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martes, 27 de octubre de 2026

Arnaut Vidal, Castelnoudarri, violeta d'aur, 1324, Mayres de Dieu, verges pura,

Arnaut Vidal.

Cirventes, loqual fe 'n Arnautz Vidal dal Castelnoudarri, e gazanhet ne la violeta d'aur, a Toloza: so es a ssaber la premiera que s'i donet, e fo en l'an M. CCC. XXIV.

Arnaut Vidal, Castelnoudarri, violeta d'aur, 1324,


Mayres de Dieu, verges pura,
vas vos me vir de cor pur,
tal qu'ab merse m'assegur,
que m'escur
say tan qu'a la fi s'atur
m'arma lay on gaugz s'atura.
Verges, ab dreyta mezura,
prec, preguetz Dieu no m mezur,
car per dreg, en loc escur
m'arm' auria cambr' escura;
e car de vos no m rancur,
dels gaugz dels sels non endur.
Verges, ses par de plazensa,
per nostr' amor fos plazens
a Dieu tan qu'en pres nayshensa,
dont pueys per nos fo nayshens.
Humilmens
vos prec que m siatz guirens,
e que m portetz tal guirensa
qu'ieu an lay, ses defalhensa,
on gaugz non es defalhens:
car yeu de cor soy crezens
que, qui 'n vos ha sa crezensa,
no mor perdurablamens,
ans er ab gaugz revivens.
Regina dels sels, d'ondransa,
car totz homs que us es ondrans,
ondratz sera, ses doptansa,
sol sia ferms, no doptans,
mil aytans
per vos, qu'etz fons aondans,
on Dieus trobec aondansa
de totz bes; vostr' amparansa
requier, que m si' amparans
vostre filhs e perdonans
mos pecatz; car perdonansa
fay als sieus fizels clamans:
tant es dous e merseyans.
Verges, us gaugz me coforta
tot jorn d'amoros cofort;
car per la virginal porta
intret Dieus dins vostre port,
don estort
em tug a durabla mort:
que nostra vid' era morta,
quar Adams tenc via torta,
manjan del frug a gran tort.
Mas yeu en vos ay conort,
ab tal esper que m conorta
que vostra bontatz me port
mest manh glorios deport.
Flors de paradis, ondrada
per los arcangels ondratz,
flors sus els tros aut montada,
flors que vostr' amic montatz,
flors de patz,
flors on gaugz s'es encastratz,
flors en purtat encastrada,
flors que no fo desflorada
pel frug, ans remas floratz
vostre cors, quan Dieus fo natz
de vos, verges ses par nada,
prec vos que merse m'aiatz,
tan que m n'an ab los salvatz.
Si cum soy lay autreyatz
on vertutz es autreyada,
en vostra cambra ondrada
duzesca, car lay ondratz
mans desfagz si que ls refatz.
Prec vos que de la re fada,
verges, per qu'om es damnatz,
si us plats, guirens nos siatz.


Arnaut Vidal, Castelnoudarri, violeta d'aur, 1324, Mayres de Dieu, verges pura,

martes, 20 de octubre de 2026

Chrestomathie provençale, Karl Bartsch, Eduard Koschwitz, Eduard Wechssler (Index)

Chrestomathie provençale
(Xe-XVe siècles)
par
Karl Bartsch,
sixième édition entièrement refondue
par
Eduard Koschwitz.

Marburg. 
N. G. Elwert, libraire-éditeur. 
1904.


G. Otto, Imprimerie aulique, Darmstadt.

Chrestomathie provençale, Karl Bartsch, Eduard Koschwitz, Eduard Wechssler



Avant-propos.

Malgré la récente publication de trois anthologies rivales, la Chrestomathie provençale de K. Bartsch n'a rien perdu de l'ancienne popularité qu'elle doit à l'heureux choix des textes et aux légitimes sentiments de piété qu'a pour son défunt auteur le public savant. 
La cinquième édition n'en a pas été épuisée plus lentement que celles qui la précédaient. Il a donc fallu entreprendre cette nouvelle édition, qu'après quelques hésitations, faciles à comprendre, je me suis décidé à publier, sur la demande réitérée de son éditeur actuel, M. Braun-Elwert de Marburg.
La dernière édition qu'ait publiée l'auteur a paru en 1879. La cinquième 
édition, de 1892, n'en était qu'une reproduction anastatique. Depuis ce temps-là, la philologie provençale, qui doit tant à K. Bartsch, a fait bien des progrès qu'une nouvelle édition ne pouvait ignorer. Aussi avons-nous soumis toutes les parties de l'ouvrage à une revision attentive, sans toutefois en changer entièrement la forme ni le caractère primitifs. 
Loin d'augmenter le nombre des textes, nous avons, au contraire, supprimé les extraits des traductions du Code de Justinien et du Nouveau Testament, les poésies de Serveri et de Raimon de Cornet, et les six petites chartes insérées par l'auteur, qui ne nous paraissaient d'aucune utilité. Nous avons mis à profit les éditions récentes, critiques ou non, des textes, utilisés par Bartsch et, autant que les circonstances nous le permettaient, enrichi les listes des variantes. Tous les morceaux ont été soigneusement revus et corrigés aussi à l'aide des nombreuses corrections, qu'on a proposées, et qui se trouvent éparpillées dans les Revues de philologie romane. Nous avons fait, en tête des textes, une part plus large à la bibliographie et, dans l'intérêt des autodidactes, nous y avons ajouté des renvois au Grundriss zur Geschichte der provenzalischen Litteratur de K. Bartsch (Grdr.) et au Précis de la littérature provençale publié par M. Stimming dans le Grundriss de Gröber (vol. II, sect. 2; St.).
L'orthographe régularisée par Bartsch a été généralement conservée; 
cependant, pour plusieurs pièces, nous avons préféré les orthographes établies par les auteurs d'éditions critiques. Les j trop nombreux de Bartsch, au milieu et à la fin des mots, qui correspondaient à des sons bien différents dans les divers idiomes du Midi de la France, ont fait place aux i des manuscrits, qui semblent moins se prêter à des interprétations erronées. Pour faciliter l'entendement des textes provençaux, les enclitiques, que Bartsch avait soudées aux mots précédents, en ont été séparées par des points ou des apostrophes, selon les procédés actuellement en faveur. La ponctuation trop parcimonieuse de l'auteur a été remplacée par une ponctuation plus abondante et qui tâche également de se conformer à l'esprit de la syntaxe médiévale. Dans le numérotage et dans l'arrangement des variantes nous avons introduit quelques petits changements qui permettront de comparer avec moins de peine les lignes du texte aux notes qui y correspondent. 
Nous avons supposé que personne ne se servirait de la Chrestomathie sans avoir au préalable étudié les éléments de la phonétique, de l'orthographe et de la morphologie provençales; aussi nous a-t-il semblé 
inutile de reproduire le Tableau sommaire des flexions provençales, dont les formes, chaque fois qu'elles présentaient des difficultés pour le débutant, ont trouvé une place dans le Glossaire. Celui-ci a été enrichi d'étymologies, et les mots allemands en ont disparu pour faire place à des interprétations françaises plus nombreuses. Autre innovation de la présente édition: les substantifs et les adjectifs sont donnés sous la forme du cas oblique singulier. Exception a été faite pour quelques mots qui, dans les textes, ne se présentaient qu'à un cas sujet très divergent du cas oblique. Enfin nous avons accru l'ancien Index décidément trop maigre de l'auteur. M. Braun-Elwert, de son côté, a eu soin de rendre la lecture de la Chrestomathie plus agréable à l'œil par le choix d'un meilleur papier et de caractères plus grands et plus distincts que ne l'étaient ceux des éditions précédentes.
Nous espérons, l'un et l'autre, que sous cette nouvelle forme, la Chrestomathie de Bartsch demeurera, pour l'étude de la langue et de la littérature provençales, un des plus pratiques instruments de travail. 

Königsberg. E. Koschwitz. 

M. Eduard Koschwitz est décédé subitement le 14 mars dernier. 
C'est par une mort prématurée qu'il a été enlevé aux siens et au travail, le jour même de la fête de Mme (Madame) Koschwitz. Il était encore en pleine activité, qui s'exerçait dans les sens les plus divers. Le matin, il venait de donner ses soins assidus à la nouvelle édition de la chrestomathie provençale, qu'il avait sur le chantier, lorsque une apoplexie du cœur finit sa vie si riche de labeur et de succès.
M. Koschwitz a dû laisser inachevée la chrestomathie provençale, dont 
l'impression était avancé jusqu'à la colonne 606 (plaideiamen).
Restait à revoir les épreuves de ce qui manquait du glossaire. 
Madame Koschwitz et M. Braun-Elwert m'en avaient prié, et je me chargeais, à mon gré, de cette petite tâche, tout en avouant combien le maître regretté aurait conduit à meilleure fin ce livre utile dont il a fait, on peut dire, son œuvre à lui. 

Marburg, août 1904. 

            Eduard Wechssler. 




Table.
(N. E. Los números de página no coinciden en este formato. Se omiten. Tampoco están en orden en el PDF del libro original.)

Avant-propos.

Amanieu de Sescas.
Essenhamen de la donzela.

Domna genser que no sai dir.

Arnaut Vidal. (Castelnoudarri, violeta d'aur, 1324) 
Cirventes. (Mayres de Dieu, verges pura,)

Coindeta sui si cum n'ai greu cossire.

D'amor m'estera ben e gent.

Mort m'an li semblan que ma dona'm fai.

A chantar m'er de so qu'eu no volria.

Be m'an perdut lai enves Ventadorn.
Quan la douss' aura venta.
Quant vei la lauzeta mover.
Tant ai mon cor plen de joia.
Tençon avec Peirol.

Bertran de Born.
Ges de far sirventes no m tartz.
Ieu m'escondisc, dompna, que mal non mier.
Mout mi platz quan vei dolenta.
Puois als baros enoia e lor pesa.
Si tuit li dol e 'lh plor e 'lh marrimen.
Bertran Carbonel.
Coblas esparsas.
Bertran de Roaix.
Canso de nostra dona.




Citation du consistoire de la gaie science à Toulouse.

Comte de Rodes.

cf. Uc de Saint Circ.
Roman de mondana vida. 

Gaucelm Faidit.
Proverbes de Salomon.

Ben voill que sapchon li pluzor.
Compaigno, non posc mudar qu'eu no m'esfrei.
Farai chansoneta nueva.
Pos de chantar m'es pres talens.

Ops m'agra si m'o consentis.
Quan la brun' aura s'eslucha.
Reis glorios, verais lums e clartatz.
Un sonet fatz malvatz e bo.


Guiraut Riquier.
Breu doble. 
Commentaire d'une chanson de Guiraut de Calanso.
Lettre.
Serena.

Guiraut de Salinhac. (Salignac) 
Helias de Solier.
Plangh del gran foc de Tholosa.

Canso e dansa mesclada.

Izarn. (Anónimo)
Jeu parti.
Cf. Guillem et Savaric de Mauleon.

Ludus Sancti Jacobi, mystère.

Dirai vos en mon lati.
Naturas d'alcus auzels e d'alcunas bestias.


Pastorela.



Raimon Feraut. (Raimond Féraud)
Sainte Agnès, mystère.

Saint Trophime, vie de.
Sermons. (Deux, 2)

Traité de poétique. Aqestas coblas mostsan...

Uc de Saint Circ.
Tres enemics e dos mals senhors ai.
Senh'en coms, no us cal esmaiar. Cf. Comte de Rodes.

Vilanova, la dona de.
Canso.

Glossaire. (Omitido)

Corrections.

Page.
2 l. 6 d'en bas. Corr. Ezns (ou unzs)?
11 l. 21. Corr. trecia que.
33 l. 31. Corr. aiutori.
54 l. 23. Corr. Vatican, et ainsi de suite.
55 l. 5 d'en bas. Ajoutez 40, à la marge.
92 l. 4. Corr. fero l.
137 l. 5. Corr. Ms. du Vatican.
187 l. 1. L. Gui d'Uissel.
191 l. 15. L. Trueia ten.
203 l. 25. Corr. veno ilh. 
207 l. 17. Corr. p. 16.
211 l. 24. Corr. rimas, de romans.
254 l. 1. L. Benoit. (Benoît)   
283 l. 25. L. bastit.
284 l. 12. L. qu'el.
309 l. 38. L. Bels Deportz.
311 l. 5. L. e ls.
321 l. 14. Corr. s'o.
375 l. 30 et 35. Ajoutez 30 et 35, à la marge.
416 l. 16. L. q'uey. 
418 l. 6. L. volgi.
430 l. 3. Corr. no s.
438 l. 18. L. serpenti.
453 l. 13. Insér. acier; as-; ass- (aciarium) s. m. acier 39, 33; 183, 12; 289, 10.

viernes, 18 de septiembre de 2026

Vint, Vinten, Vinthen, Vingten, Vingtena, Vintecinquena, Viola, Violeta, Violace, Vieulat, Vipera, Vibra, Viperin, Viperi

Vint, n. de nomb., lat. viginti, vingt.
Tres C e IIII vint en un tropel. Roman de Gerard de Rossillon, fol. 12.
Trois cents et quatre-vingts en un troupeau.
CAT. Vint. ESP. Veinte. PORT. Vinte. IT. Venti. (chap. Vin - 20 -.)

Péndret per imbéssil es que te diguen que Joan Roís de Corella escribíe en dialecte catalá cuan ell mensione que ere en llengua valensiana.

2. Vinten, Vinthen, Vingten, Vinte, adj. num., vingtième.
Del dig jorn de juli vinte
Tro 'l jorn de setembre cinque.
(chap. Del dit día vin de juliol hasta lo día sing de setembre.)
Brev. d'amor, fol. 37.
Dudit vingtième jour de juillet jusqu'au cinquième jour de septembre.
Subst. La vinthena (mostra) de peyras, lors valensas. Palaytz de Saviesa.
La vingtième (montre) des pierres, leurs valeurs.
- Sorte d'impôt.
Desens, vingtens, gabellas. Statuts de Provence. Julien, t. I, p. 259.
Dixièmes, vingtièmes, gabelles.
CAT. Vinté. ESP. Veinteno.

3. Vingtena, s. f., vingtaine, sorte d'impôt.
Desenas, vingtenas ho autras impositions. 
Statuts de Provence. Julien, t. I, p. 259.
Dizaines, vingtaines ou autres impositions.
CAT. Vintena. ESP. Veintena. PORT. Vintena. (chap. Vintena, vintenes.)

4. Vintecinquena, s. f., vingt-cinquaine.
Per centenar o per vintecinquenas. Cartulaire de Montpellier, fol. 193.
Par centaine ou par vingt-cinquaines.

Viola, s. f., lat. viola, violette.
E m ditz que flors no semble de viola.
A. Daniel: Ans qu' els.
Et me dit que je ne semble fleur de violette.
Mantel e blial de violas.
P. Vidal: Lai on cobra.
Manteau et bliau de violettes.
CAT. ESP. PORT. IT. Viola.

2. Violeta, s. f., violette.
En un vergier
Per cuillir violeta.
Un Troubadour Anonyme: Per amor soi.
En un verger pour cueillir violette.
Capelz han de violetas.
Un Troubadour Anonyme: Seinor vos.
Elles ont couronnes de violettes.
CAT. ESP. PORT. Violeta. IT. Violetta. (chap. Violeta, violetes : flo, coló y nom.)

3. Violace, adj., lat. violaceus, violet, couleur de violette.
Color blava o violacea. Eluc. de las propr., fol. 266.
(chap. Coló blava o violassea.)
Couleur bleue ou violette.
ESP. (Violaceo) Violáceo. (chap. Violasseo, violasseos, violassea, violassees : de coló violeta.)

4. Vieulat (Violat), adj., violat. mêlé de violettes.
Begues ab rosas vieuladas e un pauc de razina. Liv. de Sydrac, fol. 77.
Qu'elle bût avec des roses mêlées de violettes et un peu de racine.
Sucre rosat e violat. Cartulaire de Montpellier, fol. 129.
Sucre rosé et violat.
CAT. Violat. ESP. PORT. Violado. IT. Violato. (chap. Violat, violats, violada, violades : mesclat en violetes.)

Vipera, Vibra, s. f., lat. vipera, vipère.
Viron la vipera morta. Trad. d'un Évang. apocr.
Virent la vipère morte.
Serpent coronat,
De vibra engenrat.
G. Figueiras: Sirventes vuelh.
Serpent couronné, de vipère engendré.
ANC. CAT. Vipera. ESP. (Víbora) PORT. Vibora. IT. Vipera. (chap. Víbora, víbores; escursó, escursons.)

Víbora, hocicuda, Puertos de Beceite






















2. Viperin, Viperi, adj., lat. viperinus, de vipère.
Carns viperinas a far tyriaca. Eluc. de las propr., fol. 233.
Chairs de vipères pour faire thériaque.
ESP. PORT. IT. Viperino. (chap. Viperino, viperinos, viperina, viperines : propi del escursó o víbora, com la llengua de Juaquinet Monclús, presidén de la Ascuma de Calaseit.)

Mario Sasot Escuer; Rude, adj., lat. rudis, rude, grossier.

viernes, 26 de julio de 2024

2. 7. Se descubrix a les monges.

Capítul VII.

Se descubrix a les monges.

Héctor Moret Coso se descubrix a les monges.

Al cap de poc mes de dos mesos li va pareixe que lo bigot se li anáe espessín, y va di a les seues dos enamorades novissies, que ere ya tems de pensá en lo que teníen que fé. Perque si ella (ell) se quedabe home com portáe trassa de séu per lo que li quedáe de vida, allí no podíe está; y si les mares u sabíen, ñauríe una gran tronada de escándol y aspavens.

- Pos si tú ten vas, li van contestá, mos morirem les dos de pena. 

- Calléu, va di ell, que ya ne cavilaré yo alguna pera que ton aniguéu tamé vatres dos y mos veigam les tres fora de esta presó, y mos amem y busquem y tratem en libertat y gust.

¿Qué, no voléu torná a les vostres cases y al estat libre que teníeu?

- Sí, sí, van di les dos mol contentes; ¿pero cóm u farem? 

- Ya u ting pensat, va di ell, y tos u comunicaré al seu tems. 

Ara entenéu que yo no puc dixá de manifestá a la mare priora lo que me passe, y figureutos ya lo que resultará; no pot dixá de sé la meua eixida del convén. Pero abans quedará mol ben ordenat lo que toque a vatres. Sentíen elles aixó y los saltáe lo cor de jubileu perque se habíen ubert los seus ulls y veíen que aquell estat no los conveníe.

En molta vergoña y en temó va aná ell a la cámara de la mare priora y li va di (demananli abans perdó y suplicanli que no la maltratare), que segons habíe advertit, fée alguns díes que se estáe tornán un home; y que ya u ere casi del tot.

La priora, al sentí tal charrada, va arrencá a riure, la va mirá a la cara, y después de un rato va di:

- Tú, Geminita, no estás be del cap. ¿Qué te passe, pobreta?, ¿qué es aixó?, ¿T'añores de la teua terra?, ¿Tens la semaneta y aixó te gire lo juissi? No te preocupos; cridaré a sor Mercedes, que es íntima amiga meua, y te vol tamé mol, y vorem lo que se ha de fé en tú. Ara vesten al coro y resa nou Padrenuestros o Parenostres y nou Salves al san del día, San Estés, al nostre beato patriarca y a la Virgen de la teua devossió; y a les set tornarás y ya vorem. En aixó lo va agarrá de la má en bondat y li va besá al fron. Va cridá a sor Mercedes, li va di lo que ñabíe, y sen va enriure tamé mol y u va tindre per imaginassió, y van quedá en que tornare al cap de un hora.

Va aná, per supost, al coro Pedro Saputo y va resá lo que li va maná la priora, no pera que los sans que invocabe li tornaren lo entenimén que no habíe perdut, sino pera que, pos ya que eixiríe de aquella seguridat y asilo, de aquella oscurina y retiro, lo libraren dels alguasils de Huesca. Y va arribá la hora entre tan y se va presentá a la cámara de la priora aon lo aguardaben les dos amigues.

- Me pareix, siñores y mares meues, va di, que la orassió del coro me ha acabat de convertí en home, no sol perque ya u soc perfecte en cos, sino perque me séntigo en unes forses extraordinaries, y un gran dessich de blandí espases y arcabusos, y de montá y bufáls deball de la coa als caballs; y hasta la cara me s'ha mudat. Y dién aixó brassejabe y apretabe los puñs, y ficáe lo semblán fort y marcat. Y pera proba, va di, miréu y perdonéu, y va agarrá a sor Mercedes y la va fé voltá com a una nina, y después a la priora, encara que ere mes grossota, y se van admirá les bones monges, y van pensá que efectivamen ere ya un home o u acabaríe de sé mol depressa. La escena va sé divertida, la rissa gran, y después la admirassió y lo pasmo de aquelles dos beneídes dones, sense podé creure del tot lo que veíen, ni tampoc dixá de creureu. En conclusió van acordá no di res a la comunidat y doná vuit díes de tems a Geminita pera que se reconeguere milló y puguere afirmá y ratificá lo que acababe de declará. La forseguera de que va fé alarde, y hasta lo semblán que ara sels figuráe mes reforsat y que tirabe a señes de home, cuan hasta aquell día les habíe paregut dona. Tamé sels representabe mes alt de estatura, y lo seu cos mes dret y musculós. Y van está parlán dos hores bones, acabanse lo consell en la ressolusió (mentres ell estáe ya jugán en les seues novissies) de repudiá tota proba que ofenguere lo pudor o repugnare a Geminita; encara que sén totes dones (va di la priora) no tindríe que sé tan gran l'empach.

Va proposá tamé la priora consultá al pare confessó; y a sor Mercedes, que ere mes avisada, no li va pareixe be per moltes raons y atres tans motius que va exposá, resumín que per la seua part no se teníe que consultá a ningú, ni se atropellaríe a la sagala, ni volíe tindre escrupols; y se va conformá la priora.

En ixos vuit díes van tindre les dos monges mols coloquis, y sempre quedaben en lo mateix, amaganse empero la una a l'atra, que les dos miráen a Geminita en uns atres ulls dels que la habíen mirat hasta entonses, y que la volíen tamé mes y en un atre gust.

No va tindre ell a les seues volgudes novissies mol tems en suspense, si passats los vuit díes se veíe obligat a eixí del convén, les va previndre y va di:

- Ya veéu, amigues meues, que este estat y esta vida no tos convé; engañades vau vindre, o ignorans mes be y sense sabé lo que tos feieu. Y com me diéu que tos moriríeu les dos en pocs díes si aquí tos quedáreu, vach a donatos la trassa que hau de inventá y seguí pera eixí de aquí y torná a les vostres cases. La una fará vore que está dolenta y l'atra mol trista. La mare priora haurá de escriure als pares de la dolenta; vindrán, los demanaréu que tos traguen uns díes, y ya no tornaréu. La manera de fé aixó...

- No ña per qué cansás, va di Juanita; ya t'ham entés; yo soc la dolenta y Paulina la triste. Als dos mesos que tú ten haigues anat, ya faltará poc pera la nostra professió, se fa lo embeleco, y te prometixgo que ixirá be, vullgue o no vullgue. ¿Yo quedám aquí? Primé me tiraré de la finestra mes alta.

- Y yo, va contestá Paulina, me agarraré a les teues faldes y caurem juntes.

- Pera fé vore que estás dolenta, continuabe Pedro Saputo...

- ¡Qué pesadet! Lo va interrompre o interrumpí Juanita. Hay dit y repetixgo que está calat. En dixá de vóret me ficaré dolenta tan de veres, que pot sé que después me costo mich añ recuperám; y si vull un añ. Pero, ¿mos dones paraula de vindre a vóremos?

- Sí, va contestá Pedro Saputo; y vatres, ¿me la donéu a mí de vóldrem sempre com ara?

- Sí, y mes encara, li van di les dos. Y van quedá en aixó.

Passats los vuit díes se va torná a presentá a les mares, y va confirmá y ratificá lo que habíe dit, assegurán que sense remey ere home, y home del tot, y sol home; que ya no li chauchaben los ofissis de dona, y ya li fée nosa lo vestit y personalidat de dona, que en consecuensia veíe que no podíe está mes al convén; que u sentíe mol, pero que ya veíen que Deu als seus inexcrutables y inapelables juissis habíe disposat un atra cosa.

¡Oh, quí u habíe de di! Se van ficá tendres aquelles dos sensibilíssimes y apressiabilíssimes siñores. Y ell que u va guipá, va continuá dién:

- Yo hasta ara hay mereixcut de la bondat de algunes mares, de vostra mersé espessialmén, algunes mostres de cariño que potsé ya no me atreviré a torná com abans; y es un atra proba mes de la meua sansera transformassió, pos la vech y u séntigo per la amistat de unes persones de qui tan favor y potsé amor hay mereixcut.

An aixó elles sense tartí, sense di ni mu, miráen com un mussol de Fórnols, y los pareixíe que Geminita parláe mes doctamen, com si desde que ere home tinguere lo sabé y la autoridat. La priora, per fin, li va di:

- Pos be, cuan vullgues, cuan te paregue determinarás la teua eixida del convén; natres no te traurem; a la teua prudensia y voluntat u dixem.

- Yo, los va contestá, no men aniría may; no, siñores; que moltes llágrimes vech que haurá de costám.

- Tamé a natros, va di la priora; y desde ara te demanem que mos donos noves teues, te passo lo que te passo. Y mentres estigues al convén sigues prudén y no digues res a ningú; sobre tot a les novissies.

Acordat aixó y mosseganse Pedro Saputo los labios sobre lo que ñabíe a l'atra part, los va demaná que li fassilitaren roba, la que fore, pera fes un vestit de home. Vindrás demá, li van di, y la tindrás preparada. En efecte van acudí an algunes túniques y mantellets de san, perque no teníen datra cosa a má, y com a gorra una tuniqueta de vellut blavós tirán a violeta de un chiquet Jesús Nazareno, adornada en galons de or; y en tres díes se va fé tot lo traje. 

Res va di a les novissies, la nit que lo va tindre acabat, sel va ficá y ajuntanles a la cámara de Paulina sels va presentá vestit de home y en una pluma mol pincha a la gorra que se va acomodá de una de pavo real que teníe la priora. Cuan elles lo van vore, van pensá que se tornáen loques de amor, y en micha hora no van acabá de mirál, ni en una, ni en dos, ni en tota la nit, de fé extrems y regalás en ell y regalali lo cor y l'alma.

En son demá va proposá y li va pareixe be a la priora, que per la nit, después de sená, se vestiríe a la seua cámara pera que lo veigueren ella y sor Mercedes. Se van reuní, y ell va demaná que lo pentinaren com a un home y caballé, y u van fé elles de boníssima gana. 

Va entrá a la alcoba, se va vestí, se va ajustá la gorra una miqueta inclinada cap a un costat, y en una grassia y bizarría capás de marejá a una santa pintada, ix cap a fora de les cortines mirán afablemen y sonrién a les monges, que al vórel van creure que ere una visió del sel. Tan galán estáe, tanta ere la seua hermosura, tal lo seu donaire y gallardía. Miranles en una tendresa que derretiríe la neu, y enterbolits los ulls de llágrimes va corre cap a la priora en los brassos uberts, y después cap a sor Mercedes, y elles lo van ressibí en lo mes gran apressio que van pugué perque ni la una ni l'atra sabíen lo que les passáe; y sol les pareixíe que Geminita no ere Geminita sino l'ángel del amor, ni elles sor Fulana y sor Zutana, sino dos dones a qui un foc interió que may habíen sentit les estáe desfén lo cor y turbáe la raó y los sentits.

En son demá lo va cridá sor Mercedes a la seua cámara, y tancán la porta va di:

- Desde lo primé día que mos vas parlá de lo que dius que te estáe passán, hay estat pensán cóm podíe sé; y en fin, Geminita, me dono a entendre, y crec que estic covensuda, y no me fará ningú creure un atra cosa, que tan home eres cuan vas vindre al convén, com ara, perque ixa transformassió siríe un milagre mol gran, y tan de rissa com gran, y no u habíe de fé Deu aixina per passatems y joc. Pero sigue lo que vullgue, no te obligaré a que me descubrixques lo misteri de la teua persona y de la teua vinguda an esta casa, perque misteri es y no menut per mes que u dissimulos. Ni tú eres tan ignorán com fas vore, ni tan sensill com aparentes, ni te dius Geminita, sol vech en tú un gran secreto que farás be de no revelá a ningú perque així estarás mes segú. Així com yo res hay dit de esta sospecha a la mare superiora, perque es algo aprensiva y podríe rompre per aon no vinguere al cas. La teua mirada continguda y serena me diu que es verdat tot lo que estic dién. Pero te has cansat de viure en natres y vols anáten; o has satisfet ya la teua curiosidat y gust. Vesten en hora bona, encara que per mí te juro que no ten aniríes; y si me fore possible tamé te seguiría. Perque vach vindre mol engañada, y engañada me vach ficá este hábit, y mes que engañada vach professá y abrassá un estat que si no me fa tan infelís com a les atres, perque no ting la imprudensia de fotre cosses contra lo fisó, y me conformo en lo dit del vulgo y de la ressignassió animosa, que diuen al fet, pit; en tot confesso que me fa viure sense vida. Cap abán empero, no sé cóm me anirá, perque la teua presensia y bellíssima figura no se borrará de la memoria fassilmen; no, jove apressiable. ¡Y ten vas! ¡Ten vas ara que t'ham conegut!, 

¡y sense sabé quí eres!, ¡sense sabé quí es lo que a una edat tan de chiquet tanta discressió ha tingut vivín entre natres, tal desenvoltura, tan amor y encán ha escampat an esta casa...! Dissimula y no extraños estes llágrimes... ¡te vull, jove amable! 

Sí, ¡ay! te vull... sol te demano... que parlos... y... que me consolos...! Y dién aixó y plorán se va aviá als seus brassos.

A l'atre día la priora, encara que en algún rodeo y menos franquesa, li va di lo mateix, y tamé va dixá corre una llágrima y se li van escapá alguns suspiros; tots mes templadamén ya pel seu carácter, ya per la seua edat, pos teníe coranta y sing añs, cuan sor Mercedes ne teníe sol trenta y un, y encara que de espíritu eixecat ere mes delicada y amán.

No sabíen está sense ell aquells díes que indefinidamen se quedáe al convén; y ell per gratitut y per afecte, perque ere impossible dixá de correspondre a tans favors, les contemplabe lo mes sensiblemen que podíe.

Se descubrix a les monges. Convén. Sigena, Sijena, Sexena

Original en castellá:

Capítulo VII.

Descúbrese a las monjas.

Al cabo de poco más de dos meses le pareció que el bozo del labio se le iba espesando a más andar, y dijo a sus dos enamoradas novicias, que era ya tiempo de pensar en lo que debían de hacer. Porque si ella (él) se quedaba hombre como llevaba trazas de serlo toda su vida, allí no podía estar; y si las madres lo sabían, habría gran tempestad de escándalo y aspavientos. - Pues si tú te vas, le respondieron, nos moriremos las dos de pena. - Callad, dijo él, que ya daré yo traza para que os vayáis también vosotras y nos veamos las tres fuera de esta prisión, y nos amemos y busquemos y tratemos a nuestra libertad y gusto. ¿Qué, no queréis volver a vuestras casas y al estado libre que teníades? - Sí, sí, dijeron las dos muy contentas; ¿pero cómo haremos? - Ya yo lo tengo pensado, dijo él, y os lo comunicaré a su tiempo. Agora entended que yo no puedo menos de manifestar a la madre priora lo que me pasa, y figuraos ya lo que resultará; no puede dejar de ser mi salida del convento. Pero antes quedará muy bien ordenado lo que toca a vosotras. Oían ellas esto y les saltaba el corazón de júbilo porque se habían abierto sus ojos y veían que aquel estado no les convenía.

Con mucho rubor al parecer y con algún miedo realmente fue él a la celda de la madre priora y le dijo (pidiéndole antes perdón y suplicándole no la maltratase), que según había advertido, hacía algunos días que se tornaba hombre; y que lo era ya casi entera y cumplidamente. La priora al oír tal disparate, que disparate y grande era para ella, se echó a reír, le miró a la cara, y después de un rato dijo: - Tú, Geminita, estás de la cabeza. ¿Qué te sucede, pobrecilla?, ¿qué es esto?, ¿tienes cariños de tu tierra?, ¿o estás en tu mala semana y eso te turba el juicio? No te aflijas; llamaré a sor Mercedes, que es mi íntima amiga, y te quiere también mucho, y veremos lo que se ha de hacer contigo. Agora vete al coro y reza nueve Padrenuestros y nueve Salves al santo del día, a nuestro beato patriarca y a la Virgen de tu devoción; y a las siete volverás y veremos. Con esto le tomó de la mano con bondad y le besó en la frente. Llamó a sor Mercedes, díjole lo que había, y se rió también mucho y lo tuvo por imaginación, quedando por último, en volver a la hora citada.

Fue, por supuesto, al coro Pedro Saputo y rezó lo que le mandó la priora, no para que los santos que invocaba le volviesen el juicio que no había perdido, sino para que, pues iba a salir de aquella seguridad y asilo, de aquella oscuridad y retiro, le librasen de los alguaciles de Huesca. Y llegó la hora entre tanto y se presentó en la celda de la priora donde le aguardaban las dos amigas. - Paréceme, señoras y madres mías, les dijo, que la oración de coro me ha acabado de convertir en hombre, no sólo porque lo soy ya perfecto en mi cuerpo, sino porque me siento unas fuerzas extraordinarias, y un gran deseo de manejar espadas y arcabuces, y de montar y correr caballos; y hasta el rostro se me ha mudado. Y diciendo esto braceaba y apretaba los puños, y ponía el semblante fuerte y levantado. Y aun para prueba, dijo, mirad y perdonad (y tomó a sor Mercedes y la jugó como a una muñeca, y luego a la priora, aunque más gruesa); y se admiraron las buenas monjas, y creyeron que efectivamente era ya hombre o lo iba a acabar de ser muy aprisa. La escena fue divertida, la risa grande, y después la admiración y el pasmo de aquellas dos benditas mujeres, sin poder resolverse del todo a creer lo que veían, ni tampoco dejar de creerlo. En conclusión acordaron no decir nada a la comunidad y dar ocho días de tiempo a Geminita para que se reconociese mejor y pudiera afirmar y ratificar lo que acababa de declararles. Inclinábalas mucho el esfuerzo de que hizo alarde, y aun el semblante que de golpe se les figuró más robusto y que tiraba a señas de hombre, cuando hasta aquel día les había parecido mujer. También se les representaba más alto de estatura, y su cuerpo más derecho y liso. Y estuvieron hablando bien dos horas, terminándose el consejo con la resolución (mientras él estaba ya jugando con sus novicias) de desechar toda prueba que ofendiese el pudor o repugnase a Geminita; aunque siendo todas mujeres (dijo la priora) no debería ser tanto el empacho.

Propuso asimismo la priora consultar al padre confesor; y a sor Mercedes, que era más avisada y cuerda, no le pareció bien por muchas razones y otros tantos motivos que expuso largamente, resumiéndose en que por su parte ni se consultaría a nadie, ni se atropellaría a la muchacha, ni quería tener escrúpulos; y se conformó la priora.

En aquellos ocho días tuvieron las dos monjas muchos coloquios, y siempre quedaban en lo mismo, ocultándose empero la una a la otra, a pesar de su intimidad, que las dos miraban a Geminita con otros ojos que la habían mirado hasta entonces, y que la querían también más y con otro gusto.

No tuvo él a sus carísimas novicias mucho tiempo suspensas, sino que por si pasados los ocho días se veía obligado a salir del convento, les previno y dijo: - Ya veis, queridas mías, que este estado y esta vida no os conviene; engañadas vinisteis, o ignorantes más bien y sin saber lo que os hacíais. Y pues me decís que os moriríades las dos en pocos días si aquí os quedásedes, voy a daros la traza, que habéis de inventar y seguir para saliros y volver a vuestras casas. La una se fingirá enferma y la otra muy triste. La madre priora habrá de escribir a los padres de la enferma; vendrán, le pediréis que os saquen unos días, y ya no volvéis. El modo como habéis de hacer esto... - No hay para qué cansarse, dijo denodada Juanita; ya te hemos entendido; yo soy la enferma y Paulina la triste. A los dos meses que tú hayas ido, que ya faltará poco para nuestra profesión, se hace el embeleco, y te prometo que saldrá bien, quiera que no quiera. ¿Yo quedarme aquí? Primero me tiraré de la ventana más alta. - Y yo, respondió Paulina, me asiré de tus faldas y caeremos juntas. - Para fingirte enferma, continuaba Pedro Saputo... - ¡Que das en ser porfiado!, le interrumpió Juanita. He dicho y repito que está calado. Con dejar de verte y derrengarme un poco de ánimo enfermaré yo tan de veras, que puede ser que después me cueste medio año de convalecer; y si quiero un año. Pero, ¿nos das palabra de venir a vernos? - Sí, respondió Pedro Saputo; y vosotras, ¿me la dais a mí de quererme siempre como agora? - Sí, y más aún, le dijeron las dos. Y quedaron en esto.

Pasados los ocho días se volvió a presentar a las madres, y confirmó y ratificó lo que les había dicho, asegurándoles que sin remedio era hombre, y hombre del todo, y sólo hombre; que le repugnaban los oficios de mujer, y se afrentaba ya del traje y persona de mujer, que en su consecuencia conocía que no podía estar más en el convento; que lo sentía mucho, pero que ya veían que Dios en sus inexcrutables e inapelables juicios había dispuesto otra cosa. ¡Oh, quién lo dijera!, se enternecieron aquellas dos sensibilísimas y apreciabilísimas señoras. Y él que lo advirtió, continuó diciendo: - Yo hasta ahora he merecido de la bondad de algunas madres, de vuesas mercedes especialmente, algunas muestras de cariño que quizá ya no me atreveré a devolver como antes; y es otra prueba más de mi entera transformación, pues la veo y siento en la amistad de unas personas a quien tanto favor y quizá amor he merecido. A esto nada contestaban ellas, miraban solamente, y les parecía que Geminita hablaba más doctamente, y como si desde que era hombre tuviera infuso el saber y la autoridad. La priora, por fin, le dijo: - Pues bien, cuando quieras, cuando te parezca determinarás tu salida del convento; en la inteligencia que nosotras no te echaremos; a tu prudencia y voluntad lo dejamos. - Yo, les contestó, no me iría nunca; no, señoras; que muchas lágrimas veo habrá de costarme. - También a nosotras, dijo la priora; y desde agora te pedimos nos des nuevas de ti, sucédate lo que te suceda. Y mientras estés en el convento sé prudente y no digas nada a nadie; sobre todo a las novicias.

Acordado esto y mordiéndose Pedro Saputo los labios sobre lo que había en otra parte, les pidió que le facilitasen ropa, cualquiera que fuese, para hacerse un vestido de hombre. Vendrás mañana, le dijeron, y la tendrás prevenida. Con efecto acudieron a algunas túnicas y mantitos de santo, porque no tenían otra cosa a mano, y para gorra una tuniquilla de terciopelo morado de un niño Jesús Nazareno, guarnecida con galones de oro; y en tres días se hizo todo el traje. Nada dijo a las novicias, sino que la noche que lo tuvo concluido, se lo puso y reuniéndolas de antemano en la celda de Paulina se les presentó vestido de hombre y con una airosa pluma en la gorra que se acomodó de una de pavo real que tenía la priora. Cuando ellas le vieron, pensaron volverse locas de amor, y en media hora no acabaron de mirarle, ni en una, ni dos, ni en toda la noche, de hacer extremos y regalarse con él y regalarle el corazón y el alma.

Al día siguiente propuso y pareció bien a la priora, que por la noche, después de cenar, se vestiría en su celda para que le viesen ella y sor Mercedes. Reuniéronse con efecto, y él para causarle mayor las rogó que le peinasen y tocasen a lo hombre y caballero, que lo hicieron ellas de bonísima gana. Entróse en la alcoba, vistióse, púsose la gorra un poquito inclinada a un lado, y con una gracia y bizarría capaz de marear a una santa pintada, sale y se para fuera de las cortinas mirando afable y risueño a las monjas, las cuales al verle creyeron que era una visión del cielo. Tan galano estaba, tanta era su hermosura, tal su aire y gallardía. Mirádolas que hubo un poco, y sonriéndose con una ternura que derritiera la nieve, y preñándosele los ojos de lágrimas corrió a la priora con los brazos abiertos, y luego a sor Mercedes, y ellas le recibieron con el mayor regalo que pudieron porque ni la una ni la otra sabían lo que les pasaba; y sólo les parecía que ni Geminita era Geminita, sino el ángel del amor, ni ellas sor Fulana y sor Zutana, sino otras dos mujeres a quienes un fuego súbito interior que jamás sintieran les estaba deshaciendo el corazón y turbaba la razón y los sentidos.

Al día siguiente le llamó sor Mercedes a su celda, y cerrando la puerta dijo: - Desde el primer día que nos hablaste de lo que dices te sucedía, he estado pensando cómo podía ser; y al fin, Geminita, me doy a entender, y creo que estoy persuadida, y no me hará nadie creer otra cosa, que tan hombre eras cuando viniste al convento, como agora, porque esa transformación sería un milagro muy grande, y tan jocoso como grande, y no le había de hacer Dios así por pasatiempo y juego. Pero sea lo que quiera, no te estrecharé a que me descubras el misterio de tu persona y de tu venida a esta casa, porque misterio es y no pequeño por más que lo disimules. Ni tú eres tan ignorante como te finges, ni tan sencillo como aparentas, ni te llamas Geminita, ni veo en ti sino un profundo secreto que harás bien de no revelar a nadie porque así estarás más seguro. Así como yo nada he dicho de esta sospecha a la madre superiora, porque es algo aprensiva y podría romper por donde no vendría al caso. Tu mirada, en medio de tu advertido continente y serenidad, me dice que es verdad todo lo que estoy diciendo. Pero te has cansado de vivir con nosotras y quieres irte; o has satisfecho ya tu curiosidad y tu gusto. Vete en hora buena, aunque por mí te juro que no te irías; y si me fuese posible también te seguiría. Porque vine muy engañada, y engañada vestí este hábito, y más que engañada profesé y abracé un estado que si no me hace tan infeliz como a otras, porque no tengo la imprudencia de dar coces contra el aguijón, y me conformo con el dicho del vulgo y de la resignación animosa, que dicen a lo hecho, pecho; con todo confieso que me hace vivir sin vida. En adelante empero, no sé cómo me irá, porque tu presencia y bellísima figura no se borrará de la memoria fácilmente; no, joven apreciable. ¡Y te vas! ¡Te vas ahora que te hemos conocido!, ¡y sin saber quién eres!, ¡sin saber quién es el que en una edad tan de niño tanta discreción ha tenido viviendo entre nosotras, tal desenvoltura ha ejecutado, tanto amor y encanto ha esparcido en esta casa...! Disimula y no extrañes estas lágrimas... ¡te quiero, joven amable! Sí, ¡ay! te quiero... sólo te pido... que hables por fin... y... que me consueles...! Y diciendo esto y llorando se echó en sus brazos.

Otro día la priora, aunque con algún rodeo y menos franqueza, le vino a decir lo mismo, y también dejó correr una lágrima y se le escaparon algunos suspiros; todos más templadamente ya por su carácter, ya por su edad, pues contaba cuarenta y cinco años, cuando sor Mercedes tenía sólo treinta y uno, y aunque de espíritu levantado era más delicada y amante.

No sabían estar sin él aquellos días que indefinidamente permanecía en el convento; y él por gratitud y por afecto, porque era imposible dejar de corresponder a tantos favores, las contemplaba lo más sensiblemente que podía.