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viernes, 9 de octubre de 2026

VII. Proverbes dauphinois. Si l' arguéu Aviet des oéu

N° VII.

Proverbes dauphinois.

Troisième Partie. Littérature dauphinoise.

1.

Si l' arguéu,         Si l'orvet
Aviet des oéu         Avait des yeux
Et la chiura den dessu,         Et la chèvre dents dessus,
Tout lo mondo sarit perdu.   Tout le monde serait perdu.

2.

De moéino ni de pingeon     Des moines ni des pigeons
N' attafeï din ta mayson.     N'introduis dans ta maison.

3.

Quand la nouï ei bien cergnié,     Quand la noix est bien mûre,
U la faut richassié.           Il faut la cueillir.

Ceci se dit particulièrement d'une fille qui est en âge d'être mariée.

4.

Qui preite            Qui prête
Se déshereite,            Se déshérite,
Qui donne            Qui donne
S'abandonne.            S'abandonne.


5.

Du pié ou de l' eipala             Du pied ou de l'épaule
Lo pouillen semble la cavala.       Le poulain ressemble à la jument.

On se sert de ce proverbe pour dire qu'une fille ressemble toujours en quelque chose à sa mère.

6.

Filli que landre,        Fille qui court,
Tabla que brandre              Table qui remue
Ne faron jamais bona fin.        Ne feront jamais bonne fin.

7.

Offre de St.-Crépin. On qualifie ainsi les offres que font les personnes habituées à en faire beaucoup et qui n'en réalisent aucune. Ce proverbe particulier à Grenoble doit son origine à un vieux tableau qu'on voyait autrefois dans une chapelle dédiée à St.-Crépin et à St.-Crépinian, frères martyrs. Celui-ci, un tranchet à la main, coupe des souliers, et St.-Crépin en donne une paire à un pauvre qui lui demande l'aumône; mais comme ces souliers ne sortent jamais de la main du Saint qui les offre, on a fait de là le proverbe Offre de Saint-Crépin.

8.

Matine començon per tussi             Matines commencent par tousser,
Et mariageo per menti.             Et un mariage par mentir.

9.

Bona meinageiri             Bonne ménagère
Vaut una vercheiri.             Vaut un grand nombre de brebis.

Le mot vercheiri est très-difficile à rendre en français; il se trouve dans de vieux contrats de mariage pour désigner la dot d'une fille qui consistait alors plutôt en brebis, vaches, etc. qu'en argent.