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lunes, 1 de junio de 2026

Soanar, Sobdos, Sobre

Soanar, v., dédaigner, mépriser. 
Non deu null ome soanar. Roman de Jaufre, fol. 46.
Ne doit nul homme dédaigner.
Selh sui que no soana
Lo ben que Dieus li fai.
B. de Ventadour: Quan la.
Je suis celui qui ne méprise pas le bien que Dieu lui fait.
Anc no soanet d' avinen.
Pierre d'Auvergne: Chantarai.
Oncques il ne dédaigna de prime abord.
Part. pas. Eu nou serai soanatz. 
B. Calvo: Finz e leials.
Je ne serai pas dédaigne. 

Artur Quintana i Font; Soanar, v., dédaigner, mépriser.

2. Soan, s. m., honte, mépris, dédain.
Aissi com sel que trabuca e pesa
Soan mesclat ab bos deniers de pes.
B. Carbonel: Aissi cum sel.
Ainsi comme celui qui trébuche et pèse le mépris mêlé avec de bons deniers de poids.
Marcelha li tol a gran soan. 
Bertrand de Born: Un sirventes.
Lui enlève Marseille à grande honte.
Loc. Amors m' a mes en soan.
B. de Ventadour: Tuit sels.
Amour m'a mis en dédain.
Tan lur es cars legors, e pretz, soanz.
B. Calvo: En luec de.
Tant leur est cher loisir, et mérite, dédain.

3. Soana, s. f., rebut.
Dieus te met ab las soanas.
P. Cardinal: Jhesum Crist.
Dieu te met avec les rebuts.

4. Soanamen, s. m., dédain, mépris. 
Car de lor venon li fals ris
E 'ls soanamens dels joglars.
P. Vidal: Abril issic.
Car d'eux viennent les faux ris et les mépris des jongleurs.

Sobdos, Sopdos, Soptes, adj., lat. subitus, subit, prompt, soudain.
De sobdos cocelh se repen hom apres. V. et Vert., fol. 73.
De prompt dessein on se repent après.
Greus es sopdosa mudazos. Trad. de Bède, fol. 30.
Pénible est subit changement.
Pot hom vezer e ve
Cals es soptes o es fis e venals.
B. Carbonel: Motas de ves.
L'homme peut voir et voit quel est prompt ou est fidèle et vénal.
CAT. Soptos. (chap. súbito, súbitos, súbita, súbites.)

2. Sobdosament, Soptozamen, adv., subitement, soudainement.
Descobre mi soptozamen.
Arnaud de Marueil: Dona genser.
Je me découvre subitement.
Sobdosament venra lor perdicios. Trad. de Bède, fol. 63.
Soudainement viendra leur perdition.
CAT. Soptosament. (chap. súbitamen, de repén, de pronte, al momén.)

3. Sobte, Subte, Supte, adv., subitement, promptement.
Sanc de taur plus sobte si prezura que autre. Eluc. de las propr., fol. 29.
Sang de taureau plus subitement se fige qu'autre.
Ieu no vuelh dir tan supte mon talan.
Bertrand du Pujet: Bona dompna.
Je ne veux pas dire si promptement mon désir.
Que nuilla res l' avenga subte.
Deudes de Prades, Poëme sur les Vertus.
Que nulle chose lui advienne subitement. 
CAT. Sopte. (súbitamen; de repén; al momén.)

4. Soptamen, Subtamens, adv., subitement, promptement. 
Mort que te penra soptamen.
(chap. Mort que te pendrá súbitamen; de repén.)
P. Cardinal: Jhesum Crist.
Mort qui te prendra subitement.
Es tan cregutz soptamen.
Alegret: Ara pareisson.
Est si promptement accru.
Tan venra lo jorn subtamens. Contricio e penas infernals.
Tant viendra le jour subitement.

5. Subitan, Subtan, adj., subit, soudain.
Tot aissi m gardatz, si us platz,
D' agaitz de mort subitana. 
Lanfranc Cigala: Oi! maire.
Tout de même gardez-moi, s'il vous plaît, d'aguets de mort subite.
De mort subtana gardan
Mon cors.
Geneys, le jongleur de Lucas: Dieu verays.
De mort subite préservant mon corps.
CAT. ESP. PORT. Subitaneo. IT. Subitano.

6. Sopdanamen, adv., soudainement, subitement.
Que 'l mortz no t sostera gaire,
Ans te penra sopdanamen.
P. Cardinal: Jhesum Crist.
Vu que la mort ne t'épargnera guères, mais elle te prendra soudainement.
CAT. Subitaneament.

7. Soptar, Subtar, v., surprendre, assaillir.
Com cel que vol subtar avan.
Qui subta, sembla que dupte.
Deudes de Prades, Poëme sur les Vertus.
Comme celui qui veut assaillir avant.
Qui surprend, il semble qu'il doute.
Part. pas. Pueis no seria
Per mort soptatz. 
J. Esteve: Quossi moria.
Puis je ne serais par mort surpris.
Que no sian de mort subtat.
Los VII Gaugz de la Maire.
Que nous ne soyons par mort surpris.

8. Dessuptos, adj., surpris, pris à l'improviste.
E 'l salh en pes quon trachers dessuptos.
P. Cardinal: Un sirventes ai.
Et il saute en pieds comme traître pris à l'improviste.

9. Desopte, adv., tout à coup.
Desopte 
El col lo ponh desotz los pes.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Tout à coup il coule le poing sous les pieds.

10. Deyssoptar, v., assaillir, surprendre.
Part. pas. Dolors l' a deysoptat. 
V. de S. Honorat.
La douleur l'a surpris.

Sobre, prép., lat. supra, sur, dessus, au-dessus de, par-dessus.
No reman peira ni fusta
Que l' us ab l' autre no s combata,
E que sobre Jaufre no bata.
Roman de Jaufre, fol. 32.
Il ne reste pierre ni poutre qui l'une avec l'autre ne se combatte, et qui sur Jaufre ne frappe.
Colgui me sobr' el bras destre.
Arnaud de Marueil: Dona genser.
Je me couche sur le bras droit.
Per sa amor que es sobre virtutz d' ome. V. et Vert., fol. 47.
Par son amour qui est au-dessus de vertus d'homme.
Fis sobr' els fis e valens sobr' els bos.
Pons de Capdueil: Per joy.
Pur par-dessus les purs et valant par-dessus les bons.
- Contre. 
Il valen rey d' Espanha
Fassan gran ost sobre Maurs conquerer,
Qu' el marques vai ost e setges tener
Sobr' el soudan.
Rambaud de Vaqueiras: Aras pot om.
Que les vaillants rois d'Espagne forment grande armée contre les Maures (pour) conquérir, vu que le marquis va tenir armée et siége contre le soudan.
Sera ns la guitz
Sobr' els fals fellos.
Gavaudan le Vieux: Senhors per.
Nous sera le guide contre les faux félons.
Adv. comp. Lur bobans sera de sobr' en jos.
Bertrand de Born: S' ieu fos aissi.
Leur ostentation sera de dessus en bas.
Un pauc de sobre en sobre non ges preondamens.
Pierre de Corbiac: El nom de.
Un peu de dessus en dessus (superficiellement), non point profondément.
Pero mans cavaliers
Abaissa fagz vilas
E torna 'l nom de sobre soteiras.
Giraud de Borneil: Dels bels digz.
Pourtant maints cavaliers abaisse fait vilain et tourne le nom de dessus inférieur.
ANC. FR. Li troi larron sore li queurent.
La damoisele trizte et mate
Seur vostre vair palefroi siet.
Fabl. et cont. anc., t. 1, p. 243 et 202.
G'irai sor aus por lor teres laidir.
Roman de Garin, Gl. sur Joinville, p. 13.
CAT. ESP. PORT. Sobre. IT. Sopra, sor. (chap. Sobre, damún, etc.)
Ce mot se combinait avec un grand nombre de substantifs, tantôt pour leur donner plus d'énergie, tantôt pour leur donner un sens opposé:
Mi vau meten,
Per sobrardimen,
En bruda.
Giraud de Borneil: Gen m' aten.
Je vais me mettant, par sur-hardiesse (excès d'audace), en querelle.
Anc tant durs sofismes, ni tant clus dictamens,
No foron ditz ni faitz ni tant grans sobresens. 
Guillaume de Tudela.
Oncques si rudes sophismes, ni si obscurs propos, ne furent dits ni faits, ni si grands sur-sens (extravagance).
Joint à un adjectif, il lui donnait la valeur du superlatif:
Aquest pas es sobreprecios e sobrenobles. V. et Vert., fol. 43.
(chap. Este pa es sobrepressiós y sobrenoble : super pressiós, pressiosíssim, super noble, nobilíssim o noblíssim.)
Ce pain est sur-précieux et sur-nobles.
Il en était de même quand il précédait un adverbe:
Sera mal fagz sobreaundozamen.
Calendrier provençal. 
Il sera mal fait surabondamment.
Subst. Si 'l tot del sobreplus no m val.
Aimeri de Peguilain: Totz hom qui.
Si le tout du surplus ne me vaut.
Il se joignait aussi aux verbes pour donner de la force à leur signification:
S' ieu, per sobramar, 
Ai renhat folhamen.
Pons de Capdueil: Qui per.
Si moi, par sur-aimer (excès d'amour), j'ai vécu follement.
Totz jorns vai creissen
Tan, d' or en or, que n' es sobreversatz.
P. Cardinal: Totz lo mons.
Toujours va croissant tant, d'heure en heure, qu'il en est sur-versé (bouleversé).
Joint à un pronom démonstratif, il formait un adverbe composé:
Sydras sobre aisso eviet lor presen.
Sobre aisso l' angel s' en parti.
Liv. de Sydrac, fol. 3 et *7. 
Sydrac sur cela leur envoya présent.
Sur cela l'ange s'en alla.
Voyez la plupart des substantifs, des adjectifs, des pronoms, des verbes 
et des adverbes.

2. Sobrier, Sobrer, adj., supérieur, dominant, élevé, altier, excessif, superflu.
Si col frug qui, del albre sobrier,
Son plus plasent e de sabor plenier.
T. d'Henri et d'Aruer: Amic Aruer.
Ainsi comme les fruits qui, de l'arbre élevé, sont plus agréables et de saveur accomplis.
Quinze milhas e plus agron aura sobriera. V. de S. Honorat.
Quinze milles et plus ils eurent le vent dominant.
Si cum son bestias sobreiras. Trad. du Code de Justinien, fol. 53.
Ainsi comme sont bêtes superflues.
Fig. Veira celui qu' avia estat sobriers e luxurios. Trad. de Bède, fol. 17.
Verra celui qui avait été élevé et luxurieux.
Mala m' es e brava e sobreira.
G. Pierre de Cahors: D' una leu.
Méchante elle m'est et dure et altière.
Pot esser als enemicx sobrers.
T. de Rambaud et d'Adhemar: Senher.
Peut être aux ennemis supérieur.
Adverbial. Color tan fina sobrier.
Guillaume, Moine de Puicibot: Uns joys.
Couleur si supérieurement fine.
Adv. comp. Voill sia totz temps saubut 
Cum ieu l' ai amat a sobrier. 
La Comtesse de Die: Estat ai.
Je veux qu'il soit en tout temps su comme je l'ai aimé à l'excès.
Pus yest malastrucx a sobriers 
Que non es Arnaud.
Guillaume de Durfort: Turcmalet.
Plus vous étes malheureux à l'excès que n'est Arnaud.
CAT. Sobrer. (chap. superió, dominán, eixecat, pujadet, altané, excessiu, superfluo, sobrán.)

3. Sobreiramen, Sobrieramen, adv., supérieurement, souverainement, fièrement.
Sobreiramen senhoreya, 
Quar sap qu' ieu lo sofrirai.
Giraud le Roux: A la mia.
Fièrement elle domine, parce qu'elle sait que je le souffrirai.
Aquest fo... sobrieramen de bona resposta. Cat. dels apost. de Roma, fol. 5.
Celui-ci fut... souverainement de bonne réplique.
(chap. Superiomen, soberanamen.)

4. Sobreira, Sobrieira, Sobriera, s. f., surabondance, excédant.
Talant ai que vos queira
De la terra don avetz tal sobreira.
T. de Bonnefoy et de Blacas: Seign' En Blacatz.
J'ai envie que je vous requière de la terre dont vous avez telle surabondance.
- Excès, extravagance, témérité, inconséquence.
Us coms malvatz
Que tot jorn fai sobrieira
D' avols peccatz.
P. Cardinal: Tals cuia.
Un comte méchant qui toujours fait excès de honteux péchés.
Fatz gran sobreira,
Car re i lais,
Qu' anc res de ben no us sofrais.
Bertrand de Born: Domna puois.
Je commets grande inconséquence, puisque j'y laisse quelque chose, vu que oncques rien de bien ne vous manqua.
- Outrage. 
Que s cuia qu' ab sos vilans digz,
Ab sobrieras et ab foudatz
Li deya hom esser privatz.
Rambaud de Vaqueiras: Ja hom pres.
Qui se pense qu'avec ses vilains propos, avec outrages et avec folies on lui doive être dévoué.
ANC. CAT. Sobreria. (chap. superabundansia, sobre abundansia, exedén o excedén.)

5. Sobeiran, Sobeyran, Sobiran, Sobeira, Sobeyra, Sobira, adj., lat. superans, supérieur, élevé, souverain.
Qu' el meta sus el sobeyra tro.
B. Carbonel: S' ieu.
Qu'il le mette sus au supérieur ciel.
Que prengo la sobeirana
Via qu' es plus certana.
Brev. d'amor, fol. 15.
Qu'ils prennent la supérieure voie qui est plus certaine.
Fig. Ar vei qu' els plus sobeiras
En tenon tug mal resso.
Elias de Barjols: Amors be.
Maintenant je vois que les plus élevés en tiennent tous mauvais renom.
En la pressensia del sobira rey. Philomena.
En la présence du souverain roi.
Subst. E 'l sobeiras es de tan gran rictat.
Giraud de Calanson: A lieys.
Et le souverain est de si grande puissance.
- Élu.
Vol nos far ferms e certas,
Si 'l crezem, qu' ab los sobiras
Nos metra.
Gavaudan le Vieux: Senhors.
Veut nous faire fermes et certains, si nous le croyons, qu'avec les élus il nous mettra.
CAT. Soberá. (N. E. Pallars sobirà : lo de damún, lo jussà es lo de baix) 
ESP. PORT. Soberano. (chap. Soberano, soberanos, com los reys, la marca de brandy o coñac de Osborne.)

6. Sobeiranamen, adv., supérieurement, souverainement, fièrement.
Sobeiranamen grazitz. Brev. d'amor, fol. 1.
Supérieurement accueilli.
CAT. Soberanament. ESP. PORT. Soberanamente. (chap. Soberanamen o soberánamen.)

7. Sobran, Sobra, adj., souverain, supérieur.
Pasgues, Senher sobras, 
De dos peys e de cinc pas.
Pierre d'Auvergne: Dieus vera.
Vous repûtes, Seigneur souverain, de deux poissons et de cinq pains.
Que non ause esser sobras qui non apres esser sotras. Trad. de Bède, fol. 55.
Qu'il n'ose pas être supérieur qui n'apprit pas à être inférieur.
Substantiv. Comenset als sobras. Trad. de Bède, fol. 14.
Il commença aux supérieurs.
IT. Soprano, sovrano. (chap. Superió, superiós, superiora, superiores; soberano, soberanos, soberana, soberanes; una soprano : una cantán de veu superió, com Montserrat Caballé.)
8. Sopranamen (sobranamen), adv., supérieurement, souverainement.
Reis castelans, car sobranamen
Est sobeirans de fin pretz e d' onransa.
Bertrand d'Allamanon III: D' un sirventes.
Roi castillan, puisque souverainement vous êtes souverain de pur mérite et d'honneur.
(N. E. Reis castelans : rey castellano, de Castilla; Roi castillan; castelan, castellán = castellano = catalán. Château, castel, castell, chasteau, castiello, castrum, châtelain, châtelaine, etc.)

Reis castelans : rey castellano, de Castilla; Roi castillan; castelan, castellán = castellano = catalán. Château, castel, castell, chasteau, castiello, castrum, châtelain, châtelaine, etc

9. Sobiranetat, Subiranetat, s. f., hauteur, élévation.
De la subiranetat del cap entro als pes. Trad. d'Albucasis, fol. 12.
(chap. De la altura - eixecada, elevassió - del cap hasta los peus.)
De la hauteur de la tête jusqu'aux pieds.
- Pouvoir, souveraineté.
Tot son resort e tota sa sobiranetat. Cout. de Condom.
Tout son ressort et toute sa souveraineté.
- Fierté, témérité.
Sobiranetatz, sobrausaria. Leys d'amors, fol. 50.
Témérité, jactance.
ESP. Soberanidad. (chap. Soberanidat, soberanidats.)

10. Sobror, s. f., supériorité, élévation.
Domna, tornatz m' avetz en gran sostror.
- Senher, si m' ajut Dieus, mais en sobror.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 101.
Dame, vous m'avez tourné en grand abaissement.
- Seigneur, si Dieu m'aide, davantage en élévation.

11. Sobransa, s. f., supériorité, domination.
Loc. Lai on joi non a sobransa.
Marcabrus: Bel m' es quant.
Là où plaisir n'a pas domination.
Masmut nos fan sobransa.
Pierre d'Auvergne: Belha m' es.
Mahométans nous font supériorité.

12. Sobransier, Sobranzier, Sobrancier, adj., dominant, supérieur, arrogant.
Estiers fora trop sobranciers mos tortz.
B. Zorgi: Aissi col fuocx.
Autrement serait trop dominant mon tort.
Ieu no soi sobransiers,
Mas, si la 'n blasmava Ogiers,
Ieu l' en combatria.
Giraud de Borneil: S' ara no.
Je ne suis pas arrogant, mais, si Ogiers l'en blâmait, je l'en combattrais. 
Subst. Tot autresi deu la domna grazir
Lo sobranzier, e 'l nescis defugir.
T. d'Henri et d'Aruer: Amic Aruer.
Tout pareillement la dame doit accueillir le supérieur, et le niais fuir.

13. Sobransaria, s. f., jactance, fierté, arrogance, insolence.
Anc no m plac ni m plai sobransaria.
Folquet de Marseille: Sitot me.
Oncques ne me plut ni me plaît jactance.
Sai que fatz
Gran sobransaria.
Gaubert, Moine de Puicibot: Car no. 
Je sais que je fais grande fierté.
Ela li retrazia tot jorn las sobransarias e 'ls dampnatges. 
Leys d'amors, fol. 105.
Elle lui rappelait toujours les insolences et les dommages.

14. Sobraitier, adj., pressant, exigeant.
E 'l voler es tan sobraitiers
Que nul' autr' amor no m reblan.
Guillaume de Saint-Didier: Domna ieu vos.
Et le vouloir est si exigeant que nul autre amour ne me flatte.

15. Sobradeis, adj., arrogant, hautain.  
Sitot s' es sobradeis, 
Per un ben en venran dui.
Raimond de Miraval: Ar ab la.
Quoiqu'il soit arrogant, pour un bien en viendront deux. 

16. Sobros, s. m., suros, sorte de tumeur.
A tot auzel que nais sobros.
Deudes de Prades, Auz. cass.
À tout oiseau (à) qui naît suros.
Fig. Lemozis
Qu' era seus, e fora 'l bos,
Mas un sobros lo gavaingna.
Bertrand de Born: Be m platz.
Le Limousin qui était sien, et lui serait bon, mais un suros le ronge.
CAT. Sobros. ESP. Sobrehueso.

17. Sobra, s. f., reste, excédant, superfluité, excès.
De las sobras del blat passan un an entier. V. de S. Honorat.
(chap. De (en) les sobres del blat passen un añ sansé.) 
Avec les restes du blé ils passent un an entier. 
Fig. Non ai sobras d' albir.
Lanfranc Cigala: Quant en bon.
Je n'ai pas excédants de prudence.
Absolum. De trop sobras si deu garar
Qui vol esser valens ni pros.
Bertrand de Paris de Rouergue: Guerdo.
De trop de superfluités doit se préserver qui veut être vaillant et preux.
CAT. Sobras. ESP. Sobra (sobras). PORT. Sobras. (chap. La sobra, les sobres; v. sobrá.) 

18. Sobrietat, Sobritat, s. f., lat. sobrietatem, sobriété, tempérance.
Lo frug que porta l' albre de sobrietat. V. et Vert., fol. 102.
(chap. Lo fruit que porte l'abre o albre de sobriedat.)
Le fruit que porte l'arbre de sobriété.
Fig. Qui sobritat sap tener
De far e de dir. 
P. Raimond de Toulouse: Us novels.
Qui tempérance sait garder de faire et de dire.
CAT. Sobrietat. ESP. Sobriedad. PORT. Sobriedade. IT. Sobrietà, sobrietate, sobrietade. (chap. sobriedat, sobriedats.)

19. Sobrar, v., lat. superare, subjuguer, surpasser, dominer.
Blasman los Genoes, car il se lasavon sobrar. V. de B. Zorgi.
Blâmant les Génois, parce qu'ils se laissaient subjuguer.
Us sobron cil que no valon nien.
B. Calvo: Ges no m' es.
Vous surpassent ceux qui ne valent rien.
Cant lo vezia, dol la sobrava. Passio de Maria.
Quand elle le voyait, douleur la subjuguait.
Sai perden gazainhar,
E, quan sui vencutz, sobrar.
P. Vidal: Pus tornatz.
Je sais en perdant gagner, et, quand je suis vaincu, dominer.
- Rester, regorger, excéder, surabonder.
Tot quant li sobrava per Dieu fasia donar. V. de S. Honorat.
(chap. Tot cuan li sobrabe per Deu fee doná.)
Tout ce qui lui restait au nom de Dieu il faisait donner.
Ieu no vuelh cambiar
De joi ab un rei avar,
Cui sobra aurs et argens.
P. Vidal: Si m laissava.
Je ne veux changer de bonheur avec un roi avare, à qui surabonde or et argent.
Part. prés.
El vostre pretz vai la meillor sobran.
R. Jordan Vicomte de S. Antonin: Per cal.
Le votre mérite va surpassant la meilleure.
- Subst. Jactance, arrogance.
Dieus baisset l' orguelh e lo sobrans.
Richard de Barbezieux: Atressi cum. 
Dieu rabaissa l'orgueil et l'arrogance. 
Part. pas. Val mais mort que vius sobratz.
(chap. Val mes mort que viu superat : subyugat.)
Bertrand de Born: Be m play.
Vaut davantage mort que vif subjugué.
Substantiv. Troba bevolensa
Lo ric e 'l sobrat.
P. Cardinal: Sel jorn que.
Trouve bienveillance le puissant et le dominé.
ANC. FR. Tu as porté celuy qui tout supere,
Royne des cieulx, Vierge et mère très pure.
Cl. Marot, t. V, p. 335.
CAT. ESP. PORT. Sobrar. IT. Soprare. (chap. Sobrá alguna cosa; superá an algú : supero, superes, supere, superem o superam, superéu o superáu, superen; superat, superats, superada, superades; superaré; superaría; si yo superara.)

20. Sobransar, Sobranzar, v., subjuguer, dominer.
En aissi vens e destrenh e sobransa
Selhs qu' a sos ops vol triar et eslire.
Hugues Brunet: Cortezamen.
Ainsi il vainc et étreint et subjugue ceux qu'à ses besoins il veut trier et choisir. 
Per la foudat qu' el sobransa. 
Cercamons: Ges per lo.
Par la folie qui le domine.
Subst. Sobranzar...
Degratz lauzar, e vos l' anas blasmant.
T. d'Henri et d'Aruer: Amic Aruer.
Le dominer... vous devriez louer, et vous l'allez blâmant.

21. Desobre, prép., lat. desuper, dessus.
E 'ls riu son clar desobre los sablos, 
B. de Ventadour: Bels Monruels.
Et les ruisseaux sont clairs dessus les sables.
Desobre un pelisso que ac nom ermi.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 56.
Dessus une pelisse qui eut nom hermine.
Adverbial. Aisi cum es desobre escrit. Acte de 1158.
(chap. Aixina com está damún escrit.)
Ainsi comme il est dessus écrit.
Adv. comp. Peire d'Alvernhe a tal votz,
Que canta desobre dessotz.
V. de Pierre d' Auvergne. Var.
Pierre d'Auvergne a une telle voix, qu'il chante dessus dessous.
ANC. FR. Tot par desor le port. Villehardouin, p. 62.
Li corbeax siet deseur l'oeille.
Marie de France, t. II, p. 238.
Le fais desur son col cherra.
Fabl. et cont. anc., t. II, p. 75.
Desseins dessur desseins, fallace sur fallace.
Premières Œuvres de Desportes, fol. 327.
Desur lui, après l'amenèrent.
Marie de France, t. II, p. 434.
CAT. Dessobre. IT. Disopra. (chap. Damún. ESP. Encima)

Matapaelles, Sardina, Curiós insidén,  misa,  San Bartolomé , Beseit

22. Insuperable, adj., lat. insuperabilem, insurmontable, invincible.
Alectori... ret home victorios et insuperable. Eluc. de las propr., fol. 185.
L'alectorienne... rend l'homme victorieux et invincible.
CAT. ESP. Insuperable. PORT. Insuperavel. IT. Insuperabile. (chap. Insuperable, insuperables.)

23. Resupinar, v., lat. resupinare, coucher, renverser.
Part. pas. Malaute sia resupinat sobre dos.
Trad. d'Albucasis, fol. 40.
Que le malade soit couché sur le dos.
(chap. Resupiná, ficá decúbito supino, o sigue, tombat de esquena mirán cap a dal.)