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miércoles, 26 de agosto de 2026

Vaudes, Baudes (Vaud, Suiza)

Vaudes, Baudes, s. m., vaudois, sorte d'hérétique.
An de plaitz cort establida,
Et es Vaudes qui 'ls ne desvia.
P. Cardinal: Ab votz d' angel.
Ont de plaids cour établie, et est vaudois qui les en détourne.
Ja no fora crezens heretje ni baudes,
Si agues bon pastor que lur contradisses.
Izarn: Diguas me tu.
Jamais croyant ne serait hérétique ni vaudois, s'il avait bon pasteur qui leur contredit.
(ESP. Chap. Valdense, valdenses, del Vaud, Suiza.)

Valdense, valdenses, Pedro Valdo


Poésies des Vaudois.

Si l' on rejetait l' opinion de l' existence d' une langue romane primitive, c' est-à-dire d' un idiôme intermédiaire qui, par la décomposition de la langue des Romains, et l' établissement d' un nouveau système grammatical, a fourni le type commun d' après lequel se sont successivement modifiés les divers idiômes de l' Europe latine, il serait difficile d' expliquer comment, dans les vallées du Piémont, un peuple séparé des autres par ses opinions religieuses, par ses mœurs, et sur-tout par sa pauvreté, a parlé la langue romane à une époque très ancienne et s' en est servi pour conserver et transmettre la tradition de ses dogmes religieux; circonstance qui atteste la haute antiquité de cet idiôme dans le pays que ce peuple habitait.
Le poëme de La nobla leyczon (: Leyçon) porte la date de l' an 1100. (1)
La secte religieuse des Vaudois est donc beaucoup plus ancienne qu' on ne l' a cru généralement.
Bossuet a dit de leur doctrine: “Lorsqu' ils se sont séparés, ils n' avaient que très peu de dogmes contraires aux nôtres, ou peut-être point du tout.”
(1) Ben ha MIL E CENT ancz compli entierament
Que fo scripta l' ora car sen al derier temps. (a:
Bien a mille et cent ans accomplis entièrement
Que fut écrite l' heure que nous sommes au dernier temps.)

Lux lucet in tenebris; Vaud, Vaudois, Vaudes, Baudes



“Conrad, abbé d' Usperg, qui a vu de près les Vaudois, a écrit que le pape Lucius (1: Lucius fut pape de 1181 à 1185.) les mit au nombre des hérétiques, à cause de quelques dogmes ou observances superstitieuses.” (2: Bossuet, Histoire des variations, liv. XI.)
Claude de Seyssel, archevêque de Turin, a déclaré que leur vie et leurs moeurs ont toujours été irréprochables parmi les hommes, et qu' ils observaient de tout leur pouvoir les commandements de Dieu.
Et Bossuet, en condamnant la Doctrine des Vaudois, a parlé de leurs mœurs en ces termes: “On me demandera peut-être ce que je crois de la vie des Vaudois, que Renier a tant vantée; j' en croirai tout ce qu' on voudra, et plus, si l' on veut; car le démon ne se soucie pas par où il tienne les hommes... Il ne faut donc pas s' étonner de la régularité apparente de leurs mœurs, puisque c' était une partie de la séduction contre laquelle nous avons été prémunis par tant d' avertissements de l' évangile.”
Quant aux livres des Vaudois, voici ce qu' en dit Bossuet:
“Au surplus, nous pourrions parler de l' âge de ces livres vaudois et des altérations qu' on y pourrait avoir faites, si on nous avait indiqué quelque bibliothèque connue où on les pût voir. Jusqu' à ce qu' on ait donné au public cette instruction nécessaire, nous ne pouvons que nous étonner de ce qu' on nous produit comme authentiques des livres qui n' ont été vus que de Perrin seul, puisque ni Aubertin, ni La Roque ne les citent que sur sa foi, sans nous dire seulement qu' il les aient jamais maniés.”
Bossuet s' exprimait ainsi en 1688, année où il publia son Histoire des variations: cependant deux ouvrages imprimés avaient indiqué les bibliothèques où se trouvaient les livres des Vaudois (1) en original.
(1) Dès 1658, Samuel Morland, dans son History of the evangelical churches of the valleys of Piemont, London, fol., avait fait imprimer le catalogue des manuscrits dont il s' était servi pour cet ouvrage, manuscrits qu' il avait déposés à la bibliothèque de l' université de Cambridge en août 1658. (a: Morland, introd.)
En 1669, Jean Léger, transcrivant, dans son Histoire générale des églises évangéliques des vallées du Piémont, Leyde, 1669 in-fol., des vers du poëme de La nobla leyczon, dit:
“Extrait d' un traité intitulé La nobla leyczon, daté de l' an 1100, qui se trouve tout entier dans un livre de parchemin, écrit à la main, en vieille lettre gothique, dont se sont trouvés deux exemplaires, l' un desquels se conserve à Cambridge, et l' autre en la bibliothèque de Genève.” (b: Léger, Hist. génér., p. 26.)
Outre ce poëme et autres qui y sont joints, la bibliothèque de Genève avait alors en dépôt divers manuscrits vaudois, ainsi que le prouve l' attestation suivante de M. Gérard, alors bibliothécaire de Genève, insérée dans l' histoire de Léger. (c: Léger, Hist. génér., p. 23.)
“Je soussigné déclare avoir reçu des mains de M. Léger, ci-devant pasteur ès vallées, i° un livre de parchemin manuscrit in-8°, contenant plusieurs traités de la doctrine des anciens Vaudois, en leur propre langue; 2° une liasse de plusieurs autres manuscrits, etc. que je conserve en la bibliothèque de cette cité, pour y avoir recours au besoin; en foi de quoi, etc., à Genève, le 10 novembre 1662, signé Gérard, pasteur du collége et bibliothécaire.”

La lecture des poésies religieuses que je publie, donnera une idée suffisante de leurs dogmes.
Quant à l' idiôme dans lequel elles sont écrites, on se convaincra que le dialecte vaudois est identiquement la langue romane; les légères modifications (1) qu' on y remarque, quand on le compare à la langue des troubadours, reçoivent des explications qui deviennent de nouvelles preuves de l' identité.

(1) Je crois convenable d' offrir le tableau des principales modifications.
Changements de voyelles.
O pour U.
Vaudois. Roman. Vaudois. Roman.
seo seu greos greus
vio viu breo breu
caitio caitiu deorian deurian
O pour A.
volrio volria
Voyelles ajoutées a la fin du mot, A, I et O.
sencza senz illi ill
aquisti aquist aiuto aiut, etc.
Suppresion de consonnes finales.
bonta bontat ma mas
verita veritat ca car, etc.
(N. E. Como ocurre en la lengua italiana, toscana, etc.)

Changement ou suppression de consonnes finales,
changement de voyelles finales dans les verbes.
Je place dans un seul tableau les modifications relatives aux verbes:
Infinitif. Vaudois. Roman.
Part. Passé. forma, salva format, salvat
compli complit
offendu, agu offendut, agut
Indicatif.
Présent.
3.e pers. Sing. po pot
1re pers. Plur. aman, sen, aven, deven amam, sem, avem, devem
2.e anna, vene annatz, venetz
3.e pon podon
Prétérit simple.
3.e pers. Sing. peche, manje pechet, manjet
Futur.
3.e pers. Sing. sere, penre, venre sera, penra, venra
1re pers. Plur. tenren, iren tenrem, irem
2.e sere, aure seretz, auretz
3.e seren, murren serem, murrem
Conditionnel.
1re pers. Plur. aurian, segrian auriam, segriam
Subjonctif.
Présent.
1re pers. Plur. faczan poisam, faczam, etc.

Il me reste à parler des manuscrits des ouvrages en dialecte vaudois.
Samuel Morland (1: Samuel Morland avait été l' envoyé de Cromwel (Cromwell) auprès du duc de Savoie.) avait déposé en 1658 à la bibliothèque de l' université de Cambridge plusieurs manuscrits dont le catalogue est au commencement de son histoire.
Ces manuscrits intéressants ne s' y trouvent plus depuis plusieurs années.
La bibliothèque de Genève possède trois manuscrits vaudois. Celui qui est coté n° 207 contient les poésies religieuses et morales; il m' a fourni les pièces qui sont imprimées de la page 73 à la page 133. (1: J' ai dû au zèle, à la sagacité et à la bienveillance de M. Favre- Bertrand de Genève une copie exacte des pièces que je publie, et quelques renseignements très détaillés et très utiles. Il me tardait d' offrir à ce littérateur distingué l' hommage public de ma juste reconnaissance.)

La nobla leyczon.

La nobla leyczon.

Ce poëme, qui est une histoire abrégée de l' ancien et du nouveau Testament, m' a paru assez important pour être inséré en entier. J' ai conféré le texte du manuscrit de Genève avec celui du manuscrit de Cambridge, publié par Samuel Morland. (2: Je suis porté à croire que le manuscrit de Cambridge avait été fait sur un exemplaire plus ancien que celui qui a servi pour la copie du manuscrit de Genève; dans le manuscrit de Cambridge on lit AU, avec, venant d' AB roman, et dans celui de Genève on lit CUM au lieu d' AU.)
La date de l' an 1100 qu' on lit dans ce poëme mérite toute confiance. Les personnes qui l' examineront avec attention jugeront que le manuscrit n' a pas été interpolé; les successeurs des anciens Vaudois, ni les dissidents de l' église romaine qui auraient voulu s' autoriser des opinions contenues dans ce poëme, n' auraient eu aucun intérêt à faire des changements; et s' ils avaient osé en faire, ces changements auraient bien moins porté sur la date du poëme que sur le fond des matières qu' il traite, pour les accommoder à leurs propres systèmes dogmatiques. Enfin le style même de l' ouvrage, la forme des vers, la concordance des deux manuscrits, le genre des variantes qu' ils présentent, tout se réunit en faveur de l' authenticité de ces poésies; M. Sennebier jugeait que le manuscrit de Genève est du XIIe siècle.

La barca.

C' est un poëme sur le Miserere et sur la brièveté de la vie; il contient trois cent trente-six vers; j' en rapporte quelques-uns.

Lo novel sermon.

Il contient quatre cent huit vers. Ceux que je publie donnent une idée du genre de ce poëme, qui est en grands vers. J' en cite des fragments considérables.

Lo novel confort.

Ce poëme est en stances de quatre vers qui riment toujours ensemble.

Lo payre eternal.

Il est en grands vers et divisé en stances de trois vers qui riment toujours ensemble.

Lo despreczi del mont.

Le poëme du mépris du monde ne contient que cent quinze vers.
Il ne se trouvait pas dans les manuscrits de Cambridge.


L' avangeli de li quatre semencz.

Cette pièce est de trois cents vers divisés en stances de quatre vers qui riment ensemble; elle ne se trouvait pas dans les manuscrits de Cambridge.
J. Léger aurait pu appliquer à tous ces divers poëmes ce qu' il dit spécialement de La nobla leyczon dans son Histoire des églises vaudoises, pag. 30: “Et ces sages Barbes ont voulu mettre en main de leurs peuples ce divin trésor en cette forme de rime ou de poésie en leur langue, pour en rendre la lecture plus agréable, et à ce que la jeunesse le pût plus facilement imprimer en sa mémoire.”
Je n' ai pas cru nécessaire de rapporter des fragments en prose des ouvrages dogmatiques des Vaudois (1); le traité de l'Ante-Christ porte la date de 1126. (1: Perrin, histoire des Vaudois, dans les ouvrages de Samuel Morland, de Jean Léger, etc.
La bibliothèque de Grenoble possède un manuscrit de la traduction du Nouveau-Testament en dialecte vaudois; la parabole de l' Enfant Prodigue, tirée de ce manuscrit, a été publiée par M. Champellion Figeac, dans ses Recherches sur les différents patois de la France.)

sábado, 11 de julio de 2026

Taparel, Tapin, Tapi, Tapit, Tapinozis, Tara, Tardar, Tarzar, Tart, Tard

Taparel, s. m., battoir, bâton.
Ab 1 gran tros de taparel. Leys d'amors, fol. 39.
Avec un grand morceau de battoir.

Dos jovens li demanen consell a Salomón, la un de cóm pot sé volgut, l´atre de cóm té que tratá a la seua dona malcreguda; al primé li respón que vullgue y al atre que vaigue al pon de la Oca.

Tapin, Tapi, Tapit, adj., caché, obscur.
Voyez Leibnitz, Coll. étym., p. 65.
Fo dessus cuberta per art tapina.
Mais n' agro li garso e gens tapina.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 7.
Fut dessus couverte par art caché.
Davantage en eurent les valets et la gent obscure.
Adv. comp. En Alvernhe, part Lemozi,
M' en aniey totz sols a tapi.
Le Comte de Poitiers: En Alvernhe.
En Auvergne, au delà de Limousin, je m'en allai tout seul en tapinois.
S' en anet a tapit en Fransa. Cat. dels apost. de Roma, fol. 154.
S'en alla en tapinois en France.
IT. Tapino. (ESP. De tapadillo, a hurtadillas, a escondidas.)

Loís Alibèrt, occitans, catalan comprès

Tapinozis, s. f., lat. tapinosis, tapinose, figure de rhétorique.
Tapinosis est contra dignitatem rei magnae humilis expositio, ut est: Marcido dies sole pallet. Diomed. part. de orat., lib. II, col. 445. Ed. Putsch.
Es tapinozis humilitatz o abaysshamens, so es cant hom pronuncia, nomna o apela alquna cauza gran per nom bas et humils. Leys d'amors, fol. 108.
La tapinose est humilité ou abaissement, c'est-à-dire quand on prononce, nomme ou appelle aucune chose grande par nom bas et humble.

Tapit, Tapi, s. m., lat. tapetem, tapis, tapisserie.
Non volia sus son liech tapitz e cubertors. V. de S. Honorat.
Ne voulait pas sur son lit tapis et couvertures.
Sus 1 tapit de seda se son asetiatz. Guillaume de Tudela.
Sur un tapis de soie ils se sont assis.
- Souquenille.
Ai! cum fora dreitz pelegris,
Si ja mos fustz ni mos tapis
Fos pels sieus belhs huels remiratz.
G. Rudel: Lanquan li jorn.
Hélas! comme je serais droit pélerin, si jamais mon bâton et ma souquenille par les siens beaux yeux était regardé.
ANC. CAT. Tapis. ESP. PORT. Tapiz. IT. Tappeto. (chap. Tapís, tapissos; tapet, tapets; tapissería, tapisseríes. Entapissat, entapissats Also, de Tortosa.)

Tara, s. f., tare, déduction d'un certain poids, déchet, défalcation.
Voyez Muratori, Diss. 33.
La potaria, per XII e miech de tara per quintal.
Tit. de 1438. Hist. de Nîmes, t. III, pr., p. 258.
La poterie, pour douze et demi de tare par quintal.
Tara dels floris del conte de Savoia.
(chap. Tara dels florins del comte o conde de Saboya.)
Tarif des monnaies en provençal.
Tare des florins du comte de Savoie.
CAT. ESP. PORT. IT. Tara. (chap. Tara, tares; pes, pesos.)

Tardar, Tarzar, v., lat. tardare, tarder, retarder, prolonger.
Aras no m' en puosc plus tardar
D' un novel sirventes faire.
Raimond de Miraval: Aras.
Maintenant je ne m'en puis plus tarder d'un nouveau sirvente faire.
Qui pogues tarzar la mort
Un jorn o dos que non vengues.
Giraud de Borneil: Ben es.
Qui pourrait retarder la mort un jour ou deux qu'elle ne vint.
Se tarzaven tan
Li comt' e ill duc e ill rei e li princi.
Bertrand de Born: Ara sai eu.
Se retardaient tant les comtes et les ducs et les rois et les princes.
Si be' l tarda no s' en desesper ges.
Guillaume de Saint-Didier: Aissi cum.
Quoiqu'il tarde qu'il ne s'en désespère point.
Part. prés. subst.
Que li tarzan no s mesclon ab l' arden.
Ozils de Cadartz: Assatz es.
Que les retardants ne se mêlent pas avec les ardents.
Part. pas.
Trop val meyns dos quant es trop tarzatz.
Lanfranc Cigala: Si mos chants.
Beaucoup moins vaut don quand il est beaucoup retardé.
Substantiv. Sens e tardatz
Adui pretz e 'l dona.
Giraud de Borneil: La flors.
Sens et prolongation amène mérite et le donne.
CAT. ESP. PORT. Tardar. IT. Tardare. (chap. Tardá : tardo, tardes, tarde, tardem o tardam, tardéu o tardáu, tarden; tardat, tardats, tardada, tardades; tardaré; tardaría; si yo tardara. Retardá, retrasá, arretrasá, prolongá, prorrogá.)

2. Tart, Tard, adj., lat. tardus, tard, tardif.
L' us es bos, l' autre mals, l' us tart, l' autre correns.
Pierre de Corbiac: El nom de.
L'un est bon, l'autre méchant, l'un tardif, l'autre courant. 
Loc. Farai chanso tal que, quant er apreza,
A quadaun sera tart que guerrey.
Bertrand de Born: Pus li baron.
Je ferai chanson telle que, quand elle sera apprise, il sera tard (tardera) à chacun qu'il guerroye.
Tant li es de vos vezer tard.
Hugues de Saint-Cyr: Bella donna.
Tant il lui est tard (tarde) de vous voir.
Adv. Tant me ve e tart mi ditz.
G. Rudel: Pro ai del.
Tard elle me vient et tard elle me dit.
Adv. comp. Anc pois Dieus tart ni ab ora
No cre volgues vostr' onransa.
Torcafols: Comunals.
Oncques depuis je ne crois pas que tard ni à bonne heure Dieu voulût votre honneur.
Tart o temps...
De cobezeia ns planton ort.
Gavaudan le Vieux: Patz passien.
Tard ou temps (tôt ou tard)... nous plantent jardin de convoitise.
Pos es privatz a tart s' en fug.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Après qu'il est apprivoisé à tard (difficilement) il s'enfuit.
Los bes d' amor venon a tart.
P. Cardinal: Ben tenh.
Les biens d'amour viennent à tard (tardivement).
ANC. FR. 
A tart vous en repentirés
Quant lor malice sentirés.
Roman de la Rose, v. 16845.
Qui m'aime bien, à tart m'oblie.
Nouv. rec. de fabl. et cont. anc., t. II, p. 154.
E 'l votz dels auzels son' e tint
Ab doutz accort matin e tart.
A. Daniel: Ar vei vermeils.
Et la voix des oiseaux résonne et retentit avec doux accord matin et soir.
Non vieuria o tost o tart. Liv. de Sydrac, fol. 40.
Ne vivrait ou tôt ou tard.
CAT. Tard. ESP. PORT. Tardo, tarde. IT. Tardo, tardi. (chap. Tart.)

3. Tarda, s. f., retard, délai.
En mans locx val mais tarda que cocha.
G. Olivier d'Arles, Coblas triadas.
En maints lieux vaut davantage retard que presse.

4. Tardor, s. f., lat. tardor, retard.
Loc. El pros coms, can o saup, non o mes en tardor. Guillaume de Tudela.
Le preux comte, quand il le sut, ne le mit pas en retard.
CAT. Tarda.

5. Tarzansa, s. f., retard.
No s cuion qu' el fassa tal tarzansa.
B. Zorgi: Non laissarai.
Qu'ils ne se pensent qu'il fasse tel retard.
CAT. Tardansa. ESP. Tardanza. PORT. Tardança. IT. Tardanza. (chap. Tardansa, tardanses; retrás, retrasos.)

6. Tarditat, s. f., lat. tarditatem, lenteur, retard.
Am... tranquilitat e tarditat. Trad. d'Albucasis, fol. 50.
Avec... tranquillité et lenteur.
IT. Tardità, tarditate, tarditade. (chap. Lentitut, lentituts.)

7. Tardeza, s. f., lenteur.
Sa tardeza significa freuleza. Eluc. de las propr., fol. 54.
Sa lenteur signifie faiblesse.
IT. Tardezza.

8. Tardament, Tarzament, s. m., retard.
Pois que tardament i es.
En demora, so es en tarzament.
(chap. En demora, aixó es en tardamén : retart : retrás.)
Trad. du Code de Justinien, fol. 50 et 7.
Puisque retard y est.
En demeure, c'est-à-dire en retard.
ANC. FR.
Quoique hasté, long n'est le tardement.
Luc de la Porte, trad. des Odes d'Horace, liv. 1, p. 31.
IT. Tardamento. (chap. Tardamén, tardamens.)

9. Tardiu, adj., tardif, lent.
Li plus tardiu. Trad. de Bède, fol. 83.
Les plus tardifs.
Las semensas tardivas.
(chap. Les llaós tardanes.)
Hist. de la Bible en provençal, fol. 26.
Les semences tardives.
Fig. De dir ver tardius e vergonhos.
G. Riquier: Jamais non.
De dire vers lent et honteux.
ESP. (tardío) PORT. Tardio. IT. Tardivo. (chap. Préssec tardá, mullareros tardans, sirera tardana com la garrofal, sireres tardanes.)

A vore si trobes lo mullarero:

10. Tardios, adj., tardif, lent.
Lo celariers del mostier... no sia tardios.
Trad. de la règle de S. Benoît, fol. 16.
Que le célérier du monastère... ne soit pas lent.

11. Tardier, Tarzier, adj., lent.
Es mot tardiers a far sa voluntat. V. et Vert., fol. 54.
Il est moult lent à faire sa volonté.
Que o demostres en obras, que no y sias tarziers.
Izarn: Diguas me tu.
Que tu le démontres en oeuvres, que tu n'y sois pas lent.

12. Destardar, Destarzar, Detardar, v., retarder, reculer, tarder.
Ylh la m destarza, e yeu l' enans.
(chap. Ella me la retrase, y yo la abanso, adelanto. Guillermo de San Gregori, nit y día.)
Guillaume de Saint-Gregori: Nueyt e jorn.
Elle me la retarde, et je l'avance.
Part. pas. Moltas guerras l' avian retardat.
(chap. Moltes guerres l'habíen retardat, arretrasat retrasat.)
Cat. dels apost. de Roma, fol. 172.
De nombreuses guerres l'avaient retardé.
Fig. Enansatz ai sos enans
E destarzatz totz sos dans. 
Raimond de Miraval: Aissi cum es.
J'ai avancé ses avantages et reculé tous ses dommages.

13. Destart, s. m., retard. 
S' oimais mi pren negus destartz.
Giraud de Borneil: Quan lo.
Si désormais me prend nul retard.
14. Retardamen, s. m. retardement, retard, délai.
Per lo retardamen. Leys d'amors, fol. 9.
(chap. Per lo retardamén.)
Pour le retardement.
Retardamen de la paga. Tit. de 1310. DOAT, t. XV, col. 224.
(chap. Retardamén de la paga. Lo chapurriau del añ 1310 se entén mol be.)
Retard du paiement.
PORT. Retardamento. IT. Ritardamento. (chap. Retardamén, retardamens.)

15. Retardatiu, adj., retardatif, propre à retarder.
De movement es retardativa. Eluc. de las propr., fol. 25.
(chap. De movimén es retardativa. Retardatiu, retardatius, retardativa, retardatives.)
De mouvement elle est retardative.

Dictios retardivas o mots retardius. Leys d'amors, fol. 8.
Expressions retardives ou mots retardifs.

17. Retardar, v., retarder.
Sillabas retardivas, quar vezetz que retardon la votz e la pronunciacio.
Leys d'amors, fol. 8.
Syllabes retardives, car vous voyez qu'elles retardent la voix et la prononciation.
CAT. ESP. PORT. Retardar. IT. Ritardare. (chap. Retardá : retardo, retardes, retarde, retardem o retardam, retardéu o retardáu, retarden; retardat, retardats, retardada, retardades; retardaré; retardaría; si yo retardara.)

18. Sobretarzar, adj., sur-retarder, retarder beaucoup.
Part. pas. M' es lor acors
Sobretarzatz.
Giraud de Borneil: Alegrar me.
M'est leur accord sur-retardé.
Quant es sobretarzatz.
Palais: Adreit.
Quand il est sur-retardé.

viernes, 10 de julio de 2026

Tabernacle, Tabor, Tanbor, Tamborin, Taborejar, Taboreiar, Tabust, Tabustol, Talabust, Tabustire, Tabustar

T, s. m., vingtième lettre de l'alphabet, et la seizième des consonnes, t.
Tres letras del abc..., 
A, m, t.
Cadenet: Amors.
Trois lettres de l'abc..., A, M, T.

Tabernacle, s. m., lat. tabernaculum, tente, pavillon.
Anavo pels camps desertz, et habitavo en lors tabernacles.
(chap. Anaben pels cams deserts, y habitaben als seus tabernaculs : tendes, pabellons.)
Eluc. de las propr., fol. 167.
Allaient par les champs déserts, et habitaient en leurs tentes.
- Tabernacle.
L' autar de Dieu e 'l tabernacle que fes Moysen el desert. V. et Vert., fol. 26.
(chap. L'altá de Deu y 'l tabernácul que va fé Moisés o Moissés al desert.)  
L'autel de Dieu et le tabernacle que fit Moïse au désert.
Qu' ieu deia el tabernacle intrar. Trad. d'un Évang. apocr.
Que je doive au tabernacle entrer.
CAT. Tabernacle. ESP. PORT. Tabernáculo. IT. Tabernacolo. (chap. Tabernácul, tabernaculs. No confondre en tindre tot lo día lo cul assentat a la taberna de Fondespala.)

(chap. Tabernácul, tabernaculs. No confondre en tindre tot lo día lo cul assentat a la taberna de Fondespala.)


Tabor, Tanbor, s. m., de l'arabe tambor, tambour, caisse.
Voyez Mayans, Orig. de la leng. esp., t. II, p. 243; Denina, t. III, p. 79.
Trompas, tabors, seinheras e penos.
Bertrand de Born: Miez sirventes.
Trompettes, tambours, bannières et guidons.
Li corn e las trompas e 'ls cimbols e 'lh tabor. Guillaume de Tudela.
Les cors et les trompes et les cymbales et les tambours.
Viulas, dansas e tanbors.
Un Troubadour Anonyme: Seinor vos que.
Violes, danses et tambours.
ANC. FR. Son tabor sone et eles saillent. Roman du Renart, t. III, p. 223.
Les nacaires, les tabours et les cors sarrazinois. Joinville, p. 34.
CAT. ESP. PORT. Tambor. IT. Tamburo. (chap. Tabal, tabals; tambor, tambors; si es mes gros: bombo, bombos; tabalina, tabalines; v. atabalá, atabalás : yo me atabalo, atabales, atabale, atabalem o atabalam, atabaléu o atabaláu, atabalen; atabalat, atabalats, atabalada, atabalades; atabalaré; atabalaría; si yo me atabalara.)

Tabal, tabals; tambor, tambors; si es mes gros: bombo, bombos

2. Tamborin s. m., joueur de tambourin.
Pagat als tres menestriers, so es tamborins.
Tit. de 1536. Mand. des Cons. de Marseille. Mercure de Fr., septembre, 1738.
Payé aux trois ménétriers, c'est-à-dire (aux) joueurs de tambourin.
IT. Tamburino. (chap. Tamborín es una classe de tabal, com lo mallorquí. Una tamborinada es un cop fort, una caiguda forta; tamborinades.)

Tamborín es una classe de tabal, com lo mallorquí

3. Taborejar, Taboreiar, v., tambouriner, tourmenter.
Ben parlar, e jocx partir,
Taborejar
E taulejar.
Giraud de Calanson: Fadet joglar.
Bien parler, et faire des jeux-partis, tambouriner et jouer de castagnettes. 
ANC. FR. Il tambure et je sifflerai.
Fabl. et cont. anc., t. 1, p. 121.
Prendra un tabor
De quoi ele ira taborant.
Roman du Renart, t. III, p. 360.
4. Tabornar, v., frapper, tourmenter.
Fig. Est pessamens me destrenh e m taborna. 
G. Riquier: No m sai.
Cette pensée m'étreint et me tourmente.

Tabust, s. m., bruit, vacarme, agitation, trouble. 
Adoncs fo grans la noisa e lo tabust
De monges, de canorgues, de clercs menutz.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 89.
Alors fut grande la noise et le vacarme de moines, de chanoines, de clercs menus.
Loc. Pus N Adam culhic del fust
Lo pom don tug em en tabust.
Guillaume de Cabestaing: Ar vey qu' em. 
Depuis que le seigneur Adam cueillit de l'arbre la pomme dont nous sommes tous en trouble.
ANC. FR.
Je n'ay point peur de ses ribleurs de nuict
Ne du tabut qui tant le monde nuyct.
Cretin, p. 211.
Les séculiers qui sont dans le tracas et tabus du monde.
Camus de Belley, Diversités, t. 1, fol. 402.

2. Tabustol, s. m., bruit, tracasserie.
Tot suau, ses tot tabustol, en 1 lieg que trobet aisinat, elh se va metre tot vestit. Philomena.
Tout doucement, sans nul bruit, en un lit qu'il trouva préparé, il va se mettre tout vêtu.
ANC. CAT. Tabustol.

3. Talabust, s. m., bruit, vacarme, tapage.
Un vaisel plat, nou, de bel fust,
Que sel non mena talabust.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Un vaisseau plat, neuf, de beau bois, vu que celui-là ne mène pas de bruit.

4. Tabustire, s. m., vacarme, bourrade
Al premier tabustire
Que fetz Caym, so avetz auzit dire.
P. Cardinal: Atressi cum per.
À la première bourrade que fit Caïn, cela vous avez ouï dire.

5. Tabustar, Tabussar, v., frapper, heurter, tarabuster.
Un bosson
Que noit e jorn tabusta sus el mur d' environ.
Guillaume de Tudela.
Un bélier qui nuit et jour frappe sur le mur d'alentour.
Tabussa a la porta. Lo novel Confort.
(chap. Toque a la porta : fa soroll : cride o quirde : pique al picaport.)

picaport, collóns, ous

Frappe à la porte.
Fig. Bertrans totz sos vezis tabusta. Leys d'amors, fol. 129.
Bertrand tous ses voisins tarabuste. 
ANC. FR. Coquins, si vous me tabustez icy, je vous couperai la teste à trestous. 
Rabelais, liv. II, ch. 18. 
Et le froid désespoir à nos portes tabutte. Du Bartas, p. 482.
IT. Tambussare.

miércoles, 8 de julio de 2026

Succar, Sucar, Sucquar; Suççura; Sufferre, Suffrir, Soffrir, Sufrir, Sofrir

Succar, Sucar, Sucquar, v., sucer, absorber.
Sucquar per succio temprada.
Succa per bona succacio.
Pausa.. coto viel per que sucque aquo que yeys.
Trad. d'Albucasis, fol. 55, 18 et 42.
Sucer par succion modérée.
Suce par bon sucement.
Pose... coton vieux pour qu'il absorbe ce qui sort.
Si que dels codols e de las peyras duras sap succar oli e mel.
V. et Vert., fol. 52.
De sorte que des cailloux et des pierres dures il sait sucer huile et miel.
Part. prés. Sucans et atyrans aygas. Eluc. de las propr., fol. 158.
Sucant et attirant eaux.
CAT. Sucar. IT. Succiare. (chap. Chuclá, chupá : chuclo, chucles, chucle, chuclem o chuclam, chucléu o chucláu, chuclen; chuclat, chuclats, chuclada, chuclades; chuclaré; chuclaría; si yo chuclara. Yo chupo, chupes, chupe, chupem o chupam, chupéu o chupáu, chupen; chupat, chupats, chupada, chupades; chuparé; chuparía; si yo chupara. Vore sucá, de suc)

Chuclá, chupá : chuclo, chucles, chucle, chuclem o chuclam, chucléu o chucláu, chuclen; chuclat, chuclats, chuclada, chuclades; chuclaré; chuclaría; si yo chuclara. Yo chupo, chupes, chupe, chupem o chupam, chupéu o chupáu, chupen; chupat, chupats, chupada, chupades; chuparé; chuparía; si yo chupara.



2. Succio, s. f., succion, sucement, absorption.
Sucquar per succio temprada.
Es possible la succio del loc am ventoza.
Trad. d'Albucasis, fol. 55 et 56.
Sucer par succion modérée.
Est possible la succion de la place avec ventouse.
IT. Succio. (chap. sucsió, sucsions; chuclada, chuclades; chupada, chupades.)

3. Succacio, s. f., succion, sucement, absorption.
Succa per bona succacio. Trad. d'Albucasis, fol. 18.
Suce par bon sucement.

Suççura, s. f., lat. susurrus, murmure.
Las suççuras del cor e de la bocca. Doctrine des Vaudois.
Les murmures du coeur et de la bouche.
ANC. FR. Sous l'ombre toujours verd des myrtes amoureux.
Que les tendres zéphyrs animent d'un susurre.
Scévole de Sainte-Marthe, p. 77.
ESP. PORT. IT. Susurro. (chap. Sussurro, sussurros; v. sussurrá: sussurro, sussurres, sussurre, sussurrem o sussurram, sussurréu o sussurráu, sussurren; sussurrat, sussurrats, sussurrada, sussurrades; sussurraré; sussurraría; si yo sussurrara; v. murmurá : rossegá en veu baixa.)

Sufferre, v., lat. sufferre, souffrir, abstenir, empêcher.
Qui sufferre s' en pogues.
Giraud de Borneil: Ops m' agra.
Qui abstenir s'en pourrait.
ANC. CAT. Sofferir, soferir. IT. Sofferire.

2. Suffrir, Soffrir, Sufrir, Sofrir, v., souffrir, endurer, tolérer, supporter, consentir. 
En volh suffrir so qu' autr' om no suffrira.
Pierre de Blai: En est son.
J'en veux souffrir ce qu'autre homme ne souffrira.
Sofrirai so qu' ai sufert ancse.
P. Vidal: Si col paubres.
J'endurerai ce que j'ai enduré toujours.
Fig. Quan Dieus mi fai be,
No el refus ni 'l soan;
E quant al re m' ave,
Ben sai suffrir l' afan.
B. de Ventadour: Pus mi preiatz.
Quand Dieu me fait du bien, je ne le refuse ni le dédaigne; et quand autre chose il m'advient, bien je sais supporter la peine.
Que no puesca soffrir lo fais
Qu' el payres li engenrara.
Brev. d'amor, fol. 131.
Qu'il ne puisse supporter la charge que le père lui engendrera.
- Permettre.
Iran a Dieu, si lor o vol sofrir.
Raimond de Castelnau: Mon sirventes.
Ils iront à Dieu, s'il veut le leur permettre.
Degras mi sofrir c' ieu vos auzes dir
E mostrar ma greu dolor.
P. Bremon Ricas Novas: Ben farai.
Vous devriez me permettre que j'osasse vous dire et montrer ma pénible douleur.
- Retenir, empêcher, abstenir.
No m puesc sufrir d' una leu chanso faire.
P. Raimond de Toulouse: No m puesc.
Je ne me puis retenir d'une légère chanson faire.
Nuls hom no s pot de vos amar sufrir. 
B. de Ventadour: Non es meravelha.
Nul homme ne se peut empêcher de vous aimer.
Cilh que nul temps no n' uzet, sy pot mielhs sufrir de causa que non a acostumada. Liv. de Sydrac, fol. 83.
Celle qui (en) nul temps n'en usa pas, peut mieux s'abstenir de chose qu'elle n'a pas accoutumée.
- Patienter.
Si us voletz, no us falh tensos,
Mas sufretz, e venceres los.
Deudes de Prades: En un sonet.
Si vous voulez, il ne vous manque disputes, mais patientez, et vous les vaincrez.
Prov. Un reprochier ai auzit dir:
Pieger es sofrir que morir.
Amanieu des Escas: Dona per cui.
Un proverbe j'ai entendu dire: Pire est souffrir que mourir.
Loc. Suffrir mort e passio. Brev. d'amor, fol. 169.
Souffrir mort et passion.
Part. prés. Plus suffrens que negus hermitas.
Bernard de Rovenac: Belhs m' es.
Plus patientant que nul ermite.
Qui son d' autrui maritz sufrens.
Marcabrus: Pus mos. Var.
Ces putains ardentes qui sont des maris d'autrui consentantes.
- Subst. En parlant d'un mari trompé.
Maritz que marit fay sofren,
Deu tastar d' atretal sabor.
Pierre d'Auvergne: Belha m' es.
Mari qui mari fait souffrant, doit tâter de pareille saveur.
Part. pas. Non pot esser suffert ni atendut
Qu' ades non chan, pus estius vey tornat.
G. Adhemar: Non pot esser.
Il ne peut être souffert ni attendu qu'incessamment je ne chante, puisque l'été je vois revenu.
Belh senher Dieus, quo pot esser sufrit
Tan estranh dols!
Giraud de Calanson: Belh senher.
Beau seigneur Dieu, comment peut-il être souffert si étrange douleur.
Subst. On plus ab mi dons m' aten
Ni mais la prec, ieu mays y pert,
E meins i truep de bon suffert.
R. Vidal de Bezaudun: En aquel temps.
Où plus je m'affectionne à ma dame ot davantage je la prie, davantage j'y perds, et moins j'y trouve de bonne tolérance.
CAT. ESP. Sufrir. PORT. Soffrer, sofrer. IT. Soffrire. (chap. Patí, soportá, aguantá : patixco o patixgo, patixes, patix, patim, patiu, patixen; patit, patits, patida, patides; patiré; patiría; si yo patira o patiguera.)

3. Sufrensa, Sufransa, Sofrensa, Sofransa, s. f., souffrance, patience, 
privation.
Per razo m deuria valer
Amors e servirs e merces
E sufrensa e bona fes.
Amanieu des Escas: Dona per cuy.
Par raison me devrait valoir amour et le servir et merci et souffrance et bonne foi.
Mon senher no 'l fai be ni sufransa.
T. de G. Riquier et d'Austorc: Senh' En Austorc.
Mon seigneur ne lui fait bien ni privation.
IT. Sofferenza.

4. Sufrimen, Sofrimen, s. m., souffrance, privation.
Plus vos am leyalmen
Ab sufrimen
Qu' el maritz ab jauzir.
Giraud de Calanson: Li mey dezir.
Je vous aime plus loyalement avec privation que le mari avec jouir.
CAT. Sufriment. ESP. Sufrimiento. PORT. Sofrimento. IT. Sofferimento. 
(chap. Patimén, patimens. Si algú diu sufrimén, no es cap castellanisme, perque existix a la llengua antiga.)

5. Suffrire, Sofrire, Sufridor, Sofridor, adj., patient, souffrant, endurant, résigné.
Amors vol qu' ieu sia sofrire.
Folquet de Marseille: Pos entremes.
Amour veut que je sois patient.
M' a fag sofridor 
Manhs jorns.
G. Faidit: Ges no m tuelh.
Il m'a fait endurant maints jours.
Substantiv. Aissi cum bos suffrire.
Arnaud de Marueil: Ses joy.
Ainsi comme bon patient.
CAT. ESP. Sufridor. PORT. Sofredor. IT. Sofferidore, sofferitore. (chap. Patidó, patidós, patidora, patidores; passién, passiens, passienta, passientes.)

6. Sufracha, Sofracha, Sofraicha, Sofraita, s. f., manque, disette, dénuement, pénurie, faute.
Aissi s pert ad estros,
Per sofracha d' omes bos,
Aquest segle ves totz latz.
G. Anelier de Toulouse: Ara farai.
Ainsi se perd entièrement, par disette d'hommes bons, ce monde de tous côtés.
Per sofracha de bes temporals. Liv. de Sydrac, fol. 17.
Par manque de biens temporels.
Fig. Saber no m fai sofracha
De far un novel sirventes.
Bertrand de Born: Guerra e trebalh.
Le savoir ne me fait pas faute pour faire un nouveau sirvente.
Gaubert, Moine de Puicibot: Ar tant no.
Manque de désir.
ANC. FR. Grant soffrete a de pain d'avaine. Roman de la Rose, v. 10198.
Mès de ce ont trop grant souffrete
Qu'il ne se puéent solacier.
Fabl. et cont. anc. t. 1, p. 171.
Car de viande aveient sofreite.
Marie de France, t. II, p. 77.
Con cil qui avoit grant soufraite.
Roman du Renart, t. 1, p. 241.
7. Sofrancha, s. f., manque, disette, faute.
(chap. Té falta de ardimén : corache, valentía.)
Giraud de Borneil: Tals gens.

8. Sofrachilla, s. f., manque, disette, dénuement, pénurie.
Quan ve a la sofrachilla.
Marcabrus: Tan quan.
Quand il vient au dénuement.

9. Sofraitz, s. m., dénuement, disette, faute.
Loc. Nuls bos pretz no l' es en re sofraitz.
E. Cairels: Lo rossinhols.
Nul bon mérite ne lui est (fait) en rien faute.

10. Sofrachos, Sofraitos, Sofraytos, adj., souffreteux, pauvre, privé,  manquant.
Ges los paubres sofrachos
No seran per els sebelitz.
P. Cardinal: Quan vei lo segle.
Point les pauvres souffreteux ne seront par eux ensevelis.
La caytiva doloyrosa,
D' amic e d' aver sofrachosa. 
V. de S. Honorat.
La chétive affligée, d'ami et d'avoir privée.
Fig. Sofraitos de coratge.
Arnaud de Marueil: Razos es.
Manquant de coeur.
Subst. Aitals cortz que no i a sofraytos.
Giraud de Calanson: Belh senher.
Telle cour qu'il n'y a souffreteux.
ANC. FR. Tant fusse d'argent sofreitoz.
Tu ne seras jà sofretos
De rien.
Roman du Renart, t. II, p. 214 et 137.

11. Sofranher, Sofragner, Sofrainher, Sofraingner, v., manquer, faire faute.
Ja vilan non deu hom planher
Si 'l vetz bras o camba franher,
Ni ren de sos obs sofranher.
Bertrand de Born: Mout mi plai.
Jamais vilain ne doit homme plaindre s'il le voit bras ou jambe se casser, ni rien de ses nécessités manquer.
Ren no m sofraing, 
Sol qu' amor no m sofraigna.
Aimeri de Peguilain: En amor trob.
Rien ne me manque, pourvu qu'amour ne me manque pas.
(chap. Faltá, fé falta.)

12. Suffertar, Soffertar, Sofertar, Soffretar, v., supporter, souffrir, tolérer, endurer.
Tot en patz suffertar
So don autre s plangeria.
Raimond de Castelnau: Ges sitot.
Tout en paix souffrir ce dont autre se plaindrait.
Coven li 'l gran mal sofertar.
(chap. Li convé lo gran mal soportá.)
Pons d'Ortafas: Aissi cum la.
Il lui convient le grand mal endurer.
Non puesc pus soffretar l' ardor. 
Un Troubadour Anonyme: Seinor vos que.
Je ne puis plus supporter l'ardeur.
Part. prés. Dieus sufertan, 
Li peccat per home se fan.
Brev. d'amor, fol. 13.
Dieu tolérant, les péchés par hommes se font.
Part. pas. Per nos son tan sufertatz
Los Turcs fals.
Folquet de Romans: Tornatz es.
Par nous sont tant tolérés les Turcs perfides.
ANC. CAT. Sofertar. (chap. soportá: soporto, soportes, soporte, soportem o soportam, soportéu o soportáu, soporten; soportat, soportats, soportada, soportades; soportaré; soportaría; si yo soportara.)

13. Suffertaire, Sufertaire, Sofertaire, Suffertador, Sofertador, adj., souffreteux, patient, endurant, résigné.
Fora plus suffertador si aytals persona se dampnes sola.
V. et Vert., fol. 20.
Il serait plus résigné si pareille personne se damnait seule.
Subst. No m' irais,
Tant sui bos sufertaire.
G. Faidit: Ara cove.
Je ne me fâche pas, tant je suis bon endurant.

14. Soffertable, adj., supportable.
Breus es... pena d' aquest segle e sofertabla. Trad. de Bède, fol. 22.
Courte est... la peine de ce monde et supportable.
(chap. Soportable, soportables; contrari: insoportable, insoportables.)

martes, 2 de junio de 2026

Sol, Sola, Soldar, Consolidar

Sol, s. m., lat. solum, sol, terre.
El grata e fer e mor lo sol. Roman de Jaufre, fol. 84.
Il gratte et frappe et mord le sol.
Mi lais soven plasmar e 'l sol cazer.
G. Faidit: Mout m' enuget.
Je me laisse souvent pâmer et tomber à terre.
Adv. comp. En miey del sol l' a trastornada. V. de S. Honorat.
Au milieu du sol (par terre) il l'a renversée.
En mieg del sol
Era 'l suari e 'l lensol.
Brev. d'amor, fol. 175. 
Au milieu du sol (par terre) était le suaire et le linceul.
CAT. Sol. ESP. Suelo. IT. Suolo. (chap. lo terra, an terra, anterra; al sol del carré, costa aball o en desnivell, al sol del bancal.)
- Sole, plante des pieds.
Loc. Que siatz totz redons del cap tro 'l sol.
T. de R. Gaucelm et de J. Miralhas: Joan.
Que vous soyez tout rond de la tête jusqu'à la sole.

abarca, abarques, albarca, albarques, sola de goma, soles

2. Sola, s. f., sole, plante des pieds.
Tota bestia cornuda ha las solas dels pes fendudas.
(chap. Tota bestia cornuda té les soles (plantes) dels peus (potes) badades, tallades, en un tall.)
Eluc. de las propr., fol. 230.
Toute bête cornue a les soles des pieds fendues.
Loc. Sieus es Arnautz del sim tro en la sola.
A. Daniel: Ans qu' els.
Sien est Arnaud du sommet jusqu'à la plante des pieds.
ANC. FR. Lui chauffèrent si fort et appreinguirent les plantes des piez, que les soles d'iceulx lui en sont cheutes.
Lett. de rém. de 1421. Carpentier, t. III, col. 815.
CAT. Sola. ESP. Suela. PORT. Sola. (chap. Sola, soles del calsé; planta, plantes dels peus.)

3. Solar, s. m., étage.
Cazet d' un haut solars jos.
G. Raimond: N Ots de Buguli.
Il tomba d'un haut étage en bas.

4. Solier, s. m., charpente, plancher, plate-forme.
Ab que metray 
Fuoc al cloquier, a la tor et al solier.
Arnaud de Carcasses: Dins un verdier.
Avec quoi je mettrai le feu au clocher, à la tour et à la charpente.
Un jorn anet juguant per un solier antic,
Los traus son tut romput, et el cay adenant.
V. de S. Honorat.
Un jour il alla jouant sur un plancher antique, les poutres sont toutes rompues, et il tombe en avant.
Ab tan laisso las plassas e los soliers,
Davalen s' en molt tost per escaliers.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 21.
En même temps ils laissent les places et les plates-formes, ils descendent moult vite par les escaliers. 
ANC. FR. En un solier entrèrent, ù il se herbergèrent.
Anc. trad. des Livres des Rois, fol. 11.
Justice en jugement, firmament del solier de lui.
Anc. trad. du Psaut., Ms. n° 1, ps. 96.
Avecq les bains mirificques à triple solier. Rabelais, liv. I, ch. 55.
Du solier suis descendue en la cave.
J. Marot, t. V, p. 45.
ESP. Solero. (chap. Solera, soleres, de hormigó; plataforma, plataformes, de ferro.)

5. Solar, v., consolider, établir.
Part. pas. Perdon so c' auran solat VII ans, en un jorn o en dos.
(chap. Perden lo que haurán consolidat en 7 añs, en un día o en dos.)
R. Vidal de Bezaudun: En aquel temps.
Ils perdent ce qu'ils auront établi (pendant) sept ans, en un jour ou en deux.
ESP. Solar. (consolidar) (chap. consolidá.)

6. Soldar, Soudar, v., lat. solidare, souder, réparer, consolider.
A soudar rompedura. Brev. d'amor, fol. 50.
(chap. (per) A soldá fractura.)
Pour souder fracture.
Part. pas. Que sian soudatz ab estanh.
(chap. Que siguen soldats en estañ.)
Cartulaire de Montpellier, fol. 139.
Qu'ils soient soudés avec étain.
Tant cum sem frait en aquest segle, tant sem soldat en l' altre.
Trad. de Bède, fol. 68.
Autant comme nous sommes brisés dans ce monde, autant nous sommes consolidés dans l'autre.
ANC. FR. Mais soudain que l'hyver... 
Que la face il solide du baltique Neptun.
Du Bartas, p. 136.
CAT. ESP. PORT. Soldar. IT. Sodare. (chap. Soldá: soldo, soldes, solde, soldem o soldam, soldéu o soldáu, solden; soldat, soldats, soldada, soldades; soldaré; soldaría; si me soldare la fractura de la cadera, aniría a ballá una jota, pero com encara no ha soldat, aniré a ballá una sardana o ball sardo, de Cerdeña, Sardeña y varians.)




7. Solidar, v., lat. solidare, affermir, consolider.
Part. pas. En ayssi que sia solidada la palpebra. Trad. d'Albucasis, fol. 17.
Par ainsi que soit consolidée la paupière.
IT. Solidare.

8. Soliditat, s. f., lat. soliditatem, solidité, fermeté.
Terra... es apelada sol, quar ha soliditat.
Eluc. de las propr., fol. 157.
La terre... est appelée sol, parce qu'elle a solidité.
CAT. Soliditat. IT. Solidità, soliditate, soliditade. (chap. Solidés. ESP. Solidez.)

9. Solidatiu, adj., solidatif, propre à rendre solide.
May dezicatius et mens solidatius. Eluc. de las propr., fol. 267.
Plus dessiccatif et moins solidatif.
(chap. Solidatiu, solidatius, solidativa, solidatives : que se solidifique pronte; v. solidificá : solidificatiu, solidificatius, solidificativa, solidificatives; per ejemple, lo ges, alchés, alchez, o lo simén mesclats en aigua; o la gelatina.)

10. Assolar (asolar), v., unir, aplanir, lier, consolider.
Part. pas. fig. I s te molt fort, e molt es asolada en lhuy.
Liv. de Sydrac, fol. 71.
S'y tient moult fortement, et moult est consolidée en lui.
(chap. Assolá, tombá una paret, casa, etc, anterra, enruná, sorsí : assolo en la massola, assoles en les massoles, assole, assolem o assolam, assoléu o assoláu, assolen; assolat, assolats, assolada, assolades. Va fé airegaz o ventolina y vam plegá les olives a solades, ya no ne ñabíe cap a dal.)

Memoria histórica. A Barselona tindrán que retirá lo alumbrat públic de uns cuáns carrés perque va sé instalat en época franquista.

11. Consoldar, v., lat. consolidare, consolider.
Mundifica be e consolda. Rec. de remèdes en provençal.
Purifie bien et consolide.

12. Consolidar, v., lat. consolidare, affermir, consolider.
Part. prés. Medecinas la carn engendrantz e consolidantz. 
Trad. d'Albucasis, fol. 39.
Médecines la chair engendrant et consolidant.
Part. pas. Pulmo... ulcerat...no pot esser consolidat.
Eluc. de las propr., fol. 52.
Poumon... ulcéré... ne peut être consolidé.
Sia curada entro que sia consolidada. Trad. d'Albucasis, fol. 2.
Qu'elle soit soignée jusqu'à ce qu'elle soit consolidée.
CAT. ESP. PORT. Consolidar. IT. Consolidare. (chap. Consolidá : consolido, consolides, consolide, consolidem o consolidam, consolidéu o consolidáu, consoliden; consolidat, consolidats, consolidada, consolidades; consolidaré; consolidaría; si yo consolidara.) 

13. Consolidacio, s. f., lat. consolidatio, consolidation.
La consolidacio de la plagua.
(chap. La consolidassió de la ferida - llaga.)
Cove que aquela consolidacio sia inscidida.
Trad. d'Albucasis, fol. 13 et 39.
La consolidation de la plaie.
Il convient que cette consolidation soit incisée.
CAT. Consolidació. ESP. Consolidación. PORT. Consolidação. IT. Consolidazione. (chap. consolidassió, consolidassions.)

14. Consolidament, s. m., affermissement, consolidation.
Pren planta... consolidament. Eluc. de las propr., fol. 197.
La plante prend... affermissement.
IT. Consolidamento. (chap. Consolidamén, consolidamens; afortimén, afortimens.)

15. Consolidatiu, adj., consolidatif, propre à consolider.
Emplastres consolidatius. 
Medecinas consolidativas.
(chap. Emplaste consolidatiu. Medissines consolidatives.)
Trad. d'Albucasis, fol. 20 et 47.
Emplâtres consolidatifs.
Médecines consolidatives.
Betum... ha virtut atractiva, consolidativa. Eluc. de las propr., fol. 185.
(chap. Lo betún... té virtut atractiva (s'apegue o enganche), consolidativa (fa fort, enfortix).
Le bitume... a vertu attractive, consolidative.
ESP. IT. Consolidativo. (chap. Consolidatiu, consolidatius, consolidativa, consolidatives.)

Sol, s. m., lat. solidum, sou.

Sol, s. m., lat. solidum, sou.
Per dos sols serai meillz accollitz...
Que per cent vers ni per dozenz cansos.
G. Magret: Non valon.
Pour deux sous je serai mieux accueilli... que pour cent vers et pour deux cents chansons.
Quan pot tant donar, costa il mil sol la bera.
Le Dauphin d'Auvergne: Vergoigna aura.
Quand il peut donner autant, lui coûte mille sous la bière.
ANC. FR. Tort lor fait quant lor sols lo tolt.
Roman du Renart, t. IV, p. 296.
Ils font de cent solds quatre livres, et de quatre livres rien.
Contes d'Eutrapel, fol. 50.
CAT. Sol. ESP. Sueldo. PORT. IT. Soldo. (chap. Sou, sous : moneda. Sueldo, sueldos; Jornal, jornals es lo que pagaben en un día (jorn, jornada); salari de sal.)

2. Solta, Souta, s. f., soulte.
Fassa carta de solta o de quittansa.
(chap. Que faigue carta de solta o de quitansa - quitassió, pago, pagamén.)
Tit. de 1270, de la famille Gasc.
Fasse charte de soulte ou de quittance.
Comptatz los fruitz en souta et en paya.
Tit. de 1287. DOAT, t. XI, fol. 26.
Les fruits comptés eu soulte et en paiement.

3. Soltament, s. m., soulte, paiement.
Soltament et quitament de tot.
Tit. de 1309. DOAT, t. XV, fol. 43.
Paiement et acquittement de tout.
(chap. Soltamén, solta, pago o pagamén.)

4. Soldier, s. m., mercenaire, stipendiaire.
Un soldier es logatz a un senhor. L'Arbre de Batalhas, fol. 127.
(chap. Un soldat mersenari es llogat a un siñó.) 
Un stipendiaire est loué à un seigneur.
5. Sout, s. m., solde, soulte.
El sout que pren cobra son gazardo.
Guillaume de Mur: D' un sirventes.
À la soulte qu'il prend il recouvre sa récompense.
Ieu passera, si 'l soutz del rey agues.
R. Gaucelm: Qui vol.
Je passerais, si la solde du roi j'avais.
ESP. Sueldo. (chap. Sueldo, sueldos; soldada, soldades; jornal; salari.)

6. Soldada, Soudada, s. f., solde, salaire, soulte.
Far t' ai donar tals soldadas.
R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.
Je te ferai donner de tels salaires.
Om non lor dara soudada.
Bertrand de Born: Rassa mes.
On ne leur donnera pas de salaire.
ANC. FR. Toutes manières de femmes qui n'ont enfans vont en la bataille avec eulx; aussi bien donnent-il soudées aus femmes comme aus hommes.
Joinville, p. 102.
Quant ireit ses soudées quere.
Marie de France, t. I, p. 408.
CAT. ESP. PORT. Soldada. (chap. Soldada, soldades.)

7. Soldadier, Soudadier, Sodadier, s. m., stipendiaire, mercenaire.
Em sos cavaliers e sos soldadiers. V. et Vert., fol. 56.
Nous sommes ses cavaliers et ses stipendiaires.
Cum sodadier qu' es del tot bezonhos.
Deudes de Prades: Ai! s' ieu.
Comme stipendiaire qui est du tout besogneux.
Desfeiron lor ostz, e deron comjat als soudadiers. V. de Bertrand de Born.
Défirent leurs armées, et donnèrent congé aux stipendiaires.
Ieu estau sai sos paubres soudadiers, 
E 'n lais ma terra.
Aimeri de Belmont: Ja n' er credut.
Je demeure ici son pauvre mercenaire, et j'en laisse ma terre.
- Soudoyer, soudard.
Ges no sap d'Artus tan com ieu fas,
Ni de sa cort on ac man soudadier.
Bertrand de Paris de Rouergue: Guerdo.
Il ne sait point d'Artus autant comme je fais, ni de sa cour où eut (fut) maint soudoyer.
ANC. FR. S' ai retenu maint sodoier... 
O moi remeingniez en soudées.
Roman du Renart, t. 1, p. 75.
Jeo eim le novel soudéer
Eliduc li bon chevaler.
Marie de France, t. I, p. 424.
(chap. Soldat, soldats mersenaris, a sueldo.)

8. Soudadeira, Soudadera, s. f., fille de joie, prostituée.
Pres per molher una soudadeira, que menet ab si lonc temps per cortz.
V. de G. Faidit.
Il prit pour femme une fille de joie, qu'il mena avec soi longtemps dans les cours.

Gaucelm Faidit.

A lei de soudadera e de joglar.
Elias d'Uisel: Lo desirier.
À manière de fille de joie et de jongleur.
(chap. Puta, putes; prostituta, prostitutes; dona a sueldo; escort.)

Puticlub, Venteta, Valdeltormo, Calaceite; Puta, putes; prostituta, prostitutes; dona a sueldo; escort

9. Soldadar, v., solder, payer.
Part. pas. Un cavalier no deu pas, si el es soldadat, acaptar teras (terras) ni vinhas en aquel temps que el es als gatges.
L'Arbre de Batalhas, fol. 93.
Un cavalier ne doit pas, s'il est soldé, acheter terres ni vignes en ce temps qu'il est aux gages.
Subst. Lo soldadat avia pres los gatges per una annada.
L'Arbre de Batalhas, fol. 126.
Le soldé avait pris les gages pour une année.


Lo agüelo y lo Mar. Ernest Hemingway; sol, sols, solet, solets

Sol, s. m., lat. sol, soleil. 
Tan quan lo sols raya.
Pons de Capdueil: Humils e fis.
Autant que le soleil rayonne.
Que l' an cercan... 
D' orient tro 'l sol colguan.
Bertrand de Born: Mon chant.
Que je l'aille cherchant... d'orient jusqu'au soleil couchant.
CAT. ESP. PORT. Sol. IT. Sole. (chap. Sol, sols; solet, solets.)

2. Solelh, Solel, Soleilh, Soleil, s. m., soleil.
Del solelh es esclarzitz lo rays.
B. de Ventadour: Quan la fuelha.
Du soleil est éclairci le rayon.
En luec privat, ab soleil clar.
Deudes de Prades, Auz. cass.
En lieu privé, avec soleil clair.
Fig. Tu yest l' alba del dia
Don lo tieus filhs solelhs es.
P. Cardinal: Vera vergena.
Tu es l'aube du jour dont le tien fils est soleil.
Loc. Anar 1 mes engal soleilh. Roman de Gerard de Rossillon, fol. 93.
Aller un mois égal soleil (du lever au coucher du soleil).
ANC. FR.
Vespres aprochent, solels est resconsés.
Roman de Garin le Loherain, t. 1, p. 20.

3. Soleillet, s. m. dim., petit soleil, soleil doux, tempéré.
E 'l fai estar al soleillet.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Et le fait rester au soleil tempéré.
ANC. FR. Ses beaux yeux soleillez qui la faisoient paroistre
Vray tige lumineux de Phébus, son ancestre.
R. Garnier, Trag. d'Hippolyte, act. II, sc. II.
(chap. Solet, solets; al solet, cuan toque pero no fa caló.)

no reguéu, que ve aigua a cabassos, Tío Visantico

4. Solart, s. m., soleil.
Folquet intra en Avigno de vas solartz.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 8.
Folquet entre dans Avignon devers le soleil. 

5. Solelhar, Soleillar, v., faire soleil, briller, luire.
Lo sol al matin solelha.
Bernard de Venzenac: Hueymais.
Le soleil au matin brille.
Fig. Una clardat mi soleilla
D' amor.
B. de Ventadour: Era non.
Une clarté d'amour me luit.
Vai e ven rais, quan solelha,
Per la fenestra vezina.
Pierre de Corbiac: Domna dels.
Quand il fait soleil, va et vient le rayon par la fenêtre voisine.
- Être au soleil, se trouver au soleil.
Loc. Mal aia lo tezaurs si ab mi solelha.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 79.
Mal ait le trésor si avec moi il est au soleil.
ANC. FR. Les costaux soleillez de pampres sont couvers.
Œuvres de Du Bellay, fol. 385.

6. Solstici, s. m., lat. solstitium, solstice.
El tems del solstici estival. Cat. dels apost. de Roma, fol. 114.
Au temps du solstice d'été.
CAT. Solstici. ESP. PORT. Solsticio. IT. Solstizio. (Solsticio, solsticios de hivern o invern y estiu; solstissi, solstissis; solstissio, solstissios.)

7. Solsticial, adj., lat. solstitialis, solsticial, du solstice.
Mes solsticial.
Es dit cercle solsticial estival. 
Eluc. de las propr., fol. 125 et 108.
Mois solsticial.
Est dit cercle du solstice d'été.
CAT. ESP. PORT. Solsticial. IT. Solstiziale. (chap. Solstissial, solstissials són los mesos de juñ y desembre.)

Solstissial, solstissials són los mesos de juñ y desembre; vaya cul que té esta paya!


Sol, adj., lat. solus, seul, unique. 
Un sol Dieu ieu azor.
Pierre d'Auvergne: Lauzatz sia.
Un seul Dieu j'adore.
Sols aura 'l pretz, que sols sofre l' afan. 
Bertrand de Born: Ara sai eu.
Seul il aura le prix, que seul il souffre la peine.
Loc. Estava ab ella sol e sol. V. et Vert., fol. 86.
Demeurait avec elle seul à seul. 
ANC. FR. Et fu en grant enui toz sols. 
Roman de Partonopex de Blois, not des Mss., t. IX p. 59.
Tuit menjuent sol, et sol gisent.
Fabl. et cont. anc., t. II, p. 350.
Tot sol à sol en cest repere.
Qu'en sa méson aliez sole.
Roman du Renart, t. 1, p. 135 et 312.
Adv. Sol nuech respiech mi do.
Arnaud de Cotignac: Mout dezir.
Seulement la nuit me donne répit.
Adv. comp. Non sol aquel que nos fay ben, mas aquel que nos fay mal.

(chap. No sol aquell que mos fa (lo) be, sino aquell que mos fa mal. Ojito al chapurriau de Suiza, cantón del Vaud. Se troben textos de voltans del 1100. La noble llissó dels Vaudois, una secta cristiana. Lo romanche encara se parle y escriu, plana lengua romana, llengua romans.)

La nobla leyczon

Non seulement celui qui nous fait bien, mais celui qui nous fait mal.
Conj. comp. Sol que ma dona conogues
Aissi cum ieu l' am finamen.
B. de Ventadour: Non es.
Seulement que ma dame connût ainsi comme je l'aime fidèlement.
Vuelh o ben, e mi play, sol qu' ieu no y an.
Granet: Comte Karle.
Je le veux bien, et il me plait, pourvu que je n'y aille pas.
Ab sol que m diguatz a 'N Richart
So qu' el paus ditz a la gralha.
Bertrand de Born: Un sirventes on.
Pourvu seulement que vous me disiez au seigneur Richard ce que le paon dit à la corneille.
CAT. Sol. ESP. Solo. PORT. Sò. IT. Solo. (chap. Sol, sols, sola, soles.)

2. Solet, adj. dim., seulet.
Estava soletz del jorn una partida. V. de S. Honorat.
Il demeurait seulet du jour une partie.
Mi layssiest
Tota soleta.
Trad. d'un Évang. apocr.
Vous me laissâtes toute seulette.
ANC. FR. Seullet à seullette pour vous bien desporter en amours.
Roman fr. de Fierabras, liv. II, part. II, ch. 5.
CAT. Solet. ESP. Solito. IT. Soletto. (chap. Solet, solets, soleta, soletes.)

3. Solamen, adv., seulement.
Tug miei dezir son en leis solamen.
Pierre d'Auvergne: Molt m' entremis.
Tous mes désirs sont en elle seulement. 
Adv. comp. No solamen d' aquestz, mas dels autres. Leys d'amors, fol. 43.
(chap. No solamen d'estos, sino dels atres.) 
Non seulement de ceux-ci, mais des autres.
CAT. Solament. ESP. Solamente. PORT. Somente. IT. Solamente.
(chap. Solamen. Solamén, solamens són los de una casa, alacet.)

4. Soletament, Solletamens, adv. dim., seulettement.
Plus ren que sia non l' a portat,
Mas la palma c' avia gardat
E son vestir soletament.
V. de S. Honorat.
Plus rien qui soit elle ne lui a porté, excepté la palme qu'elle avait gardée et son vêtir seulettement.
Quatre vegadas lan solletamens.
Lett. de preste Jean à Frédéric, fol. 33.
Quatre fois l'an seulettement.
IT. Solettamente. 

Leopoldo Alas. Clarín. Chapurriau. Amazon.

5. Solitari, Soletari, adj., lat. solitarius, solitaire, isolé.
Morgues deu querre luec solitari. Trad. de Bède, fol. 62.
(chap. Lo monjo deu buscá un puesto (lloc) solitari.)
Moine doit chercher lieu solitaire.
Fug la companhia de las autras, et estay solitaria. V. et Vert., fol. 93.
Fuit la compagnie des autres, et demeure isolée.
Demoret soletaris, fazen penedensa. Cat. dels apost. de Roma, fol. 9.
Demeura solitaire, faisant pénitence.
Subst. Lo solitaris si seira, e tazera si. Trad. de Bède, fol. 62.
Le solitaire s'asseyera, et se taira.
CAT. Solitari. ESP. PORT. IT. Solitario. (chap. Solitari, solitaris, solitaria, solitaries.)

6. Solitariament, adv., solitairement.
Esta solitariament. Eluc. de las propr., fol. 149.
Sois solitairement.
CAT. Solitariament. ESP. PORT. IT. Solitariamente. (chap. Solitariamen o solitáriamen.)

7. Solestansa, s. f., solitude, isolement.
Aquel es perfetz que soferta en l' ermitatge de la solestansa.
Trad. de Bède, fol. 62.
Celui-là est parfait qui souffre en l'ermitage de la solitude.
(chap. Solestansa, la estansa sol, solestanses; solitut, solituts.)

8. Solan, adj., solitaire.
Pasturgar tanta bestia
En aital terra solana.
Marcabrus: L' autr' ier.
Faire paître tant de bêtes en pareille terre solitaire.
(chap. Solana, solanes són puestos aon toque lo sol, contraris a la umbría, de umbra, sombra. Allí tamé se va a pasturá, y se sol está sol, són puestos solitaris, y mes ara, que casi no ñan ramats de ovelles y/o cabres.)

9. Asolodament, adv., isolément.
Fa ho asolodament et atempradament.
(chap. Fesu aisladamen y templadamen : moderadamen.)
Trad. du Tr. de l'Arpentage, part. I, ch. 44.
Fais-le isolément et modérément.

10. Desolar, v., lat. desolare, désoler, isoler, laisser seul, rester seul. 
Part. pas. Faran la desolada en un jorn.
Trad. de l'Apocalypse de S. Jean, ch. 17.
La feront désolée en un jour.
Esta letra L sola e desolada. Leys d'amors, fol. 60.
Cette lettre L seule et isolée.
CAT. PORT. ESP. Desolar. IT. Desolare, disolare. (chap. Desolá o dessolá; aislá; dixá sol o abatut, triste; desolat, desolats, desolada, desolades; dessolat, dessolats, dessolada, dessolades; aislat, aislats, aislada, aislades; abatut, abatuts, abatuda, abatudes.)

11. Desasolar, v., isoler, rester seul.
Part. pas. Nos fraires desasolatz de vos.
Trad. de la 1° Épître de S. Paul aux Thessaloniciens.
Nous frères isolés de vous.