alcus auzels.
Viennent les huppeaux, et lui arrachent les vieilles plumes.
(chap. Puputet, puputets, puputeta, puputetes; putputet, putputets, putputeta, putputetes.)

Ucar, Uchar, Huchar, Uc, Uca, uqua, Ufanes, Ufanier, Ufana, Ufanaria - Ufec

U, s. m., cinquième voyelle et vingtunième lettre de l'alphabet, u.
V (5) vocals son a, e, i, o, u. Leys d'amors, fol. 2.
(chap. Sing vocals són (ñan):  a, e, i, o, u.)
Cinq voyelles sont A, E, I, O, U.

Junqueras, los catalanes tenemos más proximidad genética con los franceses, salta a la vista

Ucar, Uchar, Huchar, v., hucher, appeler, invoquer.
Can los crida e 'ls uca, e sos drapels demena. Guillaume de Tudela.
Quand il les crie et les huche, et ses drapeaux agite.
Crida e ucha: Mortz, a me quar no ves?
Poème sur Boèce.
Crie et invoque: Mort, à moi pourquoi ne viens-tu pas?
- Mettre à l'encan, crier.
Li sieu crezedor
An fayt sos bes ucar e vendre.
Leys d'amors, fol. 48.
Les siens créanciers ont fait ses biens crier et vendre.
Fig. Lo cors dins me crida e m' hucha.
Giraud de Borneil: Quan la bruna.
Le coeur en dedans me crie et m'appelle.
ANC. FR.
Tote noit fist sez gaites é huchier é corner. Roman de Rou, v. 4775.
(chap. Cridá o quirdá la atensió; invocá.)

2. Uc, s. m., huchet, appel, invocation, cri.
Quan veires al primer uc
Trapenar sa valensa.
Sordel: No pueis mudar.
Quand vous verrez au premier cri s'évanouir sa vaillance.
Non enten los plors n' els ucs.
(chap. No escolte (ni) los plos ni los crits.)
Deudes de Prades, Poëme sur les Vertus.
Il n'entend les pleurs ni les cris.
ANC. FR. 
E Francheiz les encachent e à hu e à cri. Roman de Rou, v. 1644.
Commence la hue à nestre,
Laquelle fait tentir les roches.
G. Guiart, Branche aux roy. lignages.
(chap. Crit, crits; invocassió, invocassions; com lo saludo típic de alguns pobles: aik, eik, aiks, eiks, chaic, chaics, chaica, chaiques.)

3. Uca, Uqua, s. f., crieur, héraut.
Las ucas van per l' ost cridan. Guillaume de Tudela.
Les hérauts vont par l'armée en criant.
Emolumens de la uqua, o crida.
Ord. des Rois de Fr., 1408, t. IX, p. 409.
Émolument du héraut, ou crieur.
(chap. Cridadó, cridadós, cridadora, cridadores; quirdadó, quirdadós, quirdadora, quirdadores; heraldo, heraldos; pregoné, pregonés, pregonera, pregoneres. Vore Ara hojats.)

Ufanes, adj., fanfaron, glorieux, superbe, arrogant.
Ce mot fut dérivé du francique Ufan, signifiant sur.
Steig ufan berg.
Ascendit super montem.
Trad. de Tatien, c. 22, 5.
Dans la langue francique, la racine UF concourait à former des mots composés qui offrent l'idée ou l'image de supériorité, d'élévation.
Hom de dir ufanes
Es plus vilas que pages,
Segon romans e clergia.
B. Martin: D' entier vers.
Homme fanfaron de parler est plus vilain que paysan, selon roman et clergie (latin).
CAT. Ufanos. ESP. PORT. Ufano. (chap. Ufano, ufanos, ufana, ufanes; aufals aufanós, bancals aufanosos, aufanosa, aufanoses; ufanós, ufanosos, ufanosa, ufanoses; aufanidat, aufanidats; ufanidat, ufanidats; fanfarrón, fanfarrons, fanfarrona, fanfarrones; arrogán, arrogans, arroganta, arrogantes; soberbio, soberbios, soberbia, soberbies; pujadet, pujadets, pujadeta, pujadetes.)

Joaquim Montclús, Joaquín Monclús, gordo, seboso, gort, gras, craso

2. Ufanier, adj., fanfaron, arrogant, glorieux, superbe.
Enueia m de cavalier
Fors de son pays ufanier.
Le Moine de Montaudon: Mot m' enueia.
M'ennuie de chevalier hors de son pays fanfaron.
Fig. Qui lauzor ufaneira 
Fai de razon messongeira,
Be l' en deu hom blasmar.
Folquet de Lunel: Per amor.
Qui louange superbe fait de raison mensongère, on doit bien l'en blâmer.
- Décidé, résolu, déterminé. 
De manjar fort ufanier.
Deudes de Prades, Auz. cass.
De manger fort résolu.
ANC. ESP. Ufanero.

Ting lo ego tan pujadet que al que matino li ajudo yo.

3. Ufana, s. f., arrogance, hauteur, forfanterie, fanfaronnade.
Si tot jorn vols dire ufana,
Ta paraula tenran per vana.
Lo Libre de Senequa.
Si toujours tu veux dire forfanterie, ta parole ils tiendront pour vaine.
Com pot far tant gran ufana?
Rambaud de Vaqueiras: Ben sai e.
Comment peut-il faire si grande fanfaronnade ? 
Elh n' er sebelitz
D' on perdra sa ufana.
Germonde de Montpellier: Greu m' es.
Il en sera enseveli, d'où il perdra son arrogance.
ESP. (Ufanía) PORT. Ufania. (chap. Ufanía, ufaníes; aixó sen va de la aufanedat : expresió que hay sentit a Beseit, a Benito y Carlos; aufanedats.)

4. Ufanaria, s. f., suffisance, bravade.
Cuias qu' a Dieu non pes
Chans d' aital ufanaria.
B. Martin: D' entier vers.
Tu crois qu'à Dieu ne pèse pas chant de telle suffisance.

5. Ufanesc, s. m., orgueil, arrogance.
Una m n' a en ufanesc
Pagut d' aital ufanesca.
Marcabrus: Contra l' ivern.
Une m'en a en orgueil repu de telle suffisance.

6. Ufanesca, s. f., suffisance, présomption.
Una m n' a en ufanesc
Pagut d' aital ufanesca.
Marcabrus: Contra l' ivern.
Une m'en a en orgueil repu de tele suffisance.

7. Ufec, adj., arrogant, suffisant, altier.
Aman, preian s' afranca cor ufecx.
A. Daniel: Amors e joi.
En aimant, en priant s'apprivoise coeur suffisant.

sábado, 22 de agosto de 2026

Tu, Tú, Te, Ti

Tu, pron. pers. m. et f. 2° pers. sing., lat. tu, tu, toi.
Sujet. Tu non creiras sos castics.
Hugues de Saint-Cyr: Messonget.
Tu ne croiras pas ses réprimandes.
Aital merce com tu agest,... 
Tu, atretal la trobaras.
Pierre d'Auvergne: Lo senher.
Pareille merci comme tu eus,... toi, pareille la trouveras.
Rég. dir. Te prec, tu, c' o as en poder.
Arnaud de Marueil: Bel m' es lo.
Je te prie, toi, qui cela as en pouvoir.
Rég. indir. El aprendra de tu los motz e 'l so.
Aimeri de Peguilain: Moutas vetz. 
Il apprendra de toi les mots et l'air.
- Avec Meteis, explétif.
De tu meteis cre que t venjas.
(chap. De tú mateix crec que 't vengues.)
P. Cardinal: Jhesum Crist.
De toi-même je crois que tu te venges.
ANC. FR. Tu, évesques qui es en ceste cité.
Chr. de Fr., Rec. des Hist. de Fr. t. III, p. 193.
Jeo regebirai à tu en siècle. Anc. trad. du Psaut., Ms. n° 1, ps. 51.
CAT. ESP. (Tú) PORT. IT. Tu. (chap. Tú; tú mateix.)

Claire, Clara;  Anduse, Anduze, Anduza

2. Te, pron. pers. m. et f. 2° pers. sing., lat. te, te, toi, à toi.
Rég. dir. Per so, te prec, tu, c' o as en poder.
Arnaud de Marueil: Bel m' es lo.
Pour cela, je te prie, toi, qui cela as en pouvoir.
Rég. indir. El te mostra doas vias.
(chap. Ell te mostre (amostre) dos víes : camins.)
P. Cardinal: Jhesum Crist.
Il te montre deux voies.
- Avec Meteis, explétif.
Ama ton pruesme coma te meteis. V. et Vert. Vol 56.
(chap. Ama a ton (al teu) prójimo com a tú mateix.)
Aime ton prochain comme toi-même.
CAT. ESP. PORT. IT. Te. (chap. Te; tú.)

3. Ti, pron. pers. m. et f. 2e pers. sing., lat. tibi, te, toi, à toi.
Rég. dir. Cel ti delivrara de tota maladia. V. de S. Honorat.
Celui-là te délivrera de toute maladie.
Rég. indir. Merce ti clam, lai no m' acus !  
Marcabrus ou B. de Ventadour: Pus mos.
Merci je te crie, hélas ne m'accuse pas !
Darai ti un comptat. V. de S. Honorat.
(chap. Te donaré (daré) un condat.)
Je té donnerai un comté.
ANC. FR. Car tout ce mal m'est advenu par ty.
Œuvres d'Alain Chartier, p. 536.
La voyelle de Te et de Ti s'élidait devant un mot commençant par une voyelle:
T' en vai, chanso, ves Anduza de cors.
(chap. Vesten, cansó, cap a Anduza de correguda - corrén.)
Deudes de Prades: Ben ai' amors.
Va-t'en, chanson, vers Anduse à la course.
ESP. PORT. IT. Ti. (chap. Te; a tú.)

4. T, pron. pers., contraction de Te ou de Ti; se plaçait toujours comme affixe, après les mots terminés par une voyelle.
Voyez la Grammaire romane, p. 187.
P. Cardinal: Jhesum Crist. 
Si avant la mort tu ne te corriges pas.
Tal que per sen no t valria. 
Hugues de Saint-Cyr: Messonget.
Tel qui pour sens ne te vaudrait.

martes, 4 de agosto de 2026

Tot, Tota, Totalitat, Trastot, Trastota

Tot, pron. indéf. m., lat. totus, tout.
Voyez la Grammaire romane, p. 252.
Sing. suj. Dona, si us platz, aiatz humilitat
De mi que sui totz el vostre poder.
Arnaud de Marueil: Tot quant. 
Dame, s'il vous plaît, ayez indulgence de moi qui suis tout au votre pouvoir.

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Totz hom qui ben comensa e ben finis,
Lonha de si blasm', e reten lauzor.
G. Figueiras: Totz hom.
Tout homme qui bien commence et bien finit, éloigne de soi blâme, et retient louange.
Sing. rég. Aissi m podetz traynar longamen,
E de mon cor, qu' avetz tot, un pauc rendre.
Peyrols: Ben dei chantar. 
Ainsi vous me pouvez trainer longuement, et de mon coeur, que vous avez tout, un peu rendre.
Tot l' an mi ten Amors de tal faisso.
Perdigon: Tot l' an. 
Tout l'an me tient Amour de telle façon.
Plur. suj. D' amor son totz mos cossiriers.
Raimond de Miravals: D' amor son.
D'amour sont tous mes pensers.
Rég. Si totz los gaugz e 'ls bes...
De totas las melhors
Volgues Dieus totz complir
En una solamen.
Pons de Capdueil: Si totz.
Si tous les plaisirs et les biens... de toutes les meilleures voulait Dieu tous accomplir (réunir) en une seulement.
Ama 'l mil tans mais en perdon servir
Qu' els autres totz, don si pogra gauzir.
Pons de Capdueil: Aissi m' es pres.
Il aime mille fois autant davantage gratuitement le servir que les autres tous, dont il pourrait se réjouir.
Subst. A totz fai benestans socor.
Raimond de Miravals: D' amor son.
À tous il fait convenable secours.
Prov. Qui tot vol tenir, tot pert.
(chap. Qui tot (u) vol tindre, tot (u) pert.)
Folquet de Romans: Eu farai.
Qui tout veut tenir, tout perd.
- Absolum. Rien.
Estar ses tot faire.
Bertrand de Born: Mon chant finisc. 
Rester sans rien faire.
- Aucun, nul.
Flor de totz bes, senes totz mals.
Hugues de Saint-Cyr: Bella domna.
Fleur de tous biens sans aucuns maux.
Ses totz enjans e ses falsa entendensa,...
Serai totz temps francx e leyals e fis
Vas vos.
Hugues de la Bachelerie: Ses totz.
Sans nulles tromperies et sans fausse intention,... je serai (en) tout temps franc et loyal et pur vers vous.
- Plur. suj. Tug, Tut, Tuit, Tuich.
Els motz son fag tug per egau.
Le Comte de Poitiers: Pus vezem.
Les mots sont faits tous également.
Bon son tut li mal que m dona.
B. de Ventadour: Bel m' es quan.
Bons sont tous les maux qu'elle me donne.
Tuit sels que m preguan qu' ieu chan.
B. de Ventadour: Tuit sels.
Tous ceux qui me prient que je chante.
Sabrion tuich de cui sui fis amans.
Blacasset: Astrucx.
Sauraient tous de qui je suis fidèle amant.
Loc. Home ric e paure... a la mort son tot un. Liv. de Sydrac, fol. 25.
(chap. Home ric y pobre... a la mort són tot un.)
Homme riche et pauvre... à la mort sont tout un.
L' aurfres e 'l gris e 'l vaire
N' iran ab lo fum tot un.
T. d'Hugues et de Reculaire: Cometre us.
L'orfroi et le gris et le vair s'en iront avec la fumée tout un (tout de même).
Adv. E quant er fatz, tenra 'l cami
Tot dreg a Miravals correns.
P. Durand: D' un sirventes.
Et quand il sera fait, il tiendra le chemin tout droit à Miraval en courant.
A un vilan sui donada
Tot per sa gran manentia.
Cadenet: S' anc fin.
À un vilain je suis donnée totalement pour sa grande richesse.
Adv. comp. Si cum selh que sos companhos
Ve rire, e no sap de que,
Tot atretal vey qu' es de me.
E. Cairels: Si cum selh.
Ainsi comme celui qui ses compagnons voit rire, et ne sait de quoi, tout pareillement je vois qu'il est de moi.
Ab celar creys hom tot dia.
T. de G. Rudel et de Giraud: Giraut.
Avec le celer on croît toujours.
Est cosselh m' a donat Amors,
A cui deman tot jorn secors.
Arnaud de Marueil: Dona genser.
Ce conseil m'a donné Amour, à qui je demande toujours secours.
A totz jorns m' etz plus bel' e plus plazens.
Folquet de Marseille: Tan m' abellis.
À tous jours vous m'êtes plus belle et plus séduisante. 
Totz temps vos amaria,
Si totz temps vivia.
Arnaud de Marueil: Sabers e cortesia.
(En) tout temps je vous aimerais, si (en) tout temps je vivais.
Mas tot lo mens aitant en retendrai.
Folquet de Marseille: S' al cor plagues.
Mais à tout le moins autant j'en retiendrai.
A tot lo premier colp nos a Gautier aucis. Roman de Fierabras, v. 348.
À tout le premier coup il nous a occis Gautier.
Qu' ella de tot no vea lor pessar. Poëme sur Boèce.
Qu'elle du tout ne voie leur pensée.
Per qu' ieu m sui del tot a vos donatz.
Arnaud de Marueil: Aissi cum selh.
C'est pourquoi je me suis du tout (entièrement) donné à vous.
El volra de tot en tot tener la natura d' ome ses peccat.
Liv. de Sydrac, fol. 14.
Il voudra de tout en tout tenir la nature d'homme sans péché.
Irai per tot acaptan
De cascuna un bel semblan.
Bertrand de Born: Domna puois.
J'irai partout prenant de chacun un beau semblant.
Conj. comp. Tot aissi cum vos deziratz.
Gavaudan le Vieux: Desemparatz.
Tout ainsi comme vous désirez.
Tor en aissi m' es avengut
Que pres e liat e vencut
M' avetz vos et Amors essems.
Amanieu des Escas: Dona per cui.
Tout par ainsi il m'est arrivé que pris et lié et vaincu vous m'avez vous et Amour ensemble.
Tot aital com ieu vueilh e dezire.
B. de Ventadour: Ben m' an.
Tout ainsi comme je veux et désire.
Tot atressi com fortuna de ven.
P. Cardinal: Tot atressi.
Tout pareillement comme fortune de vent.
Tot quant ieu fauc ni dic.
Arnaud de Marueil: Tot quant.
Tout (ce) que je fais et dis.
ANC. FR. Son mantelet et ses drapiaus
Qui n'estoient mie tot noef. Fabl. et cont. anc., t. III, p. 154.
Par toz les ports de mer. Villehardouin, p. 6.
Je te portai
En mes flans neuf mois toz entiers.
Tuit dormirent, ele veilla.
Fabl. et cont. anc., t. III, p. 157, et t. I, p. 194.
E n'erent pas del tut péri. Marie de France, t. II, p. 417.
Que moi et tot le mien metroi
Du tot en tot en ton esgart.
Roman du Renart, t. I, p. 194.
CAT. Tot. ESP. PORT. Todo. IT. Tutto. (chap. Tot, tots.)

2. Tota, pron. indef. f., lat. tota, toute.
Sing. suj.
La familha tota d' August es consumada. Cat. dels apost. de Roma, fol. 12.
Toute la famille d'Auguste est détruite.
Tota domna que m don s' amor.
(chap. Tota dona que me done son amor.)
R. Rigaut: Tota domna.
Toute dame qui me donne son amour.
Rég. Lai tenian per morta tota domna que fassa son drut d' aut baro.
Là ils tenaient pour morte toute dame qui fasse son galant de haut baron.
Fon grans dolors e grans tristeza per tota Espanha.
V. de Folquet de Marseille.
Il fut grande douleur et grande tristesse par toute Espagne.
Plur. suj. Com fazian totas las autras domnas. V. de P. Vidal.
(chap. Com féen (faien) totes les atres dones. Vida de Pere Vidal.)
Comme faisaient toutes les autres dames.
Totas honors e tuig fag benestan
Foron gastat.
Aimeri de Peguilain: Totas.
Toutes honneurs et tous faits convenables furent gâtés.
Subst. Totas li disian d' oc. V. de P. Vidal.
(chap. Totes li díen (dieben) que (de) . Este oc del ocsitá se trobe als dialectes com lo catalá. Vore lo texto del añ 1505.)
Toutes lui disaient de oui.

Loís Alibèrt, occitans, catalan comprès

Rég. Etz humils vas totas autras gens.
La Comtesse de Die: A chantar.
Vous êtes humble envers toutes autres gens.
Entendia en totas las bonas donas que vezia. V. de P. Vidal.
(chap. Se enteníe en totes les bones dones que veíe.)
Il portait affection à toutes les bonnes dames qu'il voyait.
Subst.
Totas las pregava d' amor. V. de P. Vidal.
Toutes il les priait d'amour.
- Aucune, nulle.
Sel que per nos fon pauzatz en la crotz,
E clavellatz ses tota defendensa.
Pujols: Dieus es.
Celui qui par nous fut posé sur la croix, et cloué sans aucune défense.
Adv. Era tota sola en sa cambra. V. de P. Vidal.
Elle était toute seule dans sa chambre.
Adv. comp. Gart lo tot' ora de carn grassa.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Préserve-le toute heure (sans cesse) de chair grasse.
Pretz mais tota via
Honor e pretz qu' aunida manentia.
B. Arnaud de Montcuc: Ancmais.
Je prise davantage toujours honneur et mérite que richesse honnie.
Larc e gran
Vos troba hom tota sazo.
Gaubert, Moine de Puicibot: Per amor.
Libéral et grand on vous trouve (en) toute saison.
Totas sazos, tro qu' a vos sui vengutz.
Cadenet: S' ieu pogues.
(En) toutes saisons, jusqu'à ce qu'à vous je suis venu.
Ges erguelhs totas vetz non es bos.
Giraud le Roux: Ara sabrai.
Point orgueil toujours n'est bon.
Conj. comp. Totas las vegadas 
Que m mandava a se.
G. Pierre de Cazals: D' una. 
Toutes les fois qu'elle me mandait à soi.
CAT. Tota. ESP. PORT. Toda. IT. Tutta. (chap. Tota, totes.)

3. Totalitat, s. f., totalité.
Terra es en repaus en sa totalitat. Eluc. de las propr., fol. 156.
(chap. La terra está en repós en sa totalidat.)
La terre est en repos en sa totalité.
CAT. Totalitat. ESP. Totalidad. PORT. Totalidade. IT. Totalità. (chap. Totalidat, totalidats.)

4. Trastot, pron. indéf., tout, entier.
Sing. suj. Obezir es trastotz mos coratges.
Giraud de Calanson: El mon.
Obeir est toute ma volonté.
Rég. Per dir e far trastot faich benestan.
Arnaud de Marueil: Aissi cum.
Pour dire et faire tout fait convenable.
Plur. rég. 
Amors es caps de trastotz autres bes.
(chap. Amor es cap de tots los atres bens.)
Pons de Capdueil: Astrucx es.
Amour est chef de tous autres biens.
- Plur. suj. Trastut, Trastuit, Trastuich.
Subst. Per lui aurien trastut redemcio. Poëme sur Boèce.
Pour lui auraient tous rédemption.
ANC. FR.
Sis baronz de France fist trestoz asembler. Roman de Rou, v. 1435.

5. Trastota, pron. ind. f., toute, entière.
Sing. suj.
Quan la lenha fon trastota consumada. V. de S. Honorat. 
(chap. Cuan la lleña estabe tota consumida - cremada.)
Quand le bois fut tout consumé.
Subst. Amors es com miega perduda,
Cant es trastota d' una part.
Amanieu des Escas: Dona per cui.
Amour est comme moitié perdu, quand il est tout d'un côté.
Plur. suj.
Trastotas las terras que eran apendens
Al comte de Tholosa.
Guillaume de Tudela.
Toutes les terres qui étaient appartenantes au comte de Toulouse.

Aiguaiva, foguera, hoguera, Aguaviva