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lunes, 4 de diciembre de 2023

Roman de Blandin de Cornouailles et de Guilhot Ardit de Miramar.

Roman de Blandin de Cornouailles et de Guilhot Ardit de Miramar.

Ce petit poëme contient le récit rapide et animé des aventures de deux chevaliers dont les noms lui servent de titre. Le sujet en est simple et le style n' est pas dépourvu d' une certaine naïveté, mais le texte est fort incorrect. Cette imperfection, qui doit évidemment être attribuée au copiste, probablement italien, comme l' orthographe du manuscrit porte à le croire, me permet à peine d' en transcrire quelques vers dans la courte analyse que je me borne à donner de ce roman, dont voici le début:

En nom de Dieu, commenzeray (1: (sic) Lisez comensaray.) 

Un bel dictat, e retrayrai

D' amors e de cavalaria,

E una franca compania,

Que van far dos cavaliers

De Cornoalha, bos guerriers. 

Ces deux chevaliers, Blandin de Cornouailles et Guilhot Ardit de Miramar, vont ensemble chercher aventure; après avoir chevauché deux jours et deux nuits, ils font rencontre d' un petit chien qui semble s' offrir à leur servir de guide; ils le suivent jusqu'à l' entrée d' une caverne; Blandin seul y pénètre, marche quelque temps dans une obscurité profonde, et arrive enfin dans un riche verger où bientôt il s' endort sous un pommier en fleurs:

... Mentre ch' el si dormia 

E reyssidar non si podia,

Aneron venir doas donsellas,

Mot bellas, a gran merveillas.

Dis l' una a l' autra: “Bel cavalier 

Dorm lay desot aquel pomier

Preg o te che l' anem reysidar.”

Ces deux damoiselles l' éveillent en effet, et le supplient de les délivrer d' un géant dont elles sont prisonnières; il y consent, sous la condition de les emmener, s' il est vainqueur, ce qu' elles acceptent. Le chevalier triomphe du géant, et, suivi des deux jeunes captives, il rejoint son ami Guilhot, qu' il a laissé à l' entrée de la caverne. Chacun d' eux en prend une en croupe, et les voilà cheminant tous quatre vers un château qui s' offre à leur vue:

E las donzellas quant viron 

Lo castel, ellas ploreron, 

E planon si mot aygramen

La una e l' autra...

E Blandinet, chi ben amava 

Las donzellas che menava,

Demandet lur de che ploravan.

L' une d' elles lui apprend que ce château est celui de leur famille; qu' il leur a été arraché par un autre géant, frère de celui qu' il a tué, et qui y tient en captivité leurs parents, chevaliers de haut parage:

Respon Blandin: “Ne vos plores, (1: Ne (sic) Lisez no.)

Car lo castel ben cobrares.”

Guilhot réclame l' honneur de les délivrer, et, malgré deux énormes lions, terribles auxiliaires de son adversaire, il est sur le point de terminer heureusement cette aventure, lorsque, tout à coup, surviennent les deux fils du géant, qui le chargent de fers.

Cependant, Blandin ne voyant pas revenir son ami, pénètre dans le château, et attaque hardiment les trois géants; pendant le combat, Guilhot parvient à briser la porte de sa prison, et décide, en faveur de Blandin, la victoire jusqu' alors incertaine; aussitôt ils s' empressent de rendre à la liberté les parents des damoiselles, et les remettent en possession de leurs domaines.

Le lendemain, au point du jour, les deux amis quittent le château. Ils cheminaient en s' entretenant de l' aventure de la veille, lorsque leurs oreilles sont frappées du langage harmonieux d' un bel oiseau qui leur disait: 

“Gentils senhors, annas avant, 

C' atrobares un gran desert,

Intras vos ben apert,

E quant seres jus un bel pin

Che trobares en lo camin,

Laun tenga a la par drecha,

Per una cariera estrecha,

E l' autre tengua a l' autra man;

Aventura trobares mot gran...”

Quant ausiron l' ausel parlar,

So dis Guilhot: “Avez aussit

D' ayssel ausel che nos a dich?” 

Certes, oui, lui répond Blandin émerveillé; et ils s' avancent aussitôt jusqu'au pin indiqué; là, après être convenus de se retrouver au même endroit, le lendemain de la Saint-Martin, les deux chevaliers s' embrassent les larmes aux yeux, et chacun prend la route qu' il a choisie.

Guilhot suit le grand chemin et ne tarde pas à faire rencontre du terrible Lionnet, l' un des géants que Blandin et lui ont déjà vaincus au château; il l' attaque et le tue; mais très affaibli lui-même par les blessures qu' il a reçues dans ce combat, il remonte avec peine sur son destrier, et continue sa route en perdant ses forces avec son sang. Heureusement, il est recueilli par un ermite qui lui prodigue tous ses soins et le guérit en peu de jours. A peine rétabli, il recommence ses courses, tue le frère du chevalier Noir, et est assailli par une troupe de guerriers, dont il reste le prisonnier, malgré la plus vigoureuse résistance.

De son côté, Blandin, apres s' être séparé de son ami, était entré dans un bocage, où il avait rencontré une damoiselle,

Che gardava en un prat

Un chaval blanc, tot ensellat...

E quant Blandin vi la donzella,

Apertamen s' en va vers (1) ella..., (1: (sic) Lisez ves.)

E dis: “Donzella de gran parage,

Com es aisi en tal boscage?

Ai! de qui es tant bel caval?

Preg Dieu que lo garde de mal,

Car, per ma fe, el es mout bel

A cavalcar a tot donzel.” 

Elle lui répond qu'on la nomme la damoiselle d' Outre-mer, qu' elle va cherchant aventure, et que, voulant prendre son repas, elle a lâché son cheval dans la prairie, ajoutant:

“E si dinar am mi vos plaissia,

Per ma fe, gran gauch n' auria.”

Le chevalier accepte l' invitation; ils dînent; après le repas, la belle étrangère l' invite à une promenade dans la prairie; mais à peine a-t-il fait quelques pas, que, forcé de céder à un sommeil irrésistible, il s' assied sous un pin et s' y endort aussitôt. A son réveil, il cherche en vain la damoiselle; elle a disparu avec le destrier de Blandin, lui laissant en échange le cheval qu' elle montait. Le chevalier désappointé, 

Apertament sus va montar; 

E quant el fo y dessus montat, 

En un bel camp el l' a menat,

E aqui el lo asaget, 

E vi che trop ben si portet.

Quoique l' échange ne lui paraisse pas désavantageux, Blandin n' en jure pas moins sur sa tête de n' avoir ni fête ni joie qu' il n' ait retrouvé son destrier et la damoiselle qui le lui a emmené. Il marche trois jours, le quatrième il fait rencontre d' un écuyer qui se lamente; pressé de questions, cet écuyer, nommé Peytavin, lui raconte comment son maître a perdu la vie en voulant tenter de rompre l' enchantement qui tient dans le sommeil une damoiselle de toute beauté dont il était passionnément épris. Blandin prend l' écuyer à son service, et se fait conduire au château où repose la belle endormie, sous la garde de dix chevaliers; il en tue six, reçoit à merci les quatre autres; et, après les avoir enfermés par précaution, il parcourt le château. Mais voyant que toutes ses recherches sont inutiles, il descend dans le jardin, y trouve le frère de la belle enchantée, qui lui dévoile le mystère et le conduit dans une chambre où il la voit étendue sur un lit, entourée de sept damoiselles qui veillent nuit et jour; l' une d' elles est sa sœur:

E quant Blandin vi la donzella, 

Che era moult blancha e mot bella,

Va s' en tan fort enamorar

Che el non saup en se che far.

Il apprend que pour rompre l' enchantement il faut faire la conquête de l' autour blanc, renfermé dans une tour, dont les trois portails sont gardés: le premier par un énorme serpent, le second par un dragon et le dernier par un géant sarrazin, qu'on ne peut faire mourir qu'en lui arrachant une dent.

Blandin tue le serpent, passe à côté du dragon endormi, et, après un long combat, arrache deux dents au Sarrazin; il va prendre ensuite l' autour blanc et revient en le tenant au poing; mais pour sortir il lui faut terrasser le dragon, qui s' est éveillé, et s' oppose à son passage; il le tue, et aussitôt l' enchantement est détruit. Briande, c'est le nom de la belle, ne met point de bornes à sa reconnaissance, mais son libérateur n' aspire qu'à s' en faire aimer et lui offre franchement son cœur, qu' elle accepte, en lui apprenant qu' elle n' est autre que la damoiselle d' Outre-mer qui lui a enlevé son destrier.

Après un séjour d' un mois:

Blandin va penrre comjat

De Brianda e del donzel,

E volc se partir del castel,

Car de Guilhot li recordet.

Grande est la douleur de Briande; mais Blandin a promis à son frère d' armes de le joindre à jour fixe sous le pin où ils se sont séparés, et il ne trahira pas sa promesse. Il part donc, s' engageant à revenir dès qu' il aura retrouvé son ami. 

Par une suite d' heureuses circonstances, Blandin apprend que Guilhot est prisonnier, découvre le lieu de sa captivité, le délivre et retourne avec lui au château de Briande, dont la soeur, qui a nom Irlanda, inspire à Guilhot un amour qu' elle ne tarde pas à partager. Bientôt se conclut un double mariage qui donne lieu, pendant quinze jours, à des joûtes et à des fêtes brillantes. 

Guilhot et Blandin, heureux et satisfaits de leur sort, ne voulurent plus quitter leurs femmes,

Che troberon bonas molers.

Ils renoncèrent aux aventures, et vécurent honorablement en bons chevaliers. 

E pregas Dieu che ayssi vos prenha.

Ce roman, dont le texte est si visiblement altéré, est conservé dans la Bibliothèque royale de Turin; il fait partie d' un petit in-fol. ayant pour titre Miscellanea; il commence à la page 94 du manuscrit, qui, dans l' ancienne distribution, était coté L, III, 5, et se trouve, aujourd'hui, désigné par E, II, 34. Voyez, au sujet de ce poëme: Memorie della reale academia di Torino, tome XXXIII, deuxième partie, page 6.

sábado, 10 de agosto de 2024

Oler - Enonglar

 

Oler, v., lat. olere, sentir, exhaler de l'odeur, puer, odorer.

No sen brugir ni oler

Aquest malvais volatil.

Marcabrus: Pus la fuelha. 

putput, put-put, pupŭt, puput, poput, porpuz, parputa, babuta, pulput, gurgŭ, borbuta-viel barbut, barbut

Je ne sens bruire ni puer ce mauvais volatile. 

Part. prés. Domna, roza ses espina,

Sobre totas flors olens.

Pierre de Corbiac: Domna dels.

Dame, rose sans épine, sur toutes fleurs odorante.

Una Rosa sen va aná y va dixá unes rosetes, "cúidameles, Ramonet, al jardinet de Queretes."

ANC. FR. Les flors en olent miex que basme. 

Roman de la Rose, v. 12881.

Un jur li ala demander

De s' alene s' ele ert puanz,

Ou s' ele esteit souef oulanz.

Marie de France, t. II, p. 192. 

ESP. Oler. IT. Olire. (chap. Aulorá: auloro, aulores, aulore, aulorem o auloram, auloréu o auloráu, auloren; aulorat, aulorats, aulorada, aulorades.)

2. Olor, s. f., lat. olor, odeur.

Li mort e 'lh nafrat lor an tan mala olor. Guillaume de Tudela.

Les morts et les blessés leur ont si mauvaise odeur.

ANC. FR. Me seult oster de ma dolor 

Par sa très doucereuse olor.

Roman de la Rose, v. 10456.

CAT. ESP. Olor. IT. Olore. (chap. Auló, aulós.)

3. Redolent, Redolen, adj., lat. redolentem, odorant, parfumé. 

Causas aromaticas et redolens.

Fum aromatizant et redolent.

Eluc. de las propr., fol. 92 et 132. 

Choses aromatiques et odorantes. 

Vapeur aromatisante et odorante.

4. Redolencia, s. f., parfum.

Sa aromaticitat o redolencia.

Sobre bona odor et redolentia.

Eluc. de las propr., fol. 196 et 160. 

Son arome ou parfum. 

Sur-bonne odeur et parfum.


Olh, Ol, Oill, Huelh, Huel, Uell, Ulh, Uill, s. m., lat. oculus, oeil. 

No y veg clar dels huels ab que us remir.

B. de Ventadour: Ab joi mov. 

Je n'y vois pas clair des yeux avec quoi je vous contemple.

Eu li bais la bucha (bocha) e 'ls ols amdos.

G. Adhemar: Al chant d' ausel.

Je lui baise la bouche et les yeux tous deux. 

Que lo ulhs de cel cap vos en salhis. 

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 49.

Que l'oeil de cette tête vous en sortît. 

Fig. E 'ls hueils del cor tenc ades lai.

Pons de la Garde: Plus ai. 

Et les yeux du coeur je tiens toujours là. 

Providenza fai loyn gardar 

Ab uills de cor zo c' om deu far. 

Deudes de Prades, Poëme des Vertus. 

Prévoyance fait regarder loin avec yeux de coeur ce qu'on doit faire.

Que denhes virar pres de me 

Los huelhs d'amor e de merce.

Arnaud de Marueil: Si que vos. 

Qu'elle daignât tourner près de moi les yeux d' amour et de merci.

Lo solelh...

Huelh de trastot lo mon et illuminamens. 

Pierre de Corbiac: El nom de. 

Le soleil... oeil et lumière de tout le monde. 

Loc. Qui s vuelha, n' aia l' uelh moilhat.

P. Cardinal: Qui vol sirventes. 

Qui se veuille, en ait l'oeil mouillé. 

En son regart oil a oil. Trad. de Bède, fol. 10. 

En son regard oeil à oeil.

E m fay huelhs de drago.

P. Vidal: Ajustar. 

Et me fait yeux de dragon.

A qui l' esgarda de dreg huel.

P. Rogiers: Entr' ira e joi. 

A qui le regarde de droit oeil. 

Per aquest tort mi podetz los huelhs traire. 

Guillaume de Saint-Didier: El mon non a. 

Pour ce tort vous pouvez m' arracher les yeux. 

A totas gens mostrar a olh 

La dicha naychensa d' Amor.

Brev. d'amor, fol. 3. 

A toutes gens montrer à l'oeil ladite naissance d'Amour.

Lo dux ditz que non o creyria

Si de sos huellz non o vezia.

V. de S. Honorat.

(chap. Lo duc va di que no se u creuríe si de sons ulls no u veíe.)

Le duc dit qu'il ne le croirait si de ses yeux il ne le voyait.

ANC. FR. Que il n' aveit que un sol oil... bleué l' eut par aventure. 

Un rains en l' oil. 

Un rains me feit dedens l' oil.

2e trad. du Castoiement, contes 5 et 7. 

Sorquidance dit e orguil, 

Si ne set que li pent al oil. 

B. de Sainte-Maure, Chron. de Norm., fol. 118.

A ses oyls com flambe de fu.

Trad. de l'Apocalypse, Bib. de l'Arsenal.

ANC. CAT. Oill (Uyl, com Uyldecona). CAT. MOD. Ull. ESP. Ojo. PORT. Olho. IT. Occhio. (chap. Ull, ulls; ullet, ullets; ullot, ullots; ullat, ullats, ullada, ullades.)

- Terme de monnayage.

Li Peregozi deven esser fachs blanc ab V olhs.

Titre de 1276. Commune de Périgueux.

Les Périgourdins doivent être faits blanc avec cinq yeux.

2. Huelh de veire, s. m., oeil de verre, espèce d'oiseau.

Huelh de veire es un petit ausel blanc... et a la pus sotil vista que res que sia. Naturas d' alcus auzels.

L' oeil de verre est un petit oiseau blanc.. et il a la vue la plus subtile que rien qui soit.

(chap. Ull de vidre; classe de muixó y literalmen, ull fet de vidre, ull de picho.)

3. Ulhal, s. m., visière.

Fo ab sageta feritz per lo nazal

E per l' ulhal del elme, que lo colps fo mortal. Guillaume de Tudela.

Fut avec sajette frappé par le nazal et par la visière du heaume,(tellement) que le coup fut mortel.

(chap. Ullal : visera y naiximén intermitén de aigua, com los ullals de la Fenellassa, a Beseit. Riu Ulldemó, Ulldecona.)

Ullals, Fenellasa, Fenellassa, Fenellosa, Beceite, Beseit, Parrizal, Parrissal

4. Entrueil, s. m., entr'oeil, espace qui sépare les yeux.

Lo meias que es d' eviro

Entro en hueill, entrueill a nom.

Nefa jauna e lonc entrueil.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

Le milieu qui est à l'environ jusques en oeil, a nom entr'oeil.

Néfe jaune et long entr'oeil.

ANC. FR. Entrueil plaisant, bouche bien ordonée.

Eustache Deschamps, p. 98.

(chap. Entreull, entreulls, entressella, entresselles. ESP. Entrecejo.)

5. Hulhar, v., être pourvu, être garni d'yeux.

Part. pas. Arnaut, joglar, mal hulat, cara trona. 

Giraud de Calanson: Sitot s' esfors. 

Arnaud, jongleur, mal garni d'yeux, figure plate.

CAT. Ullar. PORT. Olhar. (ESP. Ojear. Chap. Fotre una ullada, ullades : mirá, guaitá, atiná, etc.)

6. Ocleiar, v., du lat. oculus, clignoter.

Cant eu la vei, tot m' abelluc,

Et oclei mai d' un ratairol.

Un troubadour anonyme: Can vei.

Quand je la vois, je suis tout ébloui, et je clignote plus qu'un petit rat.

(chap. Clucá los ulls, tancá los ulls, parpadejá.)

7. Avogolar, v., aveugler.

Autras fontainas caudas que avogolo la gen. Liv. de Sydrac, fol. 55.

Autres fontaines chaudes qui aveuglent la gent.

(chap. Segá, fé sego, ciego: atres fons caldes que seguen a la gen.)

8. Reiruelhar, v., regarder en arrière, blâmer.

Tot lo mons lo 'n reiruelha. 

Guillaume de Montagnagout: Bel m'es. 

Tout le monde l'en regarde en arrière. 

Que fols ai dig? Ieu mi reiruelh.

G. Riquier: Tot m' es. 

Qu'ai-je dit, fou? Je me blâme.

9. Opthalmia, s. f., lat., ophtalmia, ophthalmie.

Optalmia que es passio del uelh. Eluc. de las propr., fol. 79. 

(chap. Oftalmia que es patimén (enfermedat) del ull.)

Ophthalmie qui est souffrance de l'oeil.

Optalmia e emigranea. Trad. d'Albucasis, fol. 54.

Ophthalmie et migraine.

CAT. ESP. (chap.) Oftalmia. PORT. Ophtalmia, IT. Ottalmía.

10. Optalmi, s. m., lat. ophthalmius, ophtalmi, sorte de pierre précieuse. Optalmi es peyra de diversas colors. Eluc. de las propr., fol. 190.

L' ophtalmi est pierre de diverses couleurs.


Olimpiadis, s. f., lat. olympiadis, olympiade.

L'an prumier de la olimpiadis CLXXXIII. Cat. dels apost. de Roma, fol. 3. L'an premier de l'olympiade cent quatre-vingt-troisième.

2. Olimpiada, s. f., olympiade. 

De la prumiera olimpiada. Cat. dels apost. de Roma, fol. 6.

De la première olympiade.

CAT. ESP. Olimpiada. PORT. Olympiada. (chap. Olimpiada, olimpiades.)

3. Olimpi, adj., lat. olympicus, olympien.

Regio del foc... la bassa es apelada cel olimpi.

Eluc. de las propr., fol. 107.

Région du feu... la basse est appelée ciel olympien.

(chap. Olímpic, olimpics, joc olímpic, jocs olimpics. Monte Olimpo.)


Oliopomenon, s. m., du grec *gr, ellipse.

Bracologia, en autra maniera apelada oliopomenon.

Leys d'amors, fol. 142.

Bracologie, en autre manière appelée ellipse.

(https://archive.org/details/lasflorsdelgaysa03gatiuoft/mode/2up)


Olm, Olme, s. m., lat. ulmus, orme. 

Ieu no i trob plus ombra ni olm ni resta. 

Bertrand de Born: Non estarai.

Je n'y trouve plus ombre ni orme ni séjour. 

Vezetz vos cel brulhet ab cels olmes plantatz?

Roman de Fierabras, v. 1678. 

Voyez-vous ce petit bois planté avec ces ormes?

CAT. Olm. ESP. PORT. IT. Olmo. 

(chap. Olm, olms; no demanéu peres al olm.)

2. Olmada, s. f., ormoie, lieu planté d'ormes.

Las plantadas de sobre l' olmada.

Tit. de 1225. Arch. de l' archevêque d'Arles, n° 86.

Les pépinières dessus l' ormoie.

(chap. Olmeda, olmedes. ESP. Olmeda, olmedas.)

olmo, ulmus, olm, olms


Olus, s. m., lat. olus, légume, plante potagère.

Ja que totas herbas aptas a cozinar sio ditas olus, empero caul especialment es dit olus. Eluc. de las propr., fol. 216. 

Quoique toutes les herbes propres à cuisiner soient dites plantes potagères, cependant le chou est spécialement dit plante potagère.


Ombra, Umbra, s. f., lat. umbra, ombre, ombrage.

Car anc Narcisus, qu' amet l'ombra de se, 

Si be s mori, no fo plus fols de me.

Pierre d'Auvergne: Mot m'entremis. 

Car oncques Narcisse, qui aima l' ombre de soi, quoiqu'il mourût, ne fut plus fou que moi. 

Josta si

Assec me a l' ombra d'un telh.

Gavaudan le Vieux: L' autre dia. 

Auprès de soi elle me fit asseoir à l'ombre d'un tilleul.

Fig. Dona...

Pus bela que bels jorns de may, 

Solelhs de mars, umbra d' estieu.

Arnaud de Marueil: Dona genser. 

Dame... plus belle que beaux jours de mai, soleil de mars, ombre d'été. Loc. La luna eclipsa quan... la terra li fa umbra.

Eluc. de las propr., fol. 117. 

La lune éclipse quand... la terre lui fait ombre. 

Prov. Lo sec en totz luocs coma la ombra del cors. V. et Vert., fol. 7.

Le suit en tous lieux comme l' ombre du corps.

- Fantôme.

Per umbras malvazas et espaventablas que si mostron a lor.

Liv. de Sydrac, fol. 41. 

Par ombres méchantes et épouvantables qui se montrent à eux.

CAT. Ombra. ANC. ESP. Umbra. ESP. MOD. PORT. Sombra. IT. Ombra.

(chap. Sombra, sombres; ombra, ombres; umbría, umbríes; ombría, ombríes : part aon no toque lo sol, ombrieta, ombrietes, contraria a la solana, solanes, solaneta, solanetes.)

Casa Ombrieta, turismo rural, Antolí Tello

2. Ombraill, s. m., ombrage.

Trobei un' amairitz

Al ombraill d' un' abadia.

B. Zorgi: L'autr'ier.

Je trouvai une amante à l'ombrage d'une forêt de sapins.

Non podion, ses morir,

Outra l' ombral del bruoill anar. 

Guillaume de la Tour: Plus que las.

Elles ne pouvaient, sans mourir, aller outre l' ombrage du bois.

3. Ombratge, s. m., ombrage, l'épaisseur du bois.

M' es belh dous chan per l' ombratge.

Marcabrus: Lanquan fuelhon.

M'est beau doux chant par l' ombrage.

Aug agnir

Cavals voitz per l' ombratge.

Bertrand de Born: Be m play.

J'entends hennir les chevaux vides à travers l'épaisseur du bois.

ESP. (Sombráge) Sombraje. (chap. Espessura del bosc o bosque. 

Puesto ombriós, umbriós.)

4. Ombreira, Ombrieira, s. f., ombrière, lieu ombragé.

Sojornem en est' ombrieira.

Giraud de Borneil: L'autr' ier.

Reposons en cette ombrière.

Tro qu' en una ombreira, 

Reviriey mos huelhs alhor.

Joyeux de Toulouse: L' autr' ier. 

Jusqu'à ce qu'en un lieu ombragé, je détournai mes yeux ailleurs.

5. Ombriu, Umbriu, adj., ombreux, ombragé.

Son ombriu li ramel.

Marcabrus: Quan l' aura.

Les rameaux sont ombreux.

Bel m' es quan son ombriu li mon. 

Marcabrus: A l' alena. 

Il m'est beau quand les monts sont ombragés. 

ANC. FR. Sur le plus haut des ombreuses montagnes.

Premières œuvres de Desportes, p. 228.

Nous suivons les chemins ombreux et solitaires. Bertaut, p. 362.

ESP. (sombrío) PORT. Sombrio.

- Ombrageux, défiant.

Sembla cavall umbriu a cuy fay pahor la umbra. V. et Vert., fol. 71.

Semble cheval ombrageux à qui l'ombre fait peur. 

On plus l' ai servida

De mon poder, ieu la trop plus umbriva. 

P. Vidal: S' ieu fos en cort. 

Où plus je l'ai servie de mou pouvoir, je la trouve plus ombrageuse.

Ves aquels etz ombriva 

C' avetz en poder.

Rambaud d'Orange: Amors com. 

Vous êtes ombrageuse envers ceux que vous avez en pouvoir.

(chap. Sombrío, sombríos, sombría, sombríes.)

6. Ombrelh, adj., ombreux, sombre.

Fig. Blanc dig ab fag escur, ombrelh.

Bernard de Venzenac: Hueymais pus. 

Clairs propos avec fait obscur, sombre.

7. Ombrejar, Ombreiar, v., ombrager, donner, apporter, faire de l'ombre.

Fig. Cui malvatz astres ombreia.

Marcabrus: Per savi 'l tenc. 

A qui mauvais astre apporte ombre.

ANC. FR. Avoit dedans le champ deux petites loges pour reposer et umbrer les champions. Monstrelet, t. I, fol. 14.

CAT. Sombrejar. ESP. PORT. Sombrear. IT. Ombreggiare. 

(chap. Sombrejá, fé o doná sombra.)

8. Azombrar, Aombrar, v., lat. adumbrare, ombrager, être ombreux.

Hueymais pus s' azombra 'l trelha.

Bernard de Venzenac: Hueymais pus. 

Désormais puisque la treille s'ombrage. 

Lanquan vey florir l' espiga 

E s' azombra 'l vitz.

G. Adhemar: Lanquan vey. 

Lorsque je vois fleurir l'épi et (que) s'ombrage la vigne.

- Se tenir à l'ombre, goûter le frais à l'ombre.

Vi un albre mout sobrier 

E lonc, que avia nom palmier, 

On volontier si repausera, 

Si fos desotz, e s' aombrera.

Roman de Blandin de Cornouailles. 

Vit un arbre moult élevé et long, qui avait nom palmier, où volontiers il se reposerait, s'il était dessous, et se tiendrait à l'ombre. 

ANC. FR. Et truevent un lieu descombré, 

D' arbres açaint de feuille aombré. 

Fables et cont. anc., t. III, p. 28. 

C'est un espoir qui polit et adombre

Le mal passé.

Saint-Gelais, p. 3.

ANC. CAT. Aombrar. ESP. Asombrar. PORT. Assombrar. IT. Adombrare.

(chap. Doná o fé sombra. Assombrá, assombrás, de assombro.)

9. Enombrar, v., lat. inumbrare, obscurcir, cacher.

Esdeve escura per la terra que lhi enombra la resplandor del solelh.

Liv. de Sydrac, fol. 52.

Devient obscure par la terre qui lui cache la splendeur du soleil. 

Part. pas. Can tota la lhuna es enombrada de la terra.

Liv. de Sydrac, fol. 52.

Quand toute la lune est obscurcie par la terre.

ANC. FR. Qui s' esclipse comme la lune

Que la terre obnuble et enumbre 

Quant la lune chiet en son umbre. 

Roman de la Rose, v. 4802. 

Le S.-Esprit surviendra en toy, et la vertu du souverain t' enombrera.

Apologie pour Hérod., t. I, p. 605. 

IT. Inombrare.

10. Solumbrar, v., ombrager, mettre a l'ombre, reposer.

Fig. En lhyeis lo filhs de Dieu solumbrara, e penra carn e sanc de lhyeis.

Liv. de Sydrac, fol. 119.

En elle le fils de Dieu reposera, et prendra chair et sang d'elle.

Apres l' avenimen del filh de Dieu, qui s solombrara en la Vergis.

Liv. de Sydrac, fol. 8.

Après l'avénement du fils de Dieu, qui s'ombragera en la Vierge.


Omelia, s. f., lat. homilia, homélie

Crizostomus..., en la dezena omelia. Cat. dels apost. de Roma, fol. 6. Chrysostôme..., dans la dixième homélie. 

CAT. ESP. (homilía) PORT. Homilia. IT. Omelia. (chap. Homilía, homilíes.)


Onager, s. m., lat. onager, onagre, âne sauvage.

Fo apelat onager, que es bestia fera et mol salvagga.

Eluc. de las propr., fol. 167. 

Fut appelé onagre, qui est bête farouche et moult sauvage.

2. Onagri, s. m., onagre.

Cavals et onagris. Eluc. de las propr., fol. 175.

Chevaux et onagres.

3. Onagre, s. m., lat. onagrus, onagre. 

Onagre vol dire aze fer. Eluc. de las propr., fol. 255.

Onagre veut dire âne sauvage.

ESP. PORT. IT. Onagro. (chap. Burro salvache, ase, ruc, acémila, com Artur Quintana Font.)


Onci, s. m., lat. uncus, croc, crochet.

Pren onci, e fica aquel en la meula. Trad. d'Albucasis, fol. 22.

Prend crochet, et fiche celui-là en la moelle.



Oncle, s. m.3 lat. avunculus, oncle.

Ja no creirai castic d' amic ni d' oncle.

A. Daniel: Lo ferm. 

Je ne croirai jamais avis d'ami ni d' oncle. 

Que de son oncle la volcsetz amparar.

Rambaud de Vaqueiras: Senher marques.

Que de son oncle vous voulussiez la préserver.

CAT. Oncle (tiet). (chap. Tío - son germá de la mare; tíos, tía, tíes.)


Onda, Unda, Honda, s. f., lat. unda, onde, flot, vague.

Atressi m ten en balanza 

Com la nau sus l' onda.

B. de Ventadour: Tant ai mon. 

Ainsi je me tiens en balance comme la nef sur l'onde.

Cel que dopta sembla l' unda de la mar que mov lo vens.

Trad. de Bède, fol. 58. 

Celui qui doute semble l' onde de la mer que le vent agite.

La mar fai grans ondas. V. de S. Honorat. 

La mer fait de grandes vagues.

Las hondas qu' yssiran del mar, 

Sus vas lo cel volran poiar.

Passion de J.-C. 

Les vagues qui sortiront de la mer, sus vers le ciel voudront monter.

CAT. (ona, onas u ones) ESP. (ola) PORT. IT. Onda. (chap. Ola, oles; onda, ondes, de radio.)

2. Inondation, s. f., lat. inundationem, inondation.

Per inondation d'aiguas. Fors de Béarn, p. 1093. 

(chap. Per inundassió d' aigües.) 

Par inondation d'eaux.

CAT. Inundació. ESP. Inundación. PORT. Inundação. IT. Inondazione.

(chap. inundassió, inundassions; v. inundá, inundás: inundo, inundes, inunde, inundem o inundam, inundéu o inundáu, inunden; inundat, inundats, inundada, inundades.)

3. Ondejar, Ondeiar, v., ondoyer.

La gran mar

Dels blatz en espic ondeiar.

Leys d'amors, fol. 128. 

La grande mer des blés en épis ondoyer. 

ANC. IT. E i campi pieni di biade non altramente ondeggiare che il mare.

Boccaccio, giorn. I. 

ANC. CAT. Onejar. CAT. MOD. Ondejar. ESP. PORT. Ondear. 

IT. Ondeggiare. (chap. Ondejá, fé ondes u oles.)

4. Ondansa, Undansa, s. f., avantage, profit, suffisance.

Loc. Val mais us cortes nos

Quant hocs no i trob' ondansa.

R. Jordan: Era don Dieus. Var. 

Vaut plus un courtois non quand oui n'y trouve profit.

Un Ms. porte undansa.

5. Abondantia, Abondancia, Habundancia, s. f., lat. abundantia, abondance.

Abondancia de tot mal. V. et Vert., fol. 28. 

Abondance de tout mal. 

Loc. De la habundancia del cor parla la boca. V. et Vert., fol. 85. 

De l' abondance du coeur parle la bouche. 

ANC. FR. Mais, comme scez, d' abondance de coeur

La bouche parle, et rien n'y cherche que heur.

G. Cretin, p. 196.

CAT. ESP. PORT. Abundancia. IT. Abondanzia, abbundanzia. 

(chap. Abundansia, abundansies.)

6. Abondansa, Aondansa, s. f., abondance. 

Quar eu trop tan de ben en lei a dir, 

Que sofraichos mi fai trop abondansa.

Folquet de Marseille: Chantan. 

Car je trouve en elle tant de bien à dire, que pauvre me rend trop d' abondance.

Selhs que an aondansa 

De vin et d' anona.

P. Cardinal: Falsedatz. 

Ceux qui ont abondance de vin et de blé.

- Profit, avantage, satisfaction. 

Loc. Aisso m veda de que m don aondansa 

Mi dons.

Rambaud de Vaqueiras: Era m requier. 

Ma dame me défend ce par quoi elle me donne satisfaction.

Per qu' el nos val mais, so m par,

Que l' oc ses far aondansa.

G. Olivier d'Arles, Coblas triadas. 

C'est pourquoi, le non vaut davantage, ce me paraît, que l'oui sans faire profit.

Ades vol de l' aondansa 

Del cor la boca parlar.

Aimeri de Peguilain: Ades vol. 

Incessamment veut de l' abondance du coeur la bouche parler. 

IT. Abbondanza.

7. Aon, s. m., aide, secours, assistance.

Contr' aiso nos fes Dieus un aon, 

Cant nos mandet c' amassem ses faidia.

G. Olivier d'Arles, Coblas triadas. 

Contre ceci Dieu nous fit une assistance, quand il nous commanda que nous aimassions sans rebut. 

Dona, vos quier aon.

Albert de Sisteron: Dona pros. 

Dame, je vous quiers aide.

8. Habundoz, Avondos, Aondos, Aundos, adj., abondant.

Terra en blatz, frugz... et metalhs habundoza.

Eluc. de las propr., fol. 175. 

Terre en blé, fruits... et métaux abondante.

Tan avondos de totz bels garnimens. 

B. Zorgi: Non lassarai. 

Si abondant en tous beaux équipages. 

Sest rire m' a faig de ris tant aondos. 

Lanfranc Cigala: Joios d'amor. 

Ce rire m'a fait de ris si abondant.

Aundos en plors. Trad. de Bède, fol. 51. 

Abondant en pleurs. 

ANC. CAT. ESP. PORT. Abundoso. IT. Abbondoso. 

(chap. Abundán, abundans, abundanta, abundantes.)

9. Abondar, Abundar, Habundar, Aundar, Aondar, v., lat. abundare, abonder, profiter, suffire, convenir, aider.

El temps dels ancessors, 

Quant aondava joys.

Giraud de Borneil: Ben m' era. 

Au temps des ancêtres, quand plaisir abondait. 

S' ieu follei per vos, mais m' es d' onors 

Que s' ab autra m' abundava mos sens.

Arnaud de Marueil: La grans beutatz. 

Si je fais folies pour vous, (ce) m'est plus d'honneurs que si avec autre m' abondait mon sens. 

Almorna aunda ses dejun, e dejuns non aunda ses almorna.

Trad. de Bède, fol. 52. 

Aumône profite sans jeûne, et jeûne ne profite pas sans aumône.

El gens terminis m' aonda.

Marcabrus: Lo vers. 

Le gentil printemps me convient.

Maire de Dieu, fons de merce, 

La tua grans bontatz l' aon.

J. Esteve: Planhen ploran.

Mère de Dieu, fontaine de merci, que ta grande bonté lui aide. 

Loc. Chascus hom aunda e so sen. Trad. de Bède, fol. 73. 

Chaque homme abonde dans son sens.

El habunda en Dieu. V. et Vert., fol. 48.

Il abonde en Dieu. 

Part. prés. Terra es fertils et habundant en blatz.

Eluc. de las propr., fol. 175. 

Est terre fertile et abondante en blés. 

CAT. ESP. PORT. Abundar. IT. Abbondare. (chap. abundá: abundo, abundes, abunde, abundem o abundam, abundéu o abundáu, abunden; abundat, abundats, abundada, abundades; abundán, abundans, abundanta, abundantes.)

10. Habondozament, Aondozamen, adv., abondamment, pleinement. 

Per II o per plus testimonis habondozament. Cout. de Tarraube, de 1284.

Par deux ou par plus de témoins abondamment.

De muzica sai yeu tot aondozamens 

Quatre tons principals.

Pierre de Corbiac: El nom de.

De musique je sais tout pleinement quatre tons principaux.

CAT. Abundosament. ESP. PORT. Abundosamente. IT. Abbondosamente.

(chap. Abundanmen; abundosamen.)

11. Sobrehabondansa, s. f., surabondance.

Cant hom vol assignar sobrehabondansa d' acciden. 

Leys d'amors, fol. 142.

Quand on veut désigner surabondance d'accident. 

ESP. Sobreabundancia. IT. Soprabbondanza. (chap. Superabundansia, sobreabundansia; “aixó s' en va de la ufanidat” (aufanidat, “orfanidat”) se diu a Beseit pera exagerá, pera di que ña massa de algo o que sen fa massa de alguna cosa.)

12. Sobrondar, v., surabonder.

L' autre mal ve, car tan sobronda 

La colera que no l' aonda 

Sel vaisselet on deu estar.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

L'autre mal vient, parce que tant surabonde la bile que ne lui suffit pas ce petit vase où elle doit être.

CAT. ESP. Sobreabundar. IT. Soprabbondare. 

(chap. Sobreabundá : ñabé massa de algo, abundá massa.)

13. Sobreaundosamen, adv., surabondamment.

Sera mal fagz sobreaundozamen. Calendrier en provençal. 

Sera mal fait surabondamment. 

CAT. Sobreabundantment. ESP. Sobreabundantemente.

IT. Soprabbondantemente. (chap. Sobreabundanmen.)


Onger, Ogner, Oingner, Onher, v., lat. unguere, oindre, frotter, enduire.

Si fazia onger d'aquel ongemen. Liv. de Sydrac, fol. 43.

(chap. Se fée ungí (refregá, fé fregues) d' aquell ungüén.)

Se faisait frotter de cet onguent.

Que onheretz de buire fresc.

Deudes de Prades, Auz. cass.

Que vous oindrez de beurre frais.

Onhes en los luntars de las portas. Hist. abr. de la Bible, fol. 28. 

(chap. Untéu, ungíu los llindás de les portes.)

Oignez-en les seuils des portes.

Loc. fig. Mas qui us ditz mal, aquel vos oing. 

Bertrand de Born le fils: Quant vei. 

Mais qui vous dit le mal, celui-là vous oint. 

Part. pas. Tu que iest tan granz prelatz 

E fust onhs et sanctificatz. 

V. de S. Honorat. 

Toi qui es si grand prélat et fus oint et sanctifié. 

El non era onhs ni sagratz, 

Mas de pretz era coronatz.

R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.

Il n'était oint ni sacré, mais de mérite était couronné.

ANC. FR. Ne par riens que l'en sache ongier, 

La vie du cors alongier.

Roman de la Rose, v. 17189.

ESP. PORT. Ungir. IT. Ungere, ugnere. (chap. Ungí, untá, refregá.)

2. Onchar, v., oindre, frotter.

Enportet lo enguen don Dieus si fetz onchar. 

Roman de Fierabras, v. 624. 

Emporta l'onguent dont Dieu se fit oindre. 

Maria pres una liura d' enguent... et onchava los pes de Jhesu Crist.

Fragment de trad. de la Passion. 

Marie prit une livre d'onguent... et oignait les pieds de Jésus-Christ.

Onchet lo de precios enguen. V. et Vert., fol. 80. 

L' oignit de précieux onguent.

Part. pas. Son onchat et enbasmats. V. et Vert., fol. 35.

(chap. Són untats, ungits y embalsamats : de bálsamo.)

Sont oints et embaumés.

ANC. FR. Quant le cors enoint aveient 

Sur la bere il le meteient.

Fr. Ms. de la Rés. (résurrection) de J.-C.

3. Untar, v., oindre. 

Part. pas. Can l'en ac untat,

El se senti pus sas que lunh falco mudat. 

Roman de Fierabras, v. 2159. 

Quand il l'en eut oint, il se sentit plus sain que nul faucon mué.

CAT. ESP. PORT. Untar. IT. Untare. (chap. Untá: unto, untes, unte, untem o untam, untéu o untáu, unten; untat, untats, untada, untades.)

4. Ongemen, Ognemen, Ongnimen, Onhemen, Hongemen, Ungniment, s. m., onguent, onction, pommade, emplâtre, liniment.

La mezelia si pot garir d'un ongemen que s' apela ongemen de chilorofle.

Liv. de Sydrac, fol. 42. 

La lèpre peut se guérir avec un onguent qui s'appelle onguent de girofle.

No i val nuills onhemens.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

N'y vaut nulle onction.

Quant elas an lor ongnimenz 

Totz ajustatz.

Le moine de Montaudon: Quant tuit. 

Quand elles ont leurs pommades toutes préparées. 

Olis, que es veramens 

1 dels principals hongemens.

Brev. d'amor, fol. 145. 

Huile, qui est vraiment un des principaux liniments.

ANC. FR. Ge fusse mors et mal baillis 

Se li dous oignement ne fust.

Roman de la Rose, v. 1870. 

Morte fussent, mon escient, 

S' un trop bon oingnement ne fust. 

Qui de tel oingnement éust, 

Jà ne fust mès de mal grevée.

Fables et cont. anc., t. III, p. 453. 

Baillet mei sà cel uinnement, 

Si en oindrum cest cors present. Fr. Ms. de la Rés. de J.-C.

ESP. Ungimiento. IT. Ugnimento. (chap. Ungimén, linimén, pomada, ungüén, unsió, empastre o emplaste.)

5. Onguen, Enguen, Enguent, s. m., lat. unguentum, onguent, emplâtre, pommade.

Aisest onguens val contra lepra.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

Cet onguent vaut contre lèpre. 

Onchet lo de precios enguen. V. et Vert., fol. 80. 

L' oignit de précieux onguent.

CAT. Unguent. ESP. (ungüento) PORT. IT. Unguento. 

(chap. ungüén, ungüens.)

6. Onchura, Ointura, s. f., onction, oing, assaisonnement.

Banhs, issarops et onchuras. Brev. d'amor, fol. 124.

(chap. Bañs, jarabes y untures, unsions, ungüens.)

Bains, sirops et onctions.

Onchura d'oli non volon ges 

Ni peis fresc, gras de pescaria.

P. Cardinal: Ab votz. 

Assaisonnement d'huile ne veulent point ni poisson frais, gras de pêcherie

Fig. Vira als autres lo dos

Que non veion l' ointura. 

Le Dauphin d'Auvergne: Joglaretz. 

Tourne le dos aux autres pour qu'ils ne voient pas l' oing. 

ANC. FR. Par l' ointure de l' oignement. Roman de la Rose, v. 1862.

(chap. Untura, untures.)

7. Unctio, Onccio, s. f., lat. unctio, onction.

Per que cessa lurs onccios. Brev. d'amor, fol. 88. 

C'est pourquoi cesse leur onction. 

Metges fai suaus pimens e cofec suaus unctios. Trad. de Bède, fol. 79. Médecin fait douces boissons et confectionne douce onction.

CAT. Unció. ESP. Unción. PORT. Unção. IT. Unzione. 

(chap. Unsió, unsions.)


Ongla, Ungla, s. f., lat. ungula, ongle, griffe, serre.

onglas de mas e d' artellz. V. de S. Honorat.

Ongles de mains et d'orteils.

Jes las onglas dels detz

Tan longas non portetz.

Amanieu des Escas: En aquel mes. 

Que point les ongles des doigts si longs ne portiez.

Serenas... ha cors de femna e coa de peysso et onglas d'aigla.

V. et Vert., fol. 23.

La sirène... a corps de femme et queue de poisson et serres d'aigle.

Loc. No m pot ges becx escoyssendre ni ongla. 

A. Daniel: Lo ferm voler. 

Ne peut point bec me déchirer ni ongle. 

Tos temps serai ab lieys cum carn et ongla.

(chap. Tots tems, sempre, siré en ella com carn y ungla.)

ungla, ungles, uña, uñas

A. Daniel: Lo ferm voler.

Je serai toujours avec elle comme chair et ongle.

CAT. Ungla. ESP. Uña. PORT. Unha. IT. Unghia, ugna. 

(chap. Ungla, ungles; ungleta, ungletes.)

2. Enonglar, v., agripper, attacher.

Fig. Aissi s' enpren e s' enongla

Mon cor en lieys, cum l' escors' en la verja.

A. Daniel: Lo ferm voler. 

Ainsi s'éprend et s'attache mon coeur en elle, comme l'écorce à la verge.

viernes, 24 de abril de 2026

Ren, Re, riñó, riñons

Ren, Re, s. f., lat. renes, rein.

Si vostr' ausel en ren a mal. 

Cant auzel a mal en las res.

Deudes de Prades, Auz. cass.

Si votre oiseau a mal au rein.

Quand l'oiseau a mal dans les reins.

ANC. CAT. Ren. ANC. ESP. Rene. ESP. MOD. (rinon) Riñón. PORT. Rins.
IT. Rene.

(chap. Riñó, riñons; riñonada, riñonades.)

Riñó, riñons; riñonada, riñonades; Ren, Re, s. f., lat. renes, rein.


2. Desrenar, Deregnar, v., éreinter.

Fort lo prendo a demandar

Per aucir e per deregnar.

Trad. de l'Évangile de Nicodème.

Ils prennent fort à le demander pour occire et pour éreinter.

Part. pas. Cant auretz auzel desrenat.

Deudes de Prades, Auz. cass.

Quand vous aurez oiseau éreinté.

ESP. Derrengar. PORT. Derrear. (chap. Desriñoná, desriñonás : yo me desriñono, desriñones, desriñone, desriñonem o desriñonam, desriñonéu o desriñonáu, desriñonen; desriñonat, desriñonats, desriñonada, desriñonades; batut, mol cansat, espentolat, etc., sobre tot si es caván, asclán lleña, cullín o arreplegán les pataques.)

Arreplegán les pataques  t´hay vist les bragues, y no sé si eren negres  o ne ne portáes.