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miércoles, 26 de agosto de 2026

Vaudes, Baudes (Vaud, Suiza)

Vaudes, Baudes, s. m., vaudois, sorte d'hérétique.
An de plaitz cort establida,
Et es Vaudes qui 'ls ne desvia.
P. Cardinal: Ab votz d' angel.
Ont de plaids cour établie, et est vaudois qui les en détourne.
Ja no fora crezens heretje ni baudes,
Si agues bon pastor que lur contradisses.
Izarn: Diguas me tu.
Jamais croyant ne serait hérétique ni vaudois, s'il avait bon pasteur qui leur contredit.
(ESP. Chap. Valdense, valdenses, del Vaud, Suiza.)

Valdense, valdenses, Pedro Valdo


Poésies des Vaudois.

Si l' on rejetait l' opinion de l' existence d' une langue romane primitive, c' est-à-dire d' un idiôme intermédiaire qui, par la décomposition de la langue des Romains, et l' établissement d' un nouveau système grammatical, a fourni le type commun d' après lequel se sont successivement modifiés les divers idiômes de l' Europe latine, il serait difficile d' expliquer comment, dans les vallées du Piémont, un peuple séparé des autres par ses opinions religieuses, par ses mœurs, et sur-tout par sa pauvreté, a parlé la langue romane à une époque très ancienne et s' en est servi pour conserver et transmettre la tradition de ses dogmes religieux; circonstance qui atteste la haute antiquité de cet idiôme dans le pays que ce peuple habitait.
Le poëme de La nobla leyczon (: Leyçon) porte la date de l' an 1100. (1)
La secte religieuse des Vaudois est donc beaucoup plus ancienne qu' on ne l' a cru généralement.
Bossuet a dit de leur doctrine: “Lorsqu' ils se sont séparés, ils n' avaient que très peu de dogmes contraires aux nôtres, ou peut-être point du tout.”
(1) Ben ha MIL E CENT ancz compli entierament
Que fo scripta l' ora car sen al derier temps. (a:
Bien a mille et cent ans accomplis entièrement
Que fut écrite l' heure que nous sommes au dernier temps.)

Lux lucet in tenebris; Vaud, Vaudois, Vaudes, Baudes



“Conrad, abbé d' Usperg, qui a vu de près les Vaudois, a écrit que le pape Lucius (1: Lucius fut pape de 1181 à 1185.) les mit au nombre des hérétiques, à cause de quelques dogmes ou observances superstitieuses.” (2: Bossuet, Histoire des variations, liv. XI.)
Claude de Seyssel, archevêque de Turin, a déclaré que leur vie et leurs moeurs ont toujours été irréprochables parmi les hommes, et qu' ils observaient de tout leur pouvoir les commandements de Dieu.
Et Bossuet, en condamnant la Doctrine des Vaudois, a parlé de leurs mœurs en ces termes: “On me demandera peut-être ce que je crois de la vie des Vaudois, que Renier a tant vantée; j' en croirai tout ce qu' on voudra, et plus, si l' on veut; car le démon ne se soucie pas par où il tienne les hommes... Il ne faut donc pas s' étonner de la régularité apparente de leurs mœurs, puisque c' était une partie de la séduction contre laquelle nous avons été prémunis par tant d' avertissements de l' évangile.”
Quant aux livres des Vaudois, voici ce qu' en dit Bossuet:
“Au surplus, nous pourrions parler de l' âge de ces livres vaudois et des altérations qu' on y pourrait avoir faites, si on nous avait indiqué quelque bibliothèque connue où on les pût voir. Jusqu' à ce qu' on ait donné au public cette instruction nécessaire, nous ne pouvons que nous étonner de ce qu' on nous produit comme authentiques des livres qui n' ont été vus que de Perrin seul, puisque ni Aubertin, ni La Roque ne les citent que sur sa foi, sans nous dire seulement qu' il les aient jamais maniés.”
Bossuet s' exprimait ainsi en 1688, année où il publia son Histoire des variations: cependant deux ouvrages imprimés avaient indiqué les bibliothèques où se trouvaient les livres des Vaudois (1) en original.
(1) Dès 1658, Samuel Morland, dans son History of the evangelical churches of the valleys of Piemont, London, fol., avait fait imprimer le catalogue des manuscrits dont il s' était servi pour cet ouvrage, manuscrits qu' il avait déposés à la bibliothèque de l' université de Cambridge en août 1658. (a: Morland, introd.)
En 1669, Jean Léger, transcrivant, dans son Histoire générale des églises évangéliques des vallées du Piémont, Leyde, 1669 in-fol., des vers du poëme de La nobla leyczon, dit:
“Extrait d' un traité intitulé La nobla leyczon, daté de l' an 1100, qui se trouve tout entier dans un livre de parchemin, écrit à la main, en vieille lettre gothique, dont se sont trouvés deux exemplaires, l' un desquels se conserve à Cambridge, et l' autre en la bibliothèque de Genève.” (b: Léger, Hist. génér., p. 26.)
Outre ce poëme et autres qui y sont joints, la bibliothèque de Genève avait alors en dépôt divers manuscrits vaudois, ainsi que le prouve l' attestation suivante de M. Gérard, alors bibliothécaire de Genève, insérée dans l' histoire de Léger. (c: Léger, Hist. génér., p. 23.)
“Je soussigné déclare avoir reçu des mains de M. Léger, ci-devant pasteur ès vallées, i° un livre de parchemin manuscrit in-8°, contenant plusieurs traités de la doctrine des anciens Vaudois, en leur propre langue; 2° une liasse de plusieurs autres manuscrits, etc. que je conserve en la bibliothèque de cette cité, pour y avoir recours au besoin; en foi de quoi, etc., à Genève, le 10 novembre 1662, signé Gérard, pasteur du collége et bibliothécaire.”

La lecture des poésies religieuses que je publie, donnera une idée suffisante de leurs dogmes.
Quant à l' idiôme dans lequel elles sont écrites, on se convaincra que le dialecte vaudois est identiquement la langue romane; les légères modifications (1) qu' on y remarque, quand on le compare à la langue des troubadours, reçoivent des explications qui deviennent de nouvelles preuves de l' identité.

(1) Je crois convenable d' offrir le tableau des principales modifications.
Changements de voyelles.
O pour U.
Vaudois. Roman. Vaudois. Roman.
seo seu greos greus
vio viu breo breu
caitio caitiu deorian deurian
O pour A.
volrio volria
Voyelles ajoutées a la fin du mot, A, I et O.
sencza senz illi ill
aquisti aquist aiuto aiut, etc.
Suppresion de consonnes finales.
bonta bontat ma mas
verita veritat ca car, etc.
(N. E. Como ocurre en la lengua italiana, toscana, etc.)

Changement ou suppression de consonnes finales,
changement de voyelles finales dans les verbes.
Je place dans un seul tableau les modifications relatives aux verbes:
Infinitif. Vaudois. Roman.
Part. Passé. forma, salva format, salvat
compli complit
offendu, agu offendut, agut
Indicatif.
Présent.
3.e pers. Sing. po pot
1re pers. Plur. aman, sen, aven, deven amam, sem, avem, devem
2.e anna, vene annatz, venetz
3.e pon podon
Prétérit simple.
3.e pers. Sing. peche, manje pechet, manjet
Futur.
3.e pers. Sing. sere, penre, venre sera, penra, venra
1re pers. Plur. tenren, iren tenrem, irem
2.e sere, aure seretz, auretz
3.e seren, murren serem, murrem
Conditionnel.
1re pers. Plur. aurian, segrian auriam, segriam
Subjonctif.
Présent.
1re pers. Plur. faczan poisam, faczam, etc.

Il me reste à parler des manuscrits des ouvrages en dialecte vaudois.
Samuel Morland (1: Samuel Morland avait été l' envoyé de Cromwel (Cromwell) auprès du duc de Savoie.) avait déposé en 1658 à la bibliothèque de l' université de Cambridge plusieurs manuscrits dont le catalogue est au commencement de son histoire.
Ces manuscrits intéressants ne s' y trouvent plus depuis plusieurs années.
La bibliothèque de Genève possède trois manuscrits vaudois. Celui qui est coté n° 207 contient les poésies religieuses et morales; il m' a fourni les pièces qui sont imprimées de la page 73 à la page 133. (1: J' ai dû au zèle, à la sagacité et à la bienveillance de M. Favre- Bertrand de Genève une copie exacte des pièces que je publie, et quelques renseignements très détaillés et très utiles. Il me tardait d' offrir à ce littérateur distingué l' hommage public de ma juste reconnaissance.)

La nobla leyczon.

La nobla leyczon.

Ce poëme, qui est une histoire abrégée de l' ancien et du nouveau Testament, m' a paru assez important pour être inséré en entier. J' ai conféré le texte du manuscrit de Genève avec celui du manuscrit de Cambridge, publié par Samuel Morland. (2: Je suis porté à croire que le manuscrit de Cambridge avait été fait sur un exemplaire plus ancien que celui qui a servi pour la copie du manuscrit de Genève; dans le manuscrit de Cambridge on lit AU, avec, venant d' AB roman, et dans celui de Genève on lit CUM au lieu d' AU.)
La date de l' an 1100 qu' on lit dans ce poëme mérite toute confiance. Les personnes qui l' examineront avec attention jugeront que le manuscrit n' a pas été interpolé; les successeurs des anciens Vaudois, ni les dissidents de l' église romaine qui auraient voulu s' autoriser des opinions contenues dans ce poëme, n' auraient eu aucun intérêt à faire des changements; et s' ils avaient osé en faire, ces changements auraient bien moins porté sur la date du poëme que sur le fond des matières qu' il traite, pour les accommoder à leurs propres systèmes dogmatiques. Enfin le style même de l' ouvrage, la forme des vers, la concordance des deux manuscrits, le genre des variantes qu' ils présentent, tout se réunit en faveur de l' authenticité de ces poésies; M. Sennebier jugeait que le manuscrit de Genève est du XIIe siècle.

La barca.

C' est un poëme sur le Miserere et sur la brièveté de la vie; il contient trois cent trente-six vers; j' en rapporte quelques-uns.

Lo novel sermon.

Il contient quatre cent huit vers. Ceux que je publie donnent une idée du genre de ce poëme, qui est en grands vers. J' en cite des fragments considérables.

Lo novel confort.

Ce poëme est en stances de quatre vers qui riment toujours ensemble.

Lo payre eternal.

Il est en grands vers et divisé en stances de trois vers qui riment toujours ensemble.

Lo despreczi del mont.

Le poëme du mépris du monde ne contient que cent quinze vers.
Il ne se trouvait pas dans les manuscrits de Cambridge.


L' avangeli de li quatre semencz.

Cette pièce est de trois cents vers divisés en stances de quatre vers qui riment ensemble; elle ne se trouvait pas dans les manuscrits de Cambridge.
J. Léger aurait pu appliquer à tous ces divers poëmes ce qu' il dit spécialement de La nobla leyczon dans son Histoire des églises vaudoises, pag. 30: “Et ces sages Barbes ont voulu mettre en main de leurs peuples ce divin trésor en cette forme de rime ou de poésie en leur langue, pour en rendre la lecture plus agréable, et à ce que la jeunesse le pût plus facilement imprimer en sa mémoire.”
Je n' ai pas cru nécessaire de rapporter des fragments en prose des ouvrages dogmatiques des Vaudois (1); le traité de l'Ante-Christ porte la date de 1126. (1: Perrin, histoire des Vaudois, dans les ouvrages de Samuel Morland, de Jean Léger, etc.
La bibliothèque de Grenoble possède un manuscrit de la traduction du Nouveau-Testament en dialecte vaudois; la parabole de l' Enfant Prodigue, tirée de ce manuscrit, a été publiée par M. Champellion Figeac, dans ses Recherches sur les différents patois de la France.)

Varar, Varica, Vas, Vaisselh, Vaysselh, Vaissel, Vaysshel, Vaysel, Vayshel, Vaiselet - Vastitat

Varar, v., lat. varare, lancer à la mer.
Coma la naus lo vuelh varar,
E, qui l' empenh ni 'l vara,
Lo rey N Anfos lo conduga.
Gavaudan le Vieux: Lo vers deg.
Comme le navire je veux le lancer, et, qui le pousse et le lance, que le roi seigneur Alphonse le conduise.
- Échouer, tirer sur le rivage.
Si vuol passar la mar,
Pren un tal governador...
Que lo garde de varar.
Un Troubadour Anonyme, Coblas esparsas.
S'il veut passer la mer, il prend un tel pilote... qui le garde d'échouer.
Pueys varan lur barca, parton si del ribaje. V. de S. Honorat.
Puis ils échouent leur barque, ils s'éloignent du rivage.
ANC. FR. Les navires ne se varent point en la mer à tens de tempestes et de tourmentes. Amyot, Trad. de Plutarque. Morales, t. II, p. 146.
CAT. ESP. PORT. Varar. IT. Varare. (chap. Vará, varás.)

Tems de di "mare mía que me moro", y un tiburón blang sel va fotre de un mos.

Varica, s. f., du lat. varix, varice. 
Varicas.….. so venas... grossas, plenas de superfluitatz.
Trad. d'Albucasis, fol. 47.
Varices... sont veines... grosses, pleines de superfluités.
(chap. Varís, varisses. ESP. Variz, varices.)

Vas, s. m., lat. vas, vase, urne, tombeau.
Voyez Ihre, Diss. Alt., p. 231.
Si quis mortuum hominem aut in noffo, aut in petra quae vasa ex usu sarcofagi dicuntur, super alium miserit.
Baluz., Capit. reg. fr., t. 1, col. 293, et t. II, col. 1049.
Amicx, ben leu deman morras,
E doncx, pus seras mes el vas,
Avers pueys que t faria?
Garins le Brun: Nueg e jorn.
Ami, peut-être demain tu mourras, et donc, lorsque tu seras mis au tombeau, que te ferait après l'avoir?
En aost t' aten lo vas.
Le Moine de Montaudon: Gasc pec.
En août t'attend le tombeau.
- Plus spécialement le saint sépulcre.
Per desliurar lo regisme reyal
E 'l lum e 'l vas e la crotz atretal
Qu' an retengut li Turc tan longamens.
Aimeri de Peguilain: Ara parra.
Pour délivrer le royaume royal et la lumière et le tombeau et la croix également qu'ont retenus les Turcs si longtemps.
ANC. FR. Puis le mettre en vas circulaire.
Ballade du secret des Philosophes, Roman de la Rose, t. IV, p. 289.
Ses vas de terre desquelz il usoit aux sacrifices des dieux... En vas et statues corinthiacques. Anc. trad. des Paradoxes de Cicéron, fol. 6 et 7.
CAT. Vas. ESP. PORT. IT. Vaso. (chap. Vas, urna, tumba, sepulcro o sepulcre.)
- Certaine partie de la tête.
En la partida.... del cap, en loc apelat vas. Trad. d'Albucasis, fol. 3.
En la partie.... de la tête, en lieu appelé vase.

Perg. n. 220. fol. 41. 28 jun. 1321. Sancho I de Mallorca

2. Vaisselh, Vaysselh, Vaissel, Vaysshel, Vaysel, Vayshel, s. m., vase, vaisseau. 
Phasalus est navigium quod nos corrupte baselum dicimus.
Isidor., lib. XIX, c. 1.
Qui vaissel plein d' alcuna re
Cuia omplir.
P. Cardinal: Predicator.
Qui vaisseau plein d'aucune chose croit remplir.
Sai far arcas e vaysselhs.
Raimond d'Avignon: Sirvens suy.
Je sais faire coffres et vases.
Stanh... preserva de rozilh vayshels de coyre. Eluc. de las propr., fol. 192.
Étain... préserve de rouille vases de cuivre.
Fig. Que sian dignes vayssels del gaug de paradis. V. et Vert., fol. 29.
Qu'ils soient dignes vases de la joie de paradis.
- Tombeau, cercueil.
En lur gaje layssavan establit
C' om los meses en 1 vaysel de fust.
V. de S. Trophime.
Dans leur testament laissaient ordonné qu'on les mit dans un cercueil de bois.
- En termes d'anatomie, veine, artère.
Vaysshels de sanc so las venas. Eluc. de las propr., fol. 29.
Vaisseaux de sang sont les veines.
ANC. FR. De plain pot en petit vaissiel. Roman du Renart, t. IV, p. 90.
Vez-cy ung vaissel d'argent plain d'un merveilleux boire.
Roman de Tristan, p. 37.
S'enfui en un vassel trosque à une cité sour mer.
Villehardouin, p. 27.
Qui venoit vers nous pour nous hurter notre vessel en travers.
Joinville, p. 60.
CAT. Vaxell. ESP. Vasillo (barco). IT. Vasello, vascello. (chap. Barco, barcos; barca, barques.)

3. Vaiselet, s. m. dim., petit vase, petit vaisseau.
Queretz dos vaiseletz prions.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Cherchez deux petits vases profonds.
CAT. Vaxellet. IT. Vaselletto, vascelletto. (chap. Barquet, barquets, barqueta, barquetes.) 

4. Vayselha, Vaysela, Vaychela, s. f., vaisselle.
Drap de color e vaysela d' argen.
B. Carbonel: Per espassar.
Drap de couleur et vaisselle d'argent.
Tota la vayselha que avian d' aur ni d' argen.
Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 18.
Toute la vaisselle qu'ils avaient d'or et d'argent.
No devo obrar vaychela,... sino de fin aur o de fin argen.
Tit. du XIIIe siècle. DOAT, t. CXVIII, fol. 43.
Ne doivent ouvrager vaisselle,... sinon de fin or ou de fin argent.
CAT. Vaxella. ESP. Vasilla (vajilla). PORT. Baixella. (chap. Vajilla, vajilles.)

5. Vasier, s. m., bacin, panse, ventre.
Tal sai que n' a lo plen vasier.
P. Cardinal: Anc no vi.
Tel j'en sais qui en a le plein ventre.
ESP. Vasar, vasera. (chap. Pancha, panches; estómec, estomecs; ventre, ventres.)

Vassal, Vassau, s. m., vassal.
Atressi m' ai guerreiat ab Amor
Col francx vassals guerrei' ab son senhor.
Raimond de Miraval: Dona.
Pareillement j'ai guerroyé avec Amour comme le franc vassal guerroie avec son seigneur.
Us mi comtet de sos vassaus.
Bertrand de Born: Quan vei.
Un de ses vassaux me compta.
Prov. A tals vassals, tal senhor.
(chap. A tals vassalls o vassallos, tal siñó.)
Aimeri de Peguilain: Li fol.
A tels vassaux, tel seigneur.
- Guerrier.
Aqui veirem derocar mainz vassals.
Aicartz del Fossat: Entre dos.
Là nous verrons renverser maints guerriers.
En apres viron un vassal
Tot armat.
Roman de Jaufre, fol. 7.
Par après ils virent un guerrier tout armé.
ANC. FR.
Normanz se desfendirent come vassal prové. Roman de Rou, v. 4062.
CAT. Vassall. ESP. Vasallo. PORT. IT. Vassallo. (chap. Vassall, vassalls; vassallo, vassallos.)

2. Vassalatge, Vasselatge, s. m., courage, exploit.
Selh es folh qui fai folh vassalatge.
G. Faidit: Tant ai sufert.
Celui-là est fou qui fait fol exploit.
Avetz vencut per vostre vasselatge.
Bertrand d'Allamanon: Un sirventes.
Vous avez vaincu par votre courage.
ANC. FR.
Folie n'est pas vasselage. Roman de la Rose, v. 7020.
CAT. Vassallatge. ESP. Vasallage (vasallaje). PORT. Vassallagem. IT. Vassallagio. (chap. Vassallaje, vassallajes; vassallache, vassallaches.)

3. Valvassor, Vavassor, Vasvassor, s. m., vavasseur.
Molher d' un ric valvassor. V. de Raimond de Miraval.
Femme d'un riche vavasseur.
Ab plus aut que vavassor.
Azalais de Porcairagues: Ar em al.
Avec plus élevé que vavasseur.
ANC. FR. Eis vos un vavassor errant.
A li et as altres seignurs
Ki vilains unt e vavassurs.
Roman de Rou, v. 14408 et 6074.
(ANC. ESP. Vasuero, vavasor. Chap. Vavassor, un vassall que depén de un atre vassall mes gran, ve del latín vassus vassorum, vassall de vassalls.)

Vastitat, s. f., lat. vastitatem, dévastation, désolation, ravage, ruine.
Dezert, es... loc... de horror et vastitat. Eluc. de las propr., fol. 162.
Désert, c'est... lieu... d'horreur et désolation.
IT. Vastità, vastitate, vastitade. (chap. Devastassió, ruina, dessolassió.)

sábado, 11 de julio de 2026

Taca, Tacca - Pertanher, Pertaynher

Taca, Tacca, s. f., de l'arabe taca, tache, souillure.
Voyez Aldrete, p. 366; Muratori, Diss. 33; Denina, t. II, p. 109.
Joachim pres un aynell
Sens taca que ac blanca pell.
Trad. d'un Évang. apocr.
Joachim prit un agneau sans tache qui eut blanche peau.

Joachim pres un aynell Sens taca que ac blanca pell.

Sella taca que a el peitz e 'l ventre.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Cette tache qu'il a à la poitrine et au ventre.
Fig. Aquest don osta tota ordura de l' arma, e la deneia perfechamens de totas tacas, e specialmens de la taca del peccat de luxuria. V. et Vert., fol. 84.
Ce don ôte toute ordure de l'âme, et la nettoie parfaitement de toutes taches et spécialement de la tache du péché de luxure.
CAT. Taca. ESP. Taca, tacha (mancha). PORT. Tacha. IT. Tacca, taccia.
(chap. Taca, taques.)

2. Taqueta, s. f. dim., petite tache, petite souillure.
L' enfantayritz non a taqueta
De sang, mais es pura e neta.
Trad. d'un Évang. apocr.
Celle qui enfante n'a pas petite tache de sang, mais elle est pure et nette
(chap. Taqueta, taquetes.)

3. Tacamen, Tecament, s. m., tache, marque.
La luna,...
Alcus dizon qu' el tacamen
De l' umbra de la terra pren.
Brev. d'amor, fol. 34.
La lune,... aucuns disent que la tache elle prend de l'ombre de la terre.
Vinha... en terra... salsuginoza, sa razitz pren tecament.
Eluc. de las propr., fol. 226.
La vigne... en terre... salsugineuse, sa racine prend tache.
(chap. Tacamén, tacamens.)

4. Tacos, adj., taché, sale, souillé.
Vostre vestir sian talhat
E fait azaut e benestan,
E no sian lag ni tacos.
P. Vidal: Abril issic.
Que vos vêtirs soient taillés et faits convenablement et bienséants, et qu'ils ne soient laids ni sales.
(chap. Tacat, tacats, tacada, tacades.)

Máximo Fabregat y les seues neures; Té una clucada de ull que enamore, casi tan com Junqueras.

5. Tacar, Tachar, v., tacher, souiller, salir, maculer.
Tacha sos bels vestimentz.
Deudes de Prades, Poëme sur les Vertus.
Tache ses beaux vêtements.
Fig. Cant ac totz los fraires tacatz 
De follors e de malvestatz.
V. de S. Honorat.
Quand il eut tous les frères souillés de folies et de méchancetés.

Blas Flare, Black Friday

Part. pas. La carn del filh vezia tacada. Passio de Maria.
La chair du fils elle voyait maculée.
Fig. En vostra cort non pot intrar, so cre,
Nuills hom tachatz de nuilla laia re.
Cadenet: Ben volgra.
Dans votre cour ne peut entrer, cela je crois, nul homme taché de nulle laide chose.
CAT. ANC. ESP. Tacar. ESP. MOD. (manchar) PORT. Tachar. IT. Tacciare.
(chap. Tacá, tacás : yo me taco, taques, taque, taquem o tacam, taquéu o tacáu, taquen; tacat, tacats, tacada, tacades; tacaré; tacaría; si tú estigueres tacat : tingueres un tumó o tumor : si tingueres cáncer.)

6. Entacar, Entachar, Entecar, v., entacher, souiller.
Qui tocha la pez s' en entacha. Trad. de Bède, fol. 35.
Qui touche la poix s'en souille.
Part. pas. Tug n' em per engal
Enqueras entecat.
Nat de Mons: Si Nat de Mons.
Tous nous en sommes également encore entachés.
ANC. CAT. Entacar. IT. Intaccare.

Tafur, adj., de l'arabe dahur, perfide, déloyal, fripon, joueur, trompeur.
Del rei tafur,
Mais am sa cort e son atur.
Bertrand de Born: Pus lo gens.
Touchant le roi déloyal, davantage j'aime sa cour et son appui.
Avol gens tafura.
G. Faidit: Ab cossirier.
Méchante gent perfide.
Fig. Tans talans tafurs.
Pierre d'Auvergne: Dieus vera.
Tant de désirs perfides.
Subst. Juret sanh Marti lo bon tafur.
Roman de Gerard de Rossillon, fol. 7.
Le bon fourbe jura saint Martin.
Vilana, tafura,
Plena d' enjan e d' uzura.
Bertrand de Born: Mout mi plai.
Vilaine, trompeuse, pleine de fraude et d'avarice.
ANC. FR. Ainçois querroit un grant tafur.
Roman du Renart, t. III, p. 310.
CAT. Tahur. ANC. ESP. Tafur. ESP. MOD. Tahúr. PORT. Taful. (chap. Tafur, tafurs, tafura, tafures; tahur, tahurs, tahura, tahures; desleal, engañadó, mentirós, roín, trampós als jocs de cartes.)

Ignacio Sorolla Vidal, Natxo; Tafur, adj., de l'arabe dahur, perfide, déloyal, fripon, joueur, trompeur.

Tahinar, Tainar, Taynar, v., différer, retarder, tarder, chagriner.
E 'l desme de t' eira e de ton troil no tainar redre; car, si o tainas, es pechaz. 
Trad. de Bède, fol. 46.
Et la dîme de ton aire et de ton treuil ne pas différer de rendre; car, si tu diffères cela, c'est péché.
Perdon lur chan per l' ivern qu' els taina.
Guillaume de Berguedan: Can vey.
Perdent leur chant par l'hiver qui les retarde.
On plus es deziratz grans jays
Mais val, e quan plus tahina. 
P. Camor: Iratz chant.
Où plus est désirée grande joie plus elle vaut, et quand davantage elle tarde.
Loc. Messatgier, mot me tayna,
Quar tost non hiest lay.
B. de Ventadour: E manht.
Messager, moult il me tarde, parce que tôt tu n'es pas là.
(chap. Tardá, retrasá, retrasás. Gabriel Rufián es tan retrasat com Tardà del mateix partit, ERC, Esquerra Republicana de Catalunya. Yo tardo, tardes, tarde, tardem o tardam, tardéu o tardáu, tarden; tardaré; tardaría; si yo tardara.)

Gabriel Rufián, la constitución española de 1978 la hicieron los fascistas, lo dice la historia contemporánea, Forges, cómic

2. Taina, s. f., retard, délai.
Que no fassas taina, e t' endormas. Trad. de Bède, fol. 80.
(chap. Que no faigues tard o tart, y t'adórmigues.) 
Que tu ne fasses retard, et t'endormes.
Als fraires reda lor dever establit ses tota taina.
Trad. de la Règle de S. Benoît, fol. 17.
Qu'aux frères il rende leur devoir établi sans nul retard.
(chap. Retrás, retrasos; tardansa, tardanses.)

3. Atahinar, Atainar, Ataynar, v., différer, retarder, tarder.
Loc. Lo rics pretz qu' avetz m' atahina.
La Comtesse de Die: A chantar m' er.
Le noble mérite que vous avez me tarde (me fait envie).
Lo joi que mi n' atayna.
G. Rudel: Quan lo rius.
La joie qui m'en tarde (me fait envie). 
Part. pas. L' enjanaire enemics quer a la mort los atainatz tormens.
Trad. de Bède, fol. 81.
Le trompeur ennemi cherche à la mort les tourments différés.
ANC. FR. Les membres ramponèrent 
Le ventre et s'ataïnèrent.
Ysopet II, fabl. 36; Robert, t. 1, p. 174.
Dont ma dame l'ataïna 
Et d'un chienet la rampona. 
Fabl. et cont. anc., t. IV, p. 323.
Je jujasse que li lechierres,
Li ribaus, li atéinez
Fust on penduz ou traïnez.
Roman du Renart, t. II, p. 341.

4. Atayna, s. f., retard, délai, attente.
Movon als pros atayna.
Marcabrus: Per savi 'l.
Suscitent aux preux retard.
Heremborc, la reyna,
Qu' as mort per atayna.
V. de S. Honorat.
Hérembort, la reine, que tu as tuée par attente. 
ANC. FR. Qui de courrous et d'ataïne
Sembloit bien estre moverresse.
Roman de la Rose, v. 140.

Tal, Tau, adj., talis, tel.
Fis ben malastruc jornal,
Qu' anc nuilhs malastrucs no 'l fetz tal. 
Rambaud d'Orange: Er no sui ges.
Je fis bien malheureuse journée, vu qu'oncques nul malheureux ne la fit telle.
De tal amor sui fins amans,
D' on duc ni comte non envey,
E non es reys ni amirans
El mon, que, si n' avia tau, 
Non s' en fezes rics cum ieu fau.
B. de Ventadour: Ges de chantar.
De tel amour je suis pur amant, d'où duc ni comte je n'envie, et il n'est roi ni émir au monde, qui, s'il en avait tel, ne s'en fit fier comme je fais.
- Quelque.
On venran tals cinc cens armat.
Bertrand de Born: Ieu chan.
Où ils viendront quelques cinq cents armés.
Tals vetz es no m puesc sufrir,
Qu' ab mi mezeus m' en azir.
Peyrols: Pus de mon.
Quelque fois il est que je ne me puis souffrir, vu qu'avec moi-même je m'en irrite.
Subst. Tals s' en fai conhtes e parliers,
E cuid' esser rics e sobriers,
De fin' amor, qu' ieu n' ai dos tans.
B. de Ventadour: Pel dols chant.
Tel s'en fait empressé et parleur; et croit être riche et supérieur de pur amour, que j'en ai deux (fois) autant.
Prov. Tal senhor, tal maynada. V. et Vert., fol. 97.
Tel seigneur, tel domestique.
Tal paraula com hom di, tal coratge mostra. Trad. de Bède, fol. 81.
Telle parole comme homme dit, tel coeur il montre.
Loc. Ieu no i sai ni tal ni qual.
B. Zorgi: Jhesu Crist per. 
Je n'y sais ni tel ni quel.
Conj. comp. Los secretz d' ome volon saber,
Per tals que miells si puescon far temer.
P. Cardinal: Ab votz d' angel.
Les secrets d'homme ils veulent savoir, afin que mieux ils puissent se faire craindre.
ANC. FR. Renart respont: Ainz n'oï tal;
Tiez se plaint n'a mie de mal.
Roman du Renart, t. 1, p. 12.
Od tals armes se cumbateient. 
Roman de Rou, v. 13736.
La langue française changeant l'A primitif de la langue des troubadours en E, conserva longtemps les deux genres à tel:
Si grant paine et si tel dolor. Marie de France, t. 1, p. 58.
Quand ils veirent qu'on leur tenoit tels manières contre eux.
Monstrelet, t. 1, fol. 200.
Ravis d'amourettes
De veoir telz fillettes.
J. Marot, t. V, p. 178.
CAT. ESP. PORT. Tal. IT. Tale. (chap. Tal, tals; de tal soca, tal ascla.)

José Miguel Gracia Zapater, La Codoñera

2. Talment, Talmen, adv., tellement, ainsi, de telle manière.
Arsenic, es aurpiment, talmen dit quar a color d' aur.
Eluc. de las propr., fol. 267.
Arsenic, c'est orpiment, ainsi appelé parce qu'il a couleur d'or.
CAT. Talment. IT. Talmente. (chap. Talmen.)

3. Aital, Aitalh, Aitau, adj., tel, pareil, semblable.
Quan parli d' aitals gens.
P. Vidal: Ges pel temps.
Quand je parle de pareilles gens.
Si voliatz de nostre pa, volontiers vo 'n darian d' aytalh co l' avem. Philomena.
Si vous vouliez de notre pain, volontiers nous vous en donnerions de pareil comme nous l'avons.
Aitals sui francs et amoros,
Car volc ma dona qu' aitals fos.
Raimond de Miraval: Dels quatre.
Tel je suis franc et amoureux, parce que ma dame voulut que tel je fusse.
ANC. FR.
Une feiz, ço dit l'en, par itel achoison. Roman de Rou, v. 781.
D'autex viandes comme il meisme estoit serviz.
Chr. de Fr., Rec. des Hist. de Fr., t. III, p. 181.
ANC. CAT. Aytal. ANC. ESP. Atal.

4. Atretal, adj., égal, pareil, semblable.
Marit qui marit fai sufren,
Deu tastar d' atretal sabor.
Pierre d'Auvergne: Belha m' es la.
Mari qui mari fait souffrant, doit tâter de pareille saveur.
Voyez AL.

5. Talio, s. m., lat. talio, talion, punition pareille à l'offense.
Portar la pena del talio. L'Arbre de Batalhas, fol. 239.
Porter la peine du talion.
CAT. Talio. ESP. Talión. PORT. Talião. IT. Talione, taglione. (chap. Ley del talión o talió : lo cástic igual que la ofensa : ull per ull, den per den.)

Tala, s. f., de l'arabe talah, défaut, défectuosité, vice.
Non penra ni dan ni tala.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Ne prendra ni dommage ni défectuosité.
Loc. Senher Dieus, mot m' o tenc a tala. 
Folquet de Marseille: Senher Dieus.
Seigneur Dieu, moult je le tiens à défectuosité.
CAT. ESP. PORT. Tala. (chap. Tala, tales; taca, taques; falta, faltes; defecte, defectes; vissi, vissis. La tala dels cams se fée en tems de guerra pera dixá a la gen sense minjá. Talá o tallá un abre.)

Taleca, s. f., poche, pannetière.
Pres sa taleca.... Sa taleca al col. Abr. de l'A. et du N. Test., fol. 15.
Prit sa besace... Sa besace au cou.
El gilos qu' autr' entalec,
Ro cum camels en taleca.
Gavaudan le Vieux: Lo vers dech.
Le jaloux qu'autre entailla, ronge comme chameau en pannetière.
CAT. ESP. Talega. PORT. Taleiga. (chap. Taleca, taleques; talega, talegues.)

pobre, morral, zurrón, cuento, pedra, aigua

Talen, Talant, Talan, s. m., du grec *gr, envie, désir, volonté, goût, penchant, disposition.
Pus de chantar m' es pres talens,
Farai un vers don sui dolens.
Le Comte de Poitiers: Pus de.
Puisque de chanter il m'a pris envie, je ferai un vers de quoi je suis dolent.
Tuit a plorar repairen mei talant. Poëme sur Boèce.
Tous à pleurer reviennent mes désirs.
Non ai talan vaire.
G. Adhemar: Be m' agr' ops.
Je n'ai pas goût changeant.
Pois lo reys e 'l coms Richartz
M' an perdonat lurs mals talans. 
Bertrand de Born: Ges de far.
Puisque le roi et le comte Richard m'ont pardonné leurs mauvaises dispositions.
ANC. FR. De cumbatre orent talent. Roman de Rou, v. 12450.
Talent me prent de retorner. Fabl. et cont. anc., t. II, p. 62.
Li parduna sun mal talent. Roman de Rou, v. 7610.
Tant qu'il auroit oublié son mal talent. Froissart, t. III, p. 32.
CAT. Talent. ESP. PORT. IT. Talento. (chap. Talento, talentos; talén, talens; talante, talantes; talán, talans; enveja, dessich, voluntat, gust, dispossisió.)

2. Talentos, adj., désireux, envieux.
Anc de re no fu tan talentos ni tan desirons.
Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 16.
Oncques de rien il ne fut si envieux ni si désireux.
Es de pretz talentosa.
Bertrand de Born: Rassa tan.
Elle est de mérite désireuse.
ESP. Talentos (talentoso, talentosos, talentosa, talentosas).
(chap. Talentós, talentosos, talentosa, talentoses: dessichós, dessichosos, dessichosa, dessichoses; envejós, envejosos, envejosa, envejoses, etc.)

Desideri Lombarte Arrufat, fumán, sigarro, Peñarroya de Tastavins, dialecto catalán

3. Talentiu, adj., désireux, envieux.
So qu' om mi defent eu voill,
C' amor don' un cor talentiu.
H. Brunet: Ab plazers.
Ce qu'on me défend je veux, vu qu'amour donne un coeur désireux.
4. Talentar, v., désirer, être empressé.
Part. pas.
Pueis vengro li autre de ferir talentat. Roman de Fierabras, v. 2727.
Puis vinrent les autres de frapper empressés.

5. Atalentament, s. m., désir, envie.
A li auvidor done atalentament. La Barca.
Qu'aux entendeurs il donne désir.
6. Atalentar, v., faire envie, inspirer des désirs, être agréable, convenir.
Me plazetz e m' atalentatz.
Arnaud de Marueil: Dona sel que.
Vous me plaisez et me faites envie.
Si dar no li atalenta.
Raimond de Miraval: A Dieu me.
Si le donner ne lui convient pas.
- Plaire, charmer.
Per qu' es fols cel que s n' atalenta.
Lanfranc Cigala: Gloriosa sancta.
C'est pourquoi est fou celui qui s'en charme.
En trop d' orgueill s' atalenta.
B. Zorgi: Entre totz.
En trop d'orgueil il se plaît.  
ANC. FR. Et ce qui plus li atalente.
Roman du Renart, La Vallière, t. II, p. 190.
Veuil commencier, il m'atalente. 
G. Guiart, t. I, p. 25.
ANC. CAT. Atalentar. ESP. Atalantar. IT. Attalentare. (chap. Atalentá; fé goch; dessichá.)

7. Entalentament, s. m., désir, penchant, disposition, affection.
Per l' entalentament de charitat.
Del entalentament de pietat aven que hom aia dol estrain.
Trad. de Bède, fol. 20 et 57.
Par le penchant à charité.
De la disposition à piété il advient qu'on ait douleur étrange.
ANC. FR. Tant ont grant entalentement
D'oïr cele sentence lire.
Roman de la Rose, v. 19682.

8. Entalentos, adj., désireux, empressé.
L' entalentos penedemens. Trad. de Bède, fol. 50.
Le repentir empressé.
9. Entalentis, adj., intentionné, disposé, désireux, empressé.
Mot fo lo Sarrazi fers e mal entalentis. Roman de Fierabras, v. 627.
Moult fut le Sarrasin féroce et mal disposé.
ANC. FR. Entalentiz et appareilliez de combatre.
Entalentiz de ce faire que il avoit encommencié.
Chr. de Fr., Rec. des Hist. de Fr., t. III, p. 199 et 313.

10. Entalentar, Entalantar, v., être empressé, disposer, désirer, rendre  désireux.
Part. pas.
Del intrar de Tolosa vos mi entalentatz. Guillaume de Tudela.
De l'entrer de Toulouse vous me rendez désireux.
No y a Frances no sia mot entalantatz. Roman de Fierabras, v. 79.
Il n'y a pas de Français qui ne soit moult empressé.
ANC. FR. Entalentez de ceste honte vengier.
Gestes de Louis-le-Débonnaire, Rec. des Hist. de Fr., t. VI, p. 149.
L'amour du pays m'a fort entallenté. Légende de Faitfeu, p. 20. 
CAT. Entalentar. IT. Intalentare. (chap. Entalentá.)

11. Estalentar, v., ôter l'envie, empêcher.
Per estalentar
D' esser volontos e volans.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Pour ôter l'envie d'être volontaire et volant.

12. Sobretalan, s. m., sur-désir, désir extrême.
Ja non crezatz
Que sobretalan
Ja m' ane garan.
Giraud de Borneil: Ja m vai.
Jamais ne croyez que désir extréme jamais m'aille garantissant.
Si m forsa en re mo sen sobretalans.
Blacasset: Si m fai.
Si sur-désir me force en rien mon sens.

Talmut, s. m., Talmud.
Els Juzieus lais a lor Talmut. Brev. d'amor, fol. 84.
Les Juifs je laisse à leur Talmud.
CAT. Talmut. ESP. PORT. Talmud. IT. Talmude. (chap. Talmut, un dels llibres prinsipals de la religió judía.)

Talo, s. m., lat. talus, talon.
Ven acorren, si 'l pren per lo talo. Poëme sur Boèce.
Vient accourant, il le prend par le talon.
Lor pels anavo juscas als talos. Liv. de Sydrac, fol. 95.
Leurs cheveux allaient jusques aux talons.
Loc. Escorgeron me del cap
Tro al talo.
Le Comte de Poitiers: En Alvernhe.
Elles m'écorchèrent de la tête jusqu'au talon.
Loc. fig. L' emperaire, ab lo cor al talo,
Esperonet.
Rambaud de Vaqueiras: Senher marques.
L'empereur, avec le coeur au talon, éperonna.
De tot ric trobar
No m ven hom al talo.
P. Vidal: Ajostar.
En tout riche trouver homme ne me vient au talon.
CAT. Taló. ESP. Talón. PORT. Talão. IT. Tallone. (chap. Taló, talons; calcañá, calcañás.)

Guillaume IX, comte, Poitiers, Aquitaine, Aquitania

Talpa, s. f., lat. talpa, taupe.
Talpa no ve, ans a los huelz desotz lo cuer.
Naturas d'alcunas bestias.
La taupe ne voit pas, mais elle a les yeux sous le cuir.
Fel de talpa.
(chap. Fel de top.)
Deudes de Prades, Auz. cass.
Fiel de taupe.
CAT. Talpa. IT. Talpa, talpe. (ESP. Topo. chap. Top, tops.)
- Taupière, crevasse, cavité.
Fig. De que movo las talpas? - Las talpas venon de l' ayga que fortmen cor sotz terra. Liv. de Sydrac, fol. 51.
De quoi proviennent les cavités? - Les cavités viennent de l'eau qui court fortement sous la terre.

Tamarisc, s. m., lat. tamariscus, tamarin, arbrisseau.
Tamarisc,... sa scorsa es... medicinal. Eluc. de las propr., fol. 225.
(chap. Tamarisc,... sa crosta es... medissinal.)
Tamarin,... son écorce est... médicinale.
CAT. ESP. PORT. IT. Tamarindo. (chap. Tamarisc, tamarit, tamarindo.)

tamariz, tamarisco, taray, tamarix, tamarit, tamariu, Tamarite

Tamis, s. m., tamis, sas.
Fis estueyras e tamis.
Raimond d'Avignon: Sirvens suy.
Je fis garde-mangers et tamis.
Tro sion en polvera tornat
E per tamis sotil passat.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Jusqu'à ce qu'ils soient en poussière tournés et par tamis fin passés.
ANC. CAT. Tamis. ESP. Tamiz. (chap. Tamís, tamisos; sedás, sedassos; aré, arés; criba, cribes; porgadora, porgadores.)


Tampir, v., fermer, barricader.
Part. pas. Dedins a las portas tampidas.
R. Vidal de Bezaudun: Unas novas.
Dedans il a les portes fermées.

2. Estampir, v., fermer, boucher.
Part. pas. A una porta passada
D' una gran sala longu' e lada,
E pueis troba n' autra petita,
Que fon barrada et estampida
Dedins.
Roman de Jaufre, fol. 31.
Il a une porte passée d'une grande salle longue et large, et puis il en trouve une autre petite, qui fut barrée et fermée dedans.

3. Destapar, v., déboucher, retirer.
Lo bondonel destapa, e 'l n' a begut assatz. Roman de Fierabras, v. 1339.
Le bouchon il retire, et il en a bu assez.
CAT. ESP. PORT. Destapar. (chap. Destapá, destapás: yo me destapo, destapes, destape, destapem o destapam, destapéu o destapáu, destapen; destapat, destapats, destapada, destapades; destaparé; destaparía; si yo destapara.)

Tancar, Tanquar, v., boucher, fermer, barricader, encombrer.
Apres a fah las portas Floripar be tancar. Roman de Fierabras, v. 2593.
Après Floripar a fait bien barricader les portes.
Las portas... per ellas meteyssas si tanquan.
(chap. Les portes... per elles mateixes se tanquen.)
Lett. de preste Jean à Frédéric, fol. 43.
Les portes... par elles-mêmes se ferment.
Si ben la boca non tancam.
(chap. Si be la boca no tancam o tanquem.)
Serveri de Girone: Manhs ricx.
Si bien la bouche nous ne fermons pas.
Fig. Qui son cor enclau ni tanca.
Gavaudan le Vieux: A la pus.
Qui son coeur enclot et ferme.
Part. pas.
D' omes e de bestias era ple e tancat.
Venc al us de la cambra, si la trobet tancada. 
Roman de Fierabras, v. 246 et 2759.
D'hommes et de bêtes il était plein et encombré.
Il vint à l'huis de la chambre, il la trouva barricadée.
CAT. Tancar. PORT. Tanchar. (chap. Tancá, tancás : tanco, tanques, tanque, tanquem o tancam, tanquéu o tancáu, tanquen; tancat, tancats, tancada, tancades; tancaré; tancaría; si yo tancara. Si tancare la botiga Ascuma, no se pedríe res, ya que los llibres están agotats de esperá lo fin, com los Ilegales. Vore sarrar.)

Porta, puerta del vino, Alhambra, Granada

2. Tancadura, s. f., fermeture, armoire.
Mal es rauba gardada
Dins avol tancadura. 
Serveri de Girone: En mal.
Robe est mal gardée dans méchante armoire.
CAT. Tancadura. (chap. Tancadura, tancadures; armari, armaris; almari, almaris.)

3. Estancar, Estanquar, v., étancher.
Can lo nas sagna ad home e no 'l pot estancar. Liv. de Sydrac, fol. 117.
(chap. Cuan lo nas li sangre al home y no 'l pot estancá : tapá, pará la sang.) 
Quand le nez saigne à l'homme et il ne le peut étancher.
- Arrêter, contenir, calmer.
No m pot nulhs hom estancar,
Si no m fai penre o liar.
G. Adhemar: S' ieu conogues.
Nul homme ne me peut arrêter, s'il ne me fait prendre ou lier.
Tro que foron lay on estet
L' enfant, et aqui s' estanquet. 
Trad. d'un Évang. apocr.
Jusqu'à ce qu'ils furent là où se tint l'enfant, et là il s'arrêta. 
Gieta so que manja,
Que re en la gorga no s' estanca.
Deudes de Prades, Auz. cass.
Il jette ce qu'il mange, de sorte que rien dans la gorge ne s'arrête.
Fig. Per qu' el desirs amoros no s' estanca.
H. Brunet: Cortezamen.
C'est pourquoi le désir amoureux ne s'arrête pas.
- Rassasier.
Noyris e sadola et estanca totz los fams. V. et Vert., fol. 42.
Nourrit et soûle et rassasie tous les affamés.
Part. pas. Tro qu' el critz es totz estancatz. Roman de Jaufre, fol. 47.
Jusqu'à ce que le cri est tout calmé.
ANC. FR. Ke il ceste dolor m'estance. 
Fabl. et cont. anc., t. I, p. 139.
CAT. ESP. PORT. Estancar. IT. Stancare. (chap. Estancá, estancás.)

4. Restancar, v., étancher.
Si tos nas ti sagna e no 'l podes restancar. Liv. de Sydrac, fol. 117.
Si ton nez te saigne et que tu ne le puisses étancher.
- Arrêter, cesser.
Fetz restancar la ost que non ane avan.
Almiran, dis Mahon, faitz l' asaut restancar.
Roman de Fierabras, v. 3915 et 3331.
Il fit arrêter l'armée qu'elle n'aille pas en avant.
Émir, dit Mahomet, faites l'assaut cesser.
Del cridar se restanquet. V. de S. Alexis.
Du crier il s'arrêta.
Qu' el fazon tirar a cavallz
Tro la plaia, sens restancar.
V. de S. Honorat.
Qu'ils le fassent tirer à chevaux jusqu'à la plage, sans arrêter.
Subst. A nos non deu far lor donars
Trop dir, ni pauc lur restancars.
P. Barba: Sirventes non.
À nous ne doit pas faire leur donner trop dire, ni peu leur arrêter.
(chap. Restancá; restanca a la sequia; fé restanques pera regá. Les Restanques es lo nom del camping del meu amic Marc, a Bauduen. Lo nom ve de les parets que ñabíen pera restancá, aguantá l'aigua cuan plou mol.)


5. Arestancar, Arestanquar, v., arrêter.
Arestanqueron se pres d' aqui.
Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 15.
Ils s'arrêtèrent près de là.
Part. pas.
Entro sus a la porta no s son arestancat.
Roman de Fierabras, v. 3252.
Jusque sus à la porte ils ne se sont pas arrêtés.

Tandius, adv., lat. tandiu, aussi longtemps que.
Il était corrélatif de quandius.
Tandius sera lo poble ses peril quandius saubra fre de santor sofrir.
Trad. de Bède, fol. 8.
Aussi longtemps le peuple sera sans péril qu'il saura longtemps souffrir le frein de sainteté.
ANC. FR. Tandis la nuit s'en va, ses lumières s'éteignent.
Malherbe, liv. I.
Tandis com ils furent à ce siége.
Gestes de Louis-le-Débonnaire, Rec. des Hist. de Fr., t. VI, p. 136.

Tanher, v., convenir, être nécessaire, appartenir.
A cel que pus li pot tanher.
Bertrand de Born: Mout mi plai.
À celui qui plus lui peut convenir.
De totas avetz la flor,
Dompna, mas merces hi tanh.
Giraud le Roux: A ley de.
Sur toutes vous avez la fleur, dame, mais merci y est nécessaire. 
En mans luocs s' ave
Qu' el mal taing qu' el bes vensa.
Guillaume de Cabestaing: Ancmais no.
En maints lieux il advient qu'il convient que le bien vainque le mal.
Plus ric joy ai conquis
Qu' a mi no s tanhia.
Peyrols: Quoras.
Plus noble joie j'ai conquise qu'à moi il n'appartenait.
ANC. CAT. Tanyer. ANC. ESP. Tañer. (chap. Pertocá, tocá, del latín tangere.)

2. Tanhedor, s. m., proche, ami.
Esteve non a tanhedor,
Quan sera pendutz, que ja 'l plor.
P. Cardinal: D' Esteve.
Estève n'a pas de proche, quand il sera pendu, qui jamais le pleure.

3. Atanher, Ataingner, v., lat. attinere, convenir, appartenir.
Ges tan ric joi no m' atanh.
Guillaume de Balaun: Mon vers.
Point si noble joie ne m'appartient. 
Al sieu marit volgr' ieu un pauc atanher.
Aimeri de Bellinoy: Mot es greus.
Au sien mari je voudrais un peu convenir.
Tot so qu' a amor s' ataing. 
Hugues de Saint-Cyr: Anc enemics.
Tout ce qu'à amour il convient.
ANC. CAT. Atanyer. ANC. ESP. Atañer. IT. Attenere.

4. Pertanher, Pertaynher, v., lat. pertinere, appartenir, convenir.
Pueis auretz so quo pertanh
A bon pretz et a ricor.
Giraud le Roux: A ley de.
Puis vous aurez ce qui appartient à bon mérite et à vertu.
Se pertaynha a fair so que las humanalhs personas devian fair.
Philomena. 
Qu'il convienne de faire ce que les humaines personnes devaient faire.
CAT. Pertanyer. ESP. Pertenecer. PORT. Pertencer. IT. Pertenere. 
(chap. Perteneixe : pertocá : convindre. Yo perteneixco o perteneixgo, perteneixes, perteneix, perteneixem, perteneixéu, perteneixen; perteneixcut, perteneixcuts, perteneixcuda, perteneixcudes; perteneixeré; perteneixería; si yo perteneixquera o perteneixguera.)