Mostrando entradas con la etiqueta manuscrit. Mostrar todas las entradas
Mostrando entradas con la etiqueta manuscrit. Mostrar todas las entradas

jueves, 8 de octubre de 2026

VI. Fragmens extraits du dictionnaire manuscrit du patois de Grenoble.

N° VI.
Fragmens extraits du dictionnaire manuscrit du patois de Grenoble.

Rapport du Jeu connu en Dauphiné sous le nom de Allen-Jean, avec celui que les Grecs appelaient *gr (1 : Ce jeu était chez les Grecs celui de Pair ou Impair. (Meursius, de Ludis Graecorum).

1.
Rapport du Jeu connu en Dauphiné sous le nom de Allen-Jean, avec celui que les Grecs appelaient *gr (1 : Ce jeu était chez les Grecs celui de Pair ou Impair. (Meursius, de Ludis Graecorum).

L'un des deux joueurs met dans sa main un certain nombre de noisettes, et s'adressant à celui qui joue avec lui, il dit: Allen-Jean.
- L'adversaire répond: Je ministro, comme pour dire qu'il accepte le jeu. - Le premier demande jusqu'à quand, et le dernier répond jusqu'à dix ou tout autre nombre. S'il se rapporte avec le nombre des noisettes renfermées dans la main, il les gagne, sinon il donne à l'autre un nombre de noisettes égal à ce qu'il y en a en plus ou en moins de celui qu'il a indiqué.
Ce jeu ressemble beaucoup à celui des Grecs; il n'y a pas de doute qu'il ne soit aussi ancien qu'eux dans la Gaule. On remarque dans les mots qui servent à ce jeu des finales rimées, comme on les observe toujours dans les proverbes et adages de tous les idiomes vulgaires.

2. Les Chalendes.

On donne ce nom au jour de Noël; il est dérivé du mot latin Kalendae.
On commençait autrefois l'année par ce jour, qui est le 25 décembre, comme aussi par la fête de l'Annonciation, la même que celle de l'Incarnation qu'on célèbre le 25 mars. De là la différence que l'on trouve dans les vieux actes latins dont les uns portent: Anno ab Incarnatione Domini, et d'autres anno a Nativitate, ce qui donna lieu à beaucoup de méprises, jusqu'à ce que Charles IX, par son ordonnance de 1564, eût fixé le commencement de l'année au jour de la Circoncision, 1er janvier.
Du mot Chalendes on a fait Chalendal, nom que l'on donne à une grosse bûche que l'on met au feu la veille de Noël au soir, et qui y reste allumée jusqu'à ce qu'elle soit consumée. Dès qu'elle est placée dans le foyer, on répand dessus un verre de vin en faisant le signe de la croix, et c'est ce qu'on appelle batisa lo chalendal. Dès ce moment cette bûche est pour ainsi dire sacrée, et l'on ne peut pas s'asseoir dessus sans risquer d'en être puni au moins par la gale.

3.
Le Cochemar.

Cette indisposition est connue vulgairement sous le nom de chauchi vieilli, parce que ceux qui en sont attaqués croient qu'elle est causée par de vieilles sorcières qui descendent la nuit par la cheminée, et qui vont se coucher sur les malades et les tourmenter.

4.
Sur les Crétins.

Juan Luis Camps Juan, Chimo, Queretes, Cretas; personnes frappées d'imbécillité

On donne ce nom dans les Alpes aux personnes frappées d'imbécillité, accompagnée ordinairement de goîtres et autres vices de conformation. Ces individus offrent exactement l'image de la stupidité personnifiée et de l'absence de toutes les facultés intellectuelles. On sent facilement quel serait le sort de ces malheureux, qui se rencontrent ordinairement dans des familles pauvres, s'ils étaient à la merci de l'égoïsme de leurs parens, qui n'attendent les moyens d'exister que de leur propre travail. Mais une salutaire et bienfaisante opinion fait regarder ces infortunés comme un bienfait de la Providence envers leur famille; c'est un envoyé de Dieu chargé de lui faire connaître ses vœux et ses besoins. A ce titre il n'y a point de soins, point d'égards dont les Crétins ne soient le sujet, et leurs besoins physiques sont ordinairement satisfaits avec un empressement qui serait bien digne d'éloge s'il était désintéressé.
On emploie aussi le mot crétin dans le sens de désolé, infortuné, etc. 
Il se trouve dans une chanson bachique, dont voici deux couplets.

Carlos Rallo Badet, Calaceite, Calaseit, Calaceit, Calasseit, Kalat Zeyd, aragonés, catalanista, tonto útil, catalufo, baturro, cachirulo

1.

Je seu ton creitin
Lo cour me pendole, 
Je m'en voï à Crole (1)
Car noutrous autin
N'ont ren que de foille,
Personna ne troille
Fauta de raisin.

(1 : Village près de Grenoble dans la vallée de Graisivaudan, et dont le vin a quelque réputation.)

2.

Meichenta jalla!
Freidura perversa!
Maudita traversa
Qu'a tout deisola!
Qu'eito que faron
Notres yvrognasse; 
Lou pot et le tasse 
Se reposaron.

Mas de Torubio, vinos, Cretas, Queretes, Matarraña, vins, Matarranya

III. Parabole de l'Enfant prodigue en langue vaudoise, Vaudois, manuscrit

N° III.

Parabole de l'Enfant prodigue en langue vaudoise, extraite d'un Nouveau-Testament de la Secte des Vaudois, manuscrit du treizième siècle, de la Bibliothèque de Grenoble.

Lux lucet in tenebris; Vaud, Vaudois, Vaudes, Baudes

Un home aë diù filh, e lo plus jove dis al Païre: O Païre, dona a mi la partia de la substancia que se coven ami; e departie à lo la substancia.
E enaprès non motidia, lo filh plus jove, ajostas totas cosas, ane en peleriniage en lognana region, e degaste aqui la soa substancia, vivent luxuriosament. E poisqu'el ac consuma totas cosas, grant fam fo fait en aquella region, e el commence have besogna, e ane ese ajoste à un ciptadin daquella region, e travie l'en la soa vila quel paisses li porc; e cubitava umplir lo seo ventre de las silicas que manjavan lè porc, e alcun n'in donava ale. Mes retorna en si dis: quanti mercenar habundian de pan en la meison del meo païre, me yo patisso aici de fam; yo me levarey e annarey al mio païre e diréy a le: o païre, yo pechey al cel e devant tu, e ja non sey degne esse apella lo teo filh, fay mi essay à un de li teo mercenar.
E levant, venc al seo païre. Mes come el fos encara de long, lo seo païre vec lui e fo mogu de misericordia, e corrent, cagic sobe lo col de le e bayse le. E lo filh dis a le: o païre, yo pechey al cel e devant tu, yo non soy degne esse apella lo teo filh. Mes lo païre dis al seo serf: fo raporta viact. la premiera vestimenta e vestic le, e done anel en la man de le, e ceauçamentas en li pe, e ameni vedel gras e l'occien, e manjen e alegran, car aqueste meo filh era mort e es reviscola, e era perdu e es atroba; e commenceron alegrar.
Mes lo filh de le plus velh era al canp, e cum el vengues e sappies a la meison, auvie la calamella e la compagnia, e apelle un de li serf e demande qual fossan aquestas cosas, e el dis a le: lo teo fraire venc, e lo teo païre occis vedel gras, car el receop lui salf. Mes el fo endegna e non
volia intrar. Me lo païre de le issi, commenca pregar li; mes es rendent dis al seo païre: vete yo syuo a tu per tanti an e unque non trapassey lo teo comandament, e unque non donnes a mi cabri che yo manjes cum li meo amic; mes poisque aquest teo filh loqual devore la soa substancia cum las meretres e vengu, tu occies a le vedel gras. Mes el dis a lui: 
o filh! tu sies tota via cum mi, e totas las mias cosas son toas; mes la conventava manjar e alegrar, car aquest teo fraïre era mort e es reviscola, e era perdu e es atroba.

Puticlub, Venteta, Valdeltormo, Calaceite