Mostrando las entradas para la consulta lauzengier ordenadas por relevancia. Ordenar por fecha Mostrar todas las entradas
Mostrando las entradas para la consulta lauzengier ordenadas por relevancia. Ordenar por fecha Mostrar todas las entradas

lunes, 9 de octubre de 2023

Claire, Clara; Anduse, Anduze, Anduza

Claire d' Anduse.

Claire, Clara;  Anduse, Anduze, Anduza


En greu esmay et en greu pessamen

An mes mon cor, et en granda error,

Li lauzengier e 'lh fals devinador,
Abayssador de joy e de joven,
Quar vos, qu' ieu am mais que res qu' el mon sia,
An fait de me departir e lonhar,
Si qu' ieu no us puesc vezer ni remirar,
Don muer de dol, d' ira e de feunia.


Selh que m blasma vostr' amor, ni m defen
Non podon far en re mon cor mellor,
Ni 'l dous dezir qu' ieu ai de vos maior,
Ni l' enveya ni 'l dezir ni 'l talen;
E non es hom, tan mos enemicx sia,
S' il n' aug dir ben, que no 'l tenha en car;
E, si 'n ditz mal, mais no m pot dir ni far
Neguna re que a plazer me sia.


Ja no us donetz, belhs amics, espaven
Que ja ves vos aia cor trichador,
Ni qu' ie us camge per nul autr' amador,
Si m pregavon d' autras donas un cen;
Qu' amors, que m te per vos en sa bailia,
Vol que mon cor vos estuy e vos gar,
E farai o; e, s' ieu pogues emblar
Mon cors, tals l' a que jamais non l' auria.


Amicx, tan ai d' ira e de feunia
Quar no vos vey, que quant ieu cug chantar
Planh e sospir, per qu' ieu no puesc so far
A mas coblas qu' el cor complir volria.

//

https://fr.wikipedia.org/wiki/Clara_d%27Anduza

Clara d'Anduze, est une trobairitz de langue occitane, sans doute issue de la famille des seigneurs d’Anduze, dans le Gard, est née aux environs de l'an 1200. Elle était aimée du troubadour Huc ou Uc de Saint-Circ, amour partagé.

Son existence n'est pas assurée, elle se base sur la razo d'Uc de Saint-Circ qui la mentionne et un poème qui lui est attribué publié dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France, ms. C, BnF fr. 856.

En greu esmai et en greu pessamen

an mes mon cor et en granda error

li lauzengier e.l fals devinador,

abaissador de joi e de joven;

quar vos qu'ieu am mais que res qu'el mon sia

an fait de me departir e lonhar,

si qu'ieu no.us puesc vezer ni remirar,

don muer de dol, d'ira e de feunia.


Cel que.m blasma vostr' amor ni.m defen

non pot en far en re mon cor meillor,

ni.l dous dezir qu'ieu ai de vos major

ni l'enveja ni.l dezir ni.l talen;

e non es om, tan mos enemics sia,

si.l n'aug dir ben, que non lo tenh' en car,

e, si 'n ditz mal, mais no.m pot dir ni far

neguna re que a plazer me sia.


Ja no.us donetz, bels amics, espaven

que ja ves vos aja cor trichador,

ni qu'ie.us camge per nul autr' amador

si.m pregavon d’autras donas un cen;

qu'amors que.m te per vos en sa bailia

vol que mon cor vos estui e vos gar,

e farai o; e s'ieu pogues emblar

mon cor, tals l'a que jamais non l'auria.

    

Amics, tan ai d'ira e de feunia

quar no vos vey, que quan ieu cug chantar,

planh e sospir, per qu'ieu non puesc so far

ab mas coblas que.l cors complir volria.


Traduction de Raoul Goût et André Berry:

« En grave émoi et grave inquiétude ils ont mis mon cœur et aussi en grande détresse les médisants et les espions menteurs qui rabaissent joie et jeunesse car pour vous que j'aime plus que tout au monde ils vous ont fait partir et vous éloigner de moi à tel point que si je ne puis vous voir ni vous regarder j'en meurs de douleur, de colère et de rancœur.

Ceux qui me blâment de mon amour pour vous ou veulent me l'interdire ne peuvent en rien rendre mon cœur meilleur ni faire croître encore mon doux désir de vous non plus que mon envie, mes désirs, mon attente et il n'y a pas un homme, fût il mon ennemi que je ne tienne en estime si je l'entends dire du bien de vous, mais s'il dit du mal, tout ce qu'il peut dire ou faire ne me sera jamais plaisir.

N'ayez pas de crainte, bel ami qu'envers vous je n'aie jamais le cœur trompeur ni ne vous délaisse pour quelque autre amoureux, même si cent dames m'en priaient, car mon amour pour vous me tient en sa possession, et veut que je vous consacre et vous garde mon cœur ainsi je ferai, et si je le pouvais être mon cœur, tel l'a qui jamais ne l'aurait.

Ami, j'éprouve tant de colère et de désespoir de ne pas vous voir que lorsque je pense chanter, je me plains et je soupire parce que je ne puis faire avec mes couplets ce que mon cœur voudrait accomplir. »

En grèu esmai a été repris par:

Aiga Linda, album Barrutladas, interprété par Hervé Robert (chant, chifonie) et René Huré (clarinette).

Duo Dedoceo, concert Le chemin de Regordane, interprété par Pascal Jaussaud (chant, vielle à roue) et Valère Kaletka (guitare électrique).

À Anduze, un buste dans le parc des Cordeliers, porte son nom.

Clara d'Anduze trobairitz Un spectacle du gargamelatheatre; texte:
Anne Clément; mise en scène: Michel Froelhy

https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33021783w.public

http://www.editions-alcide.com/livre-Petit_dictionnaire_des_%C3%A9crivains_du_Gard-328-1-1-0-1.html

https://archive.org/stream/posiesdeucdesa00ucde#page/n31/mode/2up

http://www.siefar.org/dictionnaire/fr/Clara_d%27Anduze/Fortun%C3%A9e_Briquet

https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.siefar.org%2Fdictionnaire%2Ffr%2FClara_d%2527Anduze%2FFortun%25C3%25A9e_Briquet



Lettre à Clara d'Anduze par Lionel Bourg.


Lecture faite par Lionel BOURG à Grigny ( Rhône)

Cette lettre de 1989 écrite par Lionel BOURG est actuellement épuisée chez son Editeur Jacques BREMOND

(Ce dernier nous a joyeusement promis de la rééditer en claquant sa main contre celle de Lionel BOURG à GRIGNY -Rhône - le week-end dernier – Dont Acte …).

Je vous l'offre en attendant et pour inaugurer ce nouvel album qui sera le réceptacle de toutes les lettres écrites ou à écrire à toute sorte de Femmes Pathétiques... La liste en est, vous en conviendrez, immémoriale...

J’accueillerais toute lettre personnelle ou éditée dans cet esprit particulier. Une sorte de remise en écoute de voix s’adressant aux femmes de manière recevable et sensible à leurs limbes silencieuses.

__________________________________________________


LA DECHIRURE

LETTRE A CLARA D'ANDUZE

Revenir sur ses pas. Marcher comme si rien n'avait été. Comme si cette morne journée de février ne contenait pas toutes celles vécues ici ou ailleurs, là où la brume frange de ses apparitions des pierres que tant de passants foulèrent. Je me suis arrêté un instant. Tout était gris. Le ciel, la garrigue, les strates même, accumulées pour je ne sais quelle ferveur, les rues soudain plus tristes, ce jardin où, me promenant, je contemplais le singulier visage d'une femme morte depuis des siècles, et dont , inexplicablement, je ne pouvais abandonner le regard immobile.

A quoi songez-vous, Clara ? Et quel amour vous ronge ?

Vous demeurez en ces lieux, aussi improbable qu'aux temps où, folle peut-être, vous composiez des poèmes pour les dire en secret à celui que vous aimiez. Vous êtes là. Distante. Présente de toute cette distance qui tient en votre façon un peu hautaine de jauger le silence, cependant que vous semblez vouloir retenir le promeneur, mêlant à cette invite un refus péremptoire : déjà loin, si loin, vous savez sans doute que ne s'étreignent vraiment, après tant de leurres, que ceux qui délaissent à la poussière la peur de ne pas être aimés.

Si lointaine. Si proche pourtant. Et ce n'est pas facilement faire jouer les mots : vous découvrant une nouvelle fois, j'ai compris davantage en quelle inaccessible patrie résident celles que l’on désire de cet amour plus fort que les vaines raisons qui nous font exister.

J’ai marché. Il y avait le ciel, les nuages, le gris des calcaires, toute cette lumière vague des nuages où passe une tristesse qui ressemble à la seule forme admissible du bonheur. Voyez-vous, je n’éprouve jamais plus fortement le sentiment de vivre qu’en ces moments comme suspendus entre deux rives inconciliables. Il y faut cette brume. Ces pierres chiffrées. Ces traces dont il importe peu alors de connaître l’origine : elles sont là, métissant leurs langages, livrant leur impassibilité aux interrogations qui restent retenues. Elles disent une sorte de paix. Une manière de repos. Et si j’en relève les empreintes, collectionnant les figures énigmatiques, c’est sans doute parce qu’en ces gravures de rien, ces marques élémentaires, quelque chose n’en finit pas de me parler du monde qui, tangible, évident, n’en demeure pas moins dissimulé sous ses propres dehors, et barré, raturé par l’errance qui nous voue à rechercher une présence aussitôt dérobée.

Et je voudrais qu’il pleuve, maintenant, que le ciel fût pleinement gris, haché de ce bleu si sombre qu’il est à la nuit une espèce de supplique, avec, çà et là, ces trouées claires, ces passages miraculeux ouverts dans l’épaisseur des ombres et que des oiseaux seuls, souverainement seuls, toisent un instant avant de s’y engouffrer pour se jeter de l’autre côté du monde et des choses. Et la pluie tomberait. Longue. Interminable. Une pluie d’avril ou de septembre, une eau sous laquelle il me serait possible d’aller, hurlant des hymnes incongrus, des mots stupides, criant peut-être « je t’aime », ou « je me fiche de tout », ou « je vis », une pluie qui me ferait l’égal de cet arbre qui, d’avoir été mille fois dépouillé, d’abriter en son tronc, sous l’écorce, des insectes qui le ruinent, essaie de se tenir debout face à tout, face à cette détresse sans borne et cette inextricable beauté d’un ciel déchiré sur la terre.

Peut-être est-ce pour cela que je vous écris, Clara , pour cette déchirure. Pour ces regards que je ne puis croiser sans baisser les yeux, sans même savoir ce qui gît derrière eux, comme si, à l’extrémité de j’ignore quelle nuit, une neige tombait, dont je ne saurais retenir que d’infimes étoiles bientôt fondues entre mes doigts et pareilles à des larmes.

Puis à nouveau , le ciel. Les pierres nues. Et, devant moi, la lente, l’invincible crue de la lumière. Je vous ai longtemps contemplée. Me retournant une ultime fois, vous paraissiez sourire à l’inacceptable.

Derrière le parc, un chemin secret entre deux murs. Passage étroit, préludant à quelque initiation. Parmi les grès, des blocs de tuf fourmillant de traces végétales :réseau de feuilles, de tiges, morceaux de bois inscrits en creux, mémoire d’une boue sans âge où pourrissait la vie. Il y avait quelque chose de poignant dans cette sente. La certitude peut-être, irréfléchie, qu’on ne parvient jamais à combler la faille où l’on erre, rêvant à des visages ou fomentant, du plus loin de ses songes, des paradis brisés, des édens invivables.

Ma vie, Clara, qu’est-ce donc que ma vie ?

Une promenade obstinée sur une berge. Une déambulation hasardeuse.

J’aurai vu, de l’autre côté, la lèvre où je crus devoir vivre. Pour ne pas crever tout de suite. Pour continuer à marcher sous la pluie. Serrer tout contre moi cette femme que j’aime. Et si rien n’aura été qu’un trou béant, qu’une patiente, peut-être irrévocable déchirure, c’est ici, arpentant une à une les journées ordinaires, que je tente de faire de mes jours autre chose que leur banale insuffisance. Comme vous. Comme celle qui me sourit. Qui est là. Seule. Criblée d’amour et comme foudroyée par la douceur lancinante des étoiles.

viernes, 6 de octubre de 2023

Bertrand de Born.

Bertrand de Born.


Cazutz sui de mal en pena,
Quar vauc lai o 'l cors mi mena,
E jamais
No m descarguarai del fais;
Qu' il m' a mes en tal cadena
Don malha no s descadena,
Quar m' atrais
Ab un dous esguart en biais
Una blanca, fresca Elena.
Fait ai longua quarantena,
Mas hueymais
Sui al dijous de la Cena.


Tant es d' amorosa mena
Qu' ieu morrai si no m' estrena
D' un dous bais;
Mas ab trop d' erguelh m' eslais
De tota beutat terrena.
An pres las tres de Tolena
Fis e gais,
Mas ilh es sobr' ellas mais
Que non es aurs sobr' arena:
Qu' ieu no vuelh aver Ravena,
Ni Doais,
Ses cuidar qu' ella m retenha.


Jamais non er cortz complia
On hom non guap ni non ria;
Cortz ses dos
Non es mas parcs de baros:
Que mort m' agra ses faillia
L' enuey e la vilania
D' Argentos;
Mas lo gens cors amoros,
E la doussa cara pia,
E la bona companhia,
E 'l respos,
De lai Saissa m deffendia.

Ren en beutat no m gualia;
Ni m fai nulha fantaumia
Lo joios,
Joves, gens cors amoros:
E gensa qui la deslia;
Et on hom plus n' ostaria
Guarnizos,
Plus en seria enveyos;
Que la nueg fai parer dia
La guola, e qui la vezia
Plus en jos
Tot lo mons n' agensaria.

Ab que s tanh qu' amors m' aucia

Per la gensor qu' el mon sia
En perdos;
Quan mir sas belhas faissos,
Conosc que ja non er mia:
Que chauzir pot si s volia
Dels plus pros
Castelhas, o rics baros;
Qu' en lieys es la senhoria
De pretz e de cortezia,
De faitz bos;
E deu far que ben l' estia.


Domna, sai en Normandia
Sui per vos la nueit e 'l dia

A pensos;
Qu' el vostre gen cors joyos
Me sembla qu' ades me ria.

II.

Ges de disnar non for' oimais maitis
Qui agues fort bon ostau,
E fos dedins la carns e 'l pans e 'l vis,
E 'l focs fos clars e de fau.
Lo plus rics jorns es oi de la setmana,
E degran estar suau:
C' aitan volgra volgues mon pro Na Laina,

Com lo seingner de Peitau.

Per saludar, torn entr' els Lemozis,
Cella que a pretz cabau:
Mos belhs Seingner e mos belhs Sembelis
Qeiron oimais qui las lau;
Qu' ieu ai trobat del mon la plus certana,
E la gensor c' om mentau;
Per que s' amors m' es tan cotediana,
Qu' a las autras mi fai brau.

Gens joves cors, francs e verais e fis,
D' aut paratge de reiau,
Per vos serai estraitz de mon pais,
E m mudarai part Anjau;
E car es tan sobr' autras sobeirana
Vostra valors, e plus au,
C' onrada n' er la corona romana
Si 'l vostre cap s' i enclau.

Al dolz esgar que m fes, et ab clar vis,

En fes amors son esclau,
Quan mos Seingner m' ac pres de lei assis

Sobr' un feutre enperiau;
La paraula fon doussa et humana,
E 'l dir cortes e liau
E de solatz mi semblet
Catalana,
E d' acuillir de son jau.

Al gen parlar que m fetz, et al gen ris
Quan vi las denz de cristau,
E 'l cors dalgat, graile e fresc e lis
Vi benestan en bliau;
E la colors fo fresca e rosana
Que tenc mon cor dinz sa clau:
Mais ac de joi que qui m des Corezana,

Car a son grat m' en esjau.


De tota es Na maier sobeirana,
De tot can mar, terra clau.

III.

Domna, puois de mi no us cal,
E partit m' avetz de vos
Senes totas ochaisos,
No sai on m' enqueira
Que jamais
Non er per mi tan rics jais
Cobratz; e si del semblan
Non trob domna, a mon talan,
Que m vailla vos qu' ai perduda,
Jamais non vuoill aver druda.

Puois no us puesc trobar engual,
Tan bella que fos tan pros,
Ni sos rics cors tan joyos,
De tan bella tieira,
Ni tan gais,
Ni sos rics pretz tan verais,
Irai per tot acaptan
De chascuna un bel semblan,
Per far domna soicebuda,
Tro vos me siatz renduda.

Fresca color natural
Pren, bels Sembelis, de vos,
E 'l douz esguart amoros;
E fatz gran sobreira
Car re i lais,
Qu' anc res de ben no us sofrais.
A ma domna Elis deman
Son adreg parlar gaban,
Que m don' ab mi dons ajuda,
Pois non er fada ni muda.

De Chales la vescomtal,
Vuoill que m done ad estros
La gola, e 'ls mans amdos.
Pois tenc ma carrieira,
No m biais,
Ves Roca Choart m' eslais
Als pels N' Agnes que m daran,
Qu' Iseus, la domn' a Tristan,
Qu' en fo per totz mentauguda,
No 'ls ac tan bels a saubuda.

N' Audiartz, si be m vol mal,
Voill que m do de sas faissos
Que il estai genliazos;
E car es enteira,
C' anc no s frais
S' amors, ni no l' a en biais.
A mon Miels de Ben deman
Son adreit nou cors prezan,
De que par a la veguda
La fassa bon tener nuda.

De Na Faidida atretal
Voill sas bellas dens en dos,
L' acuillir e 'l gen respos
Don es presenteira
Dins son ais.
Mos Bels Miraills voill que m lais
Sa gaiesa e son bel gran,
E car sap son benestan
Far don es reconoguda,
E no s' en camja ni s muda.

Bels Seigner, ieu no us quier al,
Mas que fos tan cobeitos
D' aquestas, cum sui de vos:
C' una lechadeira
Amors nais,
Don mos cors es tan lecais,
Qu' am mais de vos lo deman,
Que d' autra tener baisan.
Doncs, mi dons per que m refuda,
Pois sap que tan l' ai volguda?

Papiol, mon Aziman
M' anaras dir en chantan,
C' amors es desconoguda
Sai, e d' aut bas cazeguda.

IV.

Ieu m' escondisc, domna, que mal non mi er
De so qu' an dig de mi fals lauzengier;
Per merce us prec que non puescon mesclar
Vostre gent cors adreg e plazentier,
Franc et humil, leyal e drechurier,
Encontra 'l mieu per messonguas comtar.


Al primier lans pert ieu mon esparvier,
E 'l m' aucion el ponh falcon lanier,
E porton l' en, e qu' ie 'l veya plumar,
S' ieu mais de vos, ont ai mon cossirier,
Non am totz temps aver lo dezirier
Que de nulha s' amor, ni son colguar.

Domna, s' ieu ai mon austor anedier
Bon e volan e prenden e mainier,
Que tot auzelh puesca apoderar,
Singn' e grua et aigron blanc o nier,
Volrai lo donc, mal mudat guallinier,
Gras, debaten, que non puesca volar.

Escut al colh, cavalgu' ieu ab tempier,
E port sallat, capairon traversier,
E regnas breus qu' om non puesc' alonguar,

Et estrueps loncs en caval bas trotier,
Et en ostal truep irat ostalier,
Si no us menti qui us o anet comtar.

S' ieu per joguar m' aseti al taulier,
Ja no i puesca baratar un denier;
Ni ab taula preza non puesc' intrar,
Ans giet' ades lo reir' azar derrier,
S' ieu mais autra domna am ni enquier
Mas vos cui am e dezir e tenc car.

Ma domna m lais per autre cavalier,
E pueis no sai a que m' aia mestier,
E falha m vens quan serai sobre mar,
En cort de rey mi baton li portier,
Et en cocha m vei' hom fugir primier,
S' ieu anc ac cor d' autra domna amar.

Senher sia eu d' un castelh parsonier,
E qu' en la tor siam quatre parcier,
E l' us l' autre non si puesca fizar;
Ans m' aion ops tos temps arbalestier,
Metges, guaitas, e sirvent et arquier,
Si ieu vengui per vos a gualiar.

Autr' escondig vos farai pus sobrier,
E pus no m sai orar mais d' encombrier,
S' ieu anc falhi ves vos neys del pensar,
Quan serem sol dins cambr' o dins vergier
Falha m poders deves mon companhier,

De tal guiza que no m puesc' ajudar.

Fals enueios, fementit lauzengier,
Pois ab mi dons m' avetz mes destorbier,
Be us lauzera que m laissassetz estar.

V.

S' abrils e fuelhas e flors,
E 'l bel matis e 'l clar ser,
E 'l ric joy que ieu esper
No m' alegron, et amors,
E 'l rossinholet qu' aug braire,
E 'l dous temps vertz e grazitz
Que ns adutz jois e doussors,
E 'l cuendes pascors floritz
Mi dons son ardit non creys,
E no 'l merma l' espavens,
Greu m' en venra jauzimens.


Domna, s' ieu quezi secors
Vas vos, non o fi de ver,
E veus m' al vostre plazer
Mi e mos chans e mas tors;
E prenc comjat del repaire
On fui tan gent aculhitz,
On renha pretz e valors:
E selh que mante faiditz
Per honor de si meteys,
Quan fai bos acordamens,
A sol los afizamens.

Vostre reptars m' es sabors
Rics, car cuiatz tan valer
Que, ses be far, ab temer
Volriatz aver lauzors,
E c' om no us auzes retraire
Quant us faitz que deschauzitz:
Mas semblaria m temors,
Si n' era per mi cobritz
Coms, ni vescoms, ducs ni reys;
Mas faitz vostres faitz tan gens
Que us en seguan ditz valens.

Dos n' i a guerreyadors,
Quar an de mal far lezer,
Que no s sabon captener
Nulh temps ses enginhadors;
E volon lansar e traire,
E vey los totz jorns guarnitz;
Com an vezi, an descors,
Per qu' ieu non lur sui aizitz:
Quar anc bon pretz non ateys
Ricx hom, si joys e jovens
E valors no ill fon guirens.
D' autres n' i a bastidors,
Ricx homes de gran poder,
Quar sabon terra tener;
Que fan portals e bestors
De caus e d' arena ab caire;
Fan murs e voutas e vitz;
E car son bos mainadors,
Fan ne lurs dons pus petitz,
Per que lur pretz non lur creys;
Quar aitals captenemens
No val mest las bonas gens.

D' autres n' i a cassadors
Per la costuma tener,
Que s fan ric home parer
Quar amon cans et austors,
E corn e tabor e braire;
E vey los tan feblezitz,
E tan pauca es lurs valors,
E lurs pretz es tan freulitz,
Que res mas bestia o peys
Non lur es obediens,
Ni fai lurs comandamens.

Ges dels ricx torneyadors,
Sitot se guaston l' aver,
Non pot a mon cor plazer,
Tan los truep gualiadors:
Ricx hom que per aver traire,
Sec torneyamen plevitz
Per penre sos vasvassors,
Non l' es honors ni arditz:
Mas elh non estrenh correys;
Sol qu' ab elh s' en an l' argens,
Mal ditz ten om a niens.

Ricx homes vuelh qu' ab amors
Sapchan cavallier aver,
O qu' els sapchon retener
Ab be fag et ab honors;
E qu' els truep hom ses cor vaire,
Francx e cortes e chauzitz
E larcx e bos donadors:
Qu' aissi fon pretz establitz
Qu' om guerreyes ab torneys,
E caresmas et avens
Fes hom soudadiers manens.

Na Tempra, joys m' escobitz,
Qu' ieu n' ai mais que s' era reys;
Que fel mesclat ab eyssens
M' es endevengutz pimens.


Papiols, sias tan arditz,
Pren mon chan, e vai ab eis
A 'N
Oc e No, quar prezens
Li fatz de maynhs digs cozens.

Rassa, non sui margeritz,

Anz es tan ferma ma leis,

Que s' anc jorn fui recrezens,

Ara m' en sui reprendens.

//

Bertrand de Born.

https://es.wikipedia.org/wiki/Bertran_de_Born

Bertran de Born (castillo de Born, Salagnac, Périgord, 1140-Dalón, Dordoña, 1215)1​ fue un soldado occitano y trovador.

Fue vizconde de Hautefort. Poseía castillos entre Limosín y Périgord. Luchó con su hermano Constantino por la posesión única de la herencia familiar. También tuvo problemas con el rey Enrique II de Inglaterra y con sus hijos. Dante le describe en el infierno con su cabeza entre las manos como castigo. Bertran acabó sus días en el monasterio de la abadía de Dalón.

Empezó por expulsar a su hermano Constantino del importante castillo cercano de Autafort, cuyo señorío había pasado a compartir. Luego se puso a guerrear contra Enrique II Plantagenet, rey de Inglaterra, empujando a la rebelión, junto con los barones aquitanos y potevinos, al hijo mayor del rey, Enrique el Joven, envidioso de su hermano menor Ricardo Corazón de León, convertido efectivamente en duque de Aquitania y conde de Poitou.

Después de la muerte del «Joven Rey», que le inspiró un planto (elegía) cuya belleza formal nos conmueve todavía hoy, se reconcilió con Enrique II y con Ricardo.

En el Infierno de Dante Bertran de Born es uno de los pocos personajes que explica por sí solo el propio contrapaso: ya que él sembró discordia dividiendo un padre de su hijo, ahora su cuerpo está dividido en dos pedazos (ilustración de Gustave Doré).

Bertrán de Born era el tipo perfecto de barón feudal, que no piensa más que en aventuras y batallas, no por patriotismo, sino por necesidades económicas y venganza personal. Era el cantor apasionado de la guerra, y sus serventesios políticos, que narran las desgracias de sus protectores, los Plantagenet, lo colocan entre los más grandes poetas de su género.2​ Sin embargo, la mayor parte de su obra son canciones de amor y, conforme al estilo trovadoresco, ensalza la belleza de su amada. Esto, junto con su seducción intelectual, le produce un joi (gozo), inigualable a cualquier bien terrenal:


Infierno, Dante, Bertran de Born

En el Infierno de Dante Bertran de Born es uno de los pocos personajes que explica por sí solo el propio contrapaso: ya que él sembró discordia dividiendo un padre de su hijo, ahora su cuerpo está dividido en dos pedazos (ilustración de Gustave Doré).

Se conservan 47 composiciones de Bertran de Born, fechadas entre 1181 y 1196, lo cual le convierte en uno de los trovadores más prolíficos de la época. Sólo una cuenta con su correspondiente notación musical.1​

Como el sensible Bernart de Ventadorn, este condotiero menesteroso y sin escrúpulos se hizo monje en el monasterio de Dalón, donde murió poco antes de 1215, dentro de la orden del Císter. Sabido es que Dante le otorgó, al condenarlo en la Divina comedia, un lugar inmortal. Lo encontramos en el noveno foso del octavo círculo, con los sembradores de discordias (canto XXVIII del Infierno), en el contrapaso.

E perché tu di me novella porti,

sappi ch'i' son Bertram dal Bornio, quelli

che diedi al re giovane i ma' conforti.


Io feci il padre e 'l figlio in sé ribelli:

Achitofèl non fé più d'Absalone

e di Davìd coi malvagi punzelli.


Perch' io parti' così giunte persone,

partito porto il mio cerebro, lasso!,

dal suo principio ch'è in questo troncone.

Così s'osserva in me lo contrapasso.


Y para que tú de mis noticias lleves,

sabe que soy Bertrán de Born, aquel

que dio al joven rey malos consejos.


Yo hice al padre y al hijo entre sí rebeldes;

no hizo más Ajitófel a Absalón

y a David con sus perversas sugerencias.


Porque separé a tan unidas personas,

separado llevo mi cerebro, ¡desgraciado!,

de su principio que está en este tronco.

Así se cumple en mí el contrapaso.

Infierno, canto XXVIII, versos 136-142.

También fue elogiado por Petrarca, quien llegó a imitarlo en alguna canción. Posteriormente, fue reconocido como uno de sus poetas favoritos por T. S. Eliot y Ezra Pound.

Bertran de Born es citado en el libro de Paul Auster Invisible (editorial Anagrama), donde se sitúa al poeta en el infierno al igual que hiciera Dante.

miércoles, 8 de mayo de 2024

Logar, Loguar, Lojar - Perlongar, Perlonjar, Prolonguar

Logar, Loguar, Lojar, v., lat. locare, louer, donner ou prendre en location, mettre à louage. 

Albergar los viandans paubres que no podon logar ostal.

(chap. Albergá als vianans o caminans pobres que no poden llogá (cap) hostal.)

V. et Vert., fol. 79.

Héberger les voyageurs pauvres qui ne peuvent louer gîte.

Ditz hom que, per dos poges,

Sai si logua, e lai si ven.

Pierre d'Auvergne: Chantarai.

On dit que, pour deux pougeois, ici il se loue, et là se vend.

Se vol de veilla logar. 

T. de Bertrand et de Jausbert: Jausbert. 

Se veut donner en location à vieille. 

Part. pas. Ieu soi de parlar logatz... 

Lengua logada non lassa.

P. Cardinal: De paraulas. 

Je suis mis à louage pour parler... 

Langue mise à louage ne se lasse. 

Loc. Homicidi e lauzengier,

Lengua loguat, creba mostier.

Marcabrus: Pus mos coratges. 

Homicides et médisants, mis à louage pour la langue, renverseurs de monastères. 

CAT. Llogar. ANC. ESP. Logar (MOD. Alquilar). ANC. IT. Locare. (chap. Llogá: llogo, llogues, llogue, lloguem o llogam, lloguéu o llogáu, lloguen; llogat, llogats, llogada, llogades.)

2. Logaire, Logador, s. m., lat. locator, loueur, qui prend ou donne à loyer.

Lo senher o 'l logaire de la maio. 

Tit. du XIIIe siècle. DOAT, t. CXVIII, fol. 42.

Le seigneur ou le locataire de la maison. 

Apres dels tres ans esta hom al sagrament del logador.

Statuts de Montpellier, de 1212. 

Ensuite des trois ans on est au serment du loueur.

CAT. Llogador. (chap. Llogadó, llogadós, llogadora, llogadores.)

3. Logadier, Logatier, Locadier, s. m., mercenaire, salarié, journalier.

Els atendon la mort, co fay lo logadier la hora de sa paga.

V. et Vert., fol. 33.

Ils attendent la mort, comme fait le mercenaire l'heure de sa paye.

- Locataire.

Dengun home que sera estranh no manjara del anhel, ni degun logatier ni oste. Hist. abr. de la Bible, fol. 28.

Nul homme qui sera étranger ne mangera de l'agneau, ni nul locataire ni hôte.

Negun hoste ni negun locadier.

Abr. de l'A. et du N.-T., fol. 10. 

Nul hôte ni nul locataire. 

ANC. FR. Y a-t-il différence de demourer en une maison, où il y ait plusieurs louagiers, ou en celle où jamais personne n'ait habité? 

Macault, Trad. des Apopht., fol. 134.

CAT. Llogater. ANC. ESP. Logadero (MOD. inquilino, el que alquila. 

Chap. Llogaté, llogatés, llogatera, llogateres; inquilino, inquilinos, inquilina, inquilines).

4. Loguier, Loguer, s. m., loyer, prix, salaire, récompense. 

Bos er lo gazardo e meilher lo loguiers.

Izarn: Diguas me tu.

Bon sera le guerdon et meilleur le salaire. 

Cels que retenon a tort los loguiers de lurs messatge e dels obriers que fan lur obras. V. et Vert., fol. 15. 

Ceux qui retiennent à tort les salaires de leurs messages et des ouvriers qui font leurs ouvrages. 

De vesoa ni d' orfe enfant, 

Non pris loguier petit ni grant. 

Trad. d'un Évangile apocryphe. 

De veuve ni d'enfant orphelin, je ne pris salaire petit ni grand.

No perdra so loguer. Trad. du N.-Test., S. Mat., ch. 10. 

Ne perdra pas sa récompense.

ANC. ESP.

Tu en loguer prometes me asaz mala sollada.

V. de S. Domingo de Silos, cop. 144.

CAT. Loguer. ESP. MOD. Loguero. (chap. Llogué, llogués : preu que se pague per a llogá, alquilá, alquiler, alquilers. Premio, salari, recompensa, jornal.)

5. Logation, s. f., lat. locationem, location, louage.

Instrumens de locations de maizons. 

Statuts de Montpellier, du XIIIe siècle.

Actes de locations de maisons.

ESP. Locación. PORT. Locação. IT. Locazione.

6. Logazo, s. f., louage.

Si cum es de vendezo e de logazo e de totas causas que son de bona fe.

Trad. du Code de Justinien, fol. 34. 

Ainsi comme il est de vente et de louage et de toutes choses qui sont de bonne foi.

7. Conlogation, s. f., sous-location. 

Instrumens de logations..., de conlogations.

Statuts de Montpellier, du XIIIe siècle. 

Actes de locations..., de sous-locations.

(chap. Colloga, collogues; v. collogá : llogá entre mes de un, normalmén dos, un terreno per a treballál. Collogo, collogues, collogue, colloguem o collogam, colloguéu o collogáu, colloguen; collogat, collogats, collogada, collogades.)

8. Loguadaria, s. f., louage, location. 

En loguadaria de mayos. Tit. du XIIIe siècle. DOAT, t. CXVIII, fol. 41. 

En location de maisons.

9. Logadit, Loguadit, Lojadit, adj., salarié, stipendié, mercenaire. 

Sabia com era vengutz al rei Henric esser soudadiers logaditz.

V. de Bertrand de Born.

Savait comment il était venu au roi Henri (pour) être soudart stipendié.

Per messatge loguaditz. 

Un troubadour anonyme: Seinor vos que. 

Par message salarié.

Lojadiz, es cel que ten luoc de pastor, e non quer... salut de las armas.

Trad. de Bède, fol. 56.

Mercenaire, c'est celui qui tient lieu de pasteur, et ne cherche pas... le salut des âmes.

10. Alogar, v., louer, prendre à gages, allouer, assigner.

Aquels liais obriers

Que Dieus mes en la vinha, c' aitan det als derriers,

Can los ac alogatz, coma fetz als premiers.

Izarn: Diguas me tu.

Ces loyaux ouvriers que Dieu mit dans la vigne, vu qu'autant il donna aux derniers, quand il les eut loués, comme il fit aux premiers. 

Part. pas. fig. Quar aqui es alogada

L' amor desobre nompnada. 

Brev. d'amor, fol. 7.

Car là est assigné l'amour dessus nommé.

ANC. FR. Le seigneur peut saisir pour sa rente les bestes pasturantes sur son fonds, encore qu'elles n' appartiennent à son vassal, ains à ceux... qui ont alloué lesdites bestes.

Coutumes de Normandie, art. 67.

ANC. ESP. Alogar. IT. Allogare.

 

Logre, s. m., lat. lucrum, lucre, gain, profit. 

Sans deception et sans logre d' aver. Titre de 1059. 

Sans déception et sans lucre d'argent.

ANC. CAT. Llogre. ESP. Lucro, logro. PORT. IT. Lucro. (chap. Lucro, profit, guañ.)

2. Lograr, v., lat. lucrari, gagner, obtenir, acquérir.

Logra 

Tals morcels que pueis l' amarga.

Gavaudan le Vieux: Lo mes. 

Acquiert morceaux tels que puis (cela) lui cause amertume.

CAT. ESP. Lograr (lucrar, lucrarse). PORT. Lucrar. IT. Lucrare.

(chap. Lucrá, lucrás: yo me lucro, lucres, lucre, lucrem o lucram, lucréu o lucráu, lucren; lucrat, lucrats, lucrada, lucrades. Lográ : conseguí. 

En rumano diuen lucru : treballá: conseguí un profit : lucrás.)

3. Lucrier, adj., riche, opulent, puissant.

Mas lai on sap baro que es lucriers,

Que a IIII castels ni V entiers.

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 21.

Mais là où il sait baron qui est riche, qui a quatre et cinq châteaux entiers. 

ANC. CAT. Logrer. ESP. Logrero. (chap. Ric, potén, opulén.)

 

Loire, s. m., leurre, appât.

Can lo veira apropchar,

Lo loire deu hom lai gitar;

Pero tota hora li sovenha

Qu' el loire per la corda tenha.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

Quand on le verra approcher, le leurre on doit là jeter; pourtant qu'à toute heure on se souvienne qu'on tienne le leurre par la corde. 

ANC. FR. Et fist tornoiement ès nues

D' ostoirs, de faucons et de grues, 

Et les fist au loirre venir.

Roman de la Rose, v. 20351.

On trouve, en ANC. CAT., Loyra.

2. Loirar, v., leurrer, attirer au leurre.

Fig. Ma domn' es tan bell' e cortes' e pros 

Que m fai loirar plus que falcos lanier. 

G. Rainols d'Apt: Quant aug.

Ma dame est si belle et courtoise et méritante qu'elle me fait leurrer plus que faucon lanier.

ANC. CAT. Loyrar.

3. Aloirar, v., leurrer, allécher, attirer.

Aloirar coma falco

Et adobar.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

Leurrer et arranger comme faucon.

Fig. Per lo peccador aloyrar. Brev. d'amor, fol. 130.

Pour leurrer le pécheur.

Part. pas. Can lo falx es fort be aloiratz, 

E ben maniers e ben privatz.

Deudes de Prades, Auz. cass.

Quand le faucon est fort bien leurré, et bien maniable et bien privé.

ANC. CAT. Aloyrar. (chap. Pasturá, doná minjá, empapussá, alimentá.)

 

Lom, Lomp, s. m., lat. lumbus, lombe, rein, longe, filet.

Als ronhos et als loms. Eluc. de las propr., fol. 95. 

(chap. Als riñons y als lloms.)

Aux rognons el aux reins. 

Vostre lombe seint. Trad. de Bède, fol. 40.

Vos reins ceints.

Dieus comandet ad aquells que sacrifiarian l' anhell pascal que senchesson be lurs loms. V. et Vert., fol. 97.

Dieu commanda à ceux qui sacrifieraient l'agneau pascal qu'ils  ceignissent bien leurs reins.

Son porc... vendre fara; deu vendre los lomps als senhors.

Cout. de Tarraube, de 1284.

Son porc... il fera vendre; il doit vendre les filets aux seigneurs. 

CAT. Llom. ESP. Lomo. PORT. IT. Lombo. (chap. Llom, lloms; llomillo, llomillos; solomillo, solomillos; desllomat, desllomats, desllomada, desllomades. Acachá lo llom : belcás per a treballá.)

 

Lombric, Lumbric, s. m., lat. lumbricus, lombric, sorte de ver.

Quan l' arma siec lai los camis estretz, 

E 'l cors es sai vianda dels lombrics. 

P. Cardinal: D' un sirventes far.

Quand l'âme suit là les chemins étroits, et le corps est ici la pâture des vers.

Lombrix de terra qui so esca a pescar ab hams.

(chap. Papaterra que son sebo per a peixcá en hams.)

Eluc. de las propr., fol. 262.

Vers de terre qui sont amorce à pêcher avec hameçons.

- Ver d'intestin.

(chap. Cuc dels budells, tripes, intestinos. Alguns com la solitaria o tenia se poden fé mol llargs y sé perillosos.)

Verms... alcus so en bestias cum lumbrix.

Auci lumbrics et verms d'aurelhas.

Eluc. de las propr., fol. 262 et 200.

Vers... aucuns sont dans les animaux comme les lombrics.

Détruit lombrics et vers d'oreilles. 

ESP. Lombriz. PORT. Lombriga. IT. Lombrico. (chap. Papaterra, papaterres: que minge o pape terra. Papatiarra, papatiarres a Valjunquera.)

2. Lombec, s. m., lombex, sorte de ver à soie.

Lombex es verm nayshent els rams de cipres, de fraishe..., e ministra seda per sa egestio. Eluc. de las propr., fol. 241.

(chap. Cuc de seda. Fique que naix a les rames o branques de siprés, o de freixa, fresno, y que “cague” seda.)

Lombex est ver naissant aux branches de cyprès, de frêne..., et il fournit soie par son évacuation.

 

Lona, s. f., lagune, mare, flaque.

(N. E. ESP. Laguna, lago, estanque, estanca; latín lacu, lacuna; alemán See; Escocia loch, lake. Chap. Laguna, lagunes; lago, lagos. CAT. Llach, llac, llacuna, estany.)

Una granda lona o 'stanh d' ayga dousa o salada.

En la terra essucha que sera entre los senhals e la lona o l' estanh o l' aiga.

Trad. du Tr. de l'Arpentage, 1re part., ch. 30. 

Une grande lagune ou étang d'eau douce ou salée. 

En la terre sèche qui sera entre les signaux et la mare ou l'étang ou l'eau.

 

Long, Lonc, Loing, adj., lat. longus, long, désignant l'étendue.

La pecairis s' estent aitant longa cant fon.

(chap. La pecadora se va estendre tan llarga com ere. Ocsitá pecairitz, pecairis. S'ha estés tot lo llarg qu'es.)

V. de S. Madeleine.

La pécheresse s'étend autant longue qu'elle fut.

Substantiv. Aitan a de lonc coma de larc. Liv. de Sydrac, fol. 45.

Autant a de long comme de large.

Adv. comp. Vi per un gran paviment 

De lonc en lonc la gran serpent. 

Roman de Blandin de Cornouailles.

Vit sur un grand pavé de long en long le grand serpent.

- Désignant la durée.

Lanquan li jorn son lonc en mai.

G. Rudel: Lanquan. 

Lorsque les jours sont longs en mai. 

Aissi finira ma chanso, 

E no vuelh pus longa sia.

Berenger de Palasol: S'ieu sabi' aver. 

Ici finira ma chanson, et je ne veux pas qu'elle soit plus longue. 

Adv. comp. Longa sazo ai estat vas amor

Humils e francs, et ai fait son coman. 

Cadenet: Longa sazo. 

Longtemps j'ai été envers amour humble et franc, et j'ai fait son commandement.

- Différé.

Longua paraula d'amar

Es grans enueitz, e par enjans.

B. de Ventadour: Quant erba. 

Longue parole d'aimer est grand ennui, et paraît tromperie.

Ieu no 'n trob ges doas en mil 

Ses falsa paraula loigna.

A. Daniel: Lancan son passat. 

Je n'en trouve pas deux en mille sans fausse parole différée. 

Prép. L'autr'ier lonc un bosc fulhos.

Cadenet ou Thibaud de Blizon: L'autr'ier. 

L'autre jour le long d'un bois feuillu. 

Si uns si presenta 

Qu'ill denh lonc se assire.

P. Rogiers: Tan no plou. 

Si un se présente qu'elle daigne à côté de soi faire asseoir.

Prép. comp. De lonc celui qui plus li plai. 

T. de Peyrols et de Gaucelm: Gaucelm. 

A coté de celui qui plus lui plaît.

Jaufre, com ben ensegnhatz, 

Vai de lonc Brunezen sezer.

Roman de Jaufre, fol. 88.

Jaufre, comme bien appris, va auprès de Brunesent s'asseoir. 

ANC. CAT. Llonch. ANC. ESP. Luengo. PORT. Longo. IT. Lungo. 

(chap. Llarg o llarc; llargs o llarcs; llarga, llargues.)

Compar. D' un sirventes no m qual far longor ganda.

Bertrand de Born: D' un sirventes. 

D'un sirvente il ne me faut pas faire plus long délai.

Aissi vai lo vers definen,

Et ieu no 'l puesc far lonjor.

(chap. Aquí va lo vers acabán, y yo no lo puc fé mes llarg. Lonjor : mes llarg o llarc.)

Pierre d'Auvergne: Belha m' es la.

Ici va le vers finissant, et je ne le puis faire plus long.

2. Sobrelonc, adj., très long.

Jorns sobreloncs. Eluc. de las propr., fol. 109.

Jours très longs.

(chap. Sobrellarg, sobrellarc : massa llarg, mol llarg.)

3. Long, Loing, Lonh, Lung, Luenh, Lunh, adv., loin.

No m sai quora mais la veyrai, 

Quar tan son nostras terras lonh. 

(chap. literal: No me sé cuán mes la voré, ya que tan están les nostres terres llun, lluñ.)

G. Rudel: Lanquan li jorn. 

Je ne sais quand plus je la verrai, car tant sont nos terres loin.

Cug esser loing en Espanha, 

Preon entre Sarazis. 

Folquet de Marseille: Ja non volgra. 

Je crois être loin en Espagne, bien avant parmi les Sarrasins.

Luenh es lo castelhs e la tors 

Ont elha jay e son maritz.

G. Rudel: Pro ai. 

Loin est le château et la tour où elle gît et son mari.

D' aquest' amor son lung forsdutz.

A. Daniel: Lanquan vei. 

Je suis éconduit loin de cet amour.

Loc. Anc tan non amey luenh ni prop. 

Arnaud de Marueil: Dona sel. 

Oncques tant je n'aimai loin ni près. 

Mielhor ni gensor non sai 

Ves nulha part, ni pres ni lonh.

G. Rudel: Lanquan li jorn. 

Meilleure ni plus belle je ne sais vers nulle part, ni près ni loin. 

Adv. comp. M' es belhs dous chans d' auzelhs de lonh. 

G. Rudel: Lanquan li jorn. 

Le doux chant d'oiseaux m'est beau de loin.

Pres e valor vezem pauc en luenh enantir.

G. Fabre de Narbonne: On mais vey. 

Mérite et valeur nous voyons peu s'avancer au loin.

Prép. comp. Menet lo ab si foras lonh del castel.

V. de G. de Cabestaing.

Le mena avec soi dehors loin du château.

Las serisias vi loing de se. 

(chap. Va vore les sireres lluñ de sí : d'ell, d'ella.)

T. de B. de Ventadour et de Peyrols: Peirols.

Les cerises vit loin de soi. 

Fig. Lo cor de lor es long de mi. Doctrine des Vaudois.

Le coeur d'eux est loin de moi.

CAT. Lluny. ANC. ESP. Luene (MOD. lejos). PORT. Longe IT. Lungi. 

(chap. Lluñ, llun; alluñat, alluñats, alluñada, alluñades; apartat, apartats, apartada, apartades; a la quinta biscuerna; al quinto pi; allá aon nostre Siñó va pedre les abarques; alló está a pendre pel cul.)

4. Longa, s. f., longue, délai.

Adv. comp.

Be sabon qu'a la longa no i poiran pas durar. Guillaume de Tudela. 

(chap. Be saben que a la llarga no hi podrán aguantá, durá, permaneixe.)

Ils savent bien qu'à la longue ils n'y pourront pas durer.

ESP. Luenga. (chap. A la llarga. Conec algú de Valderrobres en apellit Llonga, se va casá a Beseit, té dos filles mol guapes. Encara fa vi a la manera tradissional, com u fée son sogre “lo sistellé”.)

5. Longueza, Longuessa, Longesa, s. f., longueur.

La largueza, la longueza, l' auteza e la pregundeza.

Trad. de l'Ép. de S. Paul aux Éphésiens.

La largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur.

Mesurec la longuessa de 1 peyra entro l' autra. Philomena, fol. 22.

Mesura la longueur d'une pierre jusqu'à l'autre.

Li longesa de la terra non part pas aquels que charitaz ajostet.

Trad. de Bède, fol. 20.

La longueur de la terre ne sépare pas ceux que charité réunit.

ANC. FR. Les bons usages... se refroidissent par longuesse de temps. Not. des Mss. de la bibl. dite de Bourgogne, p. IG. 

ANC. CAT. ANC. ESP. Longueza. IT. Lunghezza. (chap. Llargaria, llargaries, tan de mida com de tems.)

6. Longeitz, Longeis, adv. de compar., plus longuement, plus longtemps.

Tot atressi cum Duransa

Pert en mar major 

Son nom, que longeis non cor. 

Richard de Barbezieux: Lo nous mes.

Tout ainsi comme la Durance perd en haute mer son nom, vu qu'elle ne court pas plus longtemps. 

Si 'l mals longeitz li dura,

Pauc viura.

(chap. Si lo mal mes tems li dure, poc viurá. En inglés, long, longer : alemán lang : länger : llarg de tems, mes llarg de tems : mes tems.)

P. Rogiers: Al pareissen. Var.

Si le mal plus longuement lui dure, il vivra peu.

7. Longas, Longuas, Lonjas, adv., longtemps.

Las! ges longas non posc sofrir l' afan.

Raimond de Salas: Si m fos. 

Hélas! longtemps je ne peux point souffrir la peine.

Adv. comp. A lonjas n'ay sufert lo fays.

Jordan de Cofolen: Non estarai.

Dès longtemps j'en ai supporté le faix.

8. Longamen, Longuamen, Lonjamen, adv., longuement, longtemps. Aissi com hom longuamen

Non pot viure ses vianda.

B. Zorgi: Atressi. 

Ainsi comme on ne peut vivre longtemps sans nourriture.

S'ieu n' ai lonjamen

Gran ben dig, no m desplatz.

Arnaud de Marueil: Ja non er. 

Si j'en ai longtemps dit grand bien, il ne me déplaît pas.

Adv. comp. La carta 'l porto VII Juzieu, 

De longamen bon amic sieu.

Trad. de l'Évangile de Nicodème. 

La charte lui portent sept Juifs, de longtemps ses bons amis.

ANC. CAT. Llongament. ANC. ESP. Luengamente. PORT. Longamente. 

IT. Lungamente. (chap. Llargamen.)

9. Sobrelongament, adv., très longuement.

Viu sobrelongament. Eluc. de las propr., fol. 232. 

Vit très longuement.

10. Longitut, s. f., lat. longitudo, longueur. 

Fig. Per longitut... d' estudi. Trad. d'Albucasis, fol. 2. 

Par longueur... d'étude.

CAT. Longitut. ESP. Longitud. PORT. Longitude. IT. Longitudine. 

(chap. Longitut, longituts : llargaria, llargaries.)

11. Longinc, adj., lat. longinquus, éloigné, distant, lointain.

El loc de la seccio, sobre peyra, en las femnas, es longinc del loc de la peyra.

Fig. Aquesta operacio es pus salva e pus longinqua de flux de sanc.

Trad. d'Albucasis, fol. 32, et 33.

Le lieu de la section, sur la pierre, dans les femmes, est distant du lieu de la pierre.

Cette opération est plus sûre et plus distante de flux de sang.

ESP. Longincuo. PORT. IT. Longinquo. (chap. Alluñat, longincuo, distán, apartat.)

12. Longansa, s. f., retard, prolongation, ajournement.

Ab brau respos et ab longansa.

Aimeri de Peguilain: S'ieu fui. 

Avec dure réponse et avec ajournement.

13. Lonhdan, Lunhdan, Loindan, adj., lointain, éloigné. 

Voyez Muratori, Diss, 33.

Ja negus non er tan plazentiers,

... Ni lunhdas ni vezis,

Que ja sia de mos afars devis.

Arnaud de Marueil: Anc vas amors.

Jamais nul ne sera si agréable... ni éloigné ni voisin, que jamais il soit médisant de mes affaires.

Una non sai loindana ni vezina,

Si vol amar, vas vos no si' aclina.

La Comtesse de Die: A chantar m' er.

Je n'en sais pas une éloignée ni voisine, si elle veut aimer, qui envers vous ne soit soumise.

Fin' amors jonh e lia

Dos cors de lonhdan pais.

Peyrols: Quoras que.

Amour pur rapproche et unit deux coeurs de lointain pays.

- Adverbial. Longuement.

Si 'l mals loindans li dura,

Pauc viura.

P. Rogiers: Al pareissen.

Si le mal longuement lui dure, peu il vivra.

IT. Lontano. (ESP. en lontananza, alejado.)

14. Longar, Loingnar, Lonhar, Luenhar, Lunhar, v., éloigner, renvoyer, écarter, reculer, s'éloigner. 

Assatz par

Que loingnar 

Me volc de sa reio.

V. de Pierre Vidal. 

Il paraît assez qu'elle voulut m'éloigner de son pays.

Partic lo de si e 'l lonhet, e no 'l vesti ni l' armet. V. de Peyrols. 

Le sépara de soi et le renvoya, et ne le vêtit ni l'arma.

Que joi mi renda,

E m luenh sospirs e plors.

Guillaume de Cabestaing: Lo dous. 

Qu'elle me rende joie, et écarte de moi soupirs et pleurs.

S'era reys d' Englaterr' o de Fransa, 

Lonhera m'en per far totz sos comans.

Rambaud de Vaqueiras: Era m requier. 

Si j'étais roi d'Angleterre ou de France, je m'en éloignerais pour faire tous ses commandements. 

A doas legas lonhet d' aqui.

(chap. A dos legües se va alluñá d'aquí, assí, açí, astí.)

R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.

A deux lieues il s'éloigna de là.

- Séparer.

Tro lauzengiers crois e savais 

Nos longeran ab lors fals brais.

Rambaud d'Orange: Entre gel. 

Jusqu'à ce que médisants méchants et lâches nous séparèrent avec leurs faux cris.

Part. prés. L' esperitz

Es de lieis privatz et aizitz, 

Sitot lo cors s' en es lonhans. 

B. de Ventadour: Pel dols. 

L'esprit est d'elle familier et accueilli, quoique le corps s'en est éloignant. Fig. Que s' an' ades loinhan 

Per mielhs salhir enan.

B. de Ventadour: Pus mi preiatz. 

Qu'il s'en aille incontinent reculant pour mieux sauter en avant.

Part. pas. fig. Anc no fuy tan lunhat d'amor. 

G. Rudel: Belh m' es. 

Oncques je ne fus si éloigné d'amour. 

Annet en pellerinatge en lunhada terra. 

Trad. du N.-Test., S. Luc, ch. 15. 

Alla en pélerinage en terre éloignée.

ANC. IT. Si forte esso longiando. Guittone d'Arezzo, Lett. 30.

ANC. CAT. Lunyar. (chap. Alluñá, alluñás, anassen lluñ o llun: yo m'  alluño, alluñes, alluñe, alluñem o alluñam, alluñéu o alluñáu, alluñen. 

Yo m' en vach lluñ; yo m' aparto.)

15. Alongament, Alonhament, s. m., éloignement.

Per gran alonhament del solelh. Eluc. de las propr., fol. 134.

Par grand éloignement du soleil.

- Retard, prolongation, délai.

En breu d' ora y ven alongamens.

H. Brunet: Cuendas razos.

En peu de temps y vient retard.

Ses plus d' alongamen.

Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 2 bis.

Sans plus de retard.

Queron inducias, so es respech e alongamen.

Trad. du Code de Justinien, fol. 14.

Demandent renvois, c'est-à-dire répit et prolongation.

ANC. ESP. Alongamiento. PORT. Alongamento. IT. Allungamento.

(chap. Allargamén, allargamens; prolongassió, prolongassions; prórroga, prórrogues; atrasamén, atrasamens de un juissi, retrás, retrasos.)

16. Alongui, s. m., délai, prolongation.

Paubres deu atrobar perdo

Et alongui, cant falh promessio.

B. Carbonel de Marseille, Coblas triadas. 

Le pauvre doit trouver excuse et délai, quand promesse manque.

Alonguis de IIII mes non sia autreiatz.

Cout. d'Alais. Arch. du Roy., K, 714.

Qu'un délai de quatre mois ne soit pas octroyé.

(chap. Retrás, prolongassió, prórroga, atrasamén.)

17. Alonguier, s. m., retard, retardement, délai, prolongation.

Dama, ditz En Lucatz, no fassam alonguier. Guillaume de Tudela. 

Dame, dit le seigneur Lucas, ne faisons point retardement.

No quieyras alonguier ni definida de jorn. 

No lur permet alonguier entro a dema. 

V. et Vert., fol. 68 et 71. 

Ne requiers prolongation ni assignation de jour. 

Ne leur permet délai jusqu'à demain.

18. Allongansa, Aloingnansa, s. f., prolongation, délai, allongement.

Val mais us cortes nos,

Quant ocs non trob' abondansa,

Que s'om ditz per allongansa: 

Si farai.

Azemar le Noir: Era m don. 

Mieux vaut un non courtois, quand oui n'y trouve suffisance, que si on dit pour délai: Si ferai.

Un manuscrit porte aloingnansa. 

ANC. ESP. Alonganza.

19. Alongar, Alonguar, Alonjar, Alunhar, v., allonger, prolonger.

- Désignant l'étendue.

Regnas breus qu' om non puesc' alonguar.

Bertrand de Born: Ieu m' escondisc. 

Rênes courtes qu'on ne puisse allonger.

(chap. Riendes curtes que no se puguen allargá.)

Las regnas alonguet al seu bausan destrier.

Roman de Fierabras, v. 170.

Les rênes allongea à son destrier bauçant.

S' alonjan e s' abrevian cum li masculin. Gramm. provençal.

S'allongent et s'abrègent comme les masculins.

- Désignant la durée.

Ab deniers dels mortz alonga al rei sa guerra.

Le Dauphin d'Auvergne: Vergoigna. 

Avec deniers des morts il prolonge au roi sa guerre. 

Alongon las causas, e fan far grans dampnatges. V. et Vert, fol. 15.

Prolongent les causes, et font faire grands dommages.

- Retarder, différer.

Mas si m' alongues de morir, 

Ma vida for' el sieu servir.

P. Raimond de Toulouse: Enquera. 

Mais si elle me retardait de mourir, ma vie serait au sien servir.

Part. pas. Mandet que la sagrassio fos alongada entro lendema mati.

(chap. Va maná que la consagrassió fore diferida, allargada hasta en son demá de matí.)

Philomena. 

Ordonna que la consécration fût différée jusqu'au lendemain matin.

L' alonga sol meig an, 

E fa carta novela.

G. Riquier: Si m fos. 

Le diffère seulement d'un demi-an, et fait titre nouveau.

- Éloigner.

Si nos de las tendas no 'ls podem alunhar. Guillaume de Tudela. 

Si nous ne les pouvons éloigner des tentes. 

ANC. CAT. ANC. ESP. PORT. Alongar. IT. Allungare. (chap. Alluñá de lluñ, allargá de llarg.)

20. Deslongar, Deslonhar, Deslonjar, Desluenhar, Deslunhar, v., éloigner, écarter.

Plus que serps de sicomor

M' en deslong.

Guillaume de Cabestaing: Ar vei qu'em.

Je m'en éloigne plus que serpent de sycomore.

Per descassar e per deslonhar lo diable. V. et Vert., fol. 70. 

Pour chasser et pour éloigner le diable.

En la sua desmesura,

Mi part de si, e m desluenha.

Guillaume de Saint-Didier: Bel m' es. 

Dans son mauvais procédé, elle me sépare de soi, et m'éloigne.

No s pot sebrar ni deslunhar de vos. 

P. Raimond de Toulouse: Tos temps aug. 

Ne se peut séparer ni éloigner de vous. 

Fig. De tota joia m deslonja 

Ma dona.

Peyrols: Manta gens. 

De tout plaisir ma dame m'écarte.

21. Esloignar, Eslueingnar, Eslonhar, v., éloigner, éviter.

Fig. Eslueingna de turmen

Los las.

B. Zorgi: On hom plus.

Éloigne de tourment les malheureux. 

Doncx per que s' en vai negus tarzan

Ni eslonhan d' aquelh senhor servir?

Elias de Barjols: Qui saubes.

Donc pourquoi nul s'en va tardant et évitant de servir ce seigneur?

Que d' afan 

Lo puosca anar esloignan.

B. Zorgi: Sitot. 

Que de peine je puisse aller l' éloignant.

ANC. CAT. Elongar. (chap. Evitá, apartás de, alluñás de los capsots catalanistes, aragonesos incluíts.)

22. Perlongamen, Prolongament, s. m., prolongation, délai.

Dilacio... vol dire perlongamen. V. et Vert., fol. 12.

(chap. Dilassió... vol di prolongamén.)

Dilatation... veut dire prolongation. 

Senes prolongament, devon enquerir e cercar lo tort.

Cout. de Tarraube, de 1284. 

Sans délai, ils doivent enquérir et chercher le tort. 

ANC. CAT. Prolongament. ESP. Prolongamiento. PORT. Prolongamento. 

IT. Prolungamento. (chap. Prolongamén, prolongamens; prolongassió, retrás, prórroga, etc.)

23. Prolongacio, s. f., prolongation, allongement.

Abreviament et prolongacio.

(chap. Abreviamén y prolongassió.)

Eluc. de las propr., fol. 126.

Abrégement et prolongation.

CAT. Prolongació. ESP. Prolongación. PORT. Prolongação.

IT. Prolongazione, prolungazione. (chap. Prolongassió, prolongassions.)

24. Perloinjansa, s. f., retard, prolongation.

Que om la reda ses tota perloinjansa.

Traité de la Pénitence, en prov., fol. 59.

Qu'on la rende sans aucun retard.

25. Perlongar, Perlonjar, Prolonguar, v., lat. prolongare, prolonger, différer, retarder.

Perlonga de jorn en jorn d' enansar sa via. Liv. de Sydrac, fol. 128. Diffère de jour en jour d'avancer son chemin. 

Non perlongues ton do als frachuros. V. et Vert., fol. 81.

Que tu ne diffères pas ton don aux indigents. 

Part. pas. Per so car lo cosselh era prolonguat. 

Tit. de 1428. Hist. de Nîmes, t. III, pr., p. 226.

Parce que le conseil était prolongé. 

Esperansa perlonjada. Trad. de Bède, fol. 58.

Espérance prolongée. 

ANC. CAT. Perlongar. CAT. MOD. Prolongar. ESP. PORT. Perlongar, prolongar. IT. Prolungare. (chap. Prolongá: prolongo, prolongues, prolongue, prolonguem o prolongam, prolonguéu o prolongáu, prolonguen; prolongat, prolongats, prolongada, prolongades.)