Mostrando entradas con la etiqueta pomier. Mostrar todas las entradas
Mostrando entradas con la etiqueta pomier. Mostrar todas las entradas

lunes, 24 de noviembre de 2025

Polus - Pomelat

Polus, s. m., lat. polus, pôle.

Polus anthartic o meridional.

Eluc. de las propr., fol. 119. 

Pôle antarctique ou méridional.

CAT. ESP. PORT. IT. Polo.

9. Interpolat, adj., lat. interpolatus, intermittent.

Si es interpolada, so es a dire que adhoras cesse et puiss retorne; mais si es ses interpolacio.

Febre dita interpolada.

Eluc. de las propr., fol. 79 et 89.

Si elle est intermittente, c'est-à-dire que parfois elle cesse et puis revienne; mais si elle est sans intermittence.

Fièvre dite intermittente.

3. Interpolacio, s. f., lat. interpolatio, intermittence.

Si es interpolada, so es a dire que adhoras cesse et puiss retorne; mais si es ses interpolacio.

Aytals febres han veraya interpolacio en las interpoladas.

Eluc. de las propr., fol. 79 et 89.

Si elle est intermittente, c'est-à-dire que parfois elle cesse et puis revienne; mais si elle est sans intermittence.

Pareilles fièvres ont vraie intermittence dans les intermittentes.


Pom, s. m., lat. pomum, pomme.

Anc pus Adams manget del pom.

Rambaud de Vaqueiras: Er quan. 

Oncques depuis qu'Adam mangea de la pomme. 

Apren del pom

Per que ni com 

Na Discordia lo fes legir.

Giraud de Calanson: Fadet joglar.

Apprends de la pomme pourquoi et comment dame Discorde la fit choisir.

- Pommeau.

No s' ac de sa espaza mas quant la pom. 

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 74.

Il n'eut de son épée excepté que le pommeau.

CAT. Pom. ESP. PORT. IT. Pomo. (chap. Pom, poms; de la espasa, de una porta pera picá.)

2. Poma, s. f., pomme.

Manget la poma que Dieus lh' avia devedada.

La poma qu'es bela e flairans.

Liv. de Sydrac, fol. 12 et 86. 

Mangea la pomme que Dieu lui avait défendue. 

La pomme qui est belle et sentant bon. 

Nég. expl. D' als jauzir,

No m val joys una poma.

A. Daniel: L' aur' amara. 

De jouir d'autres, la joie ne me vaut une pomme.

CAT. ESP. (manzana) IT. Poma. (Chap. Poma, pomes; pomera, pomeres : abre que les fa.)

3. Pometa, s. f. dim., petite pomme.

Dona grossa que troba mays sabor en una pometa agra que en pan de fromen. 

V. et Vert., fol. 31.

Dame grosse qui trouve plus de saveur en une petite pomme aigre qu'en pain de froment.

(Chap. Pometa, pometes; pomereta, pomeretes: abre)

4. Pomer, Pomier, s. m., lat. pomarium, pommier.

Del pomier vezem lo pom eyssir.

(chap. De la pomera veém la poma eixí.)

Serveri de Girone: Del mon. 

Du pommier nous voyons la pomme sortir.

Dorm lay desot aquel pomier.

Roman de Blandin de Cornouailles, etc. 

Dort là dessous ce pommier.

(chap. Dorm allá deball de la pomera.)

Co esta lo pomer que es em boula tot dreg. 

Tit. de 1230. Arch. du Roy., J. 307. 

Comme est le pommier qui est en boule tout droit. 

CAT. Pomer. IT. Pomiero, pomiere. (ESP. manzano)

5. Pomel, s. m., pomme, boule.

Paucx pomels,

Ab dos cotels, 

Sapchas gitar e retenir.

Giraud de Calanson: Fadet joglar. 

Petites pommes, avec deux couteaux, sache jeter et retenir.

Hirisso... si tot si recuelh en un pomel, n' i ve hom mas espinas.

Eluc. de las propr., fol. 252.

Le hérisson... si tout il se rassemble en une boule, on n'y voit qu'épines.

(cha. L' arissó, si tot ell se fa una bola (poma), no se veuen mes que “espines”, punches.) 

- Pommeau.

Dessus, un pomel 

D'un carboncle novel.

P. Cardinal: Sel que fes. 

Dessus, un pommeau d'une escarboucle neuve. 

ANC. FR. Et prend l'espée par le pommel et la tyre à soy. 

Roman de Giron le Courtois, fol. 49. 

Son espée qui avoit le pomel d'or.

Galien Rethoré, fol. 92.

ANC. CAT. Pomell. IT. Pomello.

6. Pomat, s. m., pommé, cidre.

Det lor cena

De pomat que el ac fah, e pan d'avena.

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 84.

Leur donna souper de pommé qu'il eut fait, et pain d'avoine.

IT. Pomato.

7. Pomada, s. f., pommé, cidre.

En pomas habundoza de las quals fan pomada.

Eluc. de las propr., fol. 165. 

Abondante en pommes desquelles ils font pommé. 

CAT. ESP. PORT. Pomada. IT. Pomata.

(N. E. a Mallorca encara se li diu pomada a una beguda: ginebra en llimó.)


Pomat, adj., pommelé.

Del saur pomat.

Rambaud de Vaqueiras: El so que. 

Du gris pommelé.

2. Pomelat, adj., pommelé.

El mes son pe a terra del destrier pomelat. 

Ar en dreyt montaray sul destrier pomelat.

Roman de Fierabras, v. 1404 et 913. 

Il mit son pied à terre du destrier pommelé. 

Maintenant justement je monterai sur le destrier pommelé.

ANC. FR. E desoz vos cil destriers pumeleiz. 

Roman de Gerard de Vienne, v. 1814. 

IT. Pomellato. (chap. Tacat, placat, que té taques, plaques, corros de un atre coló, per ejemple un caball corredó: destrier de aquí damún.)


Ponch

lunes, 4 de diciembre de 2023

Roman de Blandin de Cornouailles et de Guilhot Ardit de Miramar.

Roman de Blandin de Cornouailles et de Guilhot Ardit de Miramar.

Ce petit poëme contient le récit rapide et animé des aventures de deux chevaliers dont les noms lui servent de titre. Le sujet en est simple et le style n' est pas dépourvu d' une certaine naïveté, mais le texte est fort incorrect. Cette imperfection, qui doit évidemment être attribuée au copiste, probablement italien, comme l' orthographe du manuscrit porte à le croire, me permet à peine d' en transcrire quelques vers dans la courte analyse que je me borne à donner de ce roman, dont voici le début:

En nom de Dieu, commenzeray (1: (sic) Lisez comensaray.) 

Un bel dictat, e retrayrai

D' amors e de cavalaria,

E una franca compania,

Que van far dos cavaliers

De Cornoalha, bos guerriers. 

Ces deux chevaliers, Blandin de Cornouailles et Guilhot Ardit de Miramar, vont ensemble chercher aventure; après avoir chevauché deux jours et deux nuits, ils font rencontre d' un petit chien qui semble s' offrir à leur servir de guide; ils le suivent jusqu'à l' entrée d' une caverne; Blandin seul y pénètre, marche quelque temps dans une obscurité profonde, et arrive enfin dans un riche verger où bientôt il s' endort sous un pommier en fleurs:

... Mentre ch' el si dormia 

E reyssidar non si podia,

Aneron venir doas donsellas,

Mot bellas, a gran merveillas.

Dis l' una a l' autra: “Bel cavalier 

Dorm lay desot aquel pomier

Preg o te che l' anem reysidar.”

Ces deux damoiselles l' éveillent en effet, et le supplient de les délivrer d' un géant dont elles sont prisonnières; il y consent, sous la condition de les emmener, s' il est vainqueur, ce qu' elles acceptent. Le chevalier triomphe du géant, et, suivi des deux jeunes captives, il rejoint son ami Guilhot, qu' il a laissé à l' entrée de la caverne. Chacun d' eux en prend une en croupe, et les voilà cheminant tous quatre vers un château qui s' offre à leur vue:

E las donzellas quant viron 

Lo castel, ellas ploreron, 

E planon si mot aygramen

La una e l' autra...

E Blandinet, chi ben amava 

Las donzellas che menava,

Demandet lur de che ploravan.

L' une d' elles lui apprend que ce château est celui de leur famille; qu' il leur a été arraché par un autre géant, frère de celui qu' il a tué, et qui y tient en captivité leurs parents, chevaliers de haut parage:

Respon Blandin: “Ne vos plores, (1: Ne (sic) Lisez no.)

Car lo castel ben cobrares.”

Guilhot réclame l' honneur de les délivrer, et, malgré deux énormes lions, terribles auxiliaires de son adversaire, il est sur le point de terminer heureusement cette aventure, lorsque, tout à coup, surviennent les deux fils du géant, qui le chargent de fers.

Cependant, Blandin ne voyant pas revenir son ami, pénètre dans le château, et attaque hardiment les trois géants; pendant le combat, Guilhot parvient à briser la porte de sa prison, et décide, en faveur de Blandin, la victoire jusqu' alors incertaine; aussitôt ils s' empressent de rendre à la liberté les parents des damoiselles, et les remettent en possession de leurs domaines.

Le lendemain, au point du jour, les deux amis quittent le château. Ils cheminaient en s' entretenant de l' aventure de la veille, lorsque leurs oreilles sont frappées du langage harmonieux d' un bel oiseau qui leur disait: 

“Gentils senhors, annas avant, 

C' atrobares un gran desert,

Intras vos ben apert,

E quant seres jus un bel pin

Che trobares en lo camin,

Laun tenga a la par drecha,

Per una cariera estrecha,

E l' autre tengua a l' autra man;

Aventura trobares mot gran...”

Quant ausiron l' ausel parlar,

So dis Guilhot: “Avez aussit

D' ayssel ausel che nos a dich?” 

Certes, oui, lui répond Blandin émerveillé; et ils s' avancent aussitôt jusqu'au pin indiqué; là, après être convenus de se retrouver au même endroit, le lendemain de la Saint-Martin, les deux chevaliers s' embrassent les larmes aux yeux, et chacun prend la route qu' il a choisie.

Guilhot suit le grand chemin et ne tarde pas à faire rencontre du terrible Lionnet, l' un des géants que Blandin et lui ont déjà vaincus au château; il l' attaque et le tue; mais très affaibli lui-même par les blessures qu' il a reçues dans ce combat, il remonte avec peine sur son destrier, et continue sa route en perdant ses forces avec son sang. Heureusement, il est recueilli par un ermite qui lui prodigue tous ses soins et le guérit en peu de jours. A peine rétabli, il recommence ses courses, tue le frère du chevalier Noir, et est assailli par une troupe de guerriers, dont il reste le prisonnier, malgré la plus vigoureuse résistance.

De son côté, Blandin, apres s' être séparé de son ami, était entré dans un bocage, où il avait rencontré une damoiselle,

Che gardava en un prat

Un chaval blanc, tot ensellat...

E quant Blandin vi la donzella,

Apertamen s' en va vers (1) ella..., (1: (sic) Lisez ves.)

E dis: “Donzella de gran parage,

Com es aisi en tal boscage?

Ai! de qui es tant bel caval?

Preg Dieu que lo garde de mal,

Car, per ma fe, el es mout bel

A cavalcar a tot donzel.” 

Elle lui répond qu'on la nomme la damoiselle d' Outre-mer, qu' elle va cherchant aventure, et que, voulant prendre son repas, elle a lâché son cheval dans la prairie, ajoutant:

“E si dinar am mi vos plaissia,

Per ma fe, gran gauch n' auria.”

Le chevalier accepte l' invitation; ils dînent; après le repas, la belle étrangère l' invite à une promenade dans la prairie; mais à peine a-t-il fait quelques pas, que, forcé de céder à un sommeil irrésistible, il s' assied sous un pin et s' y endort aussitôt. A son réveil, il cherche en vain la damoiselle; elle a disparu avec le destrier de Blandin, lui laissant en échange le cheval qu' elle montait. Le chevalier désappointé, 

Apertament sus va montar; 

E quant el fo y dessus montat, 

En un bel camp el l' a menat,

E aqui el lo asaget, 

E vi che trop ben si portet.

Quoique l' échange ne lui paraisse pas désavantageux, Blandin n' en jure pas moins sur sa tête de n' avoir ni fête ni joie qu' il n' ait retrouvé son destrier et la damoiselle qui le lui a emmené. Il marche trois jours, le quatrième il fait rencontre d' un écuyer qui se lamente; pressé de questions, cet écuyer, nommé Peytavin, lui raconte comment son maître a perdu la vie en voulant tenter de rompre l' enchantement qui tient dans le sommeil une damoiselle de toute beauté dont il était passionnément épris. Blandin prend l' écuyer à son service, et se fait conduire au château où repose la belle endormie, sous la garde de dix chevaliers; il en tue six, reçoit à merci les quatre autres; et, après les avoir enfermés par précaution, il parcourt le château. Mais voyant que toutes ses recherches sont inutiles, il descend dans le jardin, y trouve le frère de la belle enchantée, qui lui dévoile le mystère et le conduit dans une chambre où il la voit étendue sur un lit, entourée de sept damoiselles qui veillent nuit et jour; l' une d' elles est sa sœur:

E quant Blandin vi la donzella, 

Che era moult blancha e mot bella,

Va s' en tan fort enamorar

Che el non saup en se che far.

Il apprend que pour rompre l' enchantement il faut faire la conquête de l' autour blanc, renfermé dans une tour, dont les trois portails sont gardés: le premier par un énorme serpent, le second par un dragon et le dernier par un géant sarrazin, qu'on ne peut faire mourir qu'en lui arrachant une dent.

Blandin tue le serpent, passe à côté du dragon endormi, et, après un long combat, arrache deux dents au Sarrazin; il va prendre ensuite l' autour blanc et revient en le tenant au poing; mais pour sortir il lui faut terrasser le dragon, qui s' est éveillé, et s' oppose à son passage; il le tue, et aussitôt l' enchantement est détruit. Briande, c'est le nom de la belle, ne met point de bornes à sa reconnaissance, mais son libérateur n' aspire qu'à s' en faire aimer et lui offre franchement son cœur, qu' elle accepte, en lui apprenant qu' elle n' est autre que la damoiselle d' Outre-mer qui lui a enlevé son destrier.

Après un séjour d' un mois:

Blandin va penrre comjat

De Brianda e del donzel,

E volc se partir del castel,

Car de Guilhot li recordet.

Grande est la douleur de Briande; mais Blandin a promis à son frère d' armes de le joindre à jour fixe sous le pin où ils se sont séparés, et il ne trahira pas sa promesse. Il part donc, s' engageant à revenir dès qu' il aura retrouvé son ami. 

Par une suite d' heureuses circonstances, Blandin apprend que Guilhot est prisonnier, découvre le lieu de sa captivité, le délivre et retourne avec lui au château de Briande, dont la soeur, qui a nom Irlanda, inspire à Guilhot un amour qu' elle ne tarde pas à partager. Bientôt se conclut un double mariage qui donne lieu, pendant quinze jours, à des joûtes et à des fêtes brillantes. 

Guilhot et Blandin, heureux et satisfaits de leur sort, ne voulurent plus quitter leurs femmes,

Che troberon bonas molers.

Ils renoncèrent aux aventures, et vécurent honorablement en bons chevaliers. 

E pregas Dieu che ayssi vos prenha.

Ce roman, dont le texte est si visiblement altéré, est conservé dans la Bibliothèque royale de Turin; il fait partie d' un petit in-fol. ayant pour titre Miscellanea; il commence à la page 94 du manuscrit, qui, dans l' ancienne distribution, était coté L, III, 5, et se trouve, aujourd'hui, désigné par E, II, 34. Voyez, au sujet de ce poëme: Memorie della reale academia di Torino, tome XXXIII, deuxième partie, page 6.