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viernes, 9 de octubre de 2026

XIII. Vocabulaire alphabétique, idiomes vulgaires, Isère, Abasima - Vorzio

N° XIII.

Vocabulaire alphabétique
Des mots les plus difficiles des Idiomes vulgaires du département de l'Isère.

Troisième Partie. Littérature dauphinoise.

Nous croyons ne pouvoir mieux terminer cet Appendix que par un Vocabulaire des mots les plus difficiles qui se trouvent dans les patois du département de l'Isère. Cette série n'est pas très-nombreuse, et nous ne la donnons pas pour complète. Mais, telle qu'elle est, elle pourra être utile et faciliter l'intelligence des pièces imprimées dans ce volume.

A.

Abasima, abîmer, détruire.
Abada, terme de berger; Abada lo tropè, donner la clef des champs aux troupeaux qu'on mène paître.
Abasourdi, étourdir, assommer.
Ablagié, ravager, piller, faire du dégât.
Accana, accabler, suffoquer, oppresser.
Accapa, acroupi, caché.
Achampa, chasser, poursuivre.
Achina. Se dit d'une personne qui par amour en poursuit une autre.
Accoindo, assemblée de famille pour un mariage, fiançailles.
Accora, donner du cœur à quelqu'un, encourager.
Accoursa, voler au secours de quelqu'un.
Ada: jo siou ada, je suis à mon aise.
Aduré, amener.
Affichié, s'opiniâtrer, soutenir une chose avec chaleur.
Agi, haie, buisson.
Agippi. Se dit du pain qui n'est pas bien levé.
Aigrat, grappe de raisin qui n'est pas mûr.
Aigreta, oseille.
Aigrevo, le houx, arbrisseau.
Aimò, bon sens: il ne s'emploie que dans le sens privatif.
Aissetta, petite hâche, l'herminette.
Allica: filli allica, fille bien parée.
Annechèli, extenué de besoin, mourant de faim.
Apondré, alonger, ajouter, raccommoder.
Apprari, mettre un champ en pré.
Araré, charrue pour le labourage.
Argueu, serpent appelé orvet.
Armailli, troupeau de bêtes à cornes.
Armarina, osier.
Asségrégié, arranger, mettre en ordre.
Attaffeïer, planter.
Avengier, achever, terminer.
Ayal, la branche principale d'un arbre.

B.

Bachassi, abreuvoir, bassin de fontaine.
Bada, ouvrir la bouche, bâiller.
Bada-bec, se dit proprement des personnes qui aiment à jaser.
Bageo, sage par excellence.
Bayar, espèce de civière propre à porter des fardeaux.
Baïlé, nourrice gagée. - On donne aussi ce nom au chef des bergers qui, de la Provence, conduisent de nombreux troupeaux de moutons sur les montagnes du canton d'Entraïgues.
Bambochi, canne, bâton.
Banata, vaisseau en bois pour les usages domestiques.
Bandigola, se donner des airs en marchant, remuer les jambes quand on est assis; adj. décontenancé.
Baragni, espèce de garde-fou pour assurer le passage d'un ruisseau sur une planche mise en forme de pont.
Barboeïri, masque, personne déguisée.
Bardana, punaise.
Barfouillar, bavard, parleur perpétuel.
Baritel, tamis pour passer la farine.
Barouchi, fantôme placé au milieu des champs ensemencés, pour éloigner les oiseaux.
Baruffa: faré la baruffa, faire des mines refrognées.
Barula, rouler en bas.
Basi de fan, mort de faim.
Bedin-Bedot, nom d'un jeu d'épingles.
Beichavet, hoyau pour bêcher la vigne.
Beitour, pilon pour le sel.
Beliau, peut-être.
Belluar, guêtres.
Berlio, colline.
Berloda, tout ce qu'on donne après un marché convenu.
Big, Biga, montagnards.
Bimbola, barriolé, de diverses couleurs.
Blanda, chenille.
Bordalunëiri, brandon qu'on allume à certaines époques de l'année.
Bordeïri. Se dit des mouches et autres insectes qui font du bruit en volant.
Bot, crapaud.
Bratà, chanceler.
Bret. Se dit d'un arbre dont les branches et les racines s'étendent sur deux pièces de terre appartenant à deux maîtres.
Burlet, bâton ferré, bâton pour se battre.

C.

Cacareïé. Se dit du bruit que font les poules quand elles veulent pondre.
Cacarochi, contusion à la tête.
Cachemeilli, cachette pour l'argent, tirelire.
Caillot. On appelle ainsi un enfant qui tête et qui se porte bien.
Cambreïa, réunion de petits enfans.
Carcailli: porta en carcailli, porter quelqu'un sur les épaules.
Carcavel, grelot, sonnette.
Caret, rance, gâté.
Catella, poulie, et particulièrement celle d'une chaîne de puits.
Cayon, porc.
Chabouna, finir, terminer.
Chabuclo, nie le qui gâte les blés.
Chalà, petit sentier, particulièrement celui qu'on fait sur la neige.
Chalenda, jour de Noël.
Chambrò, écrevisse.
Champeïé, chasser un troupeau devant soi.
Chanavari, charivari.
Chandillon, chenevotes, tiges du chanvre dépouillées.
Chanistella, corbeille, panier.
Chapla, couper en morceaux; frapper à une porte.
Chapit, charpente provisoire.
Chapota, couper en morceaux.
Charà, écurer, nettoyer.
Charamelà, jouer du chalumeau.
Charat et Charot, blessure.
Charcon, chouette.
Charin, arbre qui ne vient pas bien.
Charoupa, épithète injurieuse.
Charpéna (sé), se quereller.
Chateni, arrêter un bœuf ou un mouton par la corne.
Chatrou, syrinx, flûte à Pan.
Chauchié, fouler aux pieds.
Chava, creuser dans la terre.
Choley, lampe rustique. 
Chourela, raisins que les grapilleurs trouvent après les vendanges.
Chotié, gaucher.
Chougnié, manger, en parlant des animaux.
Cimoussa, lisière des étoffes.
Civier, ancienne mesure des grains et des terres.
Claffi. Se dit d'un bois épais et d'un arbre chargé de fruits.
Cleupleion, natte de chaume.
Clussi, poule couveuse.
Coeïta, empressement.
Colanchié, glisser; colanchon, glissoir.
Combeïe, imbiber d'eau.
Commessura, second timon d'un charriot pour y atteler plusieurs boeufs.
Corailli: avei la corailli, avoir des nausées.
Cordeï, gâteau, échaudet.
Cornille, bourgeon des extrémités de la vigne.
Cosséal et cossial, blé méteil.
Cossien, convenable, bienséant; maucoussent, impertinent.
Coti, manger; u ne pot pas coti, en parlant d'un malade, il ne peut rien prendre. 
Coucouara, hanneton.
Couët, attrapé, trompé dans son attente.
Coutouilli, vase de terre pour les liquides.
Couven, vin fait avec le marc de raisin pressé et remis dans la cuve avec de l'eau.
Creil, berceau d'un enfant en très-bas âge. 
Creitin et créiti, goîtreux, malade, indolent.
Crenel, cage à poulets.
Cristolet, fat, fanfaron.
Croeï, fruit vermoulu.
Croset, petit morceau de pâte étendu avec le doigt et roulé, dont on fait la soupe.
Crosson, berceau; crouissa, bercer.
Crusieu et creisieu, lampe.
Culut, ver-luisant.
Cumaclo, crémaillère.

D.

Dadolin, traînard, paresseux. 
Dagni. Voy. Chandillon.
Dailli, faux.
Daloueïri, petite hache.
Darbon et Darbou, taupe.
Darna, ver qui ronge les livres et les étoffes.
Darneïat, pigrièche.
Deiboullié, gâter, défaire, détruire.
Deicomota, délayer.
Deifrina (sé), se chagriner, s'emporter.
Deiga, sobriquet.
Deipotenta, hors de service.
Deirochi, tomber du haut d'un arbre, d'une échelle, etc.
Deisalabarda. Se dit du coq dérangé qui chante avant l'heure ordinaire.
Deitra, hache pour équarrir le bois.
Densi, de cette manière-ci; denguy, de cette manière-là.
Derbi, dartre, humeur dartreuse.
Dorchi: virié dorchi, tourner le dos; regarda dorchi, regarder de travers.
Dorgassi, dorgasse, terme injurieux.
Dou, fiel de bœuf, de veau, de mouton, etc.
Drachi, grappe de raisin après qu'elle a été pressée.
Dray, ravine.
Drouilli, morceaux de bois, écoupeaux.
Drugeïé, se réjouir, sauter de joie.
Dumatio, douillet, mignard.

E.

Eibandi, s'épanouir, en parlant des fleurs.
Eibarna et eibaterna, ouvrir les portes et les fenêtres.
Eiblesi. Se dit des étoffes et du linge qui sont usés.
Eibluesa et deiblussa, effeuiller une fleur. 
Eicalambra, écarter les jambes.
Eicarcailla, même signification.
Eichaca, écailler.
Eichagni, dévidoir pour le fil.
Eichallié, ôter le brou des noix.
Eicharavay, cerf-volant.
Eicharbota, éparpiller.
Eichargnié, se moquer.
Eichari, flétri, ridé.
Eicharognié, égratigner.
Eiclapa, casser, en parlant des ustensiles de bois et de terre.
Eiclussi, maigre, exténué; eicruci, idem.
Eicondre, cacher.
Eicouré, battre le blé.
Eigareta. Se dit d'une personne fatiguée.
Eigariffa, griffonner.
Eiglaïé, glisser en marchant sur la glace.
Eiglat, fronde des bergers.
Eiloeïdo, éclair.
Eimapa, laisser échapper des mains.
Eipelut, étincelle.
Eipinguela, danser, chanter, se livrer à une joie bruyante.
Eisibla, oublier.
Eitela, éclat ou écoupeau de bois, petite bûche.
Eiterpa, couper, briser, fracasser.
Eitoublo, chaume.
Eitrassié, gâter, embrouiller.
Eitrema, redresser une chose pour la conserver.
Embossou, tonneau, barrique.
Empani, en parlant des verres et des glaces qui sont sales.
Empura, allumer le feu, faire brûler le bois.
Enchapla, piquer la meule d'un moulin.
Enjarrana, entortillé, embarrassé.
Enqueü, aujourd'hui.
Entretant, en attendant.
Escopeta, donner les étrivières.
Eurusson, hérisson.

F.

Faï et faye, fée: la faye de Sassenageo se dit proprement de Mélusine.
Faicella, vaisseau pour faire cailler le lait.
Faillibourda et faribourda, sornette.
Fanfourgni, mauvais violon.
Fantumou, visionnaire, qui croit voir des fantômes.
Faret, mêche de chandelle et de lampe.
Faribola. Voyez faillibourda.
Faya, ensorceler, soumettre au pouvoir des fées.
Fayar, hêtre.
Fayturier, celui qui dit la bonne fortune.
Feia, brebis.
Fessou, instrument pour fosser la vigne, et qui ressemble au hoyau.
Fioula, boire, en parlant des ivrognes.
Fissard. Se dit particulièrement d'un enfant malpropre.
Flamenchi, laine d'un mouton qui n'a pas été tondu.
Flat, odeur.
Flosà. Se dit de la chaux qu'on fait éteindre dans l'eau.
Flustran et frustran. On se sert de ce mot en jouant aux cartes, pour dire qu'on n'a pas de la couleur jouée.
Foeïta, peut-être.
Fragnio, frêne.
Franda, fronde.
Frandolou, frileux, qui craint le froid.
Frequeira, soupe faite avec de la farine et des œufs.
Fricandela, jeune fille vive et légère.
Frico, homme enjoué, gaillard.
Froma, soutenir par un pari, assurer.
Fromioula, frissonner.
Fuità, s'absenter du logis.
Funa, espèce de fourche propre à prendre le poisson.
Fussi et fulsi, appuyer, soutenir une opinion.

G.

Gabiot, bourbier, marre d'eau.
Gaburron, fromage fait avec du lait sans crême (crème).
Gaffa, gueyer l'eau; gaffo, gué. 
Gailli. On donne ce nom à une personne qui a la voix aiguë et perçante.
Gaillosa, glouton, grand mangeur.
Galabontem, bon vivant.
Galantana, espèce de pomme.
Galistran, fainéant, malfaiteur.
Gallibourda, faire bombance.
Gambei. On donne ce nom aux boyaux du cochon.
Gandin, imbécille, nigaud.
Gandola, tasse en bois.
Ganippa. Se dit d'une personne couverte de haillons.
Garen, corde de la toupie.
Geï et Gieï, élans, efforts.
Geini, marc de raisins.
Gergey, fond d'un tonneau.
Gingeolin et zinzolin, couleur tirant sur le jaune clair.
Godineta, fille publique.
Gogié, ébranler, remuer.
Gonella. On donne ce nom aux femmes qui ont un air niais.
Goubio et gobio. Se dit des doigts contractés par le froid.
Gouchié, fouler aux pieds. 
Gouï, serpette à tailler les arbres.
Gourrairement, fièrement, orgueilleusement.
Grailli, corneille. Une porte de la ville de Grenoble porte ce nom. Granatari, marché aux grains.
Grassola, claie dont on se sert pour glisser sur la glace.
Gratusi, râpe.
Gravola, écrou d'un pressoir à vis.
Grobin, panier, botte.
Grola, châtaigne produite par le châtaigner greffé.
Gromola, trembler de froid.
Gueimenta, se lamenter, se plaindre.
Guenella: fare guenella, tromper.
Guerlio, louche, qui regarde de travers.
Guieta, cruche.
Guinchié, viser, en parlant de ceux qui tirent un fusil.
Guionet, imbécille; Percerette.

H.

Herpi, herse.
Hora, maintenant.
Huert, jardin.

I, J.

Jacineïri. On donne ce nom à une femme en couche.
Jail et jailli, jaune, en parlant des animaux. Ce mot signifie aussi de couleurs diverses. 
Jala, geler, gelée, froid.
Jalandro, froid extraordinaire.
Janin, imbécille, nigaud, fat.
Jappeta, caqueter, jaser.
Jar, l'aiguillon de la guêpe et de tout autre insecte.
Iguen, ceci, cela.
Igui, là.
Jivri, temps des frimats.
Ilo, le lys.
Jolamen, lentement, doucement.
Joucle, courroie de cuir qui attache les bœufs au joug.
Jouïre et jouïé, jouer à des jeux amusans.
Isela, sauter, s'amuser.


L.

Lagni, pleurs, lamentations, cris de désespoir.
Lamma, boue, d'où l'on a fait s'enlamma, se crotter.
Landra. Se dit des filles dissipées, qui aiment à courir.
Langueira, être lent à faire son ouvrage.
Lapio, céleri.
Larica. On donne cette épithète à un grand causeur.
Larmus, lézard; larmusa, le lézard gris.
Lasset, exclamation, hélas!
Leichi, morceau de pain long et mince.
Limosin, affamé, grand mangeur.
Lipa, tranche de pain.
Lloupa, boue.
Loëvis, ceinture de femme à laquelle sont attachées toutes les clefs de sa maison.
Lourissa, salamandre.

M.

Machi tourta, bouleau.
Machura, noircir, salir.
Maclas, terme injurieux. On appelle ainsi une femme perdue.
Maclun, colique néfrétique.
Magin, mauvais.
Magitela, faire le maître.
Maïe, fête que les enfans célèbrent aux premiers jours du mois de mai, eu parant un d'entre eux et lui donnant le titre de roi.
Maïeri, longue perche.
Maïoussa, framboise, fraise.
Maissoler, dent molaire.
Malagra, maussade, grondeur.
Mallié, tordre, entortiller. 
Manon, paquet de chanvre.
Marci, flétrir. 
Marcoura, décourager, dégoûter.
Marma, sorte de serment, sur mon âme.
Marpailla, manger avec sensualité.
Mata, pétrir, faire du pain. 
Matafan, mangeur insatiable.
Maton, pain de noix.
Mazio. Se dit des fruits flétris.
Mei, milieu; mois; plus.
Meina, petit enfant.
Meissi, pampre de la vigne.
Menon, bouc châtré, destiné à être salé.
Miel, tas, monceau.
Milza, rate, en parlant des animaux.
Mira, chate.
Moda, partir, déloger.
Moda, lâcher. Il se dit proprement des cordes avec lesquelles on remonte un bateau.
Mollar, lieu élevé, colline.
Monda, en parlant d'une noix, éplucher.
Mottet. On donne ce nom à un jeune enfant en le caressant.
Moucherla, fauvette. On donne ce nom à une personne maigre et grande.
Mouenda, donner le premier labour à la terre.
Mourliet, grillon.
Mourquintela, capricieux, fantasque.
Muranchi, maison bâtie en pierre, par opposition à paillanci, maison couverte de paille.
Murissin et murisson, andouille.

N.

Nafra, balafre, large blessure.
Naisié. Se dit du chanvre qui est dans le routoir.
Nanochi, corruption d'Anne et Nanette.
Néi, neige.
Neigun, personne.
Nensen, nulle part.
Nertha, myrthe.
Niaulard. Se dit d'un enfant qui pleure souvent.
Nibla, milan, oiseau de proie.
Nichola et nivola, exténué, souffrant.
Noeïta: porta noeïta, porter préjudice.
Not, orfraye, oiseau.

O.

Olfa, neige: blan comme l'olfa, blanc comme la neige.
Olla, marmite.
Ombra, mouiller légèrement.
Ombrêla, ombre des buissons.
Ora, vent.
Ordon: mena l'ordon, être à la tête des vendangeurs.
Oû, noyau d'un fruit.
Oueïro, outre, peau de bouc.
Oulagni, noisette.
Oura, ouvrage, chose.
Ova, faire l'oeuf, en parlant des poules.
Oyan, l'année dernière.
Oyata. Se dit de personnes qui marchent comme les oies.

P.

Pagnota, homme peureux, délicat.
Paillassieu, lange dont on enveloppe un enfant nouveau né.
Paimo, accablé de fatigue.
Palicot et paligot, petit pieu.
Palillon, pain de noix.
Pana, nétoyer, en parlant des meubles en bois.
Panoussa, poltron, lâche.
Papet, boullie pour un jeune enfant.
Parmela, fuseau chargé de fil.
Parmia, muer, en parlant des boeufs.
Parpaillou, papillon, enfant gai.
Partou, couteau de boucher.
Peï, pois.
Pei lombard, haricots.
Peilli, gazon.
Peitavin, osier.
Peiturina, poitrine.
Penade: fare penade, faire des efforts.
Pendola, pendre.
Penella, nacelle, barque.
Pereïro, carrière d'où l'on tire la pierre.
Persilla, mot qui sert à qualifier un fromage qui commence à bleusir.
Pertuis, trou, ouverture; pertusier, percer.
Petafin: fare petafin, faire mauvaise fin, finir malheureusement.
Petolier, tardif, qui arrive le dernier.
Peyret, peyrol, chaudron.
Pià, trace d'un animal.
Picota, mesure: beré picota, boire bouteille.
Pié coupet, jeu auquel jouent les enfans en sautant sur un seul pied.
Pimpona, paré, habillé avec prétention.
Piot, vin, boisson en général.
Pipa, primevère.
Piquerna, chassie.
Pisié, piler.
Pissichin, panaris.
Pitro: avei quoqua ren din lo pitro, avoir quelque chose sur le coeur.
Planot, grimpereau, oiseau.
Platro, place de village où les habitans se réunissent.
Plauta, patte d'un animal.
Plautra, boue, bourbier.
Poeishier, depuis peu.
Poeisse, puis, tantôt.
Pogeo, pouce.
Pogni, tourte aux herbes.
Poïa, monter.
Ponchi: reteni ponchi, se réserver une portion sur une chose trouvée.
Possona, teter, en parlant des animaux.
Potringa, résiné, médecine.
Pottet, petit creux fait dans la terre pour un jeu de noisettes.
Poü, peur; pou, peu.
Poua, tailler la vigne, les arbres.
Poupet, teton, mamelle.
Poupousa, poupée.
Pourchet, pièces de cochon frais.
Pourges. On nomme ainsi le fruit que l'on abat avant qu'il soit mûr. Pousset. On donne ce nom à plusieurs plantes aromatiques, telles que le thim, le serpolet, la marjolaine, et celles que l'on fait sécher pour les réduire en poudre, et s'en servir dans les apprêts. 
Prin, prima, fin, délié, chétif.
Proudra, saupoudrer.
Prouleïri et preuil, second timon ajouté à celui d'un charriot.
Pugnerea, ancienne mesure qui était la sixième partie du quartal.
Puzi et piouzi, poussain.

Q.

Quaïsié, avec le pronom personnel sé; se taire.
Quam, jeu que l'on appelle en français Jeu de la crosse.
Quartal et Quarta, mesure pour les grains.

R.

Raca, vomir.
Rada, petite pluie qui ne dure qu'un moment.
Raduri, racloire dont on se sert pour mesurer les grains.
Rafatailli, canaille.
Rafoulou, ravaudeur, tracassier.
Rafour, four à chaux. On trouve dans les anciennes lithurgies des Chartreux des prières pour bénir les fours à chaux nouvellement construits.
Raillé, braise qui reste dans le foyer de la cheminée quand le bois est brûlé.
Raïsi, raisin. Voici les noms qu'on donne aux différentes espèces de raisin connues: becu, cugneta, eïtreiri, goulu, larda, mondousa, petorcin, poussa de chioura, rossana, verdeïa, etc.
Raissié, caneler, rayer.
Rampal, rameau; dimanchi dei rampau, le dimanche des rameaux.
Rancheisié, râler, ronfler.
Ranqueta, grenouille.
Ratapena, chauve-souris.
Ratella, la rate.
Ravanella, radis, petite rave.
Ravata, laine grossière.
Raviola, pâtisserie grossière.
Reboullié, regarder attentivement.
Rebucité, à rebucité, à rebours.
Rebuti, crochu, crispé.
Rechalux, braise.
Recoti. Se dit d'une personne qui a les cheveux courts et frisés.
Regonfo, abondance.
Reguina, regimber, s'opiniâtrer.
Reime, rachat.
Remagnie, sermoner, murmurer.
Renevie, regratier, revendeur.
Repairié (sé), se retirer, rentrer chez soi.
Requinquillé (sé). Se dit des vieilles femmes qui se mettent du rouge et soignent trop leur toilette.
Retraïre, rassembler, réunir.
Reveïson, temps des Rogations.
Reverchié, retrousser.
Revicola, ressusciter, revenir d'une longue maladie.
Revola, repas de fête pour les domestiques d'une ferme après la fin de la récolte.
Riorta, lien d'un fagot.
Risina, petite pluie qui ne dure pas long-temps.
Rista, filasse de chanvre.
Rivoïero, bois de chêne.
Roeïma, ruminer.
Romananchi, vase de bois dans lequel on mesure le fruit pour le diviser en plusieurs portions.
Romié, pélerin qui vient de Rome.
Rouchié, ronfler.
Roula, cercle tracé sur la terre.
Ruchi, tan, écorce de chêne.

S.

Sabraza, éparpiller la braise du feu.
Sacochi, ivrogne.
Sado, savoureux, agréable au goût.
Sagni, fond d'un bourbier.
Sandeïé; jurer par Dieu.
Sapina, soc de la charrue.
Sappat, racine d'un arbre dont on a coupé le tronc.
Sarassou, recuite; fromage sans beurre. 
Sarmoeïri, saumure.
Sarvy, sauge.
Sauma, ânesse.
Segrola, secousse, ébranlement.
Seï, soif.
Seïé, faucher un pré.
Seita, scie; seita, scier; seitaïre, scieur.
Sema, semena, sena, semer les grains etc.
Semon, fare semon, faire du volume.
Serou, soeur.
Servages, sauvage.
Seu, sureau.
Sia, remuer, mouvoir.
Siba, point de mire, ou tir de la sible.
Sibla, siffler; siblet, sifflet.
Sisampa, vent coulis.
Sisinna, faire un bruit semblable à celui du vent.
Socrei, façon de parler qui indique le doute.
Solié, plancher isolé qui est jeté au-dessus d'un sol et près d'une grange.
Solar, soulier.
Solombra (se), se mettre à l'ombre.
Souque, seulement.
Soura, restes; soura, rester, épargner.
Souta, abri; se bita à la souta, se mettre à couvert de la pluie.
Suchi, suie.
Surecille, sourcils.
Supeitou, soupçonneux.

Ascuma,Matarranya, Matarraña, miembros, Artur Quintana, Gracia Zapater, Javier del Molino de Monroch, Carles Sancho Meix

T. 

Ta. C'est le cri du charretier qui veut faire arrêter un cheval.
Tachi, tache, clou.
Taccola, tourniquet qui sert à fermer une porte ou une fenêtre.
Tacon, morceau de cuir ou d'étoffe propre à raccommoder; raccomodage.
Tafagnon, tafaignon; prendre lo tafagnon, se fâcher. 
Talapet, auvent, volet.
Tapota, battre, maltraiter.
Taravella, tarière.
Tarusié, percer, trouer.
Tartave, plante appelée crête-de-coq.
Tavan, frelon. 
Tempena, faire du bruit. 
Tevengi, rangée.
Tievola, tuile, brique.
Tignou, hargneux, méchant.
Tina, cave; tinellar, petite cave.
Tisica, harceler, agacer.
Toma, fromage mou.
Tortel, beignets, petits gâteaux.
Tortipes. On appelle ainsi un homme qui a les jambes torses.
Toussio, amer, qui a un goût désagréable.
Toutpur, maintenant, à l'instant.
Touva, tuf, agglomération pierreuse.
Trafichi, espèce de fourche dont on se sert pour pêcher la nuit.
Trafora, percer de part en part.
Trailli, corde qui sert à un bac.
Tralure, briller.
Trapita, trépigner.
Trau, solive, poutre.
Trayen, fourche à trois dents.
Tremola, le tremble, arbre.
Trepa, fouler aux pieds.
Triavo, chemin qui conduit à trois routes différentes.
Tronchi, tronc d'arbre.
Trouillé, presser le vin.
Trouillandié. Se dit d'une personne malpropre.
Troussa, couper avec la hache.
Tuba, fumer, tubo, fumée.
Turlura, jouer de la flûte.
Tussi, tousser.


V.

Var, raisin qui commence à se colorer.
Varei, encombre, embarras.
Varon, bouton, pistache.
Vaudo, Vaudou, fête patronale d'un village.
Veï, fois; una veï, une fois.
Veïari, château-fort bâti sur une éminence.
Veïperna, soirée.
Vel, veau.
Vendéimié, vendanger; vendeïmou, vendangeur.
Ventola, agiter l'air, faire du vent.
Vercheiri, un certain nombre de brebis ou de boeufs qui formoient la dot d'une fille avant que l'argent fût abondant.
Vercout, pourceau châtré.
Vermenou, verreux.
Verna, aulne, arbre.
Vi, pampre de vigne.
Via, bonna via, souhait de bon voyage.
Vieilloca, vieillard décrépit.
Vilain, bâton qui tient au plafond et qui sert à accrocher la lampe.
Villon, osier.
Violet et vioulet, petit chemin, sentier.
Viousa, veuve.
Visita, escalier d'une maison.
Vocida et voianta, vider.
Voitrat, bâtard.
Vorzio, gouffre de rivière.

Artur Quintana i Font, Arturico Quintanilla y Fuentecica; Vieillongia, vieillesse avancée.


Fin du vocabulaire.

domingo, 28 de julio de 2024

3. 10. De cóm Pedro Saputo va aná a Barbastro.

Capítul X.

De cóm Pedro Saputo va aná a Barbastro.

De cóm Pedro Saputo va aná a Barbastro. Virgen del Puch

Habíe sentit que los de Barbastro reedificaben o ampliaben la capella del Puch, y va aná cap allá a oferí lo seu pinsell si trataben de pintala. Y apenes va arribá, va tindre curiosidat de vore la fon de Matacroc y va eixí cap al riu. Be va está an aquella siudat en los estudians, y com no se separáen may pera aná ell a soles, ara va refé les seues antigues passes.

¡Cuán se va alegrá de vore aquella fon y aquelles grades aon va passá la nit, y se va minjá lo pastel de magre y la llenguañissa de la engañada mosseta de la rondalla! Y sen va enrecordá tamé de la sagala que lo va despertá y lo va portá a casa seua de ofissial de sastre, y va di: pos vach a vórela.

No li va sé gens difíssil trobá la casa, perque com aventura tan singular se va imprimí tota mol be a la seua memoria, y va sabé seguí lo carré y reconeixe la porta. Va cridá y va pujá escala amún. La sagala, ya se veu, ere la mateixa, la va trobá sola y pentinanse. Una mica se va turbá al vores dabán de un caballé, pos no frecuentaben casa seua persones de tanta clase; en tot li va torná lo cumplit en bastanta naturalidat.

- ¿No me coneixéu, Antonina?, li va preguntá. Lo va mirá ella y va contestá, que no mes que pera servíl.

- Pos yo tos dic que me coneixéu, així com yo tos conec. Dieume: fa sis o siat añs, ¿no vau topá un matí a la fon de Matacroc en un sagal y lo vau portá a casa perque tos va di que ere sastre? Pos aquell mateix sagal es lo home que ara tos está parlán. Se va alegrá la sagala, y va mostrá mes confiansa y va parlá en mes libertat. 

- Per sert, va di, que mos vau dixá plantades ananton per la tarde y no tornán. 

- Men vach aná a pendre lo oreo an aquella hora, vach pedre lo tino dels carrés y no vach assertá a torná al meu ofissi. En son demá vach sentí lo que va passá a la iglesia Majó y vach tindre temó que lo sel castigare an esta siudat y me embolicare a mí al cástic.

- ¿Y quína culpa teníem los demés?, va contestá Antonina; be u van pagá ixos desdichats, que un atre mort se va eixecá del sepulcro y los va ferí no se sap cóm, y se van morí los dos en tres díes sense que la justissia tinguere nessessidat de ficáls la má damún. 

La familia del jove, que eren plateros, sen va habé de aná per lo món y no se ha sabut mes de ells. Ya tot está olvidat.

- Com totes les coses que passen al món, va di Pedro Saputo; y com deu está olvidat per part de vosté lo sastret de la fon. 

- No siñó, va contestá ella, encara que be u mereixíe, pos tan poc cas va fé de natres y dels vestits que mos dixáe tallats. Ell va sé lo que mos va olvidá, que yo ben presén lo vach tindre mol tems; y lo que es del tot encara hasta avui no lo había olvidat. No podría encara que vullguera, perque tots los díes vach a la fon y sempre me pareix que lo vech allí, com lo Doncel de Sigüenza, com lo vach trobá aquell matí. Van passá después a datres explicassions y van quedá entesos.

- Pero vosté no ereu sastre, va di ella, perque poca pinta teníu ara de fé tal ofissi.

- No, Antonina; de chiquet vach sé mol carnús y pesolaga, y algo atrevidet, y per sagalería anaba a tots los tallés, y cusía en lo sastre, llimaba en lo ferré, asserraba en lo fusté, cardaba en lo pelaire, borrajeaba en lo pintó, y día missa en lo mossen. ¿No vas vore aquell mateix estiu uns estudians que van passá per aquí y van está vuit díes?

- Sí que men recordo; y que un de ells ere mol gran predicadó, y pujabe als muscles dels seus compañs en la fassilidat de un gat. 

- Pos aquell era yo; feu memoria, que a casa de N. aon vas assistí al ball, vach di entre atres coses, que les Petres eren tontes dossiletes o beates, y les Antonines resservades y grassioses.

- Es verdat, y men vach enriure mol.

- Pos u vach di per tú y te miraba al mateix tems.

- Men enrecordo, es verdat; pero ¿cóm había yo de figurám que ereu lo sagal de la fon y lo sastre dels meus vestits? ¿Per qué no me vau di algo?

- No podía aná a vóretos, ya que ere costum que cap de natros se separare a coses particulás.

Antonina lo miráe tan embelesada, y ell estáe tan olvidat de la seua pintura, que se habíen fet les nou del maití, y los van doná les deu y les onse, les dotse, la una y les dos y les tres, sense donassen cuenta y pareixenlos que no fée mes de micha hora que estáen parlán. Ella li va di que sa mare estáe a la verdat fée ya tres añs; que son pare, sempre delicat de salut, ixíe al campo ben entrat lo día, que un germá de devuit añs sen anáe de matí en lo jou a llaurá, alguna vegada tamé a polligana; y que, en fin, ella no se habíe casat per no dixá a son pare hasta que se casare lo germá, que ere lo que debíe quedás a casa. Li va alabá Pedro Saputo lo propósit y confirmat lo antic amor a satisfacsió dels dos, y se va despedí hasta l’atre día.

Después de minjá va aná al santuari, y sen va enrecordá pel camí del penitén reconeixén lo puesto del encuentro, de la trobada. 

Va arribá al Puch y va trobá un regidó que cuidabe la obra. Después van vindre un atre regidó, un canonge y un caballé, componens de la junta o comisió de la obra; y los va preguntá si al seu tems se pintaríe la capella. Va pendre la paraula lo canonge y va di que pensabe pintala, y que volíen buscá un pintó de nota.

- De nota, sí siñó, va di un regidó chato, sellut, baixet y rechonchet; un pintó famós, un pintó que no ñague al món datre igual; extrangé, per supost, perque a España no ñan mes que asclapinsells; o andalús, que es mes que extrangé.

- Pos siñós, va di Pedro Saputo, yo soc pintó, pero no de gran nota, y español pera la meua desgrassia an este cas. Sé lo que ña a Andalusía; la escola sevillana es bona, té professós aventajats, pero sense tanta vanidat de homens y gastos se podríe pintá be la capella.

- No siñó, no home, va contestá lo nassutet; y si vosté sou lo pintó, feu cuenta que no hau vist a dingú. 

- La fach, siñó decano o degá, la fach, y tan, que ara mateix vech aquí cuatre homens y me pareix que no ne vech cap.

- Taimadet sou, va di lo canonge; y yo crec que mos estáu insultán. 

- Yo no tos insulto, sol contesto al gust y sentit del caballé decano, que me ha manat fé cuenta de que no había vist a ningú; y repetixgo que me fach ixa cuenta y que crec, veénlos als cuatre, que no vech a ningú. Encomaneume tos rogo, a la Virgen, y a Deu. 

Los va girá la esquena dit aixó, va montá a la seua mula, y en ves de aná cap a la siudat va tirá cap al peu de la serra, donanli a Antonina lo chasco de no torná a vórela y fenla passá un mal día.

Va sabé lo poble después que Pedro Saputo habíe vingut a pintá la capella del Puch, y sentín que lo despressiaren, se va amotiná y acantalejá les cases dels regidós y del canonge; y al caballé lo van empendre al carré, sense que los valguere di que no lo coneixíen. 

Li van enviá una embaixada costa aball als pocs díes, y ell va contestá, que de Barbastro ni lo sel, mentres lo gobernaren sabocs, chatos y surdos y homens tan ababols com los que ell va vore al Santuari.


Original en castellá:

Capítulo X.

De cómo Pedro Saputo fue a Barbastro.

Había oído que los de Barbastro reedificaban o amplificaban la capilla del Pueyo, y fue allá a ofrecer su pincel si tratasen de pintarla. Y apenas llegó, tuvo curiosidad de ver la fuente de marras y salió al río. Bien estuvo en aquella ciudad con los estudiantes; pero no separándose nunca ninguno para ir a solas, no pudo andar sus antiguos pasos.

¡Cuánto se alegró de ver aquella fuente y aquellas gradas donde pasó la noche, y se comió la torta y la longaniza de la engañada moza de la rondalla! Y se acordó también de la muchacha que le despertó y llevó a su casa de oficial de sastre, y dijo: pues voy a vella.

No le fue en absoluto difícil encontrar la casa, porque como aventura tan singular se imprimió toda muy bien en su memoria, y supo seguir la calle y conocer la puerta. Llamó y se subió escalera arriba. La muchacha, ya se ve, era la misma, hallóla sola y peinándose. Un poco se turbó al verse delante de un caballero, pues no frecuentaban su casa personas de tanta clase; con todo le volvió el cumplido con bastante naturalidad. - ¿No me conocéis, Antonina?, le preguntó. Miróle ella y respondió, que no más que para servirle. - Pues yo os digo que me conocéis, así como yo os conozco a vos. Decid: hace seis o siete años, ¿no topasteis una mañana en la fuente un muchacho y le trajisteis a casa porque os dijo que era sastre? Pues aquel mesmo muchacho es el hombre que agora os está hablando. Alegróse la muchacha, y mostró más confianza y habló con más libertad. - Por cierto, dijo, que nos dejasteis plantadas yéndoos por la tarde y no volviendo. - Fuime a tomar el oreo de aquella hora, perdí el tino de las calles y no acerté a volver a punto de mi oficio. Al día siguiente oí lo que pasara en la iglesia mayor y tuve miedo que el cielo castigase esta ciudad y me envolviese a mí en el castigo: - ¿Y qué culpa teníamos los demás?, respondió Antonina; harto lo pagaron aquellos desdichados, que otro muerto se levantó del sepulcro y los hirió no se sabe cómo, y murieron los dos en tres días sin que la justicia tuviese necesidad de poner la mano. La familia del joven, que eran plateros, se hubieron de ir por el mundo y no se ha sabido más de ellos. Ya todo está olvidado. - Como todas las cosas que pasan en el mundo, dijo Pedro Saputo; y como debe de estar olvidado de vos el sastrecito de la fuente. - No señor, respondió ella, aunque bien lo merecía, pues tan poco caso hizo de nosotras y de los vestidos que nos dejaba cortados. Él fue el que nos olvidó, que yo harto presente le tuve mucho tiempo; y lo que es del todo aún hasta hoy no le había olvidado. No podía aunque quisiera, porque todos los días voy a la fuente y siempre me parece que le veo allí dormido como lo encontré aquella mañana. Pasaron después a otras explicaciones y quedaron entendidos.

- Pero vos no erais sastre, dijo ella, porque malas trazas tenéis agora de hacer semejante oficio. - No, Antonina; sino que de niño fui travieso y algo atrevidillo, y por niñería iba a todos los talleres, y cosía con el sastre, limaba con el herrero, aserraba con el carpintero, cardaba con el pelaire, borrajeaba con el pintor, y decía misa con el cura. ¿No viste aquel mismo verano unos estudiantes que pasaron por aquí y estuvieron ocho días? - Sí me acuerdo; y que uno de ellos era muy grande predicador y se subía en los hombros de sus compañeros que parecía un gato. - Pues aquél era yo; y si no, acordaos que en casa de N. donde asististe al baile, dije entre otras cosas, que las Petras eran tontas docilillas o beatas, y las Antoninas reservadas y graciosas. - Es verdad, y me reí mucho. - Pues lo dije por ti y te miraba al mismo tiempo. - Me acuerdo, me acuerdo; pero ¿cómo había yo de figurarme que erais el muchacho de la fuente y el sastre de mis vestidos? ¿Por qué no me decíais algo? - No podía porque no había de ir a veros, no siendo costumbre que ninguno de nosotros se parase a cosas particulares.

Antonina le miraba tan embelesada, y él estaba tan olvidado de su pintura, que eran las nueve de la mañana cuando fue, y les dieron las doce sin recordar y pareciéndoles que no hacía más de media hora que estaban hablando. Ella le dijo que su madre estaba en la verdad hacía tres años; que su padre, siempre delicado de salud, salía al campo entrado ya bien el día, que un hermano de dieciocho años se iba de mañana con la yunta; y que, en fin, ella no se había casado por no dejar a su padre hasta que casase el hermano, que era el que debía quedar en casa. Alabóle Pedro Saputo el propósito y confirmado el antiguo amor a satisfacción de ambos, se despidió hasta el otro día.

Luego después de comer fue al santuario, y se acordó en el camino del penitente reconociendo el sitio del encuentro. Llegó a Pueyo y encontró un regidor que cuidaba la obra. Después vinieron otro regidor, un canónigo y un caballero, componentes de la junta o comisión de la obra con el primero; y les preguntó si a su tiempo entendían pintar la capilla. Tomó la palabra el canónigo y dijo que pensaba pintalla, y que querían buscar un pintor de nota. - De nota, sí señor, dijo un regidor chato, cejudo, bajo y rechonchuelo; un pintor famoso, un pintor que no lo haya en el mundo; extranjero, por supuesto, porque en España no hay más que cascabrochas; o andaluz, que es más que extranjero. - Pues señores, dijo Pedro Saputo, yo soy pintor, pero no de gran nota, y español por mi desgracia en este caso. Sé lo que hay en Andalucía; la escuela sevillana es buena, tiene profesores aventajados, pero sin tanta vanidad de hombres y gastos se podría pintar bien la capilla. - No señor, no señor, respondió el narigueta; y si vos sois el pintor, haced cuenta que no habéis visto a nadie. - La hago, señor decano, la hago, y tanto, que agora mismo veo aquí cuatro hombres y me parece que no veo ninguno. - Taimado sois, dijo el canónigo; y yo creo que nos estáis insultando. - Yo no os insulto, sino que respondo al gusto y sentido del caballero decano, que me ha mandado hacer cuenta que no había visto a nadie; y repito que me hago esa cuenta y que creo, viéndoos a los cuatro, que no veo a nadie. Encomendadme os ruego, a la Virgen, y a Dios. Volvióles la espalda con esto, montó en su mula, y en vez de ir a la ciudad guió hacia el pie de la sierra, dando a Antonina el chasco de no volver a verla y haciéndola pasar un mal día.

Supo el pueblo después que Pedro Saputo había venido a pintar la capilla del Pueyo, y sintiendo que le despreciasen, se amotinó y apedreó las casas de los regidores y del canónigo; y al caballero le ultrajó en la calle, sin que les valiese decir que no le conocían. Mandáronle una embajada a los pocos días, y él respondió, que de Barbastro ni el cielo, mientras le gobernasen tontos, chatos y zurdos y hombres tan baladíes como los que él vido en el Santuario.

3. 9. De aon ve lo dit: La justissia de Almudévar.

Capítul IX.

De aon ve la dita: La justissia de Almudévar.

De aon ve la dita: La justissia de Almudévar.


Mol al seu gust vivíe Pedro Saputo an aquell tems, volgut de tots, requerit, buscat, cridat y selebrat, próspero (com Bufa al ull, Bofarull) y ric, mes be per la seua modestia y filossofía que per les riqueses, encara que ya ere tal lo seu estat, que sa mare lluñ de serví a datres ere ella servida, pos teníe criades y se veíe estimada y respetada al poble per lo seu fill, y per nella mateixa tamé, que sabíe tratá en los grans y en los minuts sense adulá an aquells ni afoná als atres. Pedro Saputo estudiabe, cassabe, y donáe los ratos libres a les seues dos enamorades Rosa y Eulalia, que en les lecsions y trate de un home com ell habíen millorat mol lo seu bo natural, y reflejaben la seua amabilidat y la seua grandesa de ánimo, discretes, enteses, ben parlades y naturals, en tot amabilíssimes. Al poble y casa de don Severo pesse a la carta y amor de Morfina y de la promesa a son pare no pensabe anáy tan pronte per raons que ell teníe y que al seu tems declarará a qui correspongue. Y no va dixá de sentí esta contradicsió de la sort, perque encara no van passá dos mesos, cuan va sabé que habíe mort don Severo; y ni en este motiu se va atreví a aná a vore a Morfina. La sala en aixó ya no se pintaríe; y se quedaríe al seu puesto. Ixíe a pintá per alguns pobles; encara que sén totes obres de poca monta, eren les aussensies curtes y servíen sol pera renová lo gust de aquella dolsíssima vida. Pero va ocurrí al cap de un tems un cas que lo va entristí de gran manera, casi no ne teníe prou en tota la seua filossofía pera no renegá del seu poble, y agarrá a sa mare y anassen a viure a un atre.

Lo ferré un día se va cabrejá en la seua dona perque li habíe portat lo amorsá gelat; y agarrán un ferro ruén que estáe calentanse a la forja lay va embutí per la boca hasta lo garganchó, expirán la infelís al cap de un ratet. Ere lo ferré home mol estrafalari, bossal, may segú y de mol males bromes, perque es de advertí que tot u fée enriénsen. La pobre dona passáe molta pena en ell, si li apetíe fótreli lleña, lay fotíe; si acarissiali lo pel, lay acarissiáe; fela dormí a enterra despullada y sense roba al hivern, la fée dormí o gitás aixina; si li oferíe com per cariño un mosset en la cullera, al tems que obríe la boca lay tiráe a la cara o al pit. Atres vegades agarrabe un gabiñet, y fenla estirás y ficanli lo peu al coll jugabe a degollá al cordé o al gorrino, o acabáe eixecán lo bras dién: quí com Deu. 

Atres li lligabe los brassos al cos y después les cames, y la fée rodá per lo cuarto y alguna vegada per la escala. Pero esta burla que va volé fé en lo ferro de la forja va superá a totes, pos va dixá a la pobre dona sense vida en menos de cuatre minuts.

Lo van prendre inmediatamen, y ficat a la presó en moltes cadenes al coll y grillets als peus, lo van jusgá aquell mateix día y lo van condená a mort; la sentensia la ejecutaríen un atre día. Ya estáe la forca eixecada y tot lo poble a la plassa aguardán la ejecussió; ya lo traíen y portáen al patíbul, cuan puján un del poble baixotet damún dels muscles de un atre poc mes alt, va di:

"¿Qué faréu, fills de Almudévar? ¿Conque enforcaréu o penjaréu al ferré, que sol ne tenim un? Y ¿qué farem después sense ferrero? ¿Quí mos luciará les relles? ¿Quí ferrará les nostres mules desmemoriades? miréu lo que passe. En ves de penjá al ferré que mos fará después muita falta, perque ye sol, enforquem un teixidó que ne tenim set al poble y per un menos o mes no ham de aná sense camisa».

- ¡Té raó!, ¡té raó!, van cridá tots; ¡penjarem a un sastre!, ¡un teixidó!... ¡un sastre!... Y sense mes que esta veu y crit agarren al primé de ells que van topetá per allí, lo porten a la forca, lo pujen y lo penchen, y fiquen en libertat al ferré.

Va sabé aixó Pedro Saputo, que no va volé aná a la ejecussió ni habíe eixit de casa, y va aná corrén a escape a la plassa a vore si podíe impedí aquella animalada injusta; pero va arribá tart perque ya estáe garreján lo infelís del sastre. Se va umplí de horror de tan gran barbaridat, y sen va entorná cap a casa seua mut de paraules y gelat lo cor, pareixenli que lo sel y la terra se habíen cambiat lo puesto.

Per la tarde los va di als prinsipals del poble que van aná a vórel:

- Calléu al menos, siñós; que aixó no se sápigue; que aixó no ixque dels nostres muros; perque, ¿qué se dirá de natres? Si aixó arribe a sabés, y se sabrá, no dudéu que mentres lo món seguixque sen món se sitará y recordará en etern baldón del nom de Almudévar. 

Pero ells se van excusá dién que no van podé convense a la multitut irrassional, ni fes sentí en aquell momén.

Y se va consumá la barbaridat mes gran que van vore los siglos.

Pedro Saputo va sentí tan disgust, que pera distraures va agarrá la espasa y una mula de son padrí y sen va aná a passá uns díes fora.


Original en castellá:

Capítulo IX.

De donde viene el dicho: La justicia de Almudévar.

Muy a su gusto vivía Pedro Saputo en aquel tiempo, querido de todos, buscado, llamado y celebrado, próspero y rico, más bien por su modestia y filosofía que por las riquezas, aunque ya era tal su estado, que su madre lejos de servir a otros era ella servida, pues tenía criadas y se veía estimada y respetada en el pueblo por su hijo, y por ella misma también, que sabía tratar con los grandes y con los pequeños sin adular a aquéllos ni confundir a éstos. Pedro Saputo estudiaba, cazaba, y daba los ratos libres a sus dos enamoradas Rosa y Eulalia, que con las lecciones y trato de un hombre como él habían mejorado mucho su buen natural, y reflejaban su amabilidad y su grandeza de ánimo, discretas, entendidas, bien habladas y naturales en todo amabilísimas. Al pueblo y casa de don Severo a pesar de la carta y amor de Morfina y de la promesa de su padre no pensaba ir tan pronto por razones que se tenía y que a su tiempo declarará a quien corresponda. Y no dejó de sentir esta contradicción de la suerte, porque aún no pasaron dos meses, cuando supo que había muerto don Severo; y ni con este motivo se atrevió a ir a ver a Morfina. Sobre que la sala con esto ya no se pintaría; y permanecería en su lugar. Salía a pintar a algunos pueblos; aunque siendo todas obras de poco momento, eran las ausencias cortas y servían sólo de renovar el gusto de aquella dulcísima vida. Pero ocurrió de ahí a algún tiempo un caso que le afligió en gran manera, no bastando casi toda la filosofía para no maldecir de su pueblo, y coger a su madre e irse a vivir a otro.

El herrero un día se enfureció contra su mujer porque le llevó el almuerzo frío; y tomando un hierro que estaba caldeando en la fragua se lo metió por la boca y la garganta, expirando la infeliz en brevísimo rato. Era el herrero hombre muy estrafalario, bozal, nunca seguro y de muy malas chanzas, porque es de advertir que todo lo hacía riendo. La pobre mujer pasaba mucho trabajo con él porque sin más causa ni motivo que antojársele darle palos, le daba; mesarle los cabellos, se los mesaba; hacerla dormir en el suelo desnuda y sin ropa en invierno, la hacía dormir o acostarse así por lo menos; ofrecerle como por cariño un bocado con la cuchara, se lo ofrecía y al tiempo que abría la boca se lo tiraba a la cara o en el seno. Otras veces cogía un cuchillo, y haciéndola echar y poniéndole el pie en el cuello jugaba a degollar el carnero o el cochino, o concluía levantando el brazo diciendo: quién como Dios. Otras la ataba los brazos al cuerpo y luego las piernas en uno, y la hacía rodar por el cuarto y tal vez por la escalera. Pero esta burla que quiso hacer con el hierro de la fragua superó a todas, pues dejó a la pobre mujer sin vida en menos de cuatro minutos.

Prendiéronle inmediatamente, y puesto en la cárcel con muchas cadenas al cuello y cepos a los pies, le juzgaron aquel mismo día y le condenaron a muerte; cuya sentencia iban a ejecutar otro día. Ya estaba la horca levantada y todo el pueblo en la plaza aguardando la ejecución; ya le sacaban y llevaban al patíbulo, cuando subiendo uno del pueblo a caballo encima de los hombros de otro dijo: «¿Qué is a fer, hijos de Almudévar? ¿Conque esforcaréis a o ferrero que sólo tenemos uno? Y ¿qué faremos después sin ferrero? ¿Quién nos luciará as rellas? ¿Quién ferrará as nuestras mulas? Mirad lo que m'ocurre. En vez de enforcar a o ferrero que nos fará después muita falta, porque ye solo, enforquemos un teisidor que en tenemos siete en o lugar e por uno menos o más no hemos d'ir sin camisa». - ¡Tiene razón!, ¡tiene razón!, gritaron todos; ¡enforcar un teisidor!, ¡un teisidor!... ¡un teisidor!... Y sin más que esta voz y grito cogen al primero de ellos que toparon por allí, le llevan a la horca, le suben y le ahorcan, y ponen en libertad al herrero.

Supo esto Pedro Saputo, que no quiso ir a la ejecución ni había salido de casa, y fue corriendo a la plaza a ver de impedir aquella atrocidad e injusticia; pero llegó tarde porque ya estaba despachado el infeliz del tejedor. Llenóse de horror de tan grande barbaridad, y se volvió a su casa mudo de palabras y frío del corazón pareciéndole que el cielo y la tierra se habían mudado.

Por la tarde dijo a los principales del pueblo que fueron a verle: - Cállese al menos, señores; que esto no se sepa; que esto no salga de nuestros muros; porque, ¿qué se ha de decir de nosotros? Si esto llega a saberse, y se sabrá, no dudéis que mientras el mundo sea mundo se citará y recordará con eterno baldón del nombre de Almudévar. Mas ellos se excusaron diciendo que no pudieron persuadir a la multitud irracional, ni aun hacerse oír en aquel momento. Y se consumó la barbarie más inicua que vieron los siglos.

Pedro Saputo sintió tanto disgusto, que por distraerse tomó la espada y una mula de su padrino y se fue a pasar unos días fuera.