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lunes, 9 de octubre de 2023

Pierre, Peire; d' Alvernha, Alverne, Auvergne (1130 - 1190)

Pierre, Peire; d' Alvernha, Alverne, Auvergne

Pierre, Peire; d' Alvernha, Alverne, Auvergne

 

En estiu quan crida 'l jais,

E reviu per mieg los plais

Jovens ab la flor que nais,

Adoncs es ben dregz qu' om lais

Fals' amor enguanairitz

Ab volpilhos acropitz.


Li sordeior e 'ls savais

An lo mielhs e 'l meinhs del fais,

Pauc so prezon qui s n' irais;

Amarai, pus non puesc mais,

Que de tal amor sui guitz

Don sai que serai trahitz.


Pres ai estat en caslar,

Ab so que no y aus estar

Empero non puesc mudar;

De mos enemicx no 'l guar,

Qu' en auta roca es bastitz,

E ja non er assalhitz.


Si 'l portiers me vol jurar

Qu' autrui no i laisses intrar,

Segurs pogra guerreyar;

Mas al sagrament passar

Tem que serai escarnitz,

Que mil vetz en sui falhitz.


Lai sui plevitz e juratz

Qu' ieu non am vas autre latz,

Mas d' aisso es grans pechatz,

Qu' ieu am e no sui amatz;

Totz temps ai fag plaitz e ditz,

Per qu' ieu sui gent acuillitz.


Adoncx dey querre solatz

De que sia mais prezatz,

Quar en tal hora fui natz

Qu' anc non puec amar en patz;

E platz me quar sui issitz

De la terra on fui noiritz.


Amia m lais dieus trobar

On ja no m puesca fizar,

Et, on plus la 'n tenrai car,

Que pens de mi enguanar.

Adoncx mi tenc per guaritz,

Quan mi ment tot quan me ditz.


Assatz a que cavalguar

Qui autra la vol sercar,

Qu' en tan col cels clau la mar,

Non pot hom gaire trobar

Que non sion camjairitz

O ves drutz o ves maritz.

Totz temps deu esser marritz 

Qui d' aital amor es guitz.

//

https://fr.wikipedia.org/wiki/Peire_d%27Alvernha

Peire d’Alvernha est un troubadour (né vers 1130 et décédé vers 1190, actif de 1149 à 1170) dont 21 ou 24 œuvres en occitan nous sont parvenues. Originaire d'Auvergne, il a parcouru toutes les grandes cours des territoires occitans et espagnols.

Son style, le trobar clus, est souvent ésotérique et complexe.

Il est le premier troubadour mentionné par son nom dans la Divine comédie de Dante.

D’après sa vida, Peire était le fils d’un bourgeois du diocèse de Clermont. Comme attesté également dans sa vida, sa popularité fut grande durant sa vie et même après. On le disait bel homme, charmant, sage et instruit, et voyagea en Espagne. Durant son séjour en Espagne il fut présent à la cour d’Alphonse VII de León et Castille et de son fils Sanche III de Castille en 1157–1158. L’auteur de sa vida considère ses poèmes comme étant les meilleurs jusqu’à Giraut de Bornelh et ses mélodies comme étant les meilleures de tous les temps. Le biographe anonyme note que ses informations sur les dernières années de Peire lui viennent de Robert Dauphin. Il a été suggéré que celui-ci soit l’auteur de sa vida.

D’après l’autre troubadour Bernart Marti, Peire était entré jeune dans la vie religieuse, mais avait quitté les Ordres pour une vie de ménestrel itinérant. Il se peut qu’il soit la même personne que le Petrus d'Alvengue et le Petrus de Alvernia qui apparaissent dans les documents retrouvés à Montpellier datés de 1148. Il semblerait que Peire a eu les faveurs de la famille régnante de la couronne d'Aragon, et ses poèmes contiennent des allusions aux comtes de Barcelone et de Provence. Il a peut-être suivi la mode des seigneurs de Montpellier de l’époque qui, en tant que vassaux du Comte de Toulouse, étaient en faveur de l’Aragon. Au même moment, Peire gagna le support de Raymond V de Toulouse. Durant ses errances, il se peut qu’il ait passé du temps à Courtezon, à la cour de Raimbaut d'Orange, noble et troubadour.

Peire vécut jusqu’à un âge avancé (60), et fit pénitence avant sa mort.

Œuvres:

Elles ont été composées entre 1149 et 1170 en ancien occitan.

Peire écrivit principalement des cansos qui, ainsi qu’il est indiqué dans sa vida, étaient appelées vers à cette époque. Il inventa également la
«chanson pieuse» et écrivit 6 poèmes de ce type parlant des thèmes sérieux de la religion, de la piété, et de la spiritualité. Même dans ses œuvres plus profanes, on peut détecter l’influence moralisatrice de Marcabru, avec qui il a pu être en relation dans ses dernières années. Une des dernières chansons de Marcabru est une satire d’une des premières de Peire d’Alvernhe. La complexité de Marcabru fut également transmise à Peire.

L'œuvre de loin la plus célèbre de Peire d’Alvernhe est Chantarai d'aquest trobadors, un sirventès écrit à Puivert (Puoich-vert) dans lequel il ridiculise 12 troubadours contemporains et fait son propre éloge. Il a été conjecturé que cette pièce fut d’abord représentée en présence des 12 poètes ridiculisés, à la fin de l’été 1170 tandis qu’une ambassade menant Aliénor d'Angleterre, la fille d’Henri II d'Angleterre, à son promis espagnol Alphonse VIII de Castille, séjournait à Puivert. Le Moine de Montaudon (Pierre de Vic) composa plus tard une parodie da la satire de Peire, Pos Peire d'Alvernhl a chantat.

Chantarai d'aquest trobadors est considéré presque universellement aujourd’hui comme une pièce parodique et pas comme une critique littéraire ou artistique sérieuse. L’obscurité de la plupart des poètes ridiculisés et l’attaque de caractéristiques personnelles comme l’apparence et les manières a accrédité l’idée que la parodie ait été faite en présence des 12 victimes, accréditant d’autant plus le fait que ça ait été une parodie amiable. Au-delà des critiques sur la personne, beaucoup de critiques lancées par Peire portant sur les œuvres, notamment celles de Bernard de Ventadour et Raimbaut d'Orange.

La vida de Peire le dépeint comme un chanteur accompli et le meilleur compositeur d’alors de mélodies pour vers. Le fameux Chantarai d'aquest trobadors contient une tornada finale indiquant sa nature musicale, bien que sa propre mélodie n’ait pas survécu.

Seules 2 mélodies de Peire nous sont parvenues : l’une pour Chantarai d'aquest trobadors, une canso, et l’autre pour sa tenson. Les notations modernes de chacune sont fournies par Aubrey, La musique des troubadours.

Globalement, la musique de Peire est davantage mélismatique que la musique typique des troubadours, et elle mime le style trobar clus de ses paroles.


martes, 28 de mayo de 2024

Mazan, Masan - Remediar


Mazan, Masan, s. m., tapage, tintamarre, bruit, murmure.

Il crit e il masan

Que il corn e las trombas fan.

Pierre de Bergerac: Bel m'es cant.

Les cris et les tintamarres que les cors et les trompettes font.

Manel Riu Fillat; Mazan, Masan, s. m., tapage, tintamarre, bruit, murmure.

En breu veirem qual mais poiran 

Sofrir lo maltrach e 'l mazan.

Bertrand de Born: Guerra e trebalh.

Dans peu nous verrons lesquels pourront davantage supporter la fatigue et le tapage.

Manjar ab mazan

De viol' e de chan.

Bertrand de Born: Mon chan fenisc.

Manger au bruit de viole et de chant.

Al avinen mazan

Que fan entr' els l' auzelh.

G. Pierre de Casals: Al avinen.

A l' avenant tapage que font entre eux les oiseaux.

M' agrada l' aura e 'l temps e 'l mes

E 'l gaps e 'l ris e 'l jois e 'l chans

E 'l douz mazans 

Que creis quan s'aizina 'l matis.

Giraud de Borneil: Quan creis la. 

M' agrée l'aure et le temps et le mois et la plaisanterie et le ris et la joie et le chant et le doux murmure qui s'accroît quand le matin se déploie.


Mazelh, Mazel, Mazell, s. m., lat. macellum, boucherie.

Voyez Denina, t. II, p. 286. 

Lo despezon plus menudament que hom no fay carn a mazell.

Lo buou que hom enten menar al mazel engraissa hom.

V. et Vert., fol. 25 et 76.

Le dépècent plus menu qu'on ne fait chair à boucherie.

On engraisse le boeuf qu'on entend conduire à la boucherie.

ANC. FR. Laquelle femme le supliant trouva en la boucherie, ou macel. Lett. de rém. de 1460. Carpentier, t. II, col. 1102.

Caboche, escorcheur de vasches au maisiel S. Jacques.

Monstrelet, t. 1., fol. 165. 

IT. Macello.

- Carnage.

A Bezers fezets faire 

Mout estranh mazelh.

G. Figueiras: Sirventes vuelh.

A Béziers vous fîtes faire moult étrange boucherie. 

ANC. FR. N'oï l'om mai si fort mazel. 

B. de Sainte-Maure, Chron. de Norm., fol. 127.

- Boucher.

Liatz a la coza d'un taur,

Degr' esser frustratz pel mazel.

P. Vidal: Pois ubert.

Lié à la queue d'un taureau, il devrait être dépecé par le boucher.

2. Mazelier, Mazeller, s. m., lat. macellarius, boucher. 

Desembre penh hom aissi 

A manieira de mazelier.

Brev. d'amor, fol. 48. 

Décembre on peint ainsi à manière de boucher.

ANC. FR. La bale des machecliers, lequele li macheclier meismes tiennent. 

Et li machecliers qu'il ne puist wagnier au pourchiel tuer ke six deniers.

Tit. de 1274. Carpentier, t. II, col. 1101. 

IT. Macellaio.

- Bourreau.

Quant hom la menava al martire, mot de malvada gen la seguia... dels quals la deffendia Bazilides, lo mazelier.

Cat. dels apost. de Roma, fol. 22.

Quand on la menait au martyre, moult de mauvaise gent la suivait... desquels la défendait Basilides, le bourreau.

3. Mazellar, v., tuer, égorger, assommer. 

Om mielhs non mazella 

Autrui porc.

P. Cardinal: Un sirventes.

On n' égorge pas mieux le porc d'autrui. 

Cocha e mazelh' e trenca.

Rambaud d'Orange: Ar s'espan. 

Poursuit et tue et tranche.

ANC. FR. Les autres les recevoient sur leurs picques et sur leurs bastons, et là, les machecloient sur leurs picques très inhumainement.

Monstrelet, t. 1, fol. 265.

ANC. PORT. Mazellando se en seus coraçoens. 

Chron. de D. P. de Menezes. Elucidario, t. II, p. 125.

IT. Macellare.

(chap. Verdugo, matarife.) 


Me, pr. pers. m. et f., 1re pers. sing., lat. me, je, moi, me, à moi.

Suj. Mon escudier e me 

Avem cor e talen.

B. de Ventadour: Pus mi preiatz.

Mon écuyer et moi avons courage et désir. 

S' auzes dire quar me fos 

Un ser lai on se desvestis.

Arnaud de Marueil: Belh m'es. Var. 

Si j' osasse dire afin que je fusse un soir là où elle se déshabille.

Rég. dir. Saluderon me francamen.

Le Comte de Poitiers: En Alvernhe.

Saluèrent moi franchement.

Molt am selieys que m'a conquis, 

Et elha, me.

P. Rogiers: Entr' ira e joy.

Moult j'aime celle qui m'a conquis, et elle, moi.

Rég. ind. A manjar me deron capos.

(chap. A (de) minjá me van doná capons.)

Le Comte de Poitiers: En Alvernhe.

A manger à moi donnèrent chapons. 

Autre ris me sembla plorar.

Rambaud d'Orange: Ab nou cor. 

Autre rire à moi semble pleurer. 

CAT. (catalán inventado: em) ESP. PORT. IT. Me. (chap. Me.)

2. Mi, pr. pers. m. et f., 1re pers. sing., lat. mihi, je, moi, me, à moi.

Suj. No sai on vauc ni d'on mi venc.

(chap. No sé aón vach ni d' aón (me) vinc o ving.)

Arnaud de Marueil: Dona genser.

Je ne sais où je vais ni d'où je viens.

S' ieu auzes dir quar mi fos

Un ser lai on se devestis.

Arnaud de Marueil: Belh m' es lo. 

Si j' osasse dire afin que je fusse un soir là où elle se déshabille. 

Rég. dir. Si mi ten pres s' amors e m' enliama.

B. de Ventadour: Ben m'an perdut.

Tellement son amour tient moi prisonnier et me lie.

Ors ni leos non etz vos ges,

Que m' aucizatz, s' a vos mi ren.

B. de Ventadour: Non es meravelha.

Ours ni lion vous n'êtes point, que vous me tuiez, si à vous je me rends.

Rég. ind.

Platz mi fort que ieu d' amor vos vensa.

La Comtesse de Die: A chantar m'er. 

Il plaît à moi fort que je vous vainque en amour. 

El mon non ai amic que tan mi vailla. 

B. de Ventadour: Per mielhs. 

Au monde je n'ai ami qui tant à moi vaille. 

ANC. FR. Tout mi sui donné. 

Auboins de Sézane. Ess. sur la mus., t. II, p. 156. 

Mes bras li tendi, 

Si la très vers mi. 

Jean Errars. Ess. sur la mus., t. II, p. 188. 

Bien mi devroit mon servise mérir. 

Simon d' Athies. Ess. sur la mus., t. II, p. 158. 

CAT. ESP. (mí) PORT. IT. Mi. (chap. Mí. A La Llitera se diu per a yo, y no per a mí.)

3. Mei, Mey, pr. pers. m. et f., 1re pers. sing. rég., moi. 

Cum s' agues fait son drut de mey.

P. Rogiers: Per far esbaudir.

Comme si elle eût fait son galant de moi. 

Trobar vos cug, domna, latz mei.

Arnaud de Marueil: Dona genser. 

Je crois vous trouver, dame, à côté de moi. 

ANC. FR. Mei atendirent li pechéor que il perdissent mei. 

E entendit à mei.

Anc. trad. du Psaut. de Corbie, ps. 118 et 76.

4. M, pr. pers., contraction de me ou de mi; se plaçait toujours, comme affixe, après les mots terminés par une voyelle.

Voyez la Grammaire romane, p. 187.

Suj. Si be m ri ni m chan.

P. Raimond de Toulouse: Enquera. 

Si bien je ris et je chante. 

Rég. dir. Si trop grans afars no m rete. 

P. Rogiers: Tant ai mon cor. 

Si trop grande affaire ne retient moi. 

Rég. ind. Que m fos datz, a rescos, 

En baizan, guizardos.

B. de Ventadour: Lo gens temps. 

Que à moi fut donnée, en cachette, en embrassant, une récompense. ANC. FR. Va, ça m viendra peut-estre.

Th. Corneille, le Festin de Pierre. 

ANC. ESP. E da m grand soldada.

Arcipreste de Hita, cap. 1001.

(chap. fica 'm o fícam; dixa 'm o díxam.) 

Meat, s. m., lat. meatus, canal, ouverture, passage.

Entro al meat de la vergua.

En lo meat del prepuci.

Trad. d'Albucasis, fol. 39 et 30.

Jusqu'au canal de la verge.

Dans l' ouverture du prépuce.

ESP. PORT. IT. Meato.


Mec, adj., triste.

Auzels que son mec 

Per lo freg temps.

Alegret: Ara pareisson.

Oiseaux qui sont tristes par le froid temps.


Meca, Mecha, s. f., du lat. myxus, mèche.

Papiri es jonc apte a far mecas per ardre. 

Eluc. de las propr., fol. 218. 

Le papyrus est jonc apte à faire mèches pour brûler. 

Si col cera e mecha e 'l fuocx d' entre issentz, 

Cestas tres res essemble son us ciris ardens. 

Pierre de Corbiac: El nom de. 

Ainsi comme la cire et la mèche, et le feu d'entre (elles) sortant, ces trois choses ensemble sont un cierge allumé.

- Tente, terme de chirurgie.

Una meca de drap de li.

Cove que tu pauses meca en quascun trauc.

Trad. d'Albucasis, fol. 17 et 24. 

Une tente de drap de lin.

Il convient que tu poses tente dans chaque trou. 

CAT. Mexta (metxa). ESP. PORT. Mecha. IT. Miccia. 

(chap. Mecha, meches; mechero, mecheros.)

Mechero, mecha

Mechanic, adj., lat. mechanicus, mécanique. 

A semblansa de sciencia o art mechanica.

Eluc. de las propr., fol. 105. 

A ressemblance de science ou art mécanique.

- Terme d'anatomie. 

Algunas venas ditas mechanicas. Eluc. de las propr., fol. 54.

Quelques veines dites mécaniques.

- Substantiv. Mécanicien.

En la pensa del maestre mechanic.

Eluc. de las propr., fol. 105. 

En la pensée du maître mécanicien.

CAT. Mecanic. ESP. (Mecánico) PORT. Mecanico. IT. Meccanico.

(chap. Mecánic, mecanics, mecánica, mecániques.)


Medecina, Medicina, s. f., lat. medicina, médecine, remède.

En fan ganre de medecinas. Liv. de Sydrac, fol. 47.

En font beaucoup de médecines.

Non pot suffrir que metges y toque, e tota medicina li torna en veri.

V. et Vert., fol. 8. 

Ne peut souffrir que médecin y touche, et tout remède lui tourne en venin. 

Fig. D' angels es don' e regina, 

E de peccadors medecina.

Passio de Maria.

Des anges elle est dame et reine, et de pécheurs remède.

Peccat es mot greu malautia, e la confessio es sa medecina.

V. et Vert., fol. 68. 

Le péché est moult griève maladie, et la confession est son remède.

- Art de la médecine. 

Dis li si saupra medecina. V. de S. Honorat.

Lui demande s'il saura la médecine. 

CAT. ESP. PORT. IT. Medicina. (chap. Medissina, medissines.)

2. Medecinal, Medicinal, adj., lat. medicinalis, médicinal. 

Suc d' api ...

Es mot medicinals enguens.

Brev. d'amor, fol. 50. 

Suc d'ache... est moult médicinal onguent. 

Herbas medicinals et aromaticas. Eluc. de las propr., fol. 248. 

(chap. Herbes medissinals y aromátiques.)

Herbes médicinales et aromatiques. 

Subst. Deuria anar al lavador,

Que ns es verays medecinals.

Marcabrus: Pax in nomine. 

Devrait aller au lavoir, qui nous est vrai remède. 

CAT. ESP. PORT. Medicinal. IT. Medicinale. 

(chap. Medissinal, medissinals.)

3. Medecinar, Medicinar, v., médeciner, médicamenter, panser, traiter.

Si l' us membres es nafratz, totz los autres li ajudon a medecinar et a garir. V. et Vert., fol. 57. 

Si l'un membre est blessé, tous les autres lui aident à se traiter et à guérir. 

Part. pas. subst. Util... als medicinatz. Eluc. de las propr., fol. 77.

Utile... aux médicamentés.

ANC. FR. Dont il se fist médeciner.

Nouv. rec. de fables et cont. anc., t. II, p. 139.

Pour guérir et médeciner les navrés. Monstrelet, t. II, fol. 52.

CAT. ESP. (medicar) PORT. Medicinar. IT. Medicinare. 

(chap. Medissiná, medicá, doná medissines.)

4. Medicament, s. m., lat. medicamentum, médicament, remède.

Fort medicament.

So utils per far medicament.

Eluc. de las propr., fol. 233. 

Fort médicament. 

Sont utiles pour faire médicament. 

CAT. Medicament. ESP. PORT. IT. Medicamento. 

(chap. Medicamén, medicamens.)

5. Medicacio, s. f., lat. medicatio, médication, traitement.

No aprofieyta la tua medicacio.

(chap. No aprofite la teua medicassió.)

En la hora de la tua medicacio.

Trad. d'Albucasis, fol. 4 et 48.

Ne profite pas la tienne médication. 

A l'heure du tien traitement.

IT. Medicazione. (ESP. Medicación. Chap. Medicassió, medicassions.)

6. Mediquar, Medegar, v., lat. medicari, médeciner, médicamenter, traiter.

No mediquetz malautia mala, per so que mals metges no siatz nomnatz.

Trad. d'Albucasis, fol. 1.

Ne traitez pas mauvaise maladie, afin que vous ne soyez pas nommés mauvais médecins. 

CAT. ANC. ESP. PORT. Medicar. IT. Medicare. (chap. Medicá: medico, mediques, medique, mediquem o medicam, mediquéu o medicáu, mediquen; medicat, medicats, medicada, medicades.)

7. Metzina, Mezina, s. f., remède, médecine, philtre.

Aus, tu que donas mezinas,

E que jutjas las orinas.

(chap. Sens (escoltes), tú que dones medissines y que jusgues les orines. Metzina, mezina tamé pot sé veneno, filtro, possió, etc.)

Metzina, Mezina, s. f., remède, médecine, philtre.

P. Cardinal: Jhesum Crist.

Entends, toi qui donnes remèdes, et qui juges les urines.

Laurador terras sensals tenen, 

Festas obran, e mezinas crezen.

Raimond de Castelnau: Mon sirventes. 

Laboureurs tenant terres à cens, aux fêtes travaillant, et aux philtres croyant. 

Fig. Per vos tot lo cor mi dol,

E non puesc trobar metzina.

G. Rudel: Quan lo rius. 

Par vous tout le coeur me fait mal, et je ne peux trouver remède.

So qu' a amor es veraya mezina.

Guillaume de Berguedan: Quan vey lo. 

Ce qui à l'amour est véritable médecine.

PORT. Mezinha.

8. Mezinar, v., médeciner, médicamenter, traiter.

E 'l mal don sui guaritz 

No m qual ja mezinar.

Giraud de Borneil: Per solatz. 

Et le mal dont je suis guéri ne me faut désormais médicamenter.

Anc hom no vi metge de son joven..., 

Per que sap mielhs mezinar e plus gen. 

Aimeri de Peguilain: En aquelh temps. 

Oncques on ne vit médecin de son mérite..., c'est pourquoi il sait mieux médeciner et plus gentiment.

Part. pas. Seran ben mezinat siey amic.

Aimeri de Peguilain: En aquelh temps. 

Seront bien médecinés ses amis.

ANC. CAT. Metzinar. PORT. Mezinhar.

9. Metge, Mege, s. m., lat. medicus, médecin.

Ipocras, so ai auzit dir, 

Ditz que metges non deu falhir 

De nulh cosselh qu' om li deman. 

P. Raimond de Toulouse: Enquera m vai. 

Hippocrate, cela j'ai ouï dire, dit que médecin ne doit faillir à nul conseil qu'on lui demande.

Bos metges es qui m pot guerir.

Le Comte de Poitiers: Farai un vers. 

Bon médecin est qui peut me guérir. 

Fig. Metge dels coratges dels homes. Trad. de Bède, fol. 79.

Médecin des coeurs des hommes. 

Prov. Metges si deu garir primeirament. Trad. de Bède, fol. 79. 

Médecin doit se guérir premièrement. 

Adjectiv. Que tu prengas una femna metga. Trad. d'Albucasis, fol. 32. Que tu prennes une femme médecin. 

ANC. ESP. Aristobulus, un mege, era bien conocido. 

Poema de Alexandro, cop. 2086. 

CAT. Metge. ESP. MOD. (Médico) PORT. IT. Medico. (chap. Meche, meches : dotó, doctó, dotós, doctós; mechesa, mecheses : doctora, dotora, doctores, dotores.)

10. Metgia, s. f., art de la médecine.

Aquest metges sap de metgia tan.

(chap. Este meche sap tan de medissina.)

Aimeri de Peguilain: En aquelh temps. 

Ce médecin sait tant de médecine.

- Médicament, potion.

Mas per metgias ni per artz 

Que fezesson.

(chap. Pero per possions ni per artifissis que faigueren.)

V. de S. Énimie, fol. 8. 

Mais pour potions ni pour artifices qu'ils fissent. 

ANC. CAT. Metgia.

11. Metgar, Metgiar, v., médeciner, médicamenter, traiter.

Fes lo metgar entro que fon gueritz. V. de Pierre Vidal. 

Le fit traiter jusqu'à ce qu'il fut guéri. 

Al bon metge, maiestre Frederic, 

Di, Metgia, que de metgiar no s tric. 

Aimeri de Peguilain: En aquelh temps. 

Au bon médecin, maître Frédéric, dis, Médecine, que de médeciner il ne se tarde. 

ANC. CAT. Metjar.

12. Remedi, Remezi, s. m., lat. remedium, remède, médicament.

Que sapia guerir la malautia, e que sapia pauzar bon remedi.

V. et Vert., fol. 68. 

Qu'il sache guérir la maladie, et qu'il sache appliquer bon remède. 

Fig. Aisso es remezi contra totas temptacios de totz peccatz.

Ceci est remède contre toutes tentations de tous péchés.

- Fig. En terme de monnayage.

Se battra d'aur fin al mens a XXIII cayratz e miech, inclus lo remedi. 

Tit. de 1424. Hist. de Lang., t. IV, pr., col. 424. 

Se battra d'or fin au moins à vingt-trois carats et demi, joint le remède. ANC. CAT. Remedi. ESP. PORT. IT. Remedio. (chap. Remey, remeys o remei, remeis.)

13. Remediar, v., lat. remediare, remédier, porter remède.

Per art de surgia hom deu remediar. Eluc. de las propr., fol. 81. 

Par art de chirurgie on doit remédier. 

Sus aiso far remediar. Tit. de 1391. Bailliage de Sisteron.

Sur ceci faire remédier. 

CAT. ESP. PORT. Remediar. IT. Rimediare. (chap. Remediá: remedio, remedies, remedie, remediem o remediam, remediéu o remediáu, remedien; remediat, remediats, remediada, remediades; Remedios.)

viernes, 20 de octubre de 2023

L. Pus Peyre d' Alvernhe a chantat

L.


Pus Peyre d' Alvernhe a chantat 

Dels trobadors qu' en son passat, 

Chantarai a mon escien

D' aquels que pueissas an trobat;

E no m' aion ges cor irat,

S' ieu lor malvatz fatz lur repren.


Lo premiers es de Sanh Desdier

Guillems que chanta voluntier,

Et a chantat mot avinen;

Mas, quar son desirier non quier,

Non pot aver nulh bon mestier,

Et es d' avol aculhimen.


Lo segons de Sanh Antoni

Vescoms qu' anc d' amor non jauzi,

Ni no fes bon comensamen,

Que la primeyra 'l a tray;

Et anc pueis re non li queri,

Siei huelh nueg e jorn ploran s' en.


E lo ters es de Carcasses

Miravals que fai motz cortes,

E dona son castel soven;

E no y estai l' an ges un mes,

Et ancmais kalendas no y pres;

Per que no i ha dan qu' il se pren.


Lo quartz Peirols, us alvernhatz

Qu' a trent' ans us vestirs portatz,

Et es pus secs de lenh' arden,

Et es sos chantars peiuratz;

Qu' anc, pus si fon enbaguassatz

A Clarmon, no fes chan valen.


E 'l cinques es Gaucelms Fayditz

Que es de drut tornatz maritz

De lieys que sol anar seguen;

Non auzim pueis voutas ni critz,

Ni anc sos chans no fon auzitz,

Mas d' Uzercha entro qu' Agen.


E 'l seizes Guilems Azemars,

C' anc no fo pus malvatz joglars;

Et a pres manh vielh vestimen,

E fai de tal loc sos chantars

Don non es a sos trenta pars;

E vey l' ades paubr' e sufren.


Ab Arnaut Daniel son set,

Qu' a sa vida ben non cantet

Mas uns fols motz qu' om non enten;

Pus la lebre ab lo buou casset,

E contra suberna nadet,

No valc sos chans un aguillen.


En Tremoleta 'l catalas

Qui fai sos sos leuetz e plas,

E sos cantars es de nien,

E peinh sos peills cum s' er' auras;

Ben a trent' ans que for' albas,

Si no fos lo negrezimen


E 'l noves N Arnautz de Maruelh,

Qu' ades lo vey d' avol escuelh;

E si dons non a chauzimen,

E fay o mal, quar no l' acuelh;

Qu' ades claman merce siei huelh,

On plus canta l' aigua 'n dissen.


Salh de Scola es lo dezes

Que de joglar s' es faitz borges

A Brajairac o compr' e ven;

E quant a vendut son arnes,

El s' en va pueis en Narbones

Ab un fals cantars per prezen.


L' onzes es Guiraudetz lo Ros

Que sol vieure d' autrui chansos;

Es enoios a tota gen,

Mas quar cuiava esser pros, 

Si se partic dels filhs N Anfos 

Que l' avian fag de nien.


E lo dotzes es en Folquetz

De Marcelha, us mercadairetz;

Et a fag un fol sagramen

Quan juret que chanso no fetz;

Perjur nos an say dig pro vetz

Que s perjuret son essien.


E lo trezes es mos vezis

Guillems lo marques mos cozis,

E non vuelh dire mon talen;

Car ab los seus chantars frairis

S' es totz peiuratz lo mesquis,

Et es viells ab barba et ab gren.


Peire Vidals es dels derriers

Que non a sos membres entiers;

Et agra l' obs lenga d' argen

Al vilan qu' er uns pelliciers;

Que anc, pus si fetz cavaliers,

Non ac pueys membransa ni sen.


Guilhems de Ribas lo quinzes

Qu' es de totz fatz menutz apres,

E canta voluntiers non jen;

E percassa s fort, s' il valgues,

Car nulh tems no 'l vim bel arnes,

Ans vieu ses grat e paubramen.


Ab lo sezesme n' i aura pro

Lo fals Monge de Montaudo

Qu' ab totz tensona e conten;

Et a laissat dieu per baco,

E quar anc fetz vers ni canso, 

Degra l' om tost levar al ven.


Lo vers fe 'l monges, e dis lo

A Caussada primeiramen,

E trames lo part Lobeo

A 'N Bernat son cors per prezen.


Le Moine de Montaudon.