miércoles, 1 de abril de 2026

Randa - Arrapar

Randa, s. f., fermeté, résolution, hardiesse, violence.

Randa, s. f., fermeté, résolution, hardiesse, violence


Er auiatz la randa
Col pres de la bela N' Alvira.
R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.
Maintenant écoutez la hardiesse comme il la prit de la belle dame Alvire. 
Adv. comp. 
Aissi viu a randa,
A liurazon, a comte et a guaranda.
Bertrand de Born: D'un sirventes.
Ainsi il vit entièrement à ration, à crédit et à promesse.
Faitz es lo vers tot a randa.
B. de Ventadour: Lanquan vei.
Le vers est fait tout d'emblée.
Ilh m'a presentat a randa
Tot so qu' anava queren.
Matfre Ermengaud: Dregz de natura.
Elle m'a présenté aussitôt tout ce que j'allais cherchant.
Tan que s'an colcar a rranda 
De si dons.
T. de Folquet et de Giraud: Guirautz.
Tant qu'il s'aille coucher côte à côte de sa dame.
IT. Quivi fermammo i piedi a randa a randa. Dante, Inf., XIV.
CAT. Arranc. ESP. Arranque. (chap. Arranc, arrancs; arrancada, arrancades;  ressolusió, valentía, violensia.)
2. Randon, s. m., impétuosité, effort, traite, élan.
A batalha rengada vengron d' aital randon.
Guillaume de Tudela.
En bataille rangée ils vinrent de telle impétuosité.
Cant ac nadat un gran randon. V. de S. Honorat.
Quand il eut nagé une grande traite.
Adv. comp. Quan retornetz e 'ls feris a rando,
Pueis vos dopteron mais que grua falco.
Rambaud de Vaqueiras: Senher marques.
Quand vous vous retournâtes et les frappâtes tout à coup, puis ils vous redoutèrent plus que la grue le faucon.
Las regnas romp a un randon,
E vai derocar lo guarzon.
V. de S. Honorat.
Les rênes il rompt tout d'un coup, et va renverser le garçon.
Pueis gitatz la aut de rando. Deudes de Prades, Auz. cass.
Puis jetez la haut impétueusement.
Denfra son oratori s'en intret de randon.
V. de S. Honorat.
Dedans son oratoire il s'en entra subitement.
Grans IIII leguas duro en un rando.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 24.
Quatre grandes lieues ils durent d'une seule traite.
ANC. FR. D'un randon en tua plus de XL et VI.
Poëme d'Hugues Capet, fol. 22.
Le Franceiz point de grant randon. Roman de Rou, v. 9194.
Le sanc li saut à grant randon. Roman du Renart, t. 1, p. 239.
L'ESP. ne possède que l'adv. comp. de randon (randón). 
L'IT. fait aussi usage de cet adv. comp., et dit di randone.
3. Randonar, v., randonner, courir, s'empresser, aller avec impétuosité,
prendre un grand élan.
Drutz que s randona 
Ni es trop cochatz.
Giraud de Borneil: La flors.
Galant qui s'empresse et est trop hâté.
Part. pas. Fatz coma esparviers
Que s laissa quant a randonnat.
Bertrand de Born: Fuilhetas.
Tu fais comme l'épervier qui se désiste quand il a pris un grand élan.
S' el es randonat solamen,
E recueill sa presa soven.
Deudes de Prades, Auz. cass. 
S'il est randonné seulement, et recueille sa proie souvent.
ANC. FR. Tant com cheval lor porent randoner.
Roman de Gérard de Vienne, v. 689.
Si vout esperonant
As portes de Roen là vindrent randonant.
Roman de Rou, v. 3975.
Et Renart s' en vet randonant
Parmi les prez à grant esploit.
Roman du Renart, t. III, p. 193.
4. Randonada, s. f., randonnée, impétuosité, rapidité, vitesse.
Adv. comp.
Ar intreron payas una gran randonada. 
A la cambra el venc de tan gran randonada.
Roman de Fierabras, v. 4418 et 2785.
Alors entrèrent les païens (avec) une grande impétuosité.
Il vint à la chambre de si grande impétuosité.
ANC. FF. Diex! com cil qui le porte vient de grant randonnée.
Roman de Fierabras en vers français.

Randar, v., arranger, disposer, ajuster, préparer, border.
Quan caval non trai del pas
Ni calsas de fer non randa.
Bertrand de Born: Gent fai.
Quand il ne tire pas cheval du pas et n'arrange pas chausses de fer.
En ESP. randa signifie filet, et randado; orné de filet. Le verbe n'est pas 
2. Arandar, v., ajuster, disposer, préparer, arranger, border.
Agulh' e sed' e fil
Com se pusc' arandar.
Amanieu des Escas: En aquel mes.
Aiguille et soie et fil comment il se puisse ajuster.

Ranson, s. m., troupe, compagnie, bande, société.
Non es mieus lo senhal ni 'l ranson,
E non puesc luenh osteiar ses aver.
Bertrand de Born: Non estarai.
N'est mien l'étendard ni la troupe, et je ne puis guerroyer loin sans avoir.
CAT. Ranxo. ESP. Rancho. (chap. Lo rancho es lo minjá, per ejemple, de una compañía, tropa, banda, sossiedat. Juaquín Monclús está sempre preparat per al rancho.)

Joaquim Montclús, Joaquín Monclús, gordo, seboso, gort, gras, craso

Ranula, s. f., lat. ranula, ranule, sorte de tumeur qui vient sous la langue.
Extraccio de ranula de jos la lengua. Trad. d'Albucasis, fol. 22.
Extraction de ranule dessous la langue.
ESP. PORT. Ranula. (chap. Ranula, ranules : tumor, tumors, gaburro, gaburros que se fan daball de la llengua.)

Rap, s. m., lat. raptus, rapt, enlèvement, butin.
Fan raubador traina e rap.
En fai rap o tragina. 
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 72 et 7.
Les voleurs font pillage et rapt.
Il en fait rapt et pillage.
CAT. ESP. PORT. Rapto. IT. Ratto. (chap. Rapte, raptes.) 
2. Rapina, s. f., lat. rapina, rapine, ravage.
Si cum es de furt e de rapina. Trad. du Code de Justinien, fol. 4.
Ainsi comme est de vol et de rapine.
Auzels de rapina. Eluc. de las propr., fol. 51.
(chap. Muixons de rapiña, cassadós, com los del llibre de Deudes de Prades.)

Libre de caça. Libre de animals de casar; esparver, esparvé, esparbé, Sperber

Fig. Selh amor viu de rapina. Marcabrus: Dirai vos.
Cet amour vit de rapine.
Loc. Ela sap trop de rapina.
T. de Bernard et de Gaucelm: Gausselm.
Elle sait trop de rapine.
CAT. ESP. (rapiña) PORT. IT. Rapina. (chap. rapiña, rapiñes; v. rapiñá : rapiño, rapiñes, rapiñe, rapiñem o rapiñam, rapiñéu o rapiñáu, rapiñen; rapiñat, rapiñats, rapiñada, rapiñades; rapiñaré; rapiñaría; si yo rapiñara.)
3. Rapatz, adj., lat. rapax, rapace, avide.
Ribautz rapatz que fan vilmens
Totz faitz, cant an loc e sazos.
Nat de Mons: Al bon rey.
Ribauds rapaces qui font vilainement toutes actions, quand ils ont lieu et saisons.
Lop... bestia es mot rapacia. Eluc. de las propr., fol. 254.
(chap. Lo llop es una bestia mol rapás : cassadora.)
Le loup... est bête moult rapace.
ESP. Rapaz. IT. Rapace. (chap. Rapás, rapassos.)
4. Raptor, s. m., lat. raptor, ravisseur.
Dona al raptor espaci de fugir. Eluc. de las propr., fol. 260.
Donne au ravisseur espace de fuir.
CAT. ESP. PORT. Raptor. IT. Rattore, rapitore. (chap. Raptor, raptors; raptó, raptós, raptora, raptores.)
5. Rapayre, s. m., ravisseur.
Esparvie dit autrament... accipiter en lati, que vol dire rapayre.
Eluc. de las propr., fol. 141. 
Épervier dit autrement... accipiter en latin, qui veut dire ravisseur.
6. Rapacitat, s. f., lat. rapacitatem, rapacité.
Vostra cautela sia major que la vostra rapacitat. Trad. d'Albucasis, fol. 12.
Que votre finesse soit plus grande que la votre rapacité.
CAT. Rapacitat. ESP. Rapacidad. PORT. Rapacidade. IT. Rapacità, rapacitate, rapacitade. (chap. Rapassidat, rapassidats.)
7. Rapar, v., lat. rapere, ravir, prendre, saisir, enlever.
Aygla ha... unglas mot agudas per sa preza forment rapar.
Eluc. de las propr., fol. 141.
L'aigle a... ongles moult aigus pour sa proie fortement saisir.
Qu' el diables no m rape. Leys d'amors, fol. 142.
Que le diable ne m'enlève pas.
Fig. Que naturals vicis no t rape. Leys d'amors, fol. 27.
Que naturel vice ne te saisisse pas.
Substantiv. Per lo rapar que fan. Leys d'amors, fol. 128.
Pour le ravir qu'ils font.
Part. prés. subst. Coloms... quan vezo los rapans en l'ayre, si apauzo en terra.
(chap. Los coloms... cuan veuen los rapassos al aire, se posen anterra.)
Eluc. de las propr., fol. 139.
Les colombes..… quand elles voient les ravissants en l'air, se posent à terre.
Part. pas. Per ela so rapadas et devoradas. Eluc. de las propr., fol. 256.
Par elle sont saisies et dévorées.
CAT. ESP. PORT. Rapar. IT. Rapire. (chap. Rapá : atrapá, pessigá, agarrá, pendre o prendre.)
8. Rabina, s. f., ardeur, impétuosité, rapidité.
Mosqueta es tant rabineira,
C' ab so que pren vai la carreira,
E pert se pueis per sa rabina.
Deudes de Prades, Auz. cass.
L'émouchette est si pétulante, qu'avec ce qu'elle prend elle poursuit sa carrière, et se perd après par son ardeur.
ANC. FR. Et li jaians par tel ravine
Le fiert.
Roman de la Violette, p. 229.
Les larmes de son cuer corrent de tel ravine 
Que ses mantiaux en muelle et ses blianz d'ermine.
Un Trouvère Anonyme: Un novel. Ms. 1989, c. 63.
9. Rabinaire, adj., emporté, ardent, impétueux.
Qui fort es rabinaire
No sap ni no s pot estraire
Qu' ans termini non repaus.
Giraud de Borneil: S' es cantars.
Qui fort est emporté ne sait ni ne peut s'empêcher qu'avant terme il ne repose. 
10. Rabinier, adj., impétueux, rapide, emporté, pétulant.
Per bosc deve rabinier,
E per boissos deve ratier.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Dans le bois il devient impétueux, et dans les buissons il devient capricieux. 
L' aiga qu' est rabineira n' a negat. Guillaume de Tudela.
L'eau qui est impétueuse en a noyé.
11. Rabeg, Rabey, Rabeh, s. m., courant, torrent, rapidité.
Lo peysso que se bagna e se noyriss el rabeg de las aygas.
V. et Vert., fol. 66.
Le poisson qui se baigne et se nourrit au courant des eaux. 
Oltra Saina, l' aigua, latz lo rabeh... anetz.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 19.
Au delà l'eau (la rivière) de Seine, à côté du courant... il alla.
Lo sanc de gran rabey ne chay e mieg lo prat.
Roman de Fierabras, v. 1647.
Le sang avec grande rapidité en tombe au milieu du pré.
12. Arrap, s. m., déchirure, égratignure.
Fig. S' ieu de mi dons aic ren d' arrap,
No 'l vuelh tortz ni drey contendre.
Raimond de Miraval: Selh cuy.
Si de ma dame j'eus rien d'égratignure, je ne lui veux tort ni droit débattre.
13. Arrapar, Arapar, Arrabar, Arabar, v., lat. arripere, enlever, arracher, 
saisir, prendre.
Me sove que tot cant es arrapa. Leys d'amors, fol. 20.
Il me souvient que tout ce qui est il arrache.
Si bufaran tan aspramens
Que los arbres arabaran.
Trad. de l'Évangile de Nicodème.
Ils souffleront si rudement que les arbres ils arracheront.
Arabon li las vielhas plumas. Naturas d'alcus ausels.
Lui arrachent les vieilles plumes.
Lau que la lenga l' arap
Que mais fol motz no ill escap.
Rambaud d'Orange: A mos vers.
J'approuve que la langue il lui arrache (afin) que davantage mot extravagant ne lui échappe.
Encaras mens pot venir a bon cap,
Ab vil femna, que tot ben no l' arrap.
Serveri de Girone: A greu pot.
Encore moins peut-il venir à bonne fin, avec femme vile, de manière que tout bien elle ne lui enlève.
Fig. Arrabon del cor... IIII malas razitz de horguelh. V. et Vert., fol. 50.
(chap. Arrenquen del cor... cuatre males arraíls d'orgull.) 
Arrachent du coeur... quatre mauvaises racines d'orgueil.
ANC. FR. Le suppliant arapa ledit Pierre au col et lui donna de la canivete ou coustel qu'il tenoit en sa main.
Lett. de rém. de 1456. Carpentier, t. 1, col. 306.
- Attraper.
Aissi tendon lur trapa
Ab falses trudetz,
Ab que quascus s' arrapa.
Germonde de Montpellier: Greu m' es.
Ils tendent leurs trappes avec de faux piéges, avec quoi chacun s'attrape. 
CAT. ANC. ESP. Arrapar. (ESP. MOD. atrapar) IT. Arrappare.
(chap. Atrapá, pessigá, agarrá, pendre o prendre, capturá a una ratera o trampa com la lloseta y la culla: atrapo, atrapes, atrape, atrapem o atrapam, atrapéu o atrapáu, atrapen; atrapat, atrapats, atrapada, atrapades; atraparé; atraparía; si yo atrapara.)

Rampa, Rampne, Rana, rayna

Rampa, s. f., de l'all. Krampf, crampe, contraction convulsive des nerfs.
Si la gota torn' a rampa,
So es cant te l' arteil levat.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Si la goutte tourne en crampe, c'est quand il tient l'orteil levé.
CAT. ESP. Rampa. PORT. Cambra. (chap. Rampa, rampes : contracsió convulsiva dels ñirvis, nervis.)


Rampne, s. m., lat. rhamnus, nerprun, sorte d'arbuste.
Rampne es aybre mot dur... sos frugz... so rogz.
Eluc. de las propr., fol. 231.
Le nerprun est arbre moult dur... ses fruits... sont rouges.

Rampne es aybre mot dur... sos frugz... so rogz; Rampa


Rana, rayna, s. f., lat. rana, raine, grenouille.
La rana chant' el vivier.
Marcabrus: Al departir.
La grenouille chante dans le vivier.
D' una vert rana faitz vitailla.
Deudes de Prades, Auz. cass.
D'une raine verte faites victuaille.
Rayna... totz temps... es clamoza. Eluc. de las propr., fol. 257.
La raine... toujours... est criarde.
ANC. FR. Et il gist en cel fossé mors
Tot estendu con une raine.
Roman du Renart, t. 1, p. 221.
Encore que le bray d'un asne ou la chanson d'une importune rane ait beaucoup plus doux son. Œuvres de Dubellay, fol. 308.
ESP. Rana. PORT. Rã. IT. Rana. (chap. Rana, ranes; granota, granotes.)
2. Raineta, s. f. dim., petite raine, petite grenouille.
Soi pus gai que raineta en fons.
Guillaume de Berguedan: Amicx.
Je suis plus gai que petite grenouille en fontaine.
(chap. Yo estic mes alegre que una raneta a la fon.)
ESP. Ranilla (ranita). PORT. Raineta. IT. Ranocchia, ranella. 
(chap. Raneta, ranetes; granoteta, granotetes.)
3. Granolha, s. f., grenouille.
Las granolhas que son noiridas en l'aiga.
Liv. de Sydrac, fol. 48.
Les grenouilles qui sont nourries dans l'eau.
Peire d'Alvernhe a tal votz
Que chanta com granolh' en potz.
Pierre d'Auvergne: Chantarai.
Pierre d'Auvergne a telle voix qu'il chante comme grenouille en puits.
CAT. Granota.
4. Renar, v., croasser, râler.
Part. prés. Rayna... toz temps renan es clamoza.
Eluc. de las propr., fol. 257.
La raine... toujours croassant est criarde.
(chap. La rana... tot lo tems croán es cridadora. V. croá: croo, croes, creo, croem o croam, croéu o croáu, croen; croat; croaré; croaría; si yo croara.)

rana, ranes, granota, granotes; raneta, ranetes; granoteta, granotetes



Ranc, s. m., écueil, rocher.
Naus en mar, quant a perdut sa barja,
Et a mals temps e vai urtar al ranc.
Bertrand de Born: Non estarai.
Navire en mer, quand il a perdu sa chaloupe, et qu'il a mauvais temps et va heurter à l'écueil.
Sercan rancx e vals e tertres.
Rambaud d'Orange: Era resplan.
Cherchant rochers et vallons et tertres.
(ESP. Escollo, escollos; chap. Escollo, escollos; roquissal, roquissals del mar.)

Ranc, adj., rancidus, rance, gâté. 
A son cor tort
E magre, sec e vel e cloc e ranc.
Un Troubadour Anonyme, Coblas esparsas.
Il a son corps tors et maigre, sec et vieux et éclopé et rance.
Pel froncida e ransa.
P. Vidal: Car' amiga.
Peau froncée et rance.
CAT. Ranci. ESP. Rancio. PORT. Rançoso. IT. Rancido. 
(chap. Ransi, ransis, ransia, ransies.)
- Contrefait, boiteux.
L' us si pezetz lo bras, l' autre esdevenc rancs.
V. de S. Honorat.
L'un se brisa le bras, l'autre devint contrefait.
Ben es dreg que la part ranca
Bais son orguelh.
Gavaudan le Vieux: A la pus.
Il est bien juste que la partie contrefaite abaisse son orgueil.
Subst. Cant faras gran covit, apella los paures e los freols, los orbs, los rancs.
V. et Vert., fol. 77.
Quand tu feras grand festin, appelle les pauvres et les faibles, les aveugles, les contrefaits.
(chap. Cuan farás gran convit, crida als pobres y als débils, als segos, als rencos : renquejans - contrafets.)
CAT. Ranco, renco. ESP. Renco. IT. Ranco. (chap. Renco, rencos, renca, renques; renqueján, renquejans; contrafet, contrafets, contrafeta, contrafetes; coix o coixo, coixos, coixa, coixes.)
2. Ranqueiar, Ranquejar, v., boiter. 
Volp... totz temps ranqueia, quar las cueyshas drechas ha plus breus que las esquerras.
(chap. La rabosa... tot lo tems (sempre) ranquege, ya que les cuixes dretes té mes curtes que les esquerres.)
Lop e vuolp... totz temps van ranquejan.
(chap. Lo llop y la rabosa... sempre van ranqueján.)
Eluc. de las propr., fol. 262 et 61.
Le renard... en tout temps boite, car les cuisses droites il a plus courtes que les gauches.
Le loup et le renard... en tout temps vont boitant.
CAT. Ranquejar. ESP. Ranquear, renquear. (chap. Ranquejá: ranquejo, ranqueges, Carlos Sancho Meix ranquege, ranquegem o ranquejam, ranquegéu o ranquejáu, ranquegen; ranquejaré; ranquejaría; si yo ranquejara, ranqueján.)

Rancor, s. m., lat. rancor, rancune, ressentiment.
Gitar de son cor rancor et ira e malvolensa. V. et Vert., fol. 44.
Rejeter de son coeur rancune et colère et malveillance.
Non cug ni sai
Que visques ses rancor.
(chap. No penso ni sé que vixquere sense rencor, ressentimén.)
P. Cardinal: Tals cuia.
Je ne pense ni sais qu'il vécût sans ressentiment.
ANC. FR. Un seul, Neptun convoit an fonds du cueur 
Contre Ilion une vieille rancueur.
Ronsard, t. 1. p. 611. 
Qui plus allume en elle une juste rancoeur.
Scévole de Sainte-Marthe, p. 24.
Arrières vaines chimères
De haines et de rancueurs.
Malherbe, liv. II.
CAT. Rancor, rencor. ANC. ESP. Rancor. ESP. MOD. Rencor. PORT. Rancor. 
IT. Rancore. (chap. Rencor, rencors; rencó, rencós; ressentimén, ressentimens.)
2. Rancura, s. f., récrimination, plainte, chagrin, peine, affliction.
Per lo mon fan l' us dels autres rancura.
Guillaume de Montagnagout: Per lo mon.
Par le monde ils font les uns des autres plainte.
Ieu n' ai rancura.
Pierre d'Auvergne: Rossinhol en.
J'en ai peine.
Me trais a una part...
E dis me sa rancura.
Arnaud de Marsan: Qui comte.
Me tire à une part... et me dit son chagrin.
Causa pecuniaria, so es causa en rancura d' onor o d' aver.
Trad. du Code de Justinien, fol. 5.
Cause pécuniaire, c'est-à-dire cause en récrimination de domaine ou d'avoir.
ANC. ESP. Rencura. IT. Rancura. (chap. Rancura, rancures: recriminassió, recriminassions, queixa, queixes, pena, penes, aflicsió, aflicsions.)
3. Rancuros, adj., rancuneux, soucieux.
Senher prior, lo sans es rancuros.
T. de Guillalmet et d'un Prieur: Senher.
Seigneur prieur, le saint est rancuneux.
Senher, autz hom viu sai aunidamen,
Quan pert lo sieu e non es rancuros.
Granet: Comte Karle.
Seigneur, puissant homme vit ici honteusement, quand il perd le sien, et n'est pas soucieux.
ESP. Rencoroso. (chap. Rencorós, rencorosos, rencorosa, rencoroses; ressentit, ressentits, ressentida, ressentides.)
4. Rancurar, v., reprocher, plaindre, se plaindre.
Totz los forfaitz e totas las clamors
Qu'en mi podetz rancurar e retraire.
Arnaud de Marueil: Si m destreignetz.
Tous les forfaits et toutes les clameurs qu'en moi vous pouvez reprocher et rappeler.
Tot rancur 
Sos malvatz faitz.
Bertrand de Born: Pus lo gens.
Tout reproche ses mauvais faits.
Dona, s' ieu m' auzes rancurar
De vos, ploran mi clamera.
Rambaud d'Orange: Dona.
Dame, si j'osais me plaindre de vous, en pleurant je me récrierais.
Si el esta per dos ans que no s'en rancuret.
Trad. du Code de Justinien, fol. 8.
S'il demeure pendant deux ans qu'il ne s'en plaignit.
Que fassatz una canso rancuran d' ela cortesamen. 
V. de Gaucelm Faidit.
Que vous fassiez une chanson vous plaignant d'elle courtoisement.
Subst. No m'en tanh clams ni rancurars.
Raimond de Miraval: Loncs temps ai.
Ne m'en convient cri ni se plaindre.
IT. Rancurare. (chap. Rancurá : reprochá, queixás.)
5. Ranquillar, v., chagriner, affliger.
Qui a maistrill cortesia ab cor leiau,
Que no s ranquill.
(chap. Qui té maestra cortesía en cor leal, que no se queixo.)
Marcabrus: Lo vers comens.
Qui a supérieure courtoisie avec coeur loyal, qu'il ne se chagrine pas.
6. Ranquejar, v., grogner, être fâché, chagriner.
Tant qu'era us fan ranquejar.
Ramon de Miraval: Baiona.
Tant que maintenant ils vous font chagriner.
Amics, per que ranquejatz?
Marcoat: Una ren.
Ami, pourquoi grognez-vous? 
- Ruminer.
O 'l buous ranqueja. Leys d'amors, fol. 3.
Ou le boeuf rumine.
(chap. En este cas: rumiá; O lo bou (buey) rumie.)
7. Arancura, s. f., affliction, peine.
Ab dan et ab arancura.
Cout. de Condom.
Avec dommage et avec affliction.