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miércoles, 22 de noviembre de 2023

Résumé de la grammaire romane. Chapitre VII. Adverbes, prépositions, conjonctions.

Chapitre VII. 

Adverbes, prépositions, conjonctions.

Résumé de la grammaire romane. Chapitre VII. Adverbes, prépositions, conjonctions.


Je range sous un même titre les adverbes, les prépositions, les conjonctions, et les autres semblables éléments du discours; parce que, selon le rang qu' ils occupaient dans la phrase, leurs fonctions changeaient quelquefois: ainsi certains adverbes, suivis du Que, devenaient conjonctions; certaines prépositions le devenaient aussi, lorsqu'elles étaient immédiatement suivies du même Que; enfin les prépositions employées d' une manière absolue, et sans soumettre un nom quelconque à leur régime, devenaient adverbes.

Dans la langue latine, Post était tour à tour adverbe et préposition, et, suivi de Quam, devenait conjonction, de même, dans la langue romane, et dans les autres langues de l' Europe latine, il était quelquefois des mots qui offraient de pareilles variétés.

A mesure que les adverbes, les prépositions et les conjonctions passèrent de la langue latine dans la nouvelle langue, ils reçurent souvent l' adjonction d' une préposition romane, et notamment des prépositions A, DE, EN. 

Ainsi d' Intus vint Intz, Ins, auquel fut ajouté DE, qui produisit De ins, Dins, dans; et même, par réduplication de la préposition DE, fut formé Dedins, dedans.

De Satis latin vint Satz, qui reçut l' A, et forma asatz, assez.

Versus latin fit d' abord Vers, puis Ves, Vas, vers, auxquels furent jointes les prépositions DE et EN, qui produisirent Deves, Enves, Devas, Envas, etc., etc.


Adverbes.

J' ai établi cinq divisions au sujet des adverbes romans.

La première division concerne les adverbes terminés en Ment, désinence qu'on écrivait assez arbitrairement aussi Men, Mens ou Mentz.

Cette terminaison, qui caractérisa le plus grand nombre des adverbes romans, fut empruntée à une forme particulière, qu'on trouve dans la plupart des bons auteurs latins, laquelle consistait à employer, comme locution adverbiale, l' ablatif absolu Mente, en y joignant l' adjectif, qui recevait par cette forme un caractère d' adverbialité.

Mente latin étant féminin, l' adjectif roman auquel il fut joint pour former un adverbe, prit nécessairement la terminaison A, qui appartenait au genre féminin: tels que finament, finement, solament, seulement, verament, véritablement, formés des adjectifs Fis, Fina; Sol, Sola; Ver, Vera, etc.

Quand l' adjectif était commun et conséquemment n' avait qu'une terminaison pour les deux genres, cette sorte d' adverbe ne se forma pas moins en ajoutant Ment à cet adjectif, comme Coral, cordial, Humil, humble, etc., qui produisirent: coralmen, humilmen.

Lorsque plusieurs adverbes en Ment se trouvaient à la suite les uns des autres, cette finale, au lieu de s' attacher à chaque adjectif, pour lui imprimer le caractère adverbial, ne se plaça qu' après le dernier: Parlem suau e planamen, parlons doucement et franchement; et quelquefois qu' après le premier: 

Pregar humilmen e lialh e devota, prier humblement et loyalement et dévotement.

Les adverbes en Ment étaient quelquefois précédés d' une préposition:

EN breument, en bref.

La seconde division des adverbes romans comprend ceux dont la terminaison n' était pas spéciale, soit qu' ils fussent dérivés du latin, par la suppression de la désinence, comme Ben, bien de Bene, Pauc, peu de Pauce, etc., soit qu' ils eussent été formés extraordinairement par la langue romane elle-même, qui les avait appropriés à ses besoins, tels que: 

Petit, peu, Trop, beaucoup, etc.

La troisième division s' applique aux adjectifs employés neutralement en forme d' adverbes: Gen fui per vos honratz, gentement fus par vous honoré; ils prenaient des prépositions: En escur vauc com per tenebras, en obscur (obscurément) vais comme par ténèbres.

La quatrième division indique la forme romane qui consistait à employer souvent substantivement plusieurs de ces adverbes, lesquels devenaient alors sujets ou régimes, et même recevaient l' article qui s' attachait aux substantifs et servait à les distinguer: Del plus serai sofrire, du plus serai souffrant: Al pis tost que poc, au plus tôt que put.

Enfin la cinquième division est relative à l' usage des locutions adverbiales; 

Al meu albire, à mon avis, mon escien, à mon escient, mal mon grat, malgré moi, etc., etc., dont l' explication appartient spécialement au lexique roman.


Prépositions. 

Les prépositions de la langue romane se formaient souvent d' un adverbe, 

surtout par l' adjonction d' une particule qui leur imprimait le caractère et 

la fonction de préposition; elles devenaient adverbes à leur tour lorsqu' elles étaient employées sans régime, et enfin elles devenaient aussi conjonctions quand elles étaient suivies d' un signe ou d' une particule qui leur permettait de servir de lien entre les membres de la phrase, ou entre les phrases mêmes.

Les formes romanes, à l' exemple de la langue latine, assujettissaient en 

général le substantif ou le nom employé substantivement, après une préposition, à prendre le signe qui exprimait et caractérisait le régime; de même, comme dans le latin, la langue romane joignit souvent à ses verbes, et même aux substantifs et aux adjectifs, une préposition antécédente, qui quelquefois se confondait avec ces noms, et d' autres fois y était seulement adhérente, mais sans les soumettre eux-mêmes comme régimes; car alors ces prépositions devenaient en quelque sorte des adverbes:

sobrafan, sur-chagrin, sobretemer, sur-crainte.

Il est toutefois à remarquer que la préposition incorporée ou adhérente n' empêchait pas, soit le substantif, soit le nom qui en faisait la fonction, de prendre le signe du sujet: sobretemers me fai languir, sur-crainte me fait languir, per sobretemer vau defailir, par sur-crainte vais défaillir.

Remarque. La préposition DE était souvent supprimée devant les noms propres: Jaufre lo filh ... Dovon, Jaufre le fils (de) Dovon; cette suppression avait également lieu parfois devant des substantifs qui expriment des noms propres génériques, qualificatifs: lo servici ... Nostre Senhor, le service (de) Notre Seigneur.

De même, on disait: Lo filh … lo rey, le fils (du) roi, li efan ... lo comte,

les enfants (du) comte.


Conjonctions. 

Presque toutes les conjonctions romanes furent formées par l' adjonction du QUE indéclinable, qui était parfois sous-entendu.

Je me bornerai à quelques observations sur les particules.

La langue romane adopta ET, conjonction latine, mais au-devant des mots qui commençaient par des consonnes, le T final fut généralement supprimé.

NI fut à la fois particule conjonctive signifiant ET, et particule disjonctive avec le sens de NE, mais dans cette seconde acception il y avait toujours dans la phrase la négation Non, tandis que, dans la première, cette négation ne s' y trouvait jamais.

SI NON, sinon, fut employé de deux manières: la première, en conservant rapprochées ces deux particules pour en faire un seul mot, Sinon; 

la seconde, en les séparant, mais alors si fut toujours placé le premier: 

non ho dic SI per ver NON, ne le dis sinon pour vrai.

Pour augmenter la force de la négation non, la langue romane y joignit souvent des particules explétives telles que gaire, ges, mia, pas, res.

Enfin celle langue eut aussi de ces particules, employées dans un sens absolu, qu'on nomme interjection, exclamation, et qui servent à exprimer les sentiments de surprise, de douleur, d' admiration, etc., telles que Ai! ah! Las! Hailas! las! hélas! etc.

Il me resterait maintenant à parler des nombreuses locutions particulières que créa l' idiome roman, et dont la plupart se retrouvent dans ceux de l' Europe latine, mais comme je ne pourrais en donner ici qu'une énumération incomplète, je préfère à ce sujet renvoyer au Lexique, qui présentera d' ailleurs sur chaque mot des détails et des exemples propres à faire mieux connaître et apprécier les formes et le génie de la langue romane.

domingo, 11 de febrero de 2024

Eis, Eps, Eissa, Epsa, - Medesme, Mesesme, Meesme, Meime, Metessme

Eis, Eps, pr. ind. m., lat. ipse, même. 

Eissa, Epsa, pr. ind., lat. ipsa, même.

Le Poëme sur Boèce est le document le plus ancien où ce pronom se trouve: En epsa l'ora, se sun d'altra color. 

Poëme sur Boèce.

Dans l'heure même, ils sont d'autre couleur.

Cet emploi ancien du mot en prouve assez l'étymologie.

Il se joint explétivement surtout aux pronoms personnels.

Qui m'er fis, s'ieu eis mi soi traire?

(chap. ¿Quí me sirá fiel, si yo mateix me soc traidó?)

Folquet de Marseille: Amors merces.

Qui me sera fidèle, si moi-même je me suis traître?

Doncx pus ilh eyssa m desmen.

Gaubert, moine de Puicibot: Be s cuget.

Donc puisqu' elle-même me dément.

- Il se joint aussi au pronom relatif aquel.

Aquelh eys no fo de cor pus fis.

Arnaud de Marueil: Anc vas amor. 

Celui-là même ne fut de coeur plus fidèle.

- Devant des subst. il se traduit par le même, propre.

Elh eis Dieus, senes fallida, 

La fetz de sa eissa beutat.

G. de Cabestaing: Aissi cum selh. 

Dieu lui-même, sans faute, la fit de sa propre beauté.

D' eys draps faitz lo mantelh.

Arnaud de Marsan: Qui comte vol.

Faites le manteau de même drap. 

Substantiv. Brega e tinelh

Vuelh aver tos temps ab eys.

Folquet de Lunel: Si quon la.

Je veux toujours avoir avec lui-même dispute et débat.

IT. Isso, esso.

Adverbial. Ne eps li omne qui sun ultra la mar. Poëme sur Boèce.

Ni même les hommes qui sont outre la mer.

Artur Quintana Font, cara honesta; Fol, Folh; Eis, Eps; mateix

1. Eissamen, Epsament, adv., de même, pareillement, également.

La mort a epsament mala fe...

E sempre fai epsamen.

Poëme sur Boèce.

La mort a de même mauvaise foi... 

Et toujours fait de même.

Lo mieus dans vostres er eissamen.

Folquet de Marseille: Tan m'abellis. 

Mon dommage sera le vôtre pareillement. 

Cum cel qui pert Deu e 'l segl' eissamen.

Sordel: Qui be s membra. 

Comme celui qui perd Dieu et le siècle également.

Conj. comp. Eissamens com l'azimans

Tira 'l fer e 'l fai levar.

Folquet de Marseille: Si cum sel.

De même que l'aimant tire le fer et le fait lever.

ANC. CAT. Eissament.

3. Meteis, Mezeis, Medes, pr. ind., du lat. met, et d'eis roman, même. 

Per mi meteis o per messatge.

Arnaud de Marueil: Dona genser. 

Par moi-même ou par message. 

Ieu meteis vau enqueren

Qui m met de foudat en plai.

B. de Ventadour: Conortz era. 

Je vais recherchant moi-même qui me met en plaid de folie.

Anc negus hom se mezeis non tray

Son escien.

Folquet de Marseille: Ai! quant gent. 

Oncques nul homme ne trahit soi-même à son escient.

Vas mi medes soi traire.

G. Faidit: Molt a. 

Je suis traître vers moi-même.

- Il se joint aux pronoms employés neutralement.

Aquo meseys mandec als maestres. Philomena. 

(chap. Aixó mateix va maná als maestres, mestres.)

Il manda cela même aux maîtres.

- Avec les substantifs il se traduit par le même, propre.

El meteys Dieu fez matremoni.

Trad. d'un évangile apocryphe. 

Dieu lui-même fit le mariage.

D'un joy que m sofraing 

Per mo mezeis follatge.

G. Faidit: Ab cossirier.

D'une joie qui me manque par ma propre folie. 

Adv. comp. Per autrui no vuelh sia saubut,

S' aqui mezeis sabi' estr' emperaire. 

P. Raimond de Toulouse: No m puesc. 

Je ne veux que soit su par autrui, si ici même je savais être empereur.

ANC. CAT. Metey. (chap. mateix, mateixos, mateixa, mateixes.)

4. Mezeisamen, adv., mêmement, pareillement, de même.

Fez vaz son amic faillimen

E vas si mezeisamen.

T. de G. Faidit et d'Albert: Albert.

Fit manquement envers son ami et envers soi pareillement.

5. Medesme, Mesesme, Meesme, Meime, Metessme, pr. ind., même.

Meimes lo reis i fo feritz.

(chap. Lo mateix rey hi va sé ferit.)

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 55.

Le roi même y fut frappé.

Ella medesma telset son vestiment. Poëme sur Boèce.

Elle-même tissa son vêtement.

Pezeia am mans et am dentz

Si mesesma e las autras gentz.

V. de S. Honorat.

Avec mains et avec dents dépèce soi-même et les autres gens.

Segun aquella meesma regla.

Gramm. provençal.

Selon cette même règle.

Ella s metessma ten las claus de paradis. Poëme sur Boèce.

Elle tient elle-même les clefs de paradis.

ESP. Mismo (misma, mismos, mismas). PORT. Mesmo. IT. Medesimo.

lunes, 11 de marzo de 2024

Fol, Folh - Refoleiar

Fol, Folh, adj., fou, insensé, étourdi.

Voyez Dom Liron, Sing. hist. et litt., t. I, p. 133; Muratori, Dissert. 33; Leibnitz, p. 114.

Artur Quintana Font, cara honesta; Fol, Folh

Il est vraisemblable que ce mot et ses dérivés ont été formés du verbe fallere.
L'ancienne traduction du Psautier de Corbie porte:

Foleai si cum oeille que perit,

Erravi sicut ovis quae perit.

Ps. 118. Apropinquet deprecatio.

De tes commandemenz ne foliai, 

De mandatis tuis non erravi.

Ps. 118. Lucerna sub pedibus.

Fols qui vol dir totz sos vers, 

E fols qui en fol se fia; 

Fols qui falh e no s castia, 

E fols qui sec totz sos volers.

P. Fabre d'Uzes: Loc es.

Fou qui veut dire tous ses vers, et fou qui en fou se fie; fou qui manque et ne se châtie, et fou qui suit tous ses vouloirs.

Ben serai fols, s'ieu no pren

D' aquestz dos mals lo menor.

B. de Ventadour: Acosselhatz.

Je serai bien fou, si je ne prends de ces deux maux le moindre.

Fig. E 'l mal c'adutz fol' e vils messios. 

B. Carbonel: Johan Fabre. 

Et le mal qu'amène folle et vile dépense.

Subst. El savis deu tornar lo fol d'erransa. 

G. de Montagnagout: Nulhs hom.

Le sage doit ramener le fou d'erreur.

Loc. Per folh mi tenh, quar ja vuel ni dezir

So que no s pot ni no s deu avenir.

Deudes de Prades, Ben ay' amors.

Je me tiens pour fou, car déjà je veux et désire ce qui ne se peut ni ne se doit advenir.

Prov. Mas aras sai que mains fols pais,

So di 'l reproviers, farina.

P. Bremond Ricas Novas; ou P. Camor: Iratz.

Mais maintenant je sais que farine nourrit maints fous, ce dit le proverbe.

A fol present, fol messatge.

Guillaume de Berguedan: Talans m'es.

A fou présent, fou message.

ANC. ESP. El fol mal venturado.

Milagros de Nuestra Señora, cop. 193.

El fol de su porfia no s quiso parter.

(N. E. MOD. El loco, tonto, insensato, de su porfía no se quiso partir.)

Carlos Rallo Badet, Calaceite, Calaseit, aragonés, catalanista, cachirulo, Pininfarinetes; fol, folh

Al fol da el meollo, al derecho la corteza.

Ovolo por tres dias el fol en poridat.

(N. E. MOD. Lo tuvo (húbolo) por tres días el insensato en pobreza.)

Poema de Alexandro, cop. 1019, 1557 et 1742.

ANC. CAT. Foll. IT. Folle.

Tomás Bosque; Goz, gozos, goza, goces, gocet, gocets, goceta, gocetes al Mezquín, Mesquí; gos, gossos, gossa, gosses; gosset, gossets, gosseta, gossetes

2. Folamen, Follamen, adv., follement

Segon l' amor follei saviamen; 

Mal o ai dig, qu' ans follei follamen

Peyrols: Mot m'entremis. 

Selon l'amour je fais folie sagement; j'ai mal dit cela, vu qu'au contraire je fais folie follement.

Quar mielhs es simplamen duptar

Que folamen determinar.

Brev. d'amor, fol. 86. 

Car mieux est simplement douter que follement déterminer.

ANC. CAT. Follament. IT. Follemente.

3. Folesc, Follesc, adj., fou, extravagant, insensé. 

Fig. En mieg mon afar folesc, 

No dic paraula folesca.

Marcabrus: Contra.

Au milieu de mon affaire folle, je ne dis parole folle.

Sobrelaus follesc' es.

B. Martin: D' entre. 

Surlouange est folle.

4. Foletin, adj., follet.

Cant a gitat tot lo desni, 

C' om apela pel foleti.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

Quand il a jeté tout le duvet, qu'on appelle poil follet.

ANC. FR. Et quand ton printemps florissant 

Viendra coutonner ton visage 

D'un petit poil d'or foleton.

Olivier de Magni, p. 105.

5. Follet, s. m., esprit follet, lutin.

 

follet; gnomo, duende; lutin

 

Comptet com follet marrit

Enportavan son esperit.

Als follez l' a tout e conquis 

Que l' enportavan en abis.

V. de S. Honorat. 

Conta comment méchants lutins emportaient son esprit.

L'a enlevé et conquis aux lutins qui l'emportaient en abîme. 

CAT. Follet. IT. Folletto. (chap. ESP. Gnomo, gnomos; duende, duendes.)

6. Folia, Follia, Folhia, Fulhia, s. f., folie, étourderie.

Ditz qu' onrada folia 

Val, en luec, mas que sens.

Arnaud de Marueil: Sabers e cortezia. 

Dit qu'honorée folie vaut, dans l'occasion, plus que sens.

Es errors

E dobla folia,

Qui en lor se fia.

Cadenet: L'autr'ier. 

C'est erreur et double folie, qui en eux se fie. 

Dona, s'ieu vos dic folia, 

E vos la faitz eissamen. 

Gaubert, Moine de Puicibot: Be s cuget. 

Dame, si je vous dis folie, et vous la faites également.

Loc. Karle fetz folhia, en est loc, la bec. 

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 12. 

Charles fit folie, en cette occasion, il la but.

- Excès, déréglement.

Mas li autre n' an lauzor 

Et ilh la folhia. 

Fai de blasme lauzor, 

E de sen folhia.

P. Cardinal: Falsedatz.

Mais les autres en ont louange et eux l'excès. 

Fait de blâme louange, et de sens déréglement.

- Débauche, dévergondage.

Nuils bistbes ni nuls clergues non deu tener e sa maison neguna femna de cui hom posca aver suspicion de folia.

Trad. du Code de Justinien, fol. 2.

Nul évêque ni nul clerc ne doit tenir en sa maison nulle femme de qui on puisse avoir suspicion de débauche. 

Loc. El baylhes de Bellanda la reques de follia. V. de S. Honorat.

Le bailli de Bellande la requit de débauche. 

Si ta molher o ta sors o ta filha fai fulhia de son cors, tu no la deves pas antar. Liv. de Sydrac, fol. 85.

Si ta femme ou ta soeur ou ta fille fait folie de son corps, tu ne la dois pas honnir. 

ANC. FR. Qui de nuiz met sa feme hors 

S'el fait folie de son cors. 

Rec. de fables et cont. anc., t. IV, p. 406. 

Avec un moine avoit fait la folie. Cl. Marot, t. III, p. 184. 

ANC. CAT. Follia. ANC. ESP. Folia (N. E. sin tilde). IT. Follia.

7. Folor, Follor, Folhor, s. f., folie, erreur, extravagance. 

Per que m sembla qu' amar sia folhors.

Gui d'Uisel: Anc no cugey. 

C'est pourquoi il me semble qu'aimer soit folie. 

Folia deu hom a folor

Respondre e saber a sen.

T. d'Aimeri et d'Albert: Amicx.

On doit répondre folie à folie et savoir à sens. 

Loc. Quar hom mi ten a folhor 

So don degr' esser honratz.

P. Vidal: De chantar. 

Car on me tient à folie ce dont je devrais être honoré.

- Débauche. 

Loc. Car manta donna espozada

Si guardavan de far follor. 

V. de S. Honorat. 

Car mainte dame épousée se gardaient de faire folie.

ANC. FR. Ami, dist-ele, ce ert folor.

2e trad. du Chastoiement, p. 210. 

Qui fait changer bon advis en foleur.

Œuvres d'Alain Chartier, p. 591.

Qu'ainc de folour par li ne fu requise... 

Que je ne doi penser folour.

Romancero françois, p. 5 et 7. 

ANC. CAT. Folor, follor. ANC. IT. Follore.

8. Foles, s. f., folie, extravagance.

De gran foles 

T'y es entremes.

Marcabrus: D'un estru. 

Tu t'y es entremis de grande folie.

9. Follensa, s. f., folie.

En ai faig dels peccatz tan 

Per ma folla follensa.

Lanfranc Cigala: Oi! maire. 

J'ai tant fait de péchés par ma folle folie.

10. Folledat, Foldat, Foudat, s. f., folie, erreur, extravagance.

Ab mon cor me sui ben acordatz

De ben amar, sia sens o foldatz.

Rambaud d'Orange: Si de trobar. 

Avec mon coeur je me suis bien accordé de bien aimer, soit sens ou folie.

Lai on amors s'enten,

Val foudatz en luec de sen.

P. Raimond de Toulouse: Atressi cum. 

Là où amour s'affectionne, vaut folie au lieu de sens. 

Adv. comp.

De gran follia per folledat parllam. Poëme sur Boèce. 

De grande folie nous parlons par erreur.

Quar mais val, mon escien, 

En leis aver la meitat 

Que tot perdre per foudat.

B. de Ventadour: Acosselhatz. 

Car mieux vaut, à mon escient, avoir en elle la moitié que tout perdre par folie. 

ANC. FR. Respont Rollans: Ce seroit foletez. 

Dissert. sur le Roman de Roncevaux, p. 14.

Quant mon ceval refuses, ce es grant foleté. 

Roman de Fierabras en vers français. 

Or fu Hielevius laiens el castel enserrés

Entre lui et ses hommes par grande foletés.

Roman de Renaud de Montauban.

11. Folestansa, s. f., folie.

Feunia e malvestat e folestansa. 

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 48.

Trahison et méchanceté et folie.

12. Folatura, s. f., chose folle, folie.

Cerca fol sa folatura.

Marcabrus: L'autr'ier. 

Le fou cherche sa folie. 

Doncs, quar tan l' am, molt sui plus follatura 

Que fols pastre qu' al bel pueg caramella.

P. Vidal: S'ieu fos en cort. 

Donc, puisque tant je l'aime, moult je suis plus chose folle que le fou pâtre qui à la belle montagne joue du chalumeau.

13. Follatge, Folhatge, s. m., folie, extravagance.

S'ieu lieys pert per son follatge. 

Marcabrus: Lanquan. 

Si je la perds par son extravagance. 

Un joy que m sofrang 

Per mon mezeis follatge.

G. Faidit: Ab cossirier. 

Une joie qui me manque par ma propre folie. 

Loc. Sai qu' eu fas follatge,

Qu'ab escien failh per autrui follia.

Lanfranc Cigala: Estiers mon. 

Je sais que je fais extravagance, vu que sciemment je faux par folie d'autrui.

Ades li tem dir folhatge.

Rambaud de Vaqueiras: A vos bona.

Toujours je crains de lui dire extravagance.

ANC. FR. Le cuer que tu as trop volage, 

Te fist entrer en tel folage.

Roman de la Rose, v. 3072.

Vous avez dit trop grant folage.

Nouv. rec. de fables et cont. anc., t. II, p. 167.

14. Foleiar, Folleiar, Follegar, Folheiar, v., faire folie.

Luecx de sen, luecx de folleiar.

P. Fabre d'Uzes: Luecx es. 

Lieu de sens, lieu de folie.

Ieu, com fols que folheia, 

Fui leus ad enfolletir. 

P. Raimond de Toulouse: Atressi cum. 

Moi, comme fou qui fait folie, je fus facile à rendre fou.

Mesura m ditz que non domney, 

Ni ja per domnas non folley. 

Garins le Brun: Nueg e jorn.

Raison me dit que je ne fasse pas le galant, et que jamais pour les dames je ne fasse folie.

- Pécher.

Non pot Deu amar qui foleia en l'amor de son prosme.

Trad. de Bède, fol. 24.

Ne peut aimer Dieu celui qui pèche en l'amour de son prochain.

ANC. FR. Mès sages hons sovent foloie.

Roman du Renart, t. II, p. 233. 

Cil cui amors fait foloier. 

Nouv. rec de fables et cont. anc., t. II, p. 42. 

Assez se contint chastement, 

De foloier n'ot nul talent.

Fables et cont. anc., t. II, p. 93. 

ANC. IT. Senza riprensione 

Può uomo folleare.

Mazzeo de Ricco, de Messina.

ANC. CAT. Folejar, Follejar. IT. MOD. Folleggiare.

15. Folatir, v., folâtrer.

Fai semblan lo coms de folatir. 

Roman de Gerard de Rossillon, fol. 6.

Le comte fait semblant de folâtrer.

16. Afolir, v., affolir, devenir fou, affoler, rendre fou.

No s cug que tan m' afolisca

Que de ma boca fors iesca.

G. Raimond de Gironella: La clara lutz.

Ne se pense pas que tant j'affolisse que de ma bouche il sorte dehors. Part. pas.

Venjar s'en pot de mi qu' er' afolitz; 

Mais hom qu' es fols, so dizion li autor, 

Non er jujatz tro qu' el lo ten be iror.

P. Raimond de Toulouse: Si com. 

S'en peut venger de moi qui étais affolé; mais homme qui est fou, ce disaient les auteurs, ne sera jugé pendant qu'accès de folie le tient bien.

17. Afolezir, v., devenir fou, affoler. 

Lo rey demanda cossi s' afolezisso las gens.

(chap. Lo rey pregunte com s' assompen les gens; atonten, tornen tontos, sompos, badocs, borinots, etc.)

José Miguel Gracia Zapater, La Codoñera, quína grassia que fa lo catalaniste

Liv. de Sydrac, fol. 41.

Le roi demande comment les gens s'affolent.

18. Enfolir, Enfollir, Enfolhir, v., affoler, rendre fou.

Anc tan no m' enfoli follors

Qu'ieu l' auzes dir mon pensamen. 

Folquet de Marseille: Molt i fetz. 

Oncques tant ne me rendit fou folie que je lui osasse dire ma pensée. Part. pas. Mas mi dons am tan qu'en sui enfollitz.

Rambaud de Vaqueiras: Savis e. 

Mais j'aime tant ma dame que j'en suis affolé. 

CAT. Enfollir. IT. Infollire.

Javier Giralt Latorre; Albelda; Litera, Llitera; Enfollir

19. Enfoletir, Enfolletir, v., affolir, devenir fou, affoler, rendre fou. 

Ab belh semblan trichador, 

Mi saup gent enfoletir. 

Gaubert, Moine de Puicibot: Partir. 

Avec beau semblant trompeur, elle me sut agréablement affoler.

Pauc ama qui non enfolletis.

B. de Ventadour: Bels Monruels. 

Aime peu qui n'affolit.

Ieu, cum fols que folheia, 

Fui leus ad enfolletir.

P. Raimond de Toulouse: Atressi cum. 

Moi, comme fou qui fait folie, je fus facile à rendre fou.

Ignacio Sorolla Vidal, sociolingüista, catalanista, imbécil, aragonés

10. Desenfoletir, v., désaffoler, cesser d'être fou.

Per que no m voill ges desenfoletir, 

Enans, on plus folleg, plus m'abelis. 

Aimeri de Peguilain: D'avinen sap. Var. 

C'est pourquoi je ne me veux point désaffoler, au contraire, où plus je fais folie, plus il m'agrée.

21. Enfolezir, v., affolir, devenir fou, affoler, rendre fou.

Las gens s' enfolezisso per mantas manieiras de fulhias.

Liv. de Sydrac, fol. 41.

Les gens s'affolissent par maintes manières de folies.

Mario Sasot; Las gens s' enfolezisso per mantas manieiras de fulhias

22. Desenfollezir, v., désaffoler, cesser d'être fou.

Per que no m vuelh ges desenfollezir, 

Enans, on plus folleg, plus m' abelis. 

Aimeri de Peguilain: D'avinen sap. Var. 

C'est pourquoi je ne me veux point désaffoler, au contraire, où plus je fais folie, plus il m'agrée.

Moncho, Ramón Guimerá Lorente

23. Esfulia, s. f., injure, tracasserie, sottise.

De nostre prosme sufrem esfulias e damnatges.

Trad. de Bède, fol. 21. 

De notre prochain souffrons tracasseries et dommages.

24. Esfuliar, v., injurier, tracasser. 

Qui esfulia son amic, depart l'amistat.

Trad. de Bède, fol. 75.

Qui injurie son ami, sépare l'amitié.

25. Refoleiar, v., redevenir fou.

Si no conoys 

Qual te vol far refoleiar.

Marcabrus: D'un estru. 

Si je ne connais pas quel te veut faire redevenir fou.

martes, 9 de abril de 2024

Hora, Ora - Reloge, Relotge

Hora, Ora, s. f., lat. hora, heure. 

Lo jorn o la nuehs, sia petitz o grans, a XXIIII horas.

Liv. de Sydrac, fol. 71. 

La CAMPANA de Beceite, Hora, Ora, reloj, rellonge, relox, Ernesto Valero, alguacil, alguasil

Le jour ou la nuit, soit petit ou grand, a vingt-quatre heures.

Mas que Dieus me do

Vezer l' ora e l' an. 

P. Raimond de Toulouse: No m puesc. 

Pourvu que Dieu me donne de voir l'heure et l'an. 

Oras e jorns e setmanas e mes.

G. Riquier: Razos m' aduy. 

Heures et jours et semaines et mois. 

Loc. Qu' om rendes N Enric, qu' ora seria. 

Folquet de Lunel: Al bon rey. 

Qu'on rendît le seigneur Henri, vu qu'il serait l'heure.

Be es ora que mangem. Philomena.

(chap. Be es hora de que mingem.)

Il est bien l'heure que nous mangions.

ANC. FR. La montance d'une sole hore. Roman de la Rose, v. 9020.

CAT. ESP. PORT. Hora. IT. Ora. 

Adv. comp. Verges, en bon' hora 

Portes lo Salvaire.

Perdigon: Verges. 

Vierge, en bonne heure vous portâtes le Sauveur. 

Per que fon de bon' hora natz.

Folquet de Romans: Quan cug. 

C'est pourquoi il fut né de bonne heure.

ANC. FR. Je veulx dire et maintiens qu'il est né de bonne heure.

Clément Marot, t. V, p. 117. 

Et de bone eure fustes nez. Fables et cont. anc., t. III, p. 258. 

ANC. ESP.

Mio Cid don Rodrigo el que en buen ora nasco. (nasció, nació)

Poema del Cid, v. 1806'. 

ANC. IT. En buon' ora fusti nato.

Jacopone da Todi, lib. III, od. 24. 

Il buono uom disse: In buon' ora sia.

Boccaccio, Decameron, VII, 2. 

Qui tota ora sempre vai chaden. Poëme sur Boèce. 

(chap. Qui a tot' hora sempre va caén; a totes hores.)

Qui à toute heure va toujours tombant. 

CAT. A tota hora.

De dia en dia e d' ora en hora.

Tit. de 1302. DOAT, t. XLIX, fol. 292. 

De jour en jour et d'heure en heure.

On a dit or pour ora.

Totz jorns vai creissen 

Tan d'or en or que n' es sobreversatz. 

P. Cardinal: Totz lo mons. 

Toujours va croissant tant d'heure en heure qu'il en est bouleversé. 

IT. D' ora in ora.

En so qu' om serca esdeve

A las horas.

Bernard de tot lo mon: Los plazers.

En ce qu'on cherche on parvient parfois. 

CAT. A las horas.

En breu d' ora tornara per sas mas.

P. Vidal: Ara m' alberc. 

En peu de temps retournera dans ses mains. 

Era m don Dieus que repaire 

Joys vas mi en petit d' ora.

Azemar le Noir: Era m don. 

Maintenant que Dieu m'accorde que joie revienne vers moi en peu de temps.

ANC. FR. En petit d'ore s'esveille.

Roman de Partonopex de Bloys, Not. des mss., t. IX, p. 16. 

ESP. En pauca de hora.

Sa colors fresqu' e vermeilla

Camja mon sen, tal ora es.

Hameus de la Broquerie: Quan. 

Sa couleur fraîche et vermeille change mon sens, telle heure il est (actuellement). 

Can que s dirn, tart o ab ora.

Deudes de Prades, Auz. cass. 

En quel temps qu'il dîne, tard ou à l'heure.

D' oras en autras sospiran. Roman de Jaufre, fol. 72. 

D' heures à autres soupirant.

Dans les plus anciens titres rédigés en latin, pendant le moyen âge, on trouve la forme adverbiale composée, de ista ora in antea, de cette heure en avant. 

De ista ora in antea, ego, Geraldus. Titre de 960.

La langue romane s'était approprié cette forme.

Hueymais, d' era enans.

J. Esteve: Aissi quo 'l. 

Désormais, dorénavant. 

Non sia si ardida d' oras en avant de dansar. 

Tit. de 1394. Hist. de Nîmes, t. III, pr., p. 126.

Ne soit si hardie dorénavant que de danser.

De aquesta ora adenant non tolra. Tit. de 1059. 

De cette heure en avant il n' ôtera.

Guart se d' elhs d' esta hora enan.

G. de Montagnagout: Del tot vey.

Qu'il se garde d'eux de cette heure en avant. 

PORT. Que d' esta ora en deante.

Elucidario, t. 1, p. 165. 

Conj. comp. Anc de l' hora qu' ieu fuy natz. 

Alphonse II, Roi d'Aragon: Per mantas. 

Oncques dès l'heure que je fus né. 

De L' or' en sai

Qu' ela m fetz a mos huels vezer.

B. de Ventadour: Quan vei la laudeta.

De l'heure en çà qu' elle me fit voir à mes yeux. 

Ges non puesc en bon vers faillir, 

Nulh' hora qu' ieu de mi dons chan. 

P. Rogiers: Ges non. 

Je ne puis faillir en bon vers, à nulle heure que je chante de ma dame. Quan ve a l' ora qu' el corps li vai franen. Poëme sur Boèce.

Quand vient à l'heure que le corps lui va se brisant.

2. Horas, s. f. pl., heures, prières.

Sos canorgues que canton sas horas. V. et Vert., fol. 43.

Ses chanoines qui chantent ses heures.

On aia tanz cors santz... 

Ni miellz diguan lurs horas.

V. de S. Honorat. 

Où il y ait tant de corps saints... et que mieux ils disent leurs heures.

ANC. FR. Je avoie deux chapelains avec moy qui me disoient mes hores.

Joinville, p. 105.

CAT. ESP. PORT. Horas. IT. Ore. (chap. Hores en plural; orassions; hora en singular.)

3. Aora, Aoras, Adhoras, Adoras, adv., du lat. hac hora, maintenant, actuellement, présentement, tantôt.

Farai sirventes aora.

Torcafols: Comunal. 

Je ferai sirvente maintenant.

Mas pel mal qu' aoras m' en ve.

Peyrols: Atressi col. 

Mais par le mal qui m'en vient présentement. 

Homs vol tan solamen, 

Adoras per sazo, 

Adoras per razo, 

Adoras per abdos.

Nat de Mons: Al bon rey de.

L'homme veut tant seulement, tantôt par saison, tantôt par raison, tantôt par tous deux. 

Adv. comp. Desamparat per aoras e per totz temps.

Tit. de 1275. Cab. Courcelles, n° 5678. 

Abandonné à cette heure et pour toujours. 

ANC. ESP. Agora. ESP. MOD. Ahora. PORT. Agora. IT. A ora, ad ora.

(chap. Ara.)

4. Ar, Ara, Aras, adv., maintenant, actuellement, présentement, tantôt.

Ar, vey qu'em vengut als jorns loncs.

(chap. Ara vech que ham vingut als díes llarcs o llargs.)

Guillaume de Cabestaing: Ar vey.

Présentement, je vois que nous sommes venus aux jours longs.

Ara sai eu de pretz, quals l'a plus gran

De totz aquels que s leveiron mati.

Bertrand de Born: Ara sai. 

Maintenant je sais touchant le mérite, qui l'a plus grand de tous ceux qui se levèrent matin.

Qui aras plora et aras ris; aras es ad ayze, aras es a mal ayze; aras es irat, aras es pagat; aras es en gaug, aras es en tristor. 

V. et Vert., fol. 36. 

Qui tantôt pleure et tantôt rit; tantôt est à l'aise et tantôt est à mal aise; tantôt est irrité, tantôt est apaisé; tantôt est en joie, tantôt est en tristesse. 

Adv. comp. Per aras e per toz temps. Tit. de 1273. Arch. du Roy., J. 322.

A cette heure et pour toujours.

ANC. FR. ... Or sui chaus, or sui frois,

Or chant, or plour et or sospir. 

Le Roi de Navarre, ch. 5. 

Ores il vente, ores il fait calme; ores il faict froid, ores chaud.

Camus du Belley, Diversités, t. I, fol. 299. 

Ore froid comme neige, ore chaud comme braise.

Ronsard, t. I, p. 260.

IT. Come lieve il pensiero è degli amanti! 

Or esce di speranza, or si lusinga, 

Or vuol morire, or vuol restare in vita. 

Metastasio, Giustino, att. IV, sc. 1.

CAT. Ara. (ESP. Ahora.)

5. Er, Era, Eras, adv., maintenant, actuellement, présentement, tantôt.

S'ieu anc jorn fui gays ni amoros, 

Er non ai joy d' amor ni non l'esper.

Folquet de Marseille: S' al cor. 

Si jamais je fus gai et amoureux, actuellement je n'ai bonheur d'amour ni ne l'espère.

Era nos sia guitz

Lo vers Dieus, Jhesus Critz.

G. Faidit: Era nos. 

Que maintenant nous soit guide le vrai Dieu, Jésus-Christ.

Eras sai ben a escien

Que selh es savis qui aten.

G. Rudel: Belhs m' es. 

Actuellement je sais bien à mon escient que celui-là est sage qui attend.

Mas tant a 'lh cor van e duptos 

Qu' eras l'ai, eras no l'ai ges.

B. de Ventadour: Ja mos chantars. 

Mais elle a le coeur si vain et incertain que tantôt je l'ai, tantôt je ne l'ai pas.

6. Anquera, Anqueras, Encar, Encaras, Enquer, Enquera, Enqueras, adv.,

du lat. in hac hora, encore.

Anquera si el es apelatz al cosselh. Liv. de Sydrac, fol. 44.

Encore s'il est appelé au conseil. 

Anqueras ela sera benezecha de la boca de Dieu. Trad. de Bède, fol. 21.

Encore elle sera bénie de la bouche de Dieu. 

Enquer aurai loc de chantar.

B. de Ventadour: En abril. 

Encore j'aurai lieu de chanter.

Encaras non es cobratz. 

Gavaudan le Vieux: Senhors per lo. 

Encore n'est pas recouvré. 

Enquera m vai recalivan

Lo mals d' amor qu' avi' antan. 

P. Raimond de Toulouse: Enquera m vai.

Encore me va réchauffant le mal d'amour que j'avais antan.

Non an tan dig li primier trobador... 

Qu' enqueras nos no fassam, apres lor, 

Chans de valor.

Guillaume de Montagnagout: Non an tan. 

M'ont pas tant dit les premiers troubadours... qu'encore nous ne fassions, après eux, chants de prix.

ANC. ESP.

Apriso de rectorica, era bien razonado,

Encara de sus armas era bien esforciado.

Poema de Alexandro, cop. 337.

Mas no los havia Oria encara olvidados.

V. de Santa Oria, cop. 114.

CAT. Encara, enquer, enquera. IT. Ancora. (chap. Encara.)

7. Cora, Quora, Coras, Quoras, adv., du lat. qua hora, quand, à quelle heure.

Cuan cobro, en son demá

Ai Dieus! e cora la veirai?

(chap. Ay Deu! y a quína hora la voré; cuán.)

Pons de la Garde: Ben es dreitz.

Ah Dieu! et quand la verrai-je? 

No m sai quora mais la veyrai.

G. Rudel: Lanquan li jorn. 

Je ne sais quand je la verrai davantage.

- Tantôt.

Paubres, cora a pe, cora a caval. V. de Hugues de S. Cyr. 

Pauvre, tantôt à pied, tantôt à cheval.

Quoras ment ni quoras dis ver.

P. Cardinal: Anc no vi. 

Tantôt ment et tantôt dit vrai. 

Loc. Si saubes quan ni quora.

Giraud de Borneil: Quan branca. 

Si je susse quand et à quelle heure. 

Conj. comp. Cora que mos chans sia bos. 

G. Faidit: Cora que. 

Bien que mon chant soit bon.

Quoras que m tengues jauzens 

Amors, era m fai languir.

Pons de Capdueil: Quoras que. 

Bien que me tînt joyeux Amour, maintenant il me fait languir.

Amey la pauca e toza, 

Et pus, coras que fos espoza

E coras que saup far e dir 

So que tota gen dec grazir.

Guillaume de Berguedan: Amicx. 

Je l'aimai petite et jeune fille, et depuis bien qu'elle fut épouse et bien qu'elle sut faire et dire ce que toute gent dut agréer.

Quora qu' Amors vuelha.

Peyrols: Quora qu' Amors. 

A quelle heure qu' Amour veuille.

Un troubadour a dit quor pour quora. 

Quor qu'om trobes Florentis orgulhos, 

Er los trob om cortes et avinens.

P. Vidal: Quor qu'om. 

Bien qu'on trouvât les Florentins orgueilleux, maintenant on les trouve courtois et avenants.

(chap. Quína hora; quín' hora.)

8. Orendrei, adv., orendroit, désormais.

Que tuit seriatz mortz o vencutz orendrei. Guillaume de Tudela.

Que vous seriez tous morts ou vaincus orendroit.

ANC. FR. Et dist Primaut, je m' i acort 

Qu'il soient venduz orendroit.

Roman du Renart, t. 1, p. 140. 

Moult la véisse volentiers 

Orendroit, si Dieu m' aïst.

Roman de la Rose, v. 2501.

9. Lahoras, adv., alors.

Lahoras cauterisa aquel ab autre cauteri. Trad. d'Albucasis, fol. 3. 

Alors cautérise celui-là avec autre cautère.

(chap. Entonses; allabonsesllavoresllavorsallavores, etc.)

CAT. Alora. IT. Allora.

10. Aorar, Aurar, Ahurar, v., heurer, rendre heureux, devenir heureux. 

Si be m fai, e mielhs m' ahura.

Marcabrus: Lanquan. 

Si me fait bien, et mieux me rend heureux. 

Meilluratz... 

Es cui jois aora.

Pierre d'Auvergne: Rossinhols

Amélioré... est celui que joie rend heureux. 

Pero sospir, quar mouta gens ahura 

De malvestat c'ades creis e pejura.

Marcabrus: Auiatz. 

Pourtant je soupire, car nombreuse gent devient heureuse par méchanceté qui incessamment croît et empire.

ANC. FR. Et seul tu m'as heuré

Quand plus mon fait estoit désespéré. 

Ronsard, t. II, p. 936. 

Altrement ne peuz estre fors par ço eurez. 

Roman de Rou, v. 1015. 

Par ainsi ton cueur, 

Et mon ame heurée

Vivront sans langueur.

Olivier de Magny, p. 147. 

Seur en sa case heurée.

Luc de la Porte, Tr. des Odes d' Horace, liv. II, p. 49

11. Benauranssa, s. f., bonheur, félicité, béatitude.

Aisso es la gran benauranssa ont lo don de entendemen mena aquells que gardan neteza de cor e de cors. V. et Vert., fol. 99.

Ceci est la grande félicité où le don d' entendement mène ceux qui gardent pureté de coeur et de corps.

(chap. Benaventuransa, benaventuranses.)

12. Bonauretat, s. f., bonheur, béatitude, félicité.

Si cum bonauretaz alegra los bos. 

Si as bonauretat, non aias ergoil. 

Saber usar paupreira es grans bonauretatz. 

Trad. de Bède, fol. 76, 69 et 3. 

Ainsi comme félicité réjouit les bons.

Si tu as félicité, n'aie pas d'orgueil. 

Savoir supporter la pauvreté c'est grand bonheur.

13. Bonazurat, Benesurat, adj., bienheureux. 

Bonazuratz son los netz de cor. V. et Vert., fol. 99.

(chap. Benaventurats són los llimpios de cor.)

Bienheureux sont les purs de coeur.

Lo cors del benesurat sant Thomas.

Lett. du preste Jean à Frédéric, fol. 3. 

Le corps du bienheureux saint Thomas.

14. Bonaurar, Benaurar, v., bienheurer, rendre bienheureux, bénir.

Part. pas. Bonaurat sunt cil que morunt en Deu.

Trad. de Bède, fol. 76.

Bienheurés sont ceux qui meurent en Dieu.

Qui sest chan chantara soven, 

De Dieu sia benauratz. 

Deudes de Prades: Qui finamen. 

Qui chantera souvent ce chant, soit béni de Dieu. 

Ad honor de la benaurada Verge. Philomena.

A l'honneur de la bienheurée Vierge. 

Subst. Li benaurat en l' auta ierarchia. V. de S. Honorat. 

Les bienheurés en la haute hiérarchie. 

ANC. FR. Moult a benéurée vie

Cil qui par autri se chastie.

Roman de la Rose, v. 8041. 

Que pour me bienheurer d'un immortel renom, 

J'ai le front de mon livre honoré de ton nom. 

Olivier de Magny, p. 2. 

Par les ordonances, de boneurée recordation, saint Loeys.

Ord. des R. de Fr., 1245, t. 1, p. 56.

ANC. CAT. Benaurat. (chap. Benaventurat, benaventurats, benaventurada, benaventurades.)

15. Malahur, s. m., lat. mala hora, malheur.

Quand Rigunte, fille de Chilpéric, partit pour l'Espagne, où elle devait épouser le roi Recarède, Grégoire de Tours (l. VI, c. 45) rapporte que l'essieu d'un des chariots qui la suivaient chargés de richesses, s'étant brisé en sortant de Paris, tous les assistants s'écrièrent: Mala hora.

Qu'a son poder, 

No s volva ni s vir ni s pejur 

Elh e son bran a malahur.

Giraud de Borneil: Nuilla res. 

Que, selon son pouvoir, il ne s' entraîne ni se tourne ni s'empire lui et son glaive à malheur.

16. Malauros, Malahuros, adj., malheureux.

Hailas! co fui malauros, 

Quan per me baisset sa benda.

Guillaume de Balaun: Mon vers mov. 

Hélas! comme je fus malheureux, quand pour moi elle abaissa son bandeau.

An bec malahuros,

Que son peior que Judas que Dieu trays. 

P. Bremond Ricas Novas: Pois nostre temps. 

Ont langage malheureux, vu qu'ils sont pires que Judas qui trahit Dieu.

17. Malaurar, Malahurar, v., malheurer, rendre malheureux. 

Part. pas. substantiv.

Quan Dieus dira: Anatz, malaurat, 

Ins en infern, on seretz turmentat.

Folquet de Romans: Quan lo dous. 

Quand Dieu dira: Allez, malheureux, dedans l'enfer, où vous serez tourmentés.

E 'l res que pus bistensa 

Los malahuratz.

P. Cardinal: Selh jorn. Var. 

Et la chose qui le plus trouble les malheureux. 

ANC. FR. Ah! chaitive maléurée...

Moult estes or maléurez. 

Roman du Renart, t. III, p. 217 et 42. 

Ladicte femme malheurée r'encheut és erreurs.

Monstrelet, t. II, fol. 73. 

Aidez-vous donc, madame, et quittez de bonne heure 

D' Antoine le malheur de peur qu'il vous malheure. 

R. Garnier, trag. de Marc Antoine, act. II, sc. 2. 

Las! ne m'avoit assez malheuré le destin.

R. Garnier, trag. d'Hippolyte, act. V, sc. 1.

18. Reloge, Relotge, s. m,, lat. horologium, horloge. 

Una corda prima... per la balansa del reloge.

Tit. de 1428. Hist. de Nîmes, t. III, pr., p. 229. 

Une corde fine... pour la balance de l'horloge. 

Qui tendra lo relotge.

Tit. de 1413. DOAT, t. LXXIII, fol. 263. 

Qui tiendra l'horloge. 

CAT. Rellotge. ESP. Relox (reloj). PORT. Relogio. IT. Orologio

(chap. Rellongerellonges.)

Hijo, este reloj lo llevó tu abuelo en la segunda guerra mundial, lo llevé yo en Vietnam, y te lo doy a ti para que lo luzcas en instagram