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sábado, 23 de septiembre de 2023

Chapitre II. Substantifs. Grammaire de la Langue Romane.

Chapitre II.

Substantifs.

Les noms doivent être considérés sous les rapports du genre, du nombre, et du cas.

La langue romane admet seulement les genres masculin et féminin, que l' article, la terminaison, font ordinairement reconnaître.

Elle admet deux nombres: le singulier et le pluriel; ils sont de même indiqués ordinairement par l' article, par la terminaison.

Le CAS fut ainsi nommé à cause du signe final distinguant les sujets et les régimes dans les langues qui terminent leurs noms par une variété de désinences ou chûtes, CASUS. Quelques grammairiens ont prétendu que, dans les langues modernes qui n' attachent point à leurs noms cette variété de désinences caractéristiques soit des sujets soit des régimes, il n' existait point de cas.

Quoique je préfère d' employer les expressions de Sujet et de Régime Direct ou Indirect, je me conforme quelquefois à l' usage, en me servant du mot de CAS, pour rendre mes idées plus sensibles, sur-tout quand j' établis des rapports avec les CAS des langues qui ont des désinences caractéristiques.

Presque tous les substantifs romans ayant été formés par la suppression de ces désinences qui marquaient les cas des substantifs latins, il serait aussi long que fastidieux de présenter ici le tableau de toutes les terminaisons des différents substantifs romans, soit masculins, soit féminins. Ces détails minutieux et compliqués appartiennent au Dictionnaire de la langue (Raynouard, Lexique Roman): il contiendra la classification des désinences très nombreuses et très variées qui indiquent les noms substantifs ou adjectifs; ces noms sont faciles à reconnaître soit à l' article ou aux prépositions qui les précèdent, soit au signe qui, dans la langue romane, distingue les sujets des régimes.

On a vu précédemment de quelle manière se faisait cette distinction caractéristique; de nouvelles observations et de nouveaux exemples confirmeront la règle, et offriront quelques détails nécessaires.

Au singulier, l' S final attaché à tous les substantifs masculins et à la plupart des substantifs féminins qui ne se terminent point en A, désigne qu' ils sont employés comme sujets, c'est-à-dire qu' ils remplissent la fonction du nominatif ou du vocatif; et l' absence de l' S désigne le régime direct ou indirect, c'est-à-dire que ces noms remplissent une fonction de génitif, de datif, d' accusatif, ou d' ablatif.

Au pluriel, les nominatifs et les vocatifs de ces noms, c'est-à-dire les sujets, ne reçoivent pas l' S; mais il s' attache aux génitifs, datifs, accusatifs, et ablatifs, c'est-à-dire aux régimes directs ou indirects.

Les régimes indirects sont facilement distingués, soit au singulier, soit au pluriel, par les prépositions DE et A, ou autres, qui précèdent les génitifs, datifs et ablatifs; et les régimes directs, par l' absence de ces prépositions, lesquelles ne sont jamais placées entre des verbes et un nom qui devient leur régime direct.

Les noms féminins en A, sujets ou régimes, ne reçoivent, dans aucun cas du singulier, l' S final, qu' ils gardent à tous les cas du pluriel.

Les substantifs qui originairement se terminent en S, le conservent dans tous les cas, soit au singulier, soit au pluriel.

Pour offrir des exemples de l' emploi de l' S, désignant au singulier les noms masculins comme Sujets, je choisis un couplet entier:

Valer m degra MOS PRETZ e MOS PARATGES

E ma BEUTATZ e plus MOS FINS CORATGES;

Per qu' ieu vos man, lai on es vostre ESTATGES,

Esta chanson, que me sia MESSATGES,

E voill saber, lo MIEUS BELS AMICS GENS,

Per que m' etz vos tan FERS e tan SALVATGES;

No sai si s' es ORGUELHS O MALS TALENS. (1)

Comtesse de Die: A chantar.

(1) Valoir me devrait mon prix et mon parage

Et ma beauté et plus mon tendre attachement;

C'est pourquoi je vous mande, là où est votre demeure,

Cette chanson, qui me soit message,

Et je veux savoir, ô le mien bel ami gent,

Pourquoi m' êtes vous tant cruel et tant sauvage;

Ne sais si c'est orgueil ou mauvaise volonté.


Je donne de même un couplet entier pour les exemples de l' absence de l' S, désignant au singulier les noms masculins comme régimes directs ou indirects:


Seinher Conrat, tot per vostr' AMOR chan,

Ni ges no i gart AMI ni ENNEMI;

Mas per so 'l fatz qu' ill crozat vauc reptan
Del PASSATGE qu' an si mes en OBLI:

Non cuidon qu' a DEU enoia

Qu' ill se paisson e se van sojornan;

E vos enduratz FAM, SET, et ill stan. (1)

Bertrand de Born: Ara sai.
(1) Seigneur Conrad, tout pour votre amour je chante,

Et aucunement n' y regarde ami ou ennemi;

Mais pour ce le fais que les croisés vais accusant

Du passage qu' ils ont ainsi mis en oubli:

Ils ne pensent pas qu' à Dieu il déplaise

Qu' ils se repaissent et se vont séjournant;

Et vous endurez faim, soif, et eux restent.


L' observation de cette règle et son utilité sont frappantes dans les phrases où le même nom est successivement employé et comme Sujet et comme Régime:


Qe mais mi notz A DEU SIAZ

Que DEUS VOS SAL no m' ajuda. (2)

Cadenet: Amors e cum er.
(2: Parce que plus me nuit A DIEU SOYEZ
Que DIEU VOUS SAUVE ne m' aide.
Pour l' intelligence de ces locutions, je dois avertir que la première correspond à ADIEU, et signifie donc l' instant de la séparation; et que la seconde correspond à BON JOUR, et signifie celui de l' arrivée.)


Parmi les citations que je pourrais faire de la prose romane, je préfère ce passage qui commence l' ouvrage intitulé: Leys d' Amors:

Segon que dis lo PHILOSOPHS, tut li home del mon desiron aver sciensa, de la qual nais SABERS, de SABER conoyssensa, de connoyssensa SENS, de SEN be far, de be far VALORS, de VALOR LAUZORS, de LAUZOR HONORS, d' HONOR pretz, de pretz PLAZERS, et de PLASER gaug e ALEGRIERS.” (1)
(1) "Selon que dit le philosophe, tous les hommes du monde desirent avoir science, de laquelle naît savoir, de savoir connaissance, de connaissance sens, de sens bien faire, de bien faire valeur, de valeur louange, de louange honneur, d' honneur prix, de prix plaisir, et de plaisir joie et allégresse."

Il me reste à donner, pour le pluriel, des exemples de l' absence de l' S désignant les sujets, et de la présence de l' S désignant les régimes:

Plur. Sujet. De fin' amor son tuit MEI PENSAMEN

E MEI DESIR e MEI MEILLOR JORNAL. (2)

P. Raimond de Toulouse: De fin' amor.

En vos son pauzat MIEI VOLER,

E MIEI TALAN e MIEI DESIR. (3)

Elias de Barjols: Pus la bella.

Plur. Régime. En abril, quan vei verdeiar

LOS PRATZ VERTZ, e 'ls VERDIERS florir. (4)

Bernard de Ventadour: En abril.

Lo temps vai, e ven, e vire

Per JORNS e per MES e per ANS. (5)

Bernard de Ventadour: Lo temps.

Plur. Régime. Car qui be vol baissar e frevolir

SOS ENNEMICS, BOS AMICS deu chausir. (1)

Bernard Arnaud de Montcuc: Anc mais.

Pro ai del chan ESSENHADORS

Entorn mi et ENSENHAIRITZ,

PRATZ e VERGIERS, ARBRES e flors

Voutas d' AUZELНS e LAIS e CRITZ. (2)

Geoffroi Rudel: Pro ai del chan.

Voici des exemples des substantifs féminins en A au singulier, et en AS au pluriel.

Sing. Sujet. Que fara la vostr' AMIA?

Amicx, cum la voletz laissar! (3)

Bernard de Ventadour: En abril.

GUERRA m platz, sitot GUERRA m fan

Amors e ma DOMNA tot l' an. (4)

Bertrand de Born: Guerra.

Sing. Régime. Farai CHANSONETA NUEVA. (5)

Comte de Poitiers: Farai.
Lanquan vei la FUELHA
Jos dels arbres cazer. (6)
Bernard de Ventadour: Lanquan vei.
(1) Car qui bien veut abaisser et affaiblir
Ses ennemis, bons amics doit choisir.
(2) Assez j' ai du chant instituteurs
Autour de moi et institutrices,
Prés et vergers, arbres et fleurs,
Cadences d' oiseaux et lais et ramages.
(3) Que fera la votre amie?
Ami, comment la voulez-vous laisser!
(4) Guerre me plait, quoique guerre me font
Amour et ma dame toute l' année.
(5) Je ferai chansonette nouvelle.
(6) Quand je vois la feuille
En bas des arbres tomber.

Sing. Régime. Mielz no fa 'l venz de la RAMA,

Q' en aissi vau leis seguen,

Com la fuelha sec lo ven. (1)

Bernard de Ventadour: Amors enquera.

Plur. Sujet.

Las DONAS eyssamens

An pretz diversamens...

Las UNAS son plazens,

Las AUTRAS conoissens. (2)

Arnaud de Marueil: Rasos es.

Plur. Régime.
E vey las AIGUAS esclarzir. (3)

Bernard de Ventadour: En abril.

Anc Persavals, quant en la cort d' Artus

Tolc las ARMAS al cavalier vermelh,

Non ac tal joy. (4)

Rambaud de Vaqueiras: Era m requier.

De las DOМNAS me desesper:

Jamais en lor no m fiarai. (5)

Bernard de Ventadour: Quan vei la laudeta.
(1) Mieux ne fait le vent de la ramée,
Vu qu' ainsi je vais elle en suivant,
Comme la feuille suit le vent.
(2) Les dames également
Ont prix diversement...
Les unes sont agréables,
Les autres savantes.
(3) Et je vois les eaux éclaircir.
(4) Oncques Perseval, quant en la cour d' Artus
Il enleva les armes au chevalier vermeil, (: rouge)
N' eut telle joie.
(5) Des dames me désespère:
Jamais en elles ne me fierai.

J' ai dit que les substantifs terminés en S le gardaient à tous les cas du singulier et du pluriel, soit qu' ils fussent employés comme Sujets, soit qu' ils le fussent comme Régimes; je choisis pour exemples les noms TEMPS, temps; VERS, vers; OPS, besoin, avantage.

Sujets.

Lo gens TEMPS m' abellis e m platz. (1)

Arnaud de Marueil: Lo gens temps.

Qu' entr' els lurs gabs passa segurs mos VERS. (2)

Arnaud de Marueil: L' ensenhamentz.

Ab fina joia comensa

LO VERS qui be 'ls motz assona. (3)

Pierre d' Auvergne: Ab fina.

Car mot l' es OPS sacha sofrir

Que vol a gran honor venir. (4)

Arnaud de Marueil: Totas bonas.

Régimes.
Totz TEMPS vos amaria,

Si totz TEMPS vivia. (5)

Arnaud de Marueil: Sabers.

Per joi qu' ai dels e d' el TEMPS. (6)

Arnaud Daniel: Autet e bas.
(N. E. “Tan m' abellis vostre cortes deman,

qu' ieu no me puesc ni voill a vos cobrire.

Ieu sui Arnaut, que plor e vau cantan;

consiros vei la passada folor,

e vei jausen lo joi qu' esper, denan.

Ara vos prec, per aquella valor

que vos guida al som de l' escalina,

sovenha vos a temps de ma dolor!”.
Divina Commedia, Dante Alighieri.)

Estat ai dos ans

Qu' ieu no fi VERS ni chanso. (7)

Bernard de Ventadour: Estat ai.

Dirai un VERS que m' ai pensat. (8)

Rambaud d' Orange: Als durs.

(1) Le gentil temps me charme et me plait.
(2) Qu' entre leurs plaisanteries passe assuré mon vers.
(3) Avec pure joie commence
Le vers qui bien les mots accorde.
(4) Car beaucoup lui est besoin que sache souffrir
Qui veut à grand honneur venir.
(5) En tous temps je vous aimerais
Si en tous temps je vivais.
(6) Par joie que j' ai d' eux et du temps.
(7) Été j' ai deux ans
Que je ne fis vers ni chanson.
(8) Je dirai un vers que j' ai pensé.

Régime.

E chanta SOS VERS raucament. (1)

Le Moine de Montaudon: Pus Peire.

Ben vuelh que sapchon li plusor

D' est VERS, si 's de bona color. (2)

Comte de Poitiers: Farai un vers.

Lai on m' agra ops que fos saubuz mos vers. (3)

Folquet de Marseille: Chantan volgra.

Qu' a vos soi fis e a mos ops trayre. (4)

Folquet de Marseille: Tan m' abellis.

Concurremment avec la règle qui désigne par l' S final le sujet au singulier, la langue romane usa d' une forme spéciale pour quelques substantifs masculins, dont le nominatif au singulier se termina différemment des autres cas du singulier et de tous ceux du pluriel.

Ces substantifs reçurent la finale AIRE, EIRE, IRE, comme sujets au singulier, et la finale ADOR, EDOR, IDOR, comme régimes directs ou indirects au singulier, et comme sujets ou régimes au pluriel.

AIRE: sujet.

"Pistoleta si fo CANTAIRE d' En Arnaud de Marueil, e fo de Proensa, e pois venc TROВAIRE, e fez cansos.” (5)

Vie manuscritte de Pistoleta. Ms. royale 7225, fol. 137.

C' anc no fui fals ni TRICHAIRE. (6)

Bernard de Ventadour: Lo rossignols.


(1) Et chante ses vers rauquement.
(2) Bien veux que sachent la plupart
De ce vers, s' il est de bonne couleur.
(3) Là où j' aurais besoin que fût su mon vers.

(4) Qu' à vous je suis fidèle et à mes avantages traître.

(5) "Pistoleta ainsi fut chanteur d' Arnaud de Marueil, et fut de Provence,

et puis devint troubadour, et fit des chansons.”

(6) Que jamais je ne fus faux ni tricheur.


AIRE: sujet.

Qu' ieu chant gais e joios,

Pois cil cui sui Amaire,

Qu' es la gensor qu' anc fos,

Vol mi e mas chansos. (1)

Gaucelm Faidit: L' onrat jauzens.

ADOR: régime.

Vergiers ni flors ni pratz

No m' an fait Cantador;

Mas per vos cui ador,

Domna, m sui alegratz. (2)

Pierre Raimond de Toulouse: S' ieu fos.

Cantarai d' aquest Trobadors

Qui chantan de mantas colors. (3)

Pierre d' Auvergne: Cantarai.

Amic ai de gran valor

Que sobre totz seingnoreia

E non a cor Trichador. (4)

Azalais de Porcairague: Ar em al freg.

Vos am e no m recre

Per mal ni per dolor;

Tan vos ai cor de lial Amador! (5)

Gaucelm Faidit: Razon.


(1) Que je chante gai et joyeux,

Puisque celle dont je suis l' amant,

Qui est la plus gentille qui onc fut,

Veut moi et mes chansons.

(2) Verger, ni fleur, ni pré

Ne m' ont fait chanteur;

Mais par vous que j' adore,

Dame, je suis inspiré.

(3) Je chanterai de ces troubadours
Qui chantent de maintes couleurs.
(4) Ami j' ai de grande valeur
Qui sur tous domine
Et n' a pas coeur tricheur.
(5) Je vous aime et ne me lasse
Par mal ni par douleur;
Tant pour vous j' ai coeur de loyal amant.

EIRE: sujet.
E s' anc fuy gays Entendeire ni drutz. (1).

Rambaud de Vaqueiras: D' amor no m lau.

EDOR: Rég.
D' una dona qu' a dos Entendedors. (2)
Rambaud de Vaqueiras: Seigner.

IRE: sujet.

E ill serai hom et amicx e Servire. (3)

Bernard de Ventadour: Ben m' an.

Doncs, belha, membransa

N' aiatz qu' ieu no us sui Mentire. (4)

Gaucelm Faidit: Coras que m.

IDOR Rég.
Bona dompna, plus no us deman

Mais que m prendaz a Servidor. (5)

Bernard de Ventadour: Non es meraveilla.

Car del tornar ai paor

Que me tegna per Mentidor. (6) (N. E. tegna : tenga)

Gaucelm Faidit: d' un dolz bel.
(1) Et si oncques je fus gai poursuivant et galant.
(2) D' une dame qui a deux poursuivants.
(3) El lui serai homme-lige, et ami et serviteur.
(4) Donc, belle, souvenir
En ayez que je vous suis menteur.
(5) Bonne dame, plus ne vous demande
Si non que me preniez à serviteur.
(6) Car du retour j' ai peur
Qu' elle me tienne pour menteur.

Quand j' indique les principales règles qui, dans la langue romane, servent à distinguer les sujets et les régimes, je ne dois pas omettre que cette langue possède plusieurs substantifs qui, par leur double terminaison masculine et féminine, pouvaient être employés tour-à-tour dans le genre qui convenait aux auteurs.

Ces mots sont en grand nombre; le dictionnaire roman les indiquera; je me borne à donner les exemples de FUELH et FUELHA, de JOY et JOYA.

LO FUELHS e 'l flors e 'l frugz madurs. (1)

Pierre d' Auvergne: Lo fuelhs.

Quan la vert FUELHA s' espan

E par flors blanqu' el ramel. (2)

Bernard de Ventadour: Quan la vert.

Tos temps sec JOI ir' e dolors,

E tos temps ira JOIS e bes. (3)

Bernard de Ventadour: Ja mos chantars.

No sai JOYA plus valen. (4)

Geoffroi Rudel: Quan lo.


Le substantif DONS est employé dans le même sens que le substantif DOMNA, mais alors le pronom possessif qui y est joint est MI, TI, SI:

Sujet:

E MI DONS ri m tan doussamens. (5)

Rambaud d' Orange: Ab nov joi. (nov : nou; bov : bou; etc.)

Régime.

Amicx, quan se vol partir

De SI DONS, fai gran enfansa. (6)

Gaucelm Faidit: Sitot ai.

Pois a MI DONS no pot valer

Dieus ni merces ni' l dreich qu’ ieu ai. (7)

Bernard de Ventadour: Quan vei la laudeta.


(1) La feuille et la fleur et le fruit mûr.
(2) Quand la verte feuille s' épaud.
(3) En tous temps suivent joye la tristesse et la douleur,

Et en tous temps tristesse la joye et le bien.
(4) Je ne sais joye plus précieuse.
(5) Et ma dame rit à moi si doucement.
(6) Un ami, quand il veut se séparer
De sa dame, fait grand enfantillage.
(7) Puisqu'à ma dame ne peut valoir
Dieu ni merci ni le droit que j' ai.


Enfin la langue romane employa quelquefois un signe particulier pour précéder et faire reconnaître les noms propres des personnes qualifiées.

EN désigna les noms propres masculins.

NA désigna les noms propres féminins. (1)

Trobey la molher d' EN Guari

E d' EN Bernart. (2)

Comte de Poitiers: En Alvernhe.

E fa tota la linhada

Que pres d' EN Adam naissensa. (3)

Gavaudan le Vieux: Un vers.

NA Beatrix, Dieus qu' es ples de merce

Vos accompanh' ab sa mair' et ab se. (4)

Aimeri de Peguillan: De tot en tot.

NA subissait quelquefois l' élision devant les noms qui commençaient par des voyelles:

So dis N' Agnes, e N' Ermessen:

Trobat avem qu' anam queren. (5)

Comte de Poitiers: En Alvernhe.


(1) On conçoit que NA a pu venir de domna, par la suppression de DOM, mais il est plus difficile d' expliquer d' où dérive EN (Mossen : Mon seigneur etc). M. de Marca a proposé ses conjectures à ce sujet dans le Marca Hispanica, liv. 3, c. 9.
(2) Je trouvai la femme de Guarin
Et de Bernard.
(3) Et fait toute la lignée
Qui prit d' Adam naissance.
(4) Dame Béatrix, Dieu qui est plein de merci
Vous place avec sa mère et avec soi.
(5) Ce dit dame Agnès, et dame Ermessen:
Trouvé avons ce que nous allons cherchant.

EN et NA furent placés même devant les sobriquets ou les noms fictifs qui étaient donnés à ces personnes qualifiées.

Ainsi Bertrand de Born, qui donne au roi Richard le sobriquet d' OC E NO, OUI ET NON, dit de lui:

EN OC E NO vol guerra mais

Que no fai negus dels Alguais. (1)

Bertrand de Born: Al dous nov.

(N. E. El 14 de junio de 1461 - 
los diputats del General e consell representants lo Principat de Cathalunya. - resposta de hoc o de no)

resposta de hoc o de no, 1461, 14 de juny, los diputats del General,  lo Principat de Cathalunya


Bernard de Ventadour, donnant à la dame qu' il chantait le nom de FIN' AMORS, PUR AMOUR, s' exprime ainsi:
NA FIN' AMORS, fons de bontatz,

Merce ti clam, lai no m' acus. (2)

Bernard de Ventadour: Pus mos coratges.

Et Arnaud de Marueil appelant sa dame SES MERCE, SANS MERCI:

NA SES MERCE, trop s' afortis

Vostre durs cors encontra mey. (3)

Arnaud de Marueil: Cui que fin' amors.


(1) Seigneur oui et non veut la guerre plus
Que ne fait aucun des Alguais.
(*: noms de fameux brigands qui étaient quatre frères.)
(2) Dame pur amour, fontaine de bontés,
Merci je te demande, las! ne m' accuse.

(3) Dame sans merci, trop se renforce
Votre dur coeur contre moi.

Verbes employés substantivement.


A l' exemple de la langue grecque et de la langue latine, les présents des infinitifs furent souvent employés substantivement.

Comme sujets, ils prirent ordinairement l' S final, mais ils ne le prirent pas toujours.

Comme régimes, ils rejetèrent l' S final.

Les régimes indirects furent précédés des prépositions qui les désignent.

Quelquefois l' article fut joint à ces verbes, soit sujets, soit régimes; quelquefois ils furent employés sans articles, ainsi qu'on le pratiquait à l' égard des substantifs mêmes. Voici des exemples de l' infinitif des verbes romans employés substantivement.

Sujets sans articles.
CHANTARS me torna ad afan,

Quan mi soven d' En Barral. (1)

Folquet de Marseille: Chantars.

El dieus d' amor m' a nafrat de tal lansa

Que no m ten pro SOJORNARS ni JAZERS. (2)

Folquet de Marseille: Chantan.

Que VIURES m' es marrimens et esglais,

Pus morta es ma dona n' Azalais. (3)

Pons de Capdueil: De totz caitius.


Sujets avec articles.

Pus LO PARTIRS m' es aitan grieus

Del seignoratge de Peytieus. (4)

Comte de Poitiers: Pus de chantar.

(1) Chanter me tourne à chagrin,
Quand il me souvient de Barral.
(2) Le dieu d' amour m' a blessé de telle lance
Que ne me tient profit le reposer ni le coucher.
(3) Que vivre m' est chagrin et effroi,
Depuis que morte est ma dame Azalais.
(4) Puisque le séparer m' est si pénible
De la seigneurie de Poitou.


Sujets avec article.

Val lo bon cor e 'L GEN PARLARS

E' l merces e l' HUMILIARS
Mais que riquezas ni poders. (1)

Arnaud de Marueil: Si que vos.

Granz affars es LO CONQUERERS,

Mais LO GARDAR es maestria. (2)

Gaucelm Faidit: Chascun deu.

Lanquan la vei, me te 'L VEZERS jauzen. (3)

Pons de Capdueil: Aissi m' es pres.

Sujets au pluriel.

Ben sai qu' a sels seria fer

Que m blasmon quar tan soven chan,

Si lur costavon MEI CHANTAR. (4)

Rambaud d' Orange: Ben sai.

Soffrissetz qu' a vostr' onransa

Fosson mais TUICH MEI CHANTAR. (5)

Gaucelm Faidit: Al semblan.


Rég. Direct.

En mon cor ai UN NOVELET CANTAR

PLANET e LEU e qu' el fai bon auzir

A totz aisselhs qu' en joy volon estar. (6)

Arnaud de Marueil: En mon cor.


(1) Vaut le bon coeur et le gentil parler
Et la merci et le condescendre
Plus que richesse ni pouvoir.
(2) Grande affaire est le conquérir,
Mais le garder est science.
(3) Quand je la vois, me tient le voir jouissant.
(4) Bien je sais qu' à ceux serait dur
Qui me blâment parce que si souvent je chante,
Si leur coûtaient mes chanters.
(5) Souffrissiez qu' à votre honneur
Fussent désormais tous mes chanters.
(6) En mon coeur j' ai un nouveau chanter
Simple et léger et qu' il fait bon ouir
A tous ceux qui en joie veulent être.

Rég. ind. sans article.

AB CELAR et AB SOFFRIR

Li serai hom e servire. (1)

P. Raimond de Toulouse: Altressi.

E tal es EN GRAN POIAR (N. E. chap. pujá, puchá; pujar)

Cui la rod' EN BREU VIRAR

Fai SON POIAR e DESCENDRE. (2)

Giraud de Borneil: Honratz es hom.

Rég. Ind. avec article.

Messatgier, vai, e no m' en prezes meinhs,

S' ieu DE L' ANAR vas mi dons sui temens. (3)

Bernard de Ventadour: Quant erba.

Ma dompna m fo, AL COMENSAR,

Francha e de bella conpaigna. (4)

Bernard de Ventadour: Estat ai.


Aux verbes employés substantivement s' attachent, comme aux véritables substantifs, les pronoms possessifs, démonstratifs, etc., et tous les différents adjectifs; en un mot, ces verbes remplissent entièrement les fonctions des substantifs ordinaires.

La langue romane emploie aussi substantivement les adjectifs, quand elle s' en sert d' une manière impersonnelle; j' en donnerai des exemples dans le chapitre suivant.

(1) Avec celer et avec souffrir
Je lui serai homme-lige et serviteur.
(2) Et tel est en grand monter
A qui la roue en brief tourner
Fait son monter et descendre.
(3) Messager, va, et ne m' en prise moins,
Si moi de l' aller vers ma dame suis craintif.
(4) Ma dame me fut, au commencer,
Franche et de belle société.


Adjectifs

viernes, 6 de octubre de 2023

Folquet de Marseille. Fulco. Foulques. Marselha.

Folquet de Marseille.


I.

Tan m' abellis l' amoros pessamens
Que s' es vengutz en mon fin cor assire;
Per que no i pot nuls autres pens caber,
Ni mais negus no m' es dous ni plazens;
Qu' adoncs sui sas quan m' aucizo 'l cossire:
E fin' amors m' aleuza mon martire
Que m promet joy, mas trop lo m dona len,
Qu' ab bel semblan m' a tengut longamen.


Be sai que tot quan fas es dretz niens;
E qu' en puesc mais, s' amors mi vol aucire!
Qu' a escien m' a donat tal voler,
Que ja non er vencutz, ni el no vens:
Vencutz si sui, qu' aucir m' an li sospire
Tot suavet, quar de liey cui dezire
Non ai secors, ni d' aillors no l' aten,
Ni d' autr' amor non puesc aver talen.

Bona domna, si us platz, siatz sufrens
Dels bes qu' ie us vuel, qu' ieu sui dels mals sufrire;
E pueis li mal no m poiran dan tener,
Ans m' er semblan qu' els partam egalmens:
Pero si us platz qu' en autra part me vire,
Partetz de vos la beutat e 'l dous rire,
E 'l gai solas que m' afolleis mos sen,
Pueis partir m' ai de vos, mon escien.

A totz jorns m' etz plus bel' e plus plazens,
Per qu' ieu vuel mal als huelhs ab que us remire,
Quar a mon pro no us pogron anc vezer,
Mas a mon dan vos vezon subtilmens:
Mas dans non es, so sai, quar no m n' azire,
Ans me sap bon, pros domna, quan m' albire,
Si m' aucisetz, que no us estara gen,
Quar lo mieus dans vostres er eissamen.

Per so, domna, no us am saviamens,
Qu' a vos sui fis et a mos ops trayre,
Qu' ie us cug prendre e mi no puesc aver,
Ie us cug nozer et a mi sui nozens:
Per so no us aus mon cor mostrar ni dire,
Mas a l' esgart podetz mon cor devire;
Ar lo us cug dir et aras m' en repren,
E port n' als huelhs vergonha et ardimen.

Dona, 'l fin cor qu' ie us ai no us puesc tot dire,

Mas per merce so qu' ieu lais per non sen

Restauratz vos ab bon entendemen.

Trop vos am mais, dona, qu' ieu no sai dire,
E s' ieu anc jorn aic d' autr' amor desire,
No m' en penet, ans vos am per un cen;
Quar ai proat autrui captenemen.

Vas Nems t' en vai, chansos, qui que s n' azire,
Que gaug n' auran, segon lo mieu albire,
Las tres domnas a cui ieu te prezen,
Car elhas tres valon mais d' autras cen.

II.

Ab pauc ieu d' amar no m recre
Per enueg dels lauzenjadors,
Mas forsa d' amor mi rete
Que no m laissa virar alhors,
Quar dels benanans sui la flors;
Qu' aissi m te
Amors pres el fre,
Que d' autra cauza no m sove
Mas de lieys servir a jornal,
Qu' aissi m pes qu' o fasso 'l leial.

E doncx, s' ieu fas so que s cove,
Be m' en deu eschazer honors,
Quar s' ieu puesc amar Mielhs de Be,
Per dreg m' en eschai la lauzors:
E sap be mi dons et amors
Qu' ieu de re
Vas leis no m mal me;
Mas quar li clam humils merce
Que m des so que m' es plus coral;
Pot esser qu' ilh so tenga a mal!

Doncx ben sui folhs, quar no m recre
D' amar lieys, que be m par folhors,
Pus autre bes no m n' esdeve;
Ans vey qu' ades creys ma dolors
Qu' en mi tot sol a fag son cors:
Per ma fe,
Vos dic, mielhs m' ave
Que per lieys ieu suefra jasse
Mon dan, sitot a lieys non cal,
Qu' autra m des s' amor per cabal.

E quant elha m parla ni m ve,
Mi sal al cor la resplandors
Dels sieus huelhs, e del dous ale
M' en ve mesclamens la doussors
Si qu' en la boca m nais sabors;
Per qu' ieu cre
E conosc qu' el be
Qu' ieu dic de lieys no nais de me,
Ans nais de s' amor natural
Que dins mon cor a pres ostal.


E pus aquest jois mi mante,
Si m volgues far tan de socors
Que m denhes retener ab se,
Guardatz s' ieu fora dels aussors!
Que sos ricx pretz e sa valors,
Mi reve
Tan gen e m soste;
E sol qu' ilh agues lo mille
De la dolor fer' e mortal,
Ben agram partit per egual.

Pero s' il clamarai merce
Del dan qu' ilh me fai e del mal,
Pus nulh' autr' amors no mi val.

III.

Sitot me soi a tart aperceubutz,
Aissi com sel qu' a tot perdut, e jura
Que mais no joc, a gran bon' aventura
M' en dei tener, car me soi conogutz
Del grant enjan qu' amors vas mi fazia;
Qu' ab bel semblan m' a tengut en fadia,
Plus de detz ans, a lei de mal deutor
Qu' ades promet, mas re non pagaria.

Ab bel semblan que fals' amors adutz
S' atrai ves leis fols amans e s' atura,
Col parpaillos qu' a tan folla natura
Que s fer el foc per la clardat que lutz:
Per qu' ieu m' en part, e segrai autra via;
Soi mal pagatz qu' estiers no m' en partria,
E segrai l' aip de tot bon sofridor
Que s' irais fort si com fort s' umilia.

Pero no s cuch, si be m soi irascutz,
Ni fas de leis en chantan ma rancura,
Ja 'l diga ren que sia outra mezura;
Mas sapchatz ben qu' a sos ops soi perdutz,
Qu' anc sobre fre no m volc menar un dia,
Ans mi fetz far mon poder tota via:
Mas anc sempre cavals de gran valor
Qui beorda, trop soven cuelh feunia.

Fols for' ieu ben, mas m' en soi retengutz;
Quar q' ab plus fort de si se desmezura
Fai gran foldat, e n' es en aventura
Neis de son par, car pot esser vencutz;
De plus frevol de si, es vilania;
Per c' anc no m plac, ni m plai sobransaria:
Pero en sen deu hom gardar honor,
Car sen aunit no pretz mais que folia.

Pero, amors, me soi eu abstengutz
De vos servir, que mais non aurai cura;
C' aissi com mais prez hom laida peintura
Quant es de luenh que quant es pres vengutz,
Prezava ieu vos mais quan no us conoisia:
E s' anc n' aic pauc, mais n' ai qu' er no volria;
C' aissi m n' es pres com al fol queredor
Que dis qu' aurs fos tot quant el tocaria.

Bels Azimans, s' amors vos destrenhia,
Vos en tos temps, ie us en cosselharia,
Sol que us membres quant ieu n' ai de dolor,

Ni quant de ben jamais no us en calria.

Mon Plus Leial, s' ab los oillz vos vezia,
Aissi com fatz ab lo cor tota via,
So qu' ieu ai dig poiria aver valor;
Qu' ie us quier conseill, e conseill vos daria.

IV.

Ja no volgra qu' hom auzis
Los doutz chans dels auzellos
Mas cill qui son amoros;
Que res tan no m' esbaudis
Co il auzelet per la planha,
E ilh belha cui soi aclis;
Cella m platz mais que chansos,
Volta, ni lais de Bretanha.

Be m' agrada e m' abellis,
Mais no soi aventuros;
Qu' ades es hom cobeitos
D' aisso qu' es plus grieu conquis:
Doncx, que m val ni que m gazainha
S' ieu l' am, et ilh no m grazis!
Amarai doncx en perdos?
Oc ieu, anceis que remanha.

Be m' estera s' ades vis
Lo sieu bel cors gai joios;
E quan no vei sas faissos,
Si be m soi en mon pais,
Cug esser loing en
Espanha
Preon entre Sarazis:
Sol lo vezer m' en es bos,
Q' als non aus dir que re m taigna.

Ferms soi eu be, quar soi fis;
Que s' ieu fos fals ni ginhos,
Ieu n' agra pro companhos;
Mais sa beutatz, e 'l dolz ris
Mi tolon de lor bargainha:
Car ilh val tan co us plevis,
Que si sol merces i fos
Ren als non es qui m soffrainha.

Ben volgra que Lemozis
Fos plus prop de Mauretainha,
Per so que plus sove vis
Lo senhor qu' es larcx e pros,
E tan de bona compainha.


V.

S' al cor plagues ben for' hueimais sazos
De far canson, per joia mantener;
Mas tan mi fai m' aventura doler,
Quan be m cossir los bes e 'ls mals qu' ieu ai,
Que tug dizon que ricx sui e be m vai;
Mas sel qu' o ditz non sap ges ben lo ver:
Benanansa non pot negus aver
De nulha re, mas d' aquo qu' al cor plai;
Per que n' a mais us paubres s' es joyos,
Q' us ricx ses joy, qu' es tot l' an cossiros.

E s' ieu anc jorn fui gays ni amoros,
Er non ai joy d' amor ni non l' esper,
Ni autres bes no m pot al cor plazer,
Ans mi semblon tug autre joy esmai:
Pero d' amor lo ver vos en dirai;
No m lais del tot, ni no m' en puesc mover,
Ni sus no vau, ni no puesc remaner;
Aissi cum sel qu' en mieg de l' albr' estai,
Qu' es tan poiatz que non pot tornar
jos,
Ni
sus no vai, tan li par temeros.

Pero no m lais, sitot s' es perillos,
Que sus non pueg ades a mon poder;
E deuria m, domna, fis cors valer,
Que be sabetz que ja no m recreirai,
Qu' ab ardiment apoderisc l' esglai:
E non tem mal que m' en puesca eschazer;
Per que us er gen si m denhatz retener,
E 'l gazardos er aitals com s' eschai;
Que neys lo dos n' es faitz bos gazardos
A sel que sap d' avinen far sos dos.

Si anc merces ac nulh poder en vos,
Traga s' enan, si ja m vol pro tener;
Qu' ieu no m' en fi en precs ni en saber
Ni en chansos, mas ben conosc e sai
Que merces vol so que razos dechai:
Per qu' ieu vos cug ab merce conquerer,
Que m' es escutz contra 'l sobre valer
Qu' eu sai en vos, e m fai metre en assai
De vostr' amor so que m veda razos,
E m fai cuiar aisso qu' auninent fos.

Ara conosc qu' eu sui trop oblidos,
Quar al comensamen me desesper
De mas chansos, pos vuelh merce querer;
Farai o doncs aissi col joglar fai,
Qu' aissi com mov mon chant lo fenirai.
Desesperar m' ai pus non puesc saber
Razo per que 'l deia de me chaler;
Mas tot lo mens aitant en retendrai,
Qu' ins en mon cor l' amarai a rescos,
E dirai ben de lieys en mas chansos.

Mentir cugei, mas estra grat dic ver,
Quar m' estava trop miels qu' ara no fai;
E cugei far creire so que no fos
Mas mal mon grat s' auera ma chansos.

Si N' Azimans sabia so qu' ieu sai,
Dir poiria q' una pauca ochaizos
Notz en amor plus que no i val razos.

VI.

En chantan m' aven a membrar

So qu' ieu cug chantan oblidar;

E per so chant qu' oblides la dolor

E 'l mal d' amor;
Mas on plus chan plus m' en sove;

Qu' a la boca nulha res no m' ave

Mas de merce:
Per qu' es vertatz, e sembla be
Qu' ins el cor port, domna, vostra faisso
Que m chastia qu' ieu no vir ma razo.

E pois amors mi vol honrar
Tan qu' el cor vos mi fai portar,
Per merce us prec qu' el gardetz de l' ardor;

Qu' ieu ai paor
De vos mout maior que de me:
E pos mos cors, domna, vos a dinz se,
Si mals l' en ve,
Pos dinz etz, sufrir lo us cove;

Empero faitz del cors so que us er bo,

E 'l cor gardatz si cum vostra maizo.

Qu' el guarda vos e us ten tan car

Qu' el cors en fai nesci semblar,

Quar el y met l' engienh e la valor,

Si qu' en error
Laissa 'l cor pel sen qu' el rete:
Qu' om mi parla manhtas vetz s' esdeve
Qu' ieu no sai que,
E m saluda qu' ieu non aug re;
E ja per so nuls hom no m' occaizo,
Si m saluda, et ieu mot non li so.

Mas ja lo cors no s deu clamar
Del cor per ren que 'l puesca far;
Que tornat m' a al plus honrat senhor,
E tout d' aillor
On trobava enjan e non fe:
Que dregz torna vas son senhor ancse;
Mas ieu non cre
Que m denh, si merces no m mante,

Que 'lh intr' el cor, tant qu' en luec d' un ric do

Denh' escotar ma veraia chanso.

Quar si la denhatz escotar,
Dona, merce deurai trobar;
Pero obs m' es qu' oblidetz la ricor
E la lauzor
Qu' ieu n' ai dig e dirai jasse:
Pero ben sai mon lausars pro no m te;
Cum que m mal me,
La dolors mi creis e m reve;
E 'l fuecx qui 'l mov, sai que creis a bando,

E qui no 'l toc muor en pauc de sazo.
Murir puesc be,
N' Azimans, qu' ieu no m planc de re,

Neis si m doblava 'l mals d' aital faisso,

Com dobla 'l poins del taulier per razo.

VII.

Ai! quant gent vens et ab quant pauc d' afan
Aissel que s laissa venser ab merce!
Quar en aissi vens hom autrui e se,
Et a vencut doas vetz senes dan;
Mas vos, amors, non o faitz ges aissi,
Q' anc jorn vas vos merces no m poc valer;
Ans m' avetz tan mostrat vostre poder
Qu' era no us ai, ni vos non avetz mi.

Per so m par fol qui non sap retener
So qu' a conquis, qu' ieu prez ben atrestan
Qui so rete que a conquist enan
Per son esfors, com fatz lo conquerer:
Qu' aissi m pogratz tener col fols rete
L' esparvier fer, quan tem que se desli,
E l' estrenh tant el poing tro que l' auci;
Mas pus estortz vos sui, viure puesc be.

Tot so que val pot nozer atressi;
Doncs, s' ie us tenc pro, be us poirai dan tener:
Et er merces s' ab eis vostre saber
Que m' avetz dat, don anc jorn non jauzi,
Vos sai nozer ni dir mal en chantan;
Mas non er fach, que chauzimens m' en te:
Mais vuelh sufrir mon dan en patz jasse
Qu' els vostres tortz adrechurers claman.

On trobaretz mais tan de bona fe,
Q' anc negus hom se mezeis non tray
Son escien, si cum ieu que us servi
Tan longamen, qu' anc non jauzi de re.
S' ar quier merce, so us faria parer;
Quar qui trop vai servizi repropchan,
Semblansa fai qu' el guazardon deman;
Mas ja de me no us cugetz qu' el n' esper.

Mas qui 'l bon rey Richart, de cui ieu chan,
Blasmet per so quar non passet desse,
Ar l' en defen, si que quascus o ve
Qu' areire s trais per miels salhir enan:
Qu' el era coms ar es ricx reys ses fi,
Quar bon secors fai dieus al bon voler;
E parec ben al crozar qu' ieu dic ver,
Et ar vei hom per qu' adonc no menti.
Ja N' Azimans, tos temps non an cuian
Qu' ieu vas amor aia virat mon fre;
Mas hom pot ben creire aisso que ve,
Et er saubut hueimais d' aissi enan.

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https://es.wikipedia.org/wiki/Fulco_de_Marsella

Folquet de Marseille. Fulco.

Fulco de Marsella, Fulco de Tolosa, Folquet de Marsella o Foulques (Marsella, ca. 1155 - 25 de diciembre de 1231) fue un obispo católico, trovador y poeta francés.

Su familia provenía de Génova. Inicialmente se dedicó al comercio y luego fue trovador de gran fama. Sus obras poéticas de amor promovían también las cruzadas realizadas a Oriente y contienen consejos morales.

En 1195 se hizo monje cisterciense en la abadía de Thoronet. En 1201 fue nombrado abad de ese mismo monasterio. Fue ordenado obispo de Toulouse cuatro años después. Desde esa responsabilidad, Fulco tuvo ocasión de conocer a Domingo de Guzmán al serle encargada la misión de predicar en la ciudad como fundador de la nueva congregación fundada inicialmente como respuesta al surgimiento y expansión del catarismo en la región.

Participó en el IV concilio de Letrán viajando a Roma acompañado por Domingo donde apoyó el reconocimiento de la Orden de Predicadores. La respuesta de Inocencio III es que el grupo de predicadores que combatía la herejía en Tolosa se diera una regla y un consuetudinario y que solo entonces podrían obtener la confirmación papal. Sí le fue recriminado sin embargo, por el conde de Foix, su pasado como trovador y sus poemas encuadrados dentro de las composiciones de amor de la época, con trasfondo doctrinal a menudo de lo que entonces se calificaba como herejía cátara.

Se hizo cargo de la formación de la llamada militia Christi o “compañía blanca” de la cité de Toulouse (parte antigua o vieja de la ciudad), en 1209, en el transcurso de la cruzada albigense; combatientes ligados a él por juramento con el objetivo de perseguir a sospechosos de herejía y usureros. En una ciudad donde eran frecuentes las batallas de clases entre sus habitantes, Fulco se convierte en “jefe” del partido que defiende las más pobres, artesanos principalmente frente a mercaderes enriquecidos.​ Poco más tarde le fueron otorgadas, a él y su hijo, las tierras conquistadas de Verfeil, en reconocimiento, por parte del jefe militar de la cruzada, Simón de Montfort.

A finales de 1215, desde su posición de obispo, fijó una serie de objetivos para la orden dominicana:

Extirpar la corrupción de la herejía, desterrar los vicios, enseñar las reglas de la Fe, inculcar a los hombres costumbres sanas...

En 1221 viajó de nuevo a Roma, acompañado por monjes cistercienses de la abadía de Grandselve, obteniendo el reconocimiento oficial de la fundación de la Orden iniciada en Prouilhe, Fanjeaux, de Domingo de Caleruega.​ En 1229 fundó la Universidad de Toulouse.

Es mencionado por Dante como el único trovador que se encuentra en el canto IX del Paraíso. (Folco)



  • Cahiers de Fanjeaux (2000), Collection d'Historie religieuse du Languedoc au Moyen Âge: Cathares en Languedoc (Cahier 3). Édic. Privat et Centre d'études historiques de Fanjeaux. ISBN 2-7089-3439-2
  • Enciclopedia cattolica (versión italiana), Ed. Sansoni, Florencia 1951
  • Labal, Paul (1988) Los Cátaros. Herejía y crisis social, Barcelona: Editorial crítica. ISBN 84-7423-234-1
  • Schulman, Nicole (2001) Where Troubadours Were Bishops: The Occitania of Folc of Marseille (1150-1231), Nueva York: Routledge. ISBN 978-0-415-93665-1
  • Varios (sous présidence de Michel Roquebert ) (2004) La Croisade Albigeoise Centre d'Études Cathares. ISBN 2-9521024-0-6